Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
10 novembre 2006 5 10 /11 /novembre /2006 22:18
   Aimable participation de jaune ouaine. (voir le premier épisode)

    Le mardi matin, Mamie gara sa 4L beige (elle ne savait conduire que la 4L du Papy qu'elle avait gardé après la mort de celui-ci. 350 000 km au compteur quand même !) à l’emplacement marqué Mamie sur un petit panneau en alu.
    Il était 8 heures. Les trois autres places du mini parking, devant les bureaux, étaient réservées à Robert, HMC et JJ., qui étaient déjà là. Les autres membres du personnel garaient leur tas de boue derrière l’usine, au fond, cachés à la vue.

    Après avoir salué Fabienne, la grande bringue de l’accueil, Mamie monta au premier pour rejoindre son bureau. Jipette s’affairait déjà pour préparer le café, sachant Mamie très ponctuelle. A peine assise, Mamie héla Jipette pour qu'il fasse venir les trois lumières.
    Cinq minutes plus tard, les trois mousquetaires du yaourt était devant Mamie. Robert, d’emblée, pour éviter que l'un des deux autres la ramène, tout sourire annonça que ça y était ils avaient trouvé un projet génial que même les américains y z’auraient pas pu en trouver un aussi génial.
    «Ah, bon, fit Mamie, dubitative. Et quoi donc est-ce ?
    - Eh ben on va faire un yourt à la violette. Même que si ça marche on pourra le faire après au coquelicot et à des tas d’autres parfum.
    - Mouais, fit Mamie. Pourquoi pas. Après tout, si y faut faire n’importe quoi pour vendre, maintenant, va pour la violette. Un de ces quatre on va en faire au poireau !
    - Ah, j'y avais pensé ! Fit HMC, mais les aut’ y m'ont dit que c'était une connerie !
    - C'en est une, dit Mamie. Mais n'’importe quelle connerie peut se vendre maintenant, alors, le poireau... on y viendra peut-être...»
    HMC, tout fier, toisa ses deux collègues comme l’infâme Zorg sait si bien le faire. Sauf que là ça n'impressionna personne. Le regard vide ? Les oreilles décollées de HMC ? On ne sait trop dire... Un je-ne sais-quoi qui prête plutôt à éclater de rire. Bref les deux collègues n’en avaient rien à battre.
    «Bon, allez c'est parti ! dit Mamie. Trève de balivernes, au boulot. Tout le monde sur le pont ! dit-elle désabusée.»
    Mais pour celui qui était un tantinet observateur, on put voir comme un voile dans le regard de Mamie. Jipette, tout en sensibilité s’aperçut du voile et demanda :
    «Vous allez bien Madame Mamie ? Vous avez l’air lasse. Un petit café tout frais pour vous remettre en forme ?
    - Merci mon petit Jean-Pierre, vous êtes gentil. Laissez moi seule, j’ai besoin de faire le point. Le yaourt, j'en ai marre, ras-la-casquette...»
    Elle ne maugréait pas, non, elle soupirait.
    Quelques instants après Mamie expirait.

    C’est Jipette qui s’occupa de tout pour les obsèques. Il fit composer une très belle corbeille. Il refusa la proposition de Robert de faire faire un coussin de violettes. Il avait trouvé le dernier message de Mamie : «la violette m’a tuer»... Alors...
    Un dernier hommage lui fut rendu en grandes pompes (elle chaussait quand même du 45 !).
    Ils sont venus ils sont tous là, même ceux du sud de l’Italie, y’a même Georgio le fils maudit, elle va mourir la Mami-iii-eu !
    Ö Mamie, Ô mamie mamie blue ô mamie blue...

    Une bien belle cérémonie comme on aimerait en voir plus souvent.

    Le personnel eu droit à une heure de congé et tout de suite après fut convoqué par la nouvelle direction, rien que des anonymes venus d’une autre planète, pour annoncer un plan de restructuration qui prévoyait une palanquée de licenciements et de mises en retraites anticipées.
    On ne sait ce qu’il est advenu de Jean-Pierre, Robert, Hubert et les autres...

    C'est en lisant un entre-filet dans le journal Le Dindon Déchaîné, mensuel tirant à 450 exemplaires, que l'on apprit qu'’un certain jean-Jacques officiait désormais aux grandes Zorg de la cathédrale de Limoges. Il était décrit comme un personnage étrange qui, en dehors des offices, montait sur la colline la plus proche pour se prosterner vers les cieux en chantant des odes à un certain Djoni : «Où vas-tu Djoni, Pour moi la vie va commencer» etc...
    Par ailleurs il fut surpris plusieurs fois à taguer sur les murs de la ville, sans doute un signe de reconnaissance  : Hildegonde. Signe que l'on retrouva gravé sur certaines chaises de prière de la cathédrale avec cette injonction : reviens !


    Fin des aventures acadabrantesques de Mamie Nova, la reine du yaourt.
Repost 0
3 novembre 2006 5 03 /11 /novembre /2006 22:22
Enfin la suite !
Aimable participation de jaune ouaine. (voir le premier épisode)


    HMC : - Bon alors si on met pus de fruits qu'est-ce qu'on y met ?
    R : - Ben faudrait un truc pas compliqué à cultiver, pas loin, ou fabriquer un faux fruit qui coûterait pas cher. Chai pas un truc quoi... Toi JJ c'est ton boulot de chercher des trucs !
    JJ : - Moi je veux bien : mais qu'on arrête de faire des allusions vaseuses sur mes performances sessuelles. Sinon, nada, quedall, nothing, le JJ on lui fera pas croire qu’'un yaourt ça tient...
    R : - STOP ! On a compris JJ. Non ça tient pas OK ? Alors à toi de jouer, donne nous des pistes.
    HMC : - C’est pas un truc qu'on cherche ?
    R : - Ben si pourquoi ?
    HMC : - Tu lui demandes une piste ça n'a rien à voir ?
    R : - Jésus-Marie-Joseph !
    HMC : - Qui c'est ?
    R : - Laisse tomber, je me cause. Bon, JJ, une idée de TRUC !
    JJ : - Ben comme ça au débotté, j’ai rien mais faut que je réfléchisse... Donne-moi des pistes...
    HMC : - Robert a dit un TRUC !
    R : - HMC, laisse nous un moment tu veux, t’as pas envie d’un p'tit pipi ? Une petite clope ? Un café ?
    HMC : - Ah oui tiens un café, il est pas là Jipette ? Non ? Bon j’y vais, mais attendez-moi hein !
    R : - Oui oui, t'inquiète, qu’est-ce qu’on ferait sans toi, pas vrai JJ ?
    JJ : - Euuuuhhh... quoi... oui oui, c’est ça, c'est ça... sans nous hein? Pas de yaourts !
    R : - Bon, JJ concentre toi, on est entre nous là, t’avais bien trouvé des formules pour faire du goût de fraise sans fraise, de framboise sans framboise ?
    JJ : - Ben ouais fastoche, tu mets un peu de...
    R : - Bon, bon, la formule on s'en fout. Est-ce que tu peux trouver une formule pour donner un goût au yaourt sans qu'on ait besoin de rajouter des petits morceaux de quoi que ce soit pour faire croire que c’est du vrai ?
    JJ : - Remarque il avait pas tort HMC, le poireau ça pourrait le faire, ou la carotte aussi...
    R : - JJ ça suffit, concentre toi j’ai dit. Un truc vendable ! qui fasse rêver la ménagère de moins de 24 ans bon sang !
    JJ : - Ouais, bon, je vois. Un truc qu’on aurait pas besoin de cultiver et tout ça, qu’on aurait pas besoin de mettre des petits morceaux et tout ça, oui, oui... je vois... je vois...
    R : - Qu’est-ce tu vois ?
    JJ : - Ben là, toi, t’es en face de moi !
    R : - Merde de merde. A quoi tu penses si tu préfères ?
    JJ : - Que j’'aurais peut-être dû offrir des fleurs à Hildegonde plutôt que des bons d'achat en yaourts, j’crois que ça lui a pas plu.
    R : - Voilà qu'elle est bonne l’idée, des fleurs !
    JJ : - Ah, toi aussi t’aurais offert des fleurs ?
    R : - Oui oui bien sûr des fleurs... (pensif, très pensif)
    JJ : - Ah ! merde quel con j’ai été. Tu te rends compte chui p’têt passé à côté d’une grande aventure, p’têt même queue j’aurais pu battre mon record ! Rien qu’à cause d’une bévue... Des fleurs, c’'est tout con. Et c'est maintenant que j’'y pense, raaaa lalala.
    R : - Mais tu fais très bien d’y penser maintenant JJ, tu fais très bien! Tu vas nous sortir de la merde !
    JJ : - Ah ouais ? Tu penses que c’est pas trop tard ? Ma Hildegonde peut encore me revenir ?
    R : - Pour Hildegonde j’en sais rien, faut voir ça avec jaune ouaine, je crois qu'il a une idée pour un copain à lui, un certain Djac ou quelque chose comme ça. Non, non je veux dire ce soir, là, maintenant!
    JJ : - Ah, bon, c'est plus la veille alors ?
    R : - NOOOOONNNN ! C’'est ici et maintenant. Qu'’est-ce que tu peux fabriquer comme parfum de fleur ?
    JJ : Aaahhh ben non ! Pour Hildegonde je lui offrirais des vraies fleurs, eh, pas fou ce coup-là !
    R : - Pas pour Hildegonde, tu nous les brises menu-menu avec ton Hildegonde. POUR LES YAOURTS !
    JJ : - Eh, ho, un ton plus bas avec Hildegonde, hein, un ton plus bas. On voit bien que tu n'as jamais aimé toi. Tu ne sais pas ce que c’est que penser à quelqu'un jour et nuit, de rêver que le ciel et tous les...
    R : - Bon bon ça va, ok, je sais pas, on va pas en faire un fromage, blanc de préférence ici.
    JJ : - Pour quoi du fromage blanc ?
    R : - Oh, comme ça, pour causer... Alors un parfum de fleur ? Par exemple tiens, Hildegonde, à quel parfum de fleur elle te fait penser ?
    JJ : - Ben... eueuhhh... chai pas moi... au géranium ? Non ?
    R : - Hildegonde mérite mieux. Surtout que dans le genre moustique, aheuhmmmm... Cherche encore.
    JJ : - Voyons, pas le géranium alors. Le mimosa ?
    R : - Pas mal, mais bon pour le yaourt chui pas sûr.
    JJ : - Non c'est pour Hildegonde !
    R : - Même, cherche.
    JJ : - Tu la connais même pas Hildegonde alors. Chai pas comment tu peux savoir que le mimosa ça lui plairait pas, pffff.
    R : - Comme ça, une intuition. Des fleurs simples, naturelles, poétiques, genre.
    JJ : - Ah ouais, ouais, je crois que je le sens là, je le sens !
    HMC, de retour, aïïï, aïïï, aïïï : - Putain c’te machine à café quelle plaie ! Quand tu demandes un café long non sucré, paf ! tu te retrouves avec un chocolat. Alors, moi, qui suis pas l’ombre d’un imbécile, hein, ben j’commande un chocolat. Et paf ! la conne elle me sert un chocolat ! Alors comme je suis un gagnant hein, vous me connaissez, sûr de moi, à l’aise et tout (déjà cité ailleurs) je remets une tite piècette, et ce coup là ma vieille (non je vous referai pas le coup de la faute de frappe) c’est moi qui gagne : je tape café court sucré. Sboinnnng ! Perdu ! Un thé, froid, sans thé et non sucré. Maiêêêêê c’est moi le chef, alors je...
    R : - Eh ! tu vas nous passer en revue toutes les combinaisons ? Hein ? Tu crois pas qu’on a autre chose à foutre ?
    HMC : - Non mais c’est pour vous expliquer pourquoi j’ai été un peu long ! Alors comme je savais que vous m'attendiez...
    R : - Ouais ben justement on t’as pas attendu. On m’attends à la maison.
    MHC : - T'attends pas parce qu'on t’attends ? Pfiououou, compliqué ça.
    R : - Pas grave. Donc JJ tu disais : je la sens !
    HMC : - Hola, qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Alors ça y est, toi aussi tu t’y mets Robert, il t'a perverti !
    R : - Meuuuuuuh non ! Tu peux pas comprendre là. Alors JJ ?
    JJ : - Oui ! Ça y est ! le coquelicot !
    R : - Tu sait faire du coquelicot sans coquelicot ?
    HMC : - Mais qu'est-ce que c'est cette histoire de fleurs ?
    R : - T'occupes ! Le coquelicot c’est pas mal. Il y a eu des bonbons avec ça. C’est frais printanier, ça rappelle l’'enfance, ça parle campagne, nature tout ça, bien le côté écolo, c’est tendance coco.
    JJ : - Tu vois que quand que j’veux j’peux; je l’savais, mais je l’savait que je deviendrai un génie ;  Djoni j'ai tenu ma promesse.
    R : - Mais que va t'en penser la Mamie ? Là t’est la question...
    HMC : - Je sais pas de quoi vous causez là, cette histoire de coquelicot, mais moi ça me fait penser à ma tata.
    R : - Qu’est-ce qu’elle vient foutre dans cette histoire ta tata ?
    JJ : - Ouais taratata c’est chouette !
    HMC : - Non pas taratata, ma tata.
    JJ : - Quoi ma tata, elle fait pas de télé ma tata...
    R : - Ça y est il est retombé, trop cogité, le coquelicot nous l’a épuisé. Bon alors c'est quoi ton histoire de tata HMC ?
    HMC : - Ben quand j’étais p'tit elle m’appelait son p'tit coquelicot, passe que je rougissais tout le temps quand je la voyais. Tu parles elle avait toujours de ces tenues !
    JJ : - Comment ça, elle se tenait mal ?
    HMC : - Mais non c'était son habillage Hé, patate !
    JJ : - Tu peux préciser là... ahhh... (JJ étant devenu tout rouge aussi, comprenant d'un coup ce dont auquel venait de causer HMC, et déclenchant chez lui une irrépressible érection : on ne le refera pas...).
    HMC : - Non MÔôôssieur, je ne préciserais pas, par respect pour ma tata, avec qui j’'ai passé de si beaux instants... hmmmmm...
    R : - Bon, et alors, à part ta tata et tes émois enfantins ça nous amène à quoi ?
    HMC : - Ben... euh... à rien, sinon, ah ! Si ! C'est ça que je voulais dire ! Ma tata elle sentait toujours bon là.
    JJ (de plus en plus rouge) : - Où ça là, dis, où ça ?
    R : - Calme toi JJ, laisse causer le Hubert Monumental Couillon. Alors, elle sentait quoi t’est-ce-que la tata ?
    HMC : - Ben des fois c’était le muguet, mais plus souvent c’était la violette.
    R : - EURÊKA ! Le voilà notre parfum ! LA VIOLETTE ! Mais oui, c'est ça qu'il faut à la Mamie ! Pile poil dans ce qu'elle recherche. les mecs on est les plus forts !
    JJ : - Oui mais mon coquelicot j'en fait quoi ? Hein, j'en fait quoi maintenant ?
    R : - Tu le mets de côté pour le moment on pourra p’têt s’en servir plus tard quand y faudra exploiter le filon, on s'ra les preum’s.
    JJ : - Le problème c’est que j’sais pas faire la violette moi !
    R : - Ben tu vas apprendre mon grand, tu vas apprendre.
    HMC : - Pourquoi c’est pas compliqué y'aka planter des champs de violettes, pis on les récolte tout ça comme les fraises !
    R : - Décidément HMC t’as rien compris. J’essplique :
    1 - Mamie elle a dit : “faut pas que ça coûte cher.”
    2 - Cultiver des violettes chai pas si tu vois le boulot pour remplir nos tonnes de yaourts. Je ne parle pas de la récolte, y’a pas de moissonneuses-batteuses à violettes.
    3 - Et quand c'est pas la saison, on fait quoi ?
    4 - Quand on a les violettes, on en fait quoi ? On les coupe en p’tits bouts pour les mélanger aux yaourts, et pis après on se retrouve avec des milliers de plaintes pour, au mieux des chiasses monumentales, au pire une saturation des services d'urgences.
    DONC, le Jean-Jacques y reprends son p’tit chimiste et y nous concocte un parfum violette de derrière les fagots que même les plus fins nez de chez Chanel y z'y verront que du bleu. Tiens pendant que tu y est JJ, pense au bleuet, ça aussi ça pourra servir plus tard.
    AU BOULOT !
    Bon demain matin c'est moi qui fait le compte rendu à Mamie, hein, vous en mêlez pas. On s'est assez fait chier ce soir, alors allez pas foutre en l'air tout ça en la faisant maugréer grave. Ce sera la violette et même que ce sera pas un parfum, passe que ça risque de cocoter un max dans les caddies. Alors on va faire dans le soft, le délicat, l’évanescent, ce sera une senteur... Qui qui va être sciée ? La Mamie d’abord, et la ménagère de moins de 24 ans ensuite. Vous verrez ça fera bien dans la maison de Mamie Nova. Ouahhhh ! La gamme ! La mère Chambourcy, là, la Bulgare, enfoncée ! Le père Danone avec ses histoires de glouglou dans le bide et de bi-machin-dusse, écrabouillé.
    Bon, c'est pas tout ça mais faut que j'rentre fissa, Bernadette va encore râler. J'ai une vaisselle et une lessive qui m’attendent, alors tchao les mecs et à demain.»

    Vous venez d'assister en direct live à un évènement de portée historique que vous pourrez podcaster très prochainement sur notre site, entre un Stravinskiki et un Debussississi. Nous quittons la salle sur la pointe des pieds pour ne pas réveiller Jean-Jacques, qui s’est endormi depuis un bon moment sans se poser plus de questions sur l’'heure à laquelle il devait rentrer ; il était parti dans des rêves sentant bon la tata à HMC... Un léger sourire, un peu bébète, accompagnait son sommeil calme et serein.

    Cet enregistrement est soutenu très fort par Mamie Nova.

    A vous Cognac-Jay.   

    Et voilà, vous venez de lire la fin de cette merveilleuse histoire comme on aimerait en lire plus souvent, mais que grâce à des esprits éclairés et altiers comme celui de Djac, le monde peut enfin avoir à connaître les vérités, qui peuvent déranger, mais qui ne sont pas moins nécessaires à l’évolution de la grandeur de l'’homme et de son inextinguible besoin de savoir et de connaissances.
    Mais soudain un doute m’habite (le premier ou la première qui rajoute quelque chose aura à copier à la main dix fois les aventures de Djoni, ou pire mais ça c'est pour ceux qui tiennent tête, cent fois l’article sur la forme sonate ! Hein ! On rigole plus là, on a pu envie de faire de jeux de mots vaseux d’un coup !), comment a réagi la Mamie ?

à suivre... 
Repost 0
21 octobre 2006 6 21 /10 /octobre /2006 22:39
Aimable participation de jaune ouaine. (voir le premier épisode)


Lire tout bas :
    Ici Jaune ouaine qui vous parle en direct.
    Il est 17 h 45, dans la grande salle de  réunions chez Mamie Nova, dans laquelle règne un silence de plomb et une atmosphère que l'on sent tendue mais néanmoins studieuse. Les trois directeurs, précédemment décrits, ont l'air profondément absorbés dans des réflexions qui nous laissent à penser à notre tour ; mais à quoi pensent-ils ? Peut-être allons-nous le savoir... Je m'approche de l'un deux, le plus proche, c'est HMC :


    «Eueuh, ahem, excusez-moi c'est pour le blog de Djac, un petit mot?
    - Hein... Ah, Djac, oui, quoi ?
    - Sur quel projet réfléchissez-vous ?
    - Ben... euh... en fait là je réfléchissais : je change la béaime ou je choisis un gps qui va dedans. Je sèche.
    - Bien, merci HMC.»
    Je m'approche de Robert :
    «Monsieur Robert en deux mots pour le blog de Djac, un nouveau projet ?
    - Ah, merde oui c'est vrai ! - tout bas - mais comment qu'elle a fait la Bernadette pour faire tourner la tondeuse à l'envers, merde de merde, du coup elle tond plus elle détond ; comprends pas.»
    Bon n'interrompons pas le processus de création, demandons à Jean-Jacques :
    «Monsieur Jean-Jacques s'il vous plaît pouvez vous nous parler brièvement de vos projets ?
    - Ben justement pour ce soir j'en avais pas alors cette réunion tombait à pic. Ça me donne un prétexte pour rentrer tard, mais ça m'embête un peu passe que faut que j'récupère un peu si j'veux batt' mon record. J'y arrive pas.»

    Bien, nous n'en saurons pas plus. On peut comprendre que devant les enjeux stratégiques nos interlocuteurs se montrent discrets, mais nous avons l'autorisation exceptionnelle de Mamie Nova (la coquine !) d'assister à l'intégralité de cette réunion, à condition bien sûr de ne pas intervenir dans la discussion. Nous allons donc discrètement laisser nos interlocuteurs développer toute la puissance de leur créativité au service de notre bonheur futur et surtout à celui de la ménagère de moins de 24 ans.

    Il est 18 h et le silence qui était de plomb commence à devenir très pesant.
    D'un coup Robert se lève et tape un grand coup du plat de la main :
    «Bon les mecs faut y aller si on veut pas y passer la nuit. Faut un truc pour la veille de demain.
    HMC : - Hein ! ça veut rien dire la veille de demain.
    R : - Comment ça ça veut rien dire ?
    HMC : - Ben oui la veille de demain, on y est !
    JJ : - On est où ?
    HMC : - Ben à la veille de demain ! Au fait c'est quand ?
    R : - C'est ma faute à moi si jaune ouaine fait des fautes de frappes!
    HMC : - Pourquoi, il a frappé qui ?
    JJ : - Oui qui ?
    HMC : - Oui mon général !
    R : - Bon, ben on est pas rendu, hein !
    HMC : - Pourquoi on va où ? Comprends plus rien moi...
    JJ : - Tu sais avec Robert y a rien à comprendre, y comprends pas lui même alors...
    R : - Ras-le-bol les mecs. Je vous parlait de la vieille, Mamie ! Enfin quoi vous vous rappelez ?
    HMC : - Aaahhh ! la vieille ! Ben pourquoi tu nous disais que c'était la veille ?
    JJ : - Surtout que la vieille de demain ça veut rien dire non plus...
    HMC : - Ben oui ça veut rien dire la vieille de demain, là chui d'accord...
    R : - Bon on se calme les gars, on reprend à zéro. Demain matin on doit présenter à Mamie un nouveau produit qui soit vraiment nouveau et tout innovant, ok ?
    HMC : - Aaaahhhh... c'est ça ! La vieille demain ! Marrant. Bon ben moi vous connaissez mes goût, hein, les laitages c'est pas mon truc.
    JJ : - Ben caisse tu fous chez Mamie ?
    R : - Bonne question ça, comment t'as atterri chez Mamie ?
    HMC : - Oooohhhh, je vais pas vous refaire mon CV, hého, vous êtes pas DRH ! C'est Mamie qui a repéré mes qualités d'abord, na. Et pis c'est tout.
    JJ : - Mais pourquoi t'es pas rentré chez l'andouille ?
    HMC : - Quelle andouille ?
    JJ : - Ben ton père ! C'était pas le roi ?
    HMC : - Ah oui... lui... Ben... En fait il pensait que chez Mamie, je le valais bien, que l'andouille c'était plus ce que c'était, les rillettes à la rigueur, mais que l'avenir était dans le yaourt. Alors, bon, hein, c'était mon père, j'ai obéi. Et pis quand l'andouille, euh mon père à pensé à la retraite il a vendu à I.Fleury-C.Michon (là j'ai fait gaffe à la frappe). Il avait eu une proposition de Réaumur-Sébastopol, mais il y avait un changement à Châtelet et ça s'est pas fait. Voilà.
    R : - Bon, passons... une idée ?
    JJ : - On doit chercher quoi, un goût, une odeur, une couleur ?
    R : - Bon, on va faire le point (là j'en mets deux) : on a fait la fraise, on l'a triturée dans tout les sens celle là, donc on laisse. La framboise itou, ainsi que la myrtille et même les deux à la fois. Qu'est-ce qui nous reste ?
    JJ : - La vanille ?
    R : - C'est fait.
    JJ : - Le citron ?
    R : - C'est fait.
    HMC : - Fffffffff... C'est dur... La vanille au citron ?
    R : - Boff. La Mamie elle a dit DU NOUVEAU !!!
    HMC : - J'ai une idée, si on en faisait aux légumes ? Au poireau tiens, ça a du goût ça le poireau !
    R : - Non mais ça va pas ! T'as déjà mangé un yaourt ? Tu te vois avec un yaourt au poireau ?
    JJ : - Je parle en expert, ça tient pas, ou alors faut des petits yaourts. Non ? J'ai dit une connerie là ?
    R : - Hélas oui JJ ! Tu nous gonfles avec tes exploits sexuels !
    JJ: - Ouaaahhh, c'est toujours pareil ici, on vous demande votre avis et pis quand on le donne on se fait engueuler ! (De plus en plus bas, jusqu'au grommellement) M'en fous je dirais pus rien, voilà. C'est toujours la même chose, y'en a qu'un qui cause et pis les aut' y passent pour des cons, alors moi m'en fous j'dis pus rien, na .
    HMC : - J'ai jamais mangé de yaourt, j'ai jamais mangé de yaourt, NON j'ai jamais mangé de yaourt, et alors ? C'est ma faute à moi si ma manman elle a pas pu m'élever au sein passe qu'y zétaient trop petits? Hein, c'est ma faute si en plus elle est bretonne de Guénolé et qu'à Guénolé on fonctionne plus au chouchen qu'au lait de vache, et que c'est passé dans les gênes ? Bon, alors, hein, camembert.
    R : - Ok ok HMC, c'est pas grave. Tu feras goûter à ton équipe le yaourt au poireau tu verras bien.
    JJ : - Voudrais pas déranger, mais ça tiendra pas plus avec une équipe hein...
    R : - C'est pas vrai, mais c'est pas vrai ! On cherche un goût, merde!!! En plus la Mamie elle veut un goût qui coûte pas cher, parce que les fruits rouges, bleus ou verts...
    JJ : - Y'a des fruits bleus ?
    R : - ...ça coûte. Faut les cultiver, les ramasser, les transporter, les préparer. En plus maintenant faut aller les chercher de plus en plus loin. La fraise espagnole c'est plus ça, l'italienne non plus de plus en plus cher, alors la roumaine ou la bulgare voire même la géorgienne ça passe encore mais pas pour longtemps. A quand la fraise d'Afrique du Sud ? Vous vous rendez compte qu'on récolte le lait en Nollande (encore heureux les vaches sont là-bas, mais pas toujours, des fois les vaches elles sont ailleurs, mais le lait lui il est en Nollande, allez comprendre ?), les pots sont fabriqués en Nitalie, les fraises en Roumanie. On transporte le lait en France pour le traiter, et pis y repart en Nollande pour être transformé en yaourt, pis y repart en Nitalie pour être mis dans les pots. Entre temps les fraises elles sont arrivées en France pour être lavées, équeutées, stérilisées, emballées pour partir en Nitalie pour finir à temps dans les pots avec le yaourt. Pas mal non ? Et encore c'est un raccourci !
    JJ : - Bon et alors, c'est pas pour ça que ça tient pas au poireau...
    R : - JJ tais-toi stp. Merci.»
Repost 0
14 octobre 2006 6 14 /10 /octobre /2006 20:01
Aimable participation de jaune ouaine. (voir le premier épisode)



    Donc après le yaourt à la fraise, à la framboise, aux myrtilles, aux griottes, au citron (tiens pas à l'orange) à la vanille, j'en passe et des pas forcément meilleures, il fallait encore du nouveau.

    Ah ! ces ménagères de moins de cinquante ans !
    Jamais contentes.
    Insatisfaites pour tout dire.

    Nous nous retrouvons donc au début de cette histoire, Jean-Pierre (vous vous rappelez ce charmant garçon...) débarasse les tasses de café et va faire sa petite vaisselle pendant que Mamie maugrée dans son grand bureau (oui, j'aurais pu écrire bougonne ou ronchonne, mais maugrée ça relève un peu le niveau littéraire de ce texte qui en a bien besoin !).
    Depuis que l'entreprise de Mamie a pris un tant soit peu d'importance, elle a pris l'habitude de maugréer. Faut dire qu'après l'expérience de ce gars là, qui était en fait le fils de Piuba (une italienne pas très recommendable qu'on appelait aussi la berlue conne), elle avait été contrainte d'embaucher toute une armada de mecs qui savent tout sur tout (des mecs sûrs d'eux, à l'aise partout... - voir avec Djac qui en a très bien parlé ici), mais qui n'avaient jamais mis les mains dans le camboui, enfin dans le yaourt pour être plus exact.
    Et ça l'énervait la Mamie, ces discours sur ce qui fallait ou ce qui fallait pas, alors que ces couillons n'étaient pas foutus de faire la différence entre une clé à molette et un tuyau d'arrosage ! (en fait il n'y a pas de différence : ils sont tous les deux en caoutchouc... euh... ouais, bon, sauf la clé à molette).

    Alors après chaque réunion, qu'y zappelaient «brainestorminnngue» (?), Mamie maugréait.
    Les cerveaux qui entouraient Mamie se retrouvaient ensuite à la photocopieuse pour buller un peu, se raconter des histoires cochonnes, faire leur grille de loto, avant de retourner dans leur bureau passer quelques coup de fil urgents. Le chef du marketinge devait savoir si sa nouvelle chaine hifi pouvait se monter dans sa Béaime. Le directeur des ventes avait des soucis avec sa tondeuse ; elle tondait pas dans le bon sens. Le directeur du labo «recherche et développement» se demandait quel prétexte il pourrait trouver pour rentrer une fois de plus en retard à la maison.
    Bref que des choses primordiales.

    Après le déjeuner pris dans un restaurant d'un arrondissement voisin (ben oui faut justifier de revenir à 15 h !) nos trois tronches ayant digéré leur langouste grillée arrosée d'un petit bordeaux blanc 1er cru classé, se réunirent de nouveau pour évoquer les mérites respectif de Nicolas et Dominique par rapport à leurs stock-options.
    Vers 17 h ils conclurent que Nicolas était le mieux placé. C'est alors que Mamie, en maugréant, entra brusquement, pour ne pas dire brutalement, dans la salle de réunion pour leur rappeler qu'elle attendait des propositions dans les plus brefs délais, et ça voulait dire en général pour demain. Le yaourt ça n'attend pas.
    C'est donc à 17 h 30 que nos trois zigottos se mirent à réfléchir à ce qu'ils pourraient bien inventer pour demain matin.
    Avant d'évoquer cette séance mémorable d'agitation de neurones il faut quand même que je vous croque le portrait de ces trois personnages. Ce portrait, aussi bref que précis, doit vous permettre de saisir toute la puissance intellectuelle mise au service du bonheur alimentaire qui doit rendre nos jours plus heureux, notre vie plus belle, l'avenir de nos enfants assuré, et surtout, surtout apporter des dividendes aux actionnaires...

    Par ordre alphabétique nous commencerons la galerie de portraits par le directeur du marketinge.
    Né en Mayenne on ne sait plus trop quand, Hubert-Marie-Clément Ducatel, fit des études laborieuses longuement payées par son père, roi de l'andouille et de la rillette au Mans.
    Son premier poste, chez But, lui permit de se familiariser à la vente, en particulier au rayon «étagères à monter en kit tout en pin naturel». Son papa, toujours en quète d'avenir pour son petit qu'il trouvait génial, mais bon, pas dégourdi, lors de l'inauguration de la salle polyvalente du patelin dont il était maire, toucha deux mots au sous-préfet pour qu'il dégotte un poste à son fiston.
    Le sous-préfet, qui devait bien un service au roi de l'andouille et de la rillette (nous passerons sous silence les «bonnes» raisons du sous-préfet... Ça ne nous regarde pas), connaissait très bien la Mamie Nova puisqu'il avait été en poste à Poitiers du vivant du Papy (suivez un peu quoi !).
    Il envoya une jolie lettre avec entête de la sous-préfecture, à la Mamie, pour lui recommander le rejeton Ducatel. La Mamie quand elle reçu la lettre maugréa ; elle n'aimait pas les pistonnés, mais bon, le sous-préfet l'avait aidé à obtenir un emprunt pour sa nouvelle machine à yaourt, alors...
    Hubert-Marie-Clément entra donc chez Mamie. Celle-ci se demanda longtemps ce qu'elle pouvait bien lui faire faire, car il faut bien le dire, c'était un bon à rien. Alors sur les conseils de «ce gars là» elle créa un nouveau poste : chef du marché. Un truc qui voulait rien dire et qui servait à rien mais qui permettait de mettre H-M-C dans un bureau.
    La maison Mamie prenant de l'ampleur elle se dit que plutôt qu'à le payer à se curer les ongles le rejeton de l'andouille, elle pourrait peut-être lui proposer d'agiter un peu l'intérieur de sa boite cranienne qui, pleine d'espace libre, commençait à s'enkiloser. Et c'est ainsi que H-M-C fut chargé de réfléchir à de nouveaux yaourts.
    Il avait du mal parce que n'aimant pas le lait il exécrait aussi les produits dérivés dont les yaourts. Il n'en dit mot à Mamie bien sûr, il était peinard et voulait le rester... Il proposa donc à Mamie d'étoffer son service pour une réflexion plus pointue. Il se retrouva avec des subordonnés : alors là il crânait le H-M-C, il pouvait la ramener, enfin il était chef pour de bon, parce que jusque là il était le chef de lui-même et il avait du mal à se donner des ordres. Il était bien incapable de discerner le bien-fondé des propositions que ses subordonnés lui faisaient, alors une fois il était d'accord, une fois non, ou des fois, deux fois de suite il disait non ; comme ça, pour bien montrer qui c'était le chef. Ah, mais ! Il était très craint car on ne savait jamais à l'avance ce qu'il allait dire, lui non plus d'ailleurs, mais il ne se craignait pas.
    Très vite il devint dans son service Hubert Monumental Couillon.

    Le deuxième portrait est celui de Robert Poitreneau.
    Alors lui c'est un cas.
    Directeur des ventes il avait été recruté par «ce gars là» pour faire les enquêtes auprès des ménagères de moins de 24 ans. En fait au lieu d'enquêter il passait son temps à lutiner les enquêtées et revenait avec des tas d'informations inexploitables : des mensurations, des pourcentages sur les dessous en coton ou en nylon, des chiffres sur les positions préférées, le type et le nombre d'orgasmes etc... Rien qui puisse indiquer les penchants de ces demoiselles en matière de yaourt.
    Mais sa force, si l'on peut dire, c'est que durant ses aventures il avait toujours des échantillons avec lui et après ses ébats il proposait toujours une p'tite pose yaourt. Ce qui fait que mine de rien il engendrait une vague de vente supplémentaire. Il savait si bien y faire que, marquées à jamais par le savoir faire de Robert, les enquêtées, en souvenir, développaient une passion irrépréssible pour le yaourt. Il ne pouvait finir qu'au poste qu'il occupait désormais.
    Entre temps, lors d'une enquête en Alsace, il avait rencontré Bernadette, alsacienne de souche mais néanmoins pourvue d'un fort tempérament, et d'une grosse poitrine (ses collègues en parlant de lui l'appelait «les Roberts»), qui avait définitivement calmé les ardeurs lubriques de notre Robert. Et depuis lors il filait doux et se consacrait à peu près sérieusement à son travail, sauf qu'il était sans arrêt sollicité par Bernadette pour un oui ou pour un non.
    Aujourd'hui c'était la tondeuse.
    Demain il se demandait bien ce qu'elle trouverait...

    Le troisième larron de l'équipe était pas triste non plus.
    Jean-Jacques M...
(oui on gardera son anonymat par décence et pour éviter la diffamation) avait été, dès l'âge de 7 ans, certain qu'il serait scientifique.
    Il adorait faire des expériences.
    Avec les asticots d'abord, puis avec les hannetons, les mouches. A 8 ans, sa grand-mère, impressionnée par sa curiosité des êtres et des choses, lui offrit à Noël une boite du petit chimiste, avec un microscope en plastique pour voir de près l'ntérieur d'un asticot.
    A partir de là son destin était scellé. Il se mit à tenter des trucs aussi farfelus qu'incongrus, comme par exemple tremper une mouche dans une solution de sulfate de cuivre augmentée de permanganate de potassium, de chauffer le tout dans un tube à essai pour voir ce que ça donnait : évidemment rien. Ou plutôt si, un dépôt brun noirâtre au fond du tube (foutu) et puant un max. Mais bon il avait essayé. Il était persuadé que d'essai en essai il finirait bien par trouver un truc génial.
    À 10 ans il fit sauter les plombs de tout l'immeuble et foutu le feu aux doubles rideaux du salon en voulant tester la résistivité de je ne sais plus quoi. A 12 ans il se fit péter la gueule en essayant un mélange explosif dont il ne maîtrisait pas trop le dosage. A 14 ans il avait tenté la mise au point  d'une méthode de cuisson rapide des pâtes dans une bassine en plastique. Sa mère s'est demandé ce qui était arrivé à sa cuisinière dont les plaques de cuisson étaient recouvertes d'une pâte toute bleue impossible à décoller. A 16 ans, les hormones faisant leur travail, (oui il n'était pas précoce, enfin... hum...), il s'orienta vers des recherches plus anatomiques, que nous passerons sous silence, (essentiellement basées sur un chronométrage précis en essayant de faire plus rapide à chaque fois) qui déterminèrent chez Jean-Jacques une passion frénétique pour le complément d'objet direct afin de battre quelques autres records...
    Vers 18 ans il fit la connaissance d'un aventurier qui rêvait d'espace et de fusées et qui recherchait un pote qui puisse le faire entrer en faculté d'astronautes.
    Ce Djoni, c'était son nom, avait une sœur, Hildegonde, aux charmes indéniables même si son caractère rebutant ne rebuta pas Jean-Jacques.
    Et c'est ainsi qu'un soir d'automne (oui ça fait plus romantique), Jean-Jacques et Hildegonde passèrent un moment sur lequel nous jetterons un voile pudique. Tout ce que l'on sait, c'est qu'après cet épisode piquant, Hildegonde refusa toute relation avec un individu de sexe masculin. Le mystère demeure... Mais cette relation, pour brève qu'elle fut (et pour cause vu les tentatives de records de Jean-Jacques!), renforça les relations entre lui et Djoni. Ils devinrent inséparables, à tel point que lorsqu'à l'aube de ses vingt ans Djoni fit part à Jean-jacques de son intention de postuler au CNES, ils se concertèrent pour trouver la combine pour arriver à ce but.
    Après avoir pondu un C.V. digne d'un candidat UMP à la députation, Djoni rédigea une lettre de motivation (que Hildegonde corrigea, car Djoni était infoutu d'écrire trois lignes sans faire au moins vingt cinq fautes) qui ne pouvait qu'emporter la décision de n'importe quel DRH. Manque de bol lorsqu'il fut convoqué pour un entretien Djoni fut incapable de faire démarrer sa mobylette. C'est encore Hildegonde qui s'y colla pour lui prêter son scooter. Djoni accompagné de Jean-Jacques arriva bien sûr en retard, ce qui ne plut pas du tout au recruteur qui avait des courses à faire pour l'anniversaire de sa belle-mère. Mais enfin il accepta de recevoir Djoni en coup de vent tout en réfléchissant à ce qu'il allait bien pouvoir faire bouffer à sa belle doche, ce qui fait qu'il ne se rendit pas compte que Djoni, non seulement était un gros nul, mais de surcroit et néanmoins ne savait absolument pas, mais alors pas du tout piloter, qu'il avait même jamais foutu les pieds dans un avion, alors à plus forte raison dans un engin spatial !
    Le recruteur, après avoir résolu de sauter le hors d'œuvre et de faire le minimum pour le dessert, signa la feuille d'engagement de Djoni.
    Ça y était il était astronaute.
    En rentrant à la maison il en fit tout de suite part à Hildegonde qui lui déclara qu'il n'était pas question qu'il parte sans elle. Il était impossible pour elle de rester seule aux prises avec ce Jean-Jacques pour qui elle avait développer une haine aussi farouche que tenace (nous ne saurons jamais pourquoi puisque nous avions jeté un voile pudique etc.). Bref Djoni n'était pas dans la merde.
    Lorsqu'on l'appela pour un vol en direction de la Lune ou pas loin, il fit monter en douce Hildegonde la nuit précedent le décollage. Le chef des opérations ne se rendit compte de rien, sauf qu'au décollage de la fusée il constata que quand même la fusée avait du gîte et que c'était pas normal. Effectivement y'avait du gîte, Hildegonde était en surpoids (les formes généreuses sans doute...) et la fusée décolla mais en partant légèrement de travers ce qui eu pour conséquence qu'au lieu de se diriger vers la Lune, ou pas très loin, elle partit complètement à l'opposé, et là le chef des opérations était bien emmerdé car il ne savait pas du tout comment corriger la trajectoire.
    Et plus la fusée décollait plus elle se barrait du mauvais côté.
    Alors le chef des opérations prit une décision que seul un homme courageux et responsable était capable de prendre (ce qui lui valait une admiration sans limites de ses collaborateurs), il dit : «Bah, tant pis, on verra bien jusqu'où ils vont...».
    L'ennui, ou la chance, fit que la fusée se pauma complètement dans l'espace et que Jean-Jacques, et le chef des opérations, n'entendirent plus jamais parler de Djoni et de sa sœur Hildegonde (pour laquelle il gardait quand même un souvenir ému).
    Jean-Jacques se retrouva donc seul, sans ami, mais avec une rage intacte dans sa quète vers la connaissance. De plus, en souvenir de son pote Djoni et en forme d'hommage, il eut à cœur de réussir.
    C'est alors qu'il rencontra Robert à l'occasion d'une enquête que ce dernier avait mené auprès d'une des nombreuses conquêtes de Jean-Jacques. Celui-ci, perdu dans le souvenir d'Hildegonde et de ses formes généreuses, tentait désespérément de se rapprocher du record qu'il avait battu durant cette brève rencontre. Mais rien à faire, il était toujours plus long. Robert qui était rentré chez Mamie et qui s'emmerdait un peu, proposa à Jean-Jacques de le rejoindre, se faisant fort de convaincre la Mamie qu'il leur fallait un service recherche et développement afin de trouver des nouveaux yaourts.
    Ce qui fut fait. Ainsi jean-Jacques devint chef du département recherche chez Mamie Nova.


à suivre...
Repost 0
14 octobre 2006 6 14 /10 /octobre /2006 19:50
Aimable participation de jaune ouaine. (voir le premier épisode)



    À partir de ce moment la Mamie exploita ses expériences secrètes, du temps où le Papy tentait désespérément de faire des yaourts à peu près mangeables.

    Elle les fit plus oncteux, moins acides, mais refusa les conseils d’une Bulgare, Olga Chamaborskov, (qui plus tard adopta la méthode de Mamie en françisant son nom en Chambourcy), une émigrée de rien du tout qui voulait lui en remontrer en matière de yaourts. Non mais ! Pourquoi pas des yaourts au goût Corse pendant qu’elle y est ! N’importe quoi...
    Puis un jour en passant dans une impasse elle pensa que pour éviter une mauvaise passe il faudrait passer à un autre type de production. En marchant vers le marché elle se dit qu’il faudrait un bon marchand, et démarcher un démarcheur pour élargir son marché.
    Elle trouva un gars pas trop con et tout bronzé (rien à voir, mais bon...) qui devrait faire l’affaire. Elle se dit que ce gars là (mais avec son accent polonais dont elle n’arrivait pas à se débarrasser, elle prononçait sé gué là) allait faire sa fortune. Lui ça le faisait marrer et très vite ses copains le baptisèrent «séguéla». Une star était née ! Mamie eu vent de ce surnom et ça la fit marrer aussi, d’autant que ce gars là lui faisait vendre des tonnes de yaourts. Car, trève de billevesées, le but pour Mamie c’était de devenir la reine du yaourt, la prima dona, la seule, l’unique, la Ségolène du lair fermenté.
    Ce gars là eu l’idée de demander aux acheteurs leur avis pour affiner la production. Il questionna : la ménagère de 24 à 32 ans, celle de 34 ans et demi, celle de 27 enceinte mais c’est pas sûr, la stagiaire chez Delarue, les chômeurs longue durée, les hôtesses d’accueil du salon de l’habitat (qui c’est qu’a dit l’habitat qui ?), l’apprentie coiffeuse chez Mireille coiffure à Brive, les gardiens de nuit de la zone industrielle de Coulommier (c’est comme Poitier, c’est très joli, si si), les musiciennes d’un orchestre parisien (mais bon, elles ne voulaient que des bifidus de Danone parce que ça leur faisait du bien, là, en se caressant le ventre : c’étaient des violonnistes !), les éboueurs de la benne 47 (ceux de la 48 ne mangent pas de yaourts ; allez comprendre...), bref un pannel représentatif.
    Ce gars là, d’un geste auguste mais néanmoins simple, balança son rapport à la Mamie. Le constat était terrible, implacable, consternant, affligeant : raz le bol des yaourts nature !!!

    La Mamie en fut toute contrite, mais pas désespérée, il lui en faut plus ! Quand on s’est tapé le Papy pendant des années on est blindé.
    Elle questionna ce gars là :
    «Mais qu’est-ce qu’ils veulent ?
    - Y veulent des trucs dedans...
    - Mais quels trucs ?
    - Chai pas moi des trucs ! Des parfums, des goûts différents !
    - J’te leur en fouterais moi des goûts différents ! Y z’ont pas de goût p’têt mes yaourts ?»

    Et voilà comment la Mamie s’est mise à rajouter des petits (oh tout petits hein) morceaux de fraises.
    Elle allait dans l’atelier pour contrôler que les ouvrières coupaient bien les fraises en trente deux morceaux. Ah mais ! Avec ces bonnes à rien faut avoir l’œil : elles étaient foutues de ne les couper qu’en seize ! Et au prix du kilo de fraises...
    Les yaourts aux fraises partaient bien. Mais la Mamie s’aperçut très vite qu’elle venait de mettre le doigt (mais non, pas là... imbécile ! là!) dans un engrenage infernal.
    En effet au bout de quelques temps et de quelques parfums bien connus désormais, les ménagères (voir plus haut) se lassèrent. Elles voulaient encore du nouveau.

    Mèèèèèèè ! Elle s’appelle pas Mamie Nova pour rien la Mamie !
    Elles voulaient du nouveau ? Eh ben elles allaient en avoir.


À suivre...
Repost 0
14 octobre 2006 6 14 /10 /octobre /2006 19:42
Aimable participation de jaune ouaine. (voir le premier épisode)



    Les choses ne s’arrangeaient pas avec les yaourts du Papy.
    Plus ça allait, moins ça allait.
    Il s’était mis dans la tête de voir grand, le Papy.
    Il se disait que plus y’en aurait dans la boutique (des yaourts) plus les gens croieraient qu’il en vendait beaucoup et que donc y’avait de la demande et que pour faire comme tout le monde, les gens en achèteraient plus.

    Erreur fatale autant que funeste.
    En effet pour fabriquer en grand il s’acheta une grande cuve à yaourt. Sa boutique, alors, débordait de yaourts, qui ne se vendaient pas plus. Ils tournaient et devenaient immangeables (vous savez avec un petit duvet vert dessus...).
    La Mamie enrageait en silence et ruminait une issue à cette débacle.

    Toujours est-il qu’un matin on retrouva le Papy noyé dans sa cuve à yaourts.
    Accident ? Suicide ?
    L’enquète conclut à l’accident. Il «aurait glissé» sur l’échelle montant à la cuve, les marches étant enduites de gras du lait...
    Mouais, bon, enfin la police connait son boulot hein.

    C’est ainsi, qu’après une période de deuil raisonnable (3 jours pas plus), Mamie se retrouva à la tête de la crèmerie et d’une grande cuve à yaourts dont elle se demandait bien ce qu’elle allait en foutre. Elle eu bien l’idée de faire appel à son fils, Marc Antoine, resté en Pologne et qui était plombier, mais connaissant ses capacités intellectuelles limitées (il était pas foutu de raccorder le tuyau d’eau chaude au robinet y afférant ! bref il avait pas inventé l’eau tiède) elle se dit que, bon, quand faut y aller, faut y aller, et elle y alla.
    Pour commencer elle changea l’enseigne et tant qu’à changer elle appela la boutique : «Chez Mamie». Et ça changeait tout !
    Et puis avant de vendre ses propres yaourts dont elle peaufinait la recette (fallait bien amortir la cuve), elle vendit ceux de moines d’un monastère local, vendus dans des pots en carton. Ils étaient un peu acidulés, mais bon c’était mieux qu’avec le Papy.

    C’est alors qu’elle eu l’idée de génie qui allait faire sa fortune et le bonheur des publicitaires.
    Mais là j’anticipe.
    Puisque le changement était là, que tout était nouveau, et que son nom était imprononçable pour un Français moyen (rappel : Noblikszkryszlokwa), elle contracta ce nom en Nowa. Mais elle se rendit compte que Nowa ça faisait encore un petit peu étranger et comme les indigènes disait le «w» comme un «v», alors va pour Nova.

    Et voilà, la boutique s’appelait désormais «Chez Mamie Nova».
    Ça c’était nouveau !!! Sacrebleau !


 A suivre...
Repost 0
14 octobre 2006 6 14 /10 /octobre /2006 19:13
Aimable participation de jaune ouaine.



MAMIE NOVA
    Saison 1 - 1 / série bien française.
    Avec : Mamie Nova - Jean-Pierre et un tas d’autres dont le nom de toute façon ne vous dirait rien. Pi on s’en fout.

    Nous sommes au siège de chez Mamie Nova, un lundi. Ben oui ça pourrait être un autre jour, mais non, ça tombe un lundi. Tout le week-end la Mamie elle a consulté les chiffres et le yaourt ça baisse. Faut faire quelque chose !
    Lundi 9 h donc.
    Mamie Nova : «Jean-Pierre ! »

    (Alors Jean-Pierre c’est le secrétaire de Mamie. Un garçon charmant qui vit seul avec sa maman, toujours ponctuel, propre sur lui, ses cravates sont d’un goût exquis, aimable avec ses collègues, ne manquant jamais de faire un compliment à chacun, de souhaiter les anniversaires, d’envoyer une petite carte quand il va dans la Creuse pour les vacances chez sa grand-mère.
    Son grand bonheur ce sont les soirées Navarro ou les spéciales questions pour un champion.
    Alors là, le Jean-Pierre, à la sortie du bureau il court vite vite vite au super giga extra maxi Lefourno, super-marché de sa banlieue, et achète deux plateaux télé tout prêts en promo : barquettes de crudités - blanquette avec des vrais morceaux de champignons, quand c’est cassoulet y prend pas, après il est indisposé et ça fait rire ses collègues - babas au rhum - deux p’tits pains tout mous - 1/4 de vin rosé issu de divers pays de la communauté européenne. Chaque fois il fait la surprise à sa manman, et c’est la joie à la maison. Après le JT de PPDA, ils s’installent bien comme il faut, et là le nirvana, ou comme disent ses collègues, mais manman n’aime pas ça, c’est le pied.
    Bon, Jean-Pierre il est pas bête, mais ses collègues disent qu’il est pas «fut’-fut’». Même Mamie le dit, en privé. Mais il est là, c’est déjà beaucoup, et puis il est serviable et il fait très bien le café, et ça compte beaucoup pour Mamie Nova qui carbure au kawa.
    Il comprend pas toujours les astuces de ses collègues qu’ils l’ont baptisé «Jipette», passe que ça rime avec... ? Là y comprend pas. Jean-Pierre est blond, un joli blond avec quelques reflets plus foncés. Manman dit qu’on dirait un viking ; elle exagère toujours manman !
     Bref c’est Jean-Pierre, faudra faire avec...)

    Donc Mamie : «Jean-Pierre !
    Jean-Pierre : - Oui Madame Mamie, le café est prêt.
    Mamie : - Oui bon c’est parfait, mais d’abord convoquez-moi tous ces crétins du marketing qui se demandent encore si faut vendre les yaourts en paks de deux ou de douze. Et puis aussi ces feignants du labo qui rajoutent des vrais faux morceaux de fraises et que ça sent toujours pas la fraise et qui se demandent bien pourquoi. Je les veux tous dans un quart d’heure ici.
    J-P : - Oui Madame Mamie. Je leur prépare du café ?
    M. N. : - Non Jip... Jean-Pierre, vous voulez me les énerver !»

    Un quart d’heure plus tard...
M. N. : «Bon les gars, ça va plus. Le yaourt baisse. Tout le monde y fait du yaourt aussi bon que nous, avec tout un tas de parfums, qui font du bien à tout, au cholestérol, au transit (passe que vous le valez bien, ceux qui le valent pas y restent constipés !) aux os des vieux, des bébés j’en passe et des meilleures. Alors moi Mamie, je veux du vraiment innovant, hein les mecs du marketing, c’est comme ça qu’on dit ! M’appelle pas Nova pour rien. Donc à partir de cette minute vous vous bougez les neurones, vous vous secouez le bulbe, vous repoussez les curages d’oreille avec vos trombones à plus tard, et vous me pondez un truc nouveau. Rendez-vous dans une semaine, sinon vous irez vous curer les oreilles chez la Sédic. Au boulot !»

    Cette scène, très dure, reflétant bien la réalité impitoyable du monde de l’entreprise et de notre univers libéral, mérite un éclairage particulier sur la personnalité de Mamie Nova.
    En effet qui est-elle ?
    Mamie a lutté dur pour en arriver là. Au départ, il y a quarante ans, c’était Papy Noblikszkryszlokwa, d’origine polonaise, crémier à Poitiers (pas «ie» passe que ça fait «Papie» et pas pie pour un crémier...), qui a créé l’entreprise.
    Bon, y faisait du yaourt maison, avec des grumeaux partout et un petit goût acidulé qui plaisait pas à tout le monde ; c’était maison quoi.
    Oh ! il en vendait pas beaucoup de ses yaourts minables, et y gagnait rien dessus. Avec le prix du lait, le prix des pots et tout ça y perdait même des sous, Mamie n’arrêtait pas de lui dire. Mais non Papy lui y pensait que c’était sa «réclame» le «fait maison», et pis y savait pas faire autrement et qu’y voyait pas pourquoi y ferait autrement vu qu’il avait toujours fait comme ça et pis que voilà.
    Mamie elle mouftait pas parce que Papy c’était une personnalité. Mamie, à l’époque était soumise à l’autorité masculine. Un homme c’est le chef, même si on en pense pas moins, c’est lui le patron.
    Sur l’enseigne c’était marqué «crémier», pas «crémière».

    Ça l’empêchait pas, la Mamie, de faire des yaourts en douce pour ses bonnes clientes, sans grumeaux et tout ça. Elle les vendait un peu plus chers, mais au moins elle gagnait des sous avec.
    Et petit à petit elle s’était fait une cagnotte.


 A suivre...
Repost 0

Carnet

 

Visiteurs
Dont en ce moment

 

Mon autre blog (projet BD)