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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 13:38
Vous en avez rêvé ? Ils l'ont fait !


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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 13:20


Ne croyez pas ce que semble dire cette image de prime abord. Vous avez tous déjà vu au moins une fois un journal télévisé - vous savez que les images sont trompeuses. Celle-ci, d'une délicatesse toute nimbée d'un romantisme bourgeois, et qui pourrait figurer dans un calendrier des postes, ment éhontément. Non, Minet n'est certainement pas mélomane. Ho non, ho là là.


C'est même tout le contraire. Il suffit de ne jouer que quelques notes pour qu'aussitôt, une voix plaintive se fasse entendre, une voix frêle et tremblante de minet torturé, au bord de l'agonie. Tout est bon pour faire cesser les sons de l'instrument, y compris se rouler sur le dos sans vergogne dans le but de provoquer un réflexe grattatoir et câlinatoir chez l'instrumentiste, amenant ainsi celui-ci à interrompre sa production sonore (pourtant fort mélodieuse, ce chat n'a vraiment aucun goût).


Quand bien même l'instrumentiste réussirait à garder son sang-froid et ne pas succomber au chantage moral insoutenable induit par cette bête vicieuse et vénale, celui-ci aura par la suite à encaisser la culpabilité de retrouver ce minet (décidément sans aucun scrupule pour atteindre son but) réfugié dans les endroits les plus improbables, pour bien faire sentir l'indignité de celui qui s'est obstiné à envahir l'espace sonore.






(Respectivement : le sac à ordures (cartons), le sac à linge sale. Le message est clair : "vois, honte à toi, je suis obligé de me réfugier dans la souillure, c'est de ta faute". Ne sont-ce pas des procédés parfaitement haïssables ?)



Comment le chat, en tant qu'espèce, a réussi à survivre dans la grande lutte pour la vie ?

Il a développé un trait darwinien absolument imparable : la mignoneté. Aussi insupportables soient ses manières, le chat réussit toujours à retomber sur ses pattes, comment chacun sait. Sale bête.



 

Qu'est-ce que vous voulez faire contre ça ? QU'EST-CE QUE VOUS VOULEZ FAIRE ?





Toute lutte est inutile. Celui qui se croit maître devient inéluctablement esclave - le processus est irréversible et inévitable.




N'essayer même pas de lutter, vous dis-je : autant essayer de vider l'océan à la fourchette.












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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 20:20

D'un instituteur, d'un infirmier, ou d'un patron de grande entreprise, lequel est le plus méritant ? Lequel a le plus de compétences ? Lequel sert le plus la communauté ? Qu'est-ce qui justifie que ce dernier bénéficie d'émoluments hors du commun ?


Voici, en gros, ce dont discute l'indispensable Frédéric Lordon (je crois que je vais bientôt fonder le Lordon's fan club) dans ce nouvel article de son blog - et la question est d'importance, puisqu'elle est au fondement de nos sociétés.


Quelques extraits (sic) pour vous donner envie d'y aller lire :


"[...]Il est utile pour commencer d'indiquer qu'on entre dans ce décile le plus aisé avec un revenu annuel de 33 190 euros en 2006 [8] ... donnée de nature à relativiser la notion de « richesse » que suggère spontanément l'idée des « 10 % les plus riches ». C'est bien parce que ce décile a perdu toute homogénéité, et que les moins riches des plus riches ne sont pas si riches, que le ratio décile supérieur / décile inférieur en termes de revenu moyen n'a pas explosé. Mais à l'intérieur du décile supérieur, la variance est devenue extrême. Entre ceux du bas - à 33 000 euros l'an - et ceux du haut, il n'y a plus aucune commune mesure. Il faut en fait commencer à regarder le décile supérieur du décile supérieur (soit le centile supérieur, les 1 % les plus riches) pour commencer à apercevoir quelque chose de significatif, et encore. Pourvu qu'on dispose d'une optique de précision il est préférable de scruter les 0,1 %, voire les 0,01 % les plus riches pour voir vraiment ce qui se passe et comprendre ce qu'inégalité veut dire. Pour qui douterait que des évolutions s'y produisent à grande vitesse et que l'intérieur même du décile est en train de s'étirer prodigieusement, Camille Landais rappelle que, là où le revenu fiscal déclaré de 90 % de la population française a augmenté de 4,6 % entre 1998 et 2006, celui du 1 % supérieur a augmenté de 19,4 %, celui du 0,1 % de 32%... et celui du 0,01% de 42,6 % [9] !

A part les revenus du capital en général, ce sont les revenus des hauts salariés de la finance ou « proches de la finance » - on entendra par là tous les patrons, quasi-patrons (fonction de direction générale) et autres cadres très supérieurs dont la rémunération incorpore une forte composante financière (stock-options) - qui expliquent pour l'essentiel l'explosion inégalitaire. Rien d'étonnant donc que ce soit à leur sujet que la pensée libérale ait consacré le plus clair de son attention - l'effort de fabrication légitimatrice se devait d'être à la hauteur de l'énormité de ce qui demandait à être légitimé... Comme on sait, à la fin des fins, ces flots de discours ne sont jamais que l'infinie déclinaison d'une seule « idée » : le mérite."


"[...]A défaut d'un tableau d'ensemble, il n'est pas inutile de donner quelques échantillons d'éthique et d'autorégulation pour l'édification tardive des amis de la vertu. Avant que ne soit formalisé en fin d'année 2008 son rachat par Bank of America, John Thain, président de Merrill Lynch a décidé que lui-même et ses troupes avaient bien mérité un dernier petit bonus pour la route - entre 4 et 5 milliards de dollars, alors même que Merrill apporte en « dot » à son mariage 15 milliards de pertes qui ont conduit le Trésor US à lui fournir 20 milliards de dollars supplémentaires d'argent public et une garantie de reprise de perte de... 118 milliards. Pendant ce temps M. Thain a jugé important de refaire la décoration de son bureau : 1,2 millions de dollars - après tout, puisque l'argent public ne manque pas... La direction de la banque Citi pour sa part n'a pas pu résister au gros caprice d'un nouveau jet à 50 millions de dollars (et aussi de quelques hélicoptères). Attention, l'engin en vaut la peine : « un confort sans concession » promet le dépliant - on veut bien le croire. Citi, qui a laissé plus de 50 milliards de dollars sur les subprimes, est l'objet de l'un des plus gros plans de sauvetage public particuliers, à 300 milliards de dollars. Les unités de Lehman Brothers reprise par Nomura Securities par exemple, pour la zone Asie, ou les traders de Bear Stearns récupérés par JP Morgan ont vu leur régime « bonus » préservé voire même étendu... Même The Economist, qui passerait difficilement pour un ennemi de la finance, en a la nausée et parle de « pillage » [15], voire de « racket » [16]) - il est vrai que même pour le défenseur acharné de la méritocratie financière, le fait que 2008 soit la sixième plus grosse année en matière de bonus - au cœur d'une crise séculaire - est un peu difficile à avaler."


"[...]Il faut au moins accorder à la finance début de siècle un estomac hors du commun, et il y a comme ça des performances dans le cynisme qui forceraient presque l'admiration. C'est qu'en effet il faut avoir atteint les derniers degrés de la désinhibition collective pour, ayant d'abord accumulé dans des proportions défiant le sens commun pendant la bulle, puis fait éclater un séisme financier dont les conséquences frappent le corps social n'ayant eu aucune part ni aux profits antérieurs ni à la responsabilité du désastre, venir sans la moindre vergogne tendre la sébile au guichet de l'Etat... et prendre l'argent public avec pour seule intention de maintenir le train de vie et de prolonger l'âge d'or."


"[...]Il est à craindre que, jusque dans « le camp » de Mme Parisot, le mélange de franche bêtise et de cynisme en roue libre requis pour tenir de pareils propos se fasse de plus en plus rare, même si dans un premier de temps, la solidarité de classe suggère à tous les faillis de faire bloc et de ne pas concéder à haute voix ce que l'évidence impose pourtant. Car c'est une forme de vie qu'il s'agit de défendre, la vie à millions - de celles qu'on n'abandonne pas facilement. C'est pourquoi seule une force extérieure leur fera lâcher ce qu'ils ne lâcheront jamais d'eux-mêmes."


"[...]C'est ici qu'apparaît ce coup de force idéologique magnifiquement réussi consistant à avoir imposé la tautologie selon laquelle ceux qui sont au pouvoir sont nécessairement compétents puisqu'ils sont au pouvoir. L'« évidence de la compétence » y est ainsi constituée par un renversement dans lequel la détention de la compétence est moins la cause réelle de l'arrivée au pouvoir que la détention du pouvoir n'est la preuve supposée de la possession de compétence. Cette inversion a bien sûr pour effet de rejeter dans le groupe des non-compétents ceux qui ne sont pas au pouvoir... et de faire oublier que, parmi ceux qui ne l'ont pas, il s'en trouve probablement qui l'exerceraient bien mieux."


"[...]Mais dire cela c'est rester prisonnier du schème de la compétence des individus, c'est-à-dire en définitive de l'homme providentiel - à qui par conséquent la société devra tout et donnera tout - et, partant, laisser de côté l'idée, au moins aussi pertinente, de la compétence collective. Quoique le libéralisme fasse sur elle une impasse quasi-systématique, aussi bien dans les formes de reconnaissance que dans l'encouragement à se développer, son existence est attestée dans les multiples expériences de sociétés coopératives, qui ne sont pas identifiées comme des « succès » pour cette simple raison qu'elles ne reconnaissent pas les critères habituels du « succès », ceux de l'expansion forcenée et de l'acharnement dans le profit. Ainsi la dépendance stratégique assumée du mouvement coopératif à la compétence collective a-t-elle la propriété de faire apparaître en creux l'énormité du contresens pourtant le plus central à la pensée libérale : le contresens « méritologique ». Si loin que le Medef se déclare prêt à aller dans la voie de la retenue (pas loin et de mauvais gré), il restera accroché à son idée du mérite qui, devenue indéfendable en temps de crise, justifie toujours à ses yeux qu'aux beaux jours toute la fortune de l'entreprise soit entièrement redevable à son chef. On peine rétrospectivement à croire qu'il ait fallu tant d'années pour en finir avec les parachutes dorés, « sanction » d'échecs tout aussi retentissants, en contravention manifeste avec la doctrine alléguée, et c'est probablement la raison pour laquelle, dans un premier temps au moins, l'opinion estime avoir obtenu gain de cause à l'annonce de l'abandon de ces pratiques [29]. Mais, pourvu d'ailleurs qu'on fasse abstraction des contraintes extraordinairement légères, en fait même complètement nulles, que le rapport du Medef envisage pour instituer cette « discipline », la question des énormes rémunérations en cas de « réussite » demeure de l'ordre des évidences si évidentes que c'est l'idée même d'en discuter qui semble baroque."



"[...]Il y a pourtant plus d'une raison d'en parler. A commencer par celle de « l'imputation du succès », il faudrait plutôt dire de « l'imputabilité » du succès, à savoir : de qui ce succès (de l'entreprise) est-il le fait, à qui revient-il de l'attribuer ? Dans la pensée libérale, l'imputabilité des effets ne fait pas l'ombre d'un doute : les individus sont libres, souverains et responsables. On sait ce que chacun a fait, on sait ce qui s'en est suivi, ce qui s'en est suivi est l'effet de ce que chacun a fait, l'intéressé en portera donc la responsabilité et en recueillera les fruits - ou les sanctions -, lui et lui seul. Il faudrait entrer dans une discussion proprement philosophique pour défaire cette fausse évidence de la responsabilité dont personne, ou presque, spontanément ne doute pourtant un instant. Mais c'est un terrain où le combat est perdu d'avance tant le schème individualiste-libéral est profondément ancré dans les têtes, et ce n'est pas avec des arguments philosophiques qu'on défait un certain sentiment de soi, un certain rapport de soi à soi hérité d'une généalogie séculaire."



"[...]Une objection moins profonde, mais de plus fort pouvoir de conviction, reste cependant possible qui, maintenant le schème de la responsabilité, ou de l'imputabilité, en modifie le point d'application : non pas des individus isolés et séparables, mais toujours des collectifs. Pour le coup voilà bien une idée qui a tout pour s'imposer avec la force de l'évidence, et d'une évidence bien fondée cette fois : par quelle aberration intellectuelle peut-on en effet envisager de n'imputer la réussite d'une entité éminemment collective, comme une entreprise, qu'à un seul individu, fût-il son « chef » ? Comme si le chef faisait tout tout seul ! Et même : comme si, sans le chef rien ne se faisait ! Les importants qui savent toujours aménager la doctrine au mieux de leurs intérêts ont une conscience discrète de ce vice de raisonnement, qu'ils savent parfaitement utiliser quand les choses tournent mal. Car on aura noté qu'en cas de déconfiture, tout soudain il n'y a plus que de la responsabilité collective."



"[...]Dissimulée derrière la fiction de la « séparabilité » et de la « mesurabilité » - fiction à laquelle la théorie économique néoclassique a apporté son constant renfort sous l'énoncé de « la rémunération des facteurs à leur productivité marginale » - la vérité à refouler impérativement, c'est que la fixation des salaires est un processus politique. Nulle part il n'y a de maître-étalon objectif du mérite, qu'il soit moral ou « contributiviste », mais seulement des processus de pouvoir qui règlent des partages inégaux. Par un paradoxe que l'histoire de la pensée réserve parfois, la théorie économique qui, se réclamant d'Adam Smith, aurait dû poser le fait premier de la division du travail, donc de l'inextricable combinaison des travaux, aura été la moins capable d'en tirer les véritables conséquences.[...]"

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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 10:13

Alors donc, il faut un peu plus interdire l'alcool, ce grand Satan. Et puis aussi supprimer toute publicité pour la nourriture à la télévision, car le sucre et le gras, c'est mal. Et puis aussi pénaliser le téléchargement illégal en pistant les fautifs, car Internet, c'est très méchant.


Moi, bon, je trouve ça très bien, mais ça ne va pas assez loin. Comme d'habitude, nos politiques sont frileux et ne vont pas jusqu'au bout de leur logique. Cela dit, il faut avouer à leur décharge que nombre d'anciens soixante-huitards feignants (chômeurs et profs) prendraient encore tout le monde en otage en faisant grève et en empêchant les bons français d'aller travailler si les mesures salutaires qu'on est en droit d'attendre d'un gouvernement responsable étaient effectivement prises, sous prétexte qu'on ne chercherait pas à comprendre les phénomènes en profondeur pour apporter des réponses adaptées plutôt que d'interdire. Ha ça, pour "comprendre" ils sont forts, mais pour agir, hein, hein ?


Non, tout cela ne va pas assez loin, et je propose d'intensifier cette vague salutaire de lois d'interdiction, pour le bien-être et la sécurité de tous :


- interdiction du beurre et de la crème fraîche aux moins de dix-huit ans ;


- obligation de déclarer tous les mois à la préfecture la liste des sites internet qu'on souhaite visiter ;


- établissement d'une carte-charcuterie à points : avec l'obligation de contrôler son cholestérol tous les six mois (en plus des contrôles inopinés que la Police sera habilité à effectuer en cas de doute), on se verra recevoir des points en fonction du taux détecté. En cas de dépassement des douze points, c'est l'interdiction d'entrer dans une charcuterie et l'obligation de faire une diète et du sport dans une institution homologuée par l'État, afin de recouvrer sa carte-charcuterie ;


- les webcams seront toutes reliées à l'IVISI (Institut de Veille Internet et de Surveillance Informatique) afin de vérifier que des mineurs ne visitent pas des sites qui n'auraient pas été préalablement déclarés à la préfecture par leurs parents, afin de garantir la sécurité des mineurs en question ;


- pénalisation du kebab, et recherche active des dealers de kebabs en vue de leur arrestation (et accessoirement de leur retour au pays) ;


- obligation d'inscrire sur les boîtes de camembert la mention "manger trop de fromage peut nuire à ma santé" ;


- toute ouverture de blog devra faire l'objet d'un dossier déposé à la préfecture et étudié par une commission qui statuera sur l'autorisation de publication ;


- interdiction stricte du Nutella ;


- les sites de type marmiton.fr restent autorisés, mais les IP de ceux qui s'y connecteront seront collectés par l'IVISI ; si les recettes consultées contiennent régulièrement trop de gras, un mail sera envoyé pour prévenir l'internaute coupablement gourmand ; en cas de récidive dans les six mois, un second mail sera envoyé, ainsi qu'un courrier en recommandé ; en cas de récidive dans l'année, l'accès à internet sera alors coupé pour un an ;


- campagne massive de publicité pour la promotion de l'artichaut ("chaud l'artichaut !", "l'artichaut, ça m'rend beau !", "l'artichaut, un sacré numéro !")


- décret passé afin de faire passer la vente des crêpes et gaufres en pharmacie, uniquement sur ordonnance ;


- campagne de sensibilisation "du sushi à l'école" ;


- exposition permanente au Grand Palais de foies malades et d'obèses en captivité afin de montrer aux enfants, via les visites scolaires, les exemples à ne pas suivre ;


- élaboration d'un site du gouvernement sur lequel on peut signaler à tout moment un article sur internet qui contreviendrait à l'ordre public (pédophilie, pornographie, critique du gouvernement, etc...).


Évidemment, cette liste n'est pas exhaustive, et reste ouverte à toute proposition de réforme qui ferait avancer ce pays sclérosé par l'immobilisme.


Bien sûr, dans le même temps il s'agit de ne pas toucher au Coca-cola ni au McDonald, et même de continuer à favoriser l'agriculture intensive ainsi que les industries chimiques et leurs produits potentiellement toxiques, car ces entreprises créent des emplois, et ça c'est important bien entendu.

Car l'essentiel reste d'œuvrer pour le bien de tous.

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18 février 2009 3 18 /02 /février /2009 14:24

Si des antillais, et plus particulièrement des guadeloupéens, venaient à passer sur ces pages, je tenais à les saluer très amicalement et à leur souhaiter un maximum de courage.


Voilà des gens qui, de manière organisée et concertée (je ne parle pas des bandes violentes récemment apparues), s'avancent groupés pour demander des choses impensables, insultantes, grossières : des hausses de salaire, par exemple. 200 euros, pas un de moins. Parce que - rendez-vous compte un peu, ils en ont marre que quelques-uns s'en mettent plein les poches pendant que la majorité vivote avec pas grand'chose. Quel toupet, n'est-ce pas ?


Déjà, ils se sont organisés en force groupée, ce qui, en ces temps d'individualisme, est assez inconvenant. Mais, en plus, des augmentations de salaire, quelle infamie !

Résultat : ils se font taper sur la gueule. L'État démocratique, dont la fonction, dans de lointains temps obscurs, avait été défini comme étant de se préoccuper du bien commun, va taper sur ces impudents qui osent l'impensable : voilà que la populace voudrait partager et obtenir sa part du gâteau...


Cette situation est d'autant plus ahurissante qu'on vient d'assister en direct à l'explosion en vol du système économique néo-libéral, dont on nous vantait la sûreté scien-ti-fique et l'inéluctabilité depuis une trentaine d'année, explosion dont une des causes conjoncturelles est précisément que les ménages américains, n'ayant plus de ressources suffisantes de par leur salaire, ont été incité, pour compenser, à s'endetter dans des proportions aberrantes.

C'est-à-dire que la cupidité du système financier, cupidité décuplée par la sacro-sainte concurrence et rendue possible par les portes grandes ouvertes et non moins sacro-saintes de la dérégulation des marchés, l'a mené à sa perte précisément parce qu'en voulant prendre tellement d'argent dans la poche des ménages d'un côté, par les compressions salariales et autres licenciements économiques, dans le but de rendre les entreprises plus "compétitives", (c'est-à-dire plus à même d'injecter des liquidités dans la finance qui se charge de les faire se décupler dans des proportions ahurissantes pour son seul compte, sans intention de redistribuer), on a voulu également leur prendre de l'argent qu'ils n'avaient pas, comme si ça ne suffisait pas, par le biais du crédit.

C'est précisément pour cela que certains, au vue de la faillite du système, et ressuscitant le nom de Keynes (ainsi que le mot "capitalisme", tout d'un coup, alors qu'on passait pour un stalinien attardé il y a encore quelques temps quand on osait proférer ce mot), certains donc préconisent qu'un des leviers pour contrer la crise et refonder un système plus viable soit précisément d'augmenter les salaires. Il ne s'agit même pas d'un point de vue moral, mais seulement technique, parce que bien évidemment, si on se met du côté de la morale, c'est encore pire : on ne peut qu'apercevoir un monde de la finance qui s'est enrichi dans des proportions de milliers de milliards de dollars sans jamais redistribuer un kopeck à l'économie réelle (c'est-à-dire à nous), mais qui, quand elle se casse la gueule, et parce que ce serait une catastrophe encore plus énorme sinon, contraint les États (c'est-à-dire nous) à débourser des sommes monstrueuses pour sauver la mise : privatiser les profits, socialiser les pertes, le procédé est non seulement moralement scandaleux mais même inopérant économiquement.


Le néo-libéralisme s'est imposé comme une religion peut s'imposer à un moment de l'histoire. C'est une école d'économistes de Chicago, influencée, entre autres, par von Hayek et Milton Friedman, eux-mêmes pétris de thèses individualistes et libertariennes à la Ayn Rand, qui a promu cette idéologie néo-libérale dans les années 70, et qui a porté la bonne parole comme des prophètes annoncent l'arrivée du messie. Alors que l'économie mondiale s'était très bien portée d'avoir une finance régulée et réglementée par les États pendant les trente glorieuses, ils ont voulu imposer leur idéologie comme remède miracle au ralentissement de croissance des années 70.

Pour tester leurs idées, ils ont eu à disposition l'Indonésie de Suarto et le Chili de Pinochet comme cobayes : ils y ont expérimenté en direct leur système, avant de le vendre au monde entier. Von Hayek a même déclaré quelque chose comme "je préfère une dictature qui applique le libéralisme qu'une démocratie qui ne l'appliquerait pas" - vous voyez qu'on est en présence de sympathiques personnages.

Le credo n'a pas varié : la moindre intervention de l'État (même démocratique, donc) dans l'économie est vécu comme un immonde totalitarisme de type communiste (ou nazi, pour ces gens-là c'est la même chose), il faut par conséquent "libérer" les marchés et ne laisser à l'État que sa seule fonction d'armée et de police comme gardien de l'ordre - tout le reste doit être laissé aux marchés : les retraites, les "services publics", le code du travail, etc.

On connaît la suite : après que Nixon ait déconnecté le dollar de l'or en 1971 pour en faire une monnaie "libre", Reagan, puis Thatcher, gagnés par la nouvelle idéologie présentée comme le summum de la modernité, ont strictement suivi ce programme. Le crédo a été repris en chœur et présenté à la fois comme la lumière de la modernité et une inéluctabilité scientifique, aussi "inexorable que la loi de la gravité", avait dit Alain Minc. Toute critique de ce système, toute proposition d'alternative était étouffée sous la caricature de "stalinien", ou au mieux, de ringard qui refuse la modernité - le débat n'était même pas pensable.


Et en France, on est bouche bée quand on constate par qui a été importée la religion néo-libérale ; les État-unis et une bonne part de l'Europe ayant déjà cédé au culte doctrinaire de l'économie de marché, ce sont les socialistes qui, dès 1983, ont mené, Fabius en tête, les premières "réformes" - et c'est la loi de déréglementation financière de 1986, votée sous le gouvernement Bérégovoy, qui a introduit la France dans les doux filets de la finance déréglementée qui vient de nous montrer tout son monstrueux potentiel de nuisance. Du reste, les dirigeants du parti socialiste ne paraissent pas très à l'aise pour analyser cette crise financière et ne semblent pas donner de la voix pour des mesures qui s'imposeraient pourtant - sauf à demander de "moraliser" le capitalisme, et à taper sur Sarkozy. Ce sont bien les structures fondamentales du système qui l'ont amené à exploser, pas la vilenie de quelques méchants - et Sarkozy est certes responsable de politiques hautement critiquables (sinon détestables), le critiquer est un réflexe politique compréhensible, mais improductif à considérer vraiment en face l'ampleur de la crise du système.


C'est ce qui est frappant : tant de gens ont pris le pli du réflexe libéral, se sont auto-convaincus depuis tellement de temps qu'on tenait avec le néo-libéralisme et la mondialisation associée LA méthode inéluctable, intangible, inviolable. Cette crispation idéologique est telle que même face à la crise, face à ce "principe de réalité" qu'adorent pourtant les pragmatiques (car les néo-libéraux présentent leur croyance comme un pragmatisme rationnel, bien entendu), ces mêmes personnes n'arrivent pas à admettre la ruine de leur idéologie, dans une sorte de déni de réalité - à moins de contorsions assez pathétiques à la Laurent Joffrin, par exemple. Par ailleurs, cette adhésion sans faille du parti socialiste aux "lois" du marché pourtant inventé par des conservateurs patentés est encore pour moi un grand mystère - s'agit-il d'une sorte de formatage dû aux grands écoles ? D'une tromperie électoraliste ? De connerie pure ? Ça m'échappe.


Alors qu'on reproche à Chavez de gagner des référendums, les mêmes ne sont pas gênés qu'on ne respecte pas en France le résultat de celui sur la constitution européenne. Témoignage de cette croyance aveuglante en l'économie de marché telle qu'elle ne veut entendre aucune contestation, et preuve de l'efficacité de sa propagande, on préfère se concentrer sur la part des votes nationalistes contre l'idée même d'Europe, en clamant l'imbécillité de ces gens qui n'ont rien compris et en amalgamant les "extrêmes" (stalinien=nazi, on en revient toujours là), plutôt que de considérer qu'on puisse s'élever avec des arguments de raison, contre l'idée d'une "libre concurrence non faussée" inscrite dans une constitution, quand on voit ce que cela sous-entend.


Encore maintenant, alors que la faillite du système est avérée, le FMI, dirigé par Strauss-Kahn, en est encore à imposer ses "ajustements structurels" à la Hongrie, en échange de prêts dont l'État hongrois a besoin de manière vitale pour éviter la faillite : ces ajustements, ce sont ici 106 points qui détaillent les privatisations à mener, les dégraissements de fonctionnaires à opérer, et l'ouverture aux acteurs financiers comme les fonds de pension et autres...


Pendant ce temps, les guadeloupéens demandent leurs 200 euros d'augmentation et se font taper dessus. Un peu avant, c'était la jeunesse grecque qui s'était soulevée.
Qui seront les prochains ?





À lire : Jusqu'à quand ? Pour en finir avec les crises financières, Frédéric Lordon, Raisons d'agir

Le krach parfait, crise du siècle et refondation de l'avenir, Ignacio Ramonet, Galilée

Le blog de Frédéric Lordon.

La crise et les médias, vidéo - Frédéric Lordon invité par Acrimed 

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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 19:27

Ceci est un chien.


Si si.


L'espèce de serpillière sous cocaïne, là, c'est un chien.




Là, ça se voit mieux : c'est en fait un chien rasta. Peace, dog, com'on, yeah.


 

En réalité, c'est un puli, un berger hongrois, chien rare, à propos duquel on se demande s'il n'a pas été exporté en Jamaïque, donnant certaines idées capillaires à qui l'on sait.

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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 14:38

C'est terrible.

Il est de ces domaines pour lesquels il suffit d'y poser à peine le bout du doigt pour se retrouver plongé dedans jusqu'à l'épaule sans que la transition ait été véritablement perçue.


Par exemple, le jour où vous êtes innocemment rentré, sans malice aucune, dans ce commerce achalandé en thé aux noms exotiques, juste pour voir si c'était meilleur que le Lipton en sachet, imaginiez-vous que, quelques mois plus tard, vous en seriez à envisager l'achat de différents types de théières selon le type de thé ?


Car si un Darjeeling appelle inévitablement la porcelaine, les Pu-Er et les Yunnan réclament ardemment la terre cuite, et dans des théières différentes, s'il vous plaît, pour ne pas mélanger des flaveurs qui n'ont rien, mais alors rien à voir. Par ailleurs, comment faire un thé vert autrement que dans un poëllon japonais, ou un Wu-Long au Gong Fu Cha ?

Et pourra-t-on échapper longtemps à une bouilloire à thermostat, alors que le thé vert ne tolérera qu'un 70°, quand le Yunnan se révèlera vers les 85°, pendant qu'un Pu-Er supportera les 95° ?


On est mal barré, c'est moi qui vous le dis.



(Pour une initiation au thé : Le guide de dégustation de l'amateur de Thé, éditions Chène, François-Xavier Delmas, Mathias Minet, Christine Barbaste)

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6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 14:23





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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 13:15

Blog en standby.


Parce que :
- Raymonda, ça use, ça use ;
- je fait joujou avec mon nouveau joujou ;
- je suis en ce moment dans une drôle de situation de sans domicile fixe, non par défaut de logement, mais par excès, ce qui par les temps qui courent pourrait être vu comme assez arrogant, mais qui n'est en fin de compte pas très pratique.


Tout ceci finira bien par forcément se ralentir, se tarir, voire s'arrêter, ce qui fait que ce blog n'est qu'en petite hibernation passagère, pas d'inquiétude (et les commentaires restent ouverts, bien entendu, ne vous gênez pas pour papoter).


Et puis les sujets de colère ou d'ahurissement ont tendance à s'accumuler, ces temps-ci, je sais pas si vous avez remarqué. Certains savent en faire des bons blogs, mais pas moi : j'aimerais revenir à des sujets musicaux, que je maîtrise mieux, mais cette ambiance lourde et délétère qui appesantit notre beau pays prend toute la place quand je cherche un sujet d'article.


La France, quoi déjà ? Ha oui, "pays des Lumières".


Faudrait penser à changer l'ampoule.


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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 15:13

Disons-le tout net : je ne suis a priori pas vraiment-vraiment fan de cinéma de Bollywood. Vous savez, ce continent entier du cinéma mondial, typique d'Inde, au budget à faire pâlir Harry Potter, Batman et Indiana Jones réunis, mais qui nous reste aussi inconnu que la matière noire de l'Univers, ou que la manière dont les neurones de Francis Lalanne parviennent tout de même à lui faire mettre ses bottes à l'endroit tous les matins.


C'est-à-dire qu'à côté de Bollywood, la collection Arlequin paraît d'un rose un peu pâlot, tout en faisant preuve d'une grande intelligence psychologique dans la manière de camper les personnages, Quand Harry rencontre Sally confine à une étude de mœurs austère et aride, et La petite Maison dans la Prairie est d'une violence de sentiment quasi-insoutenable alliée à une radicalité d'une farouche sobriété. Ajoutons à cela des chorégraphies ahurissantes, aussi bien situées sur la place de la Concorde qu'au pied des pyramides, sans que le scénario n'ait rien à voir là-dedans, chorégraphies à base de centaines de figurantes levant en même temps le bras en se déhanchant l'épaule (oui, en toute rigueur, on devrait dire, en se dépaulant, mais j'avais peur de ne pas être compris), paume de la main en l'air, avec un grand sourire, avec, parmi elles, le beau gosse de service, cheveux gominés, et qui sourit encore plus.

Faut avouer, c'est spécial.

Même si, disons-le, c'est toujours réalisé avec tellement de naïveté assumée et bon enfant, qu'on est en droit de trouver bien plus préférable le Bollywood aux super-productions pleines d'adrénaline guerrières et propagandistes de si nombreuses productions US.


Bon, si j'ai un peu saisi, il se trouve qu'en Inde, la danse, même la plus classique, a vocation à raconter des histoires de manière très parlante, en commençant par les légendes à base de Vishnu(1) et de Bhramâ - on dirait presque du mime, davantage parlant que les ballets occidentaux. C'est donc apparemment inscrit dans la culture indienne, même si j'y connais rien, mais vous savez bien que je ne peux pas m'empêcher de faire mon intéressant afin de compenser un trauma enfantin dont je n'ai pas encore saisi la substance mais dont je suis certain qu'il a du me marquer à vie dans le seul but de me la péter jusqu'à ce que mort s'ensuive (ou alors c'est une mauvaise fée qui s'est penchée sur mon berceau, j'ai pas encore réussi à déterminer).


Toujours est-il que l'autre jour, que n'entends-je une voix charmante et enjouée :
«Djacouneeeeeet ! J'ai acheté plein de films Bolliwooood !»


Hé oui, la vie de couple, c'est vraiment pas facile facile tous les jours.

Damned.

J'étais piégé.

Comment allais-je m'en sortir ?


Je n'allais pas m'en sortir, elle est plus forte que moi, rien à faire, autant se résigner.

Sauf que voilà, toutes les fées ne sont pas désagréables à faire rien qu'à vous envoyer des traumas tordus, il arrive que certaines d'entre elles font des petits miracles. Là, le petit miracle était qu'il y avait le DVD du film Water dans la pile Bollywood toute neuve.




Water, réalisé par Deepa Mehta, c'est à la fois un film Bollywood et à la fois un film pas du tout Bollywood. Je veux dire que c'est bien un film indien (enfin, canado-hindou pour être exact, ou indo-canadien, comme on voudra), ça se passe en Inde, la musique est indienne ; mais on est très loin des histoires sentimentales à l'essence ultra-concentrée de rose et des chorégraphies, comment dire, "colorées" et "typiques".


Ce qui frappe d'emblée à la vision du film, c'est son extraordinaire esthétique : chaque plan est un tableau d'une magnificence visuelle envoûtante. Très vite, malgré quelques violons occidentalisants qui ne restent toutefois que très peu de temps, on remarque également la splendide bande originale : et pour cause, y figure entre autres Kaushiki Chakrabarty, une des jeunes stars du chant khyal (style de chant classique d'Inde du Nord), que j'ai eu l'immense bonheur d'écouter à la Cité de la Musique lors de l'extraordinaire (et je pèse mes mots) nuit indienne.

Pas de musique classique indienne à proprement parler ici, mais des chansons de haute tenue assez irrésistibles.




Et que contient ce magnifique écrin (les acteurs sont également exemplaires), plein de calme, de sérénité, de splendeur ?

Il raconte le drame des veuves indiennes, que les traditions religieuses rendent intouchables : mariées, elles ne sont considérées que comme la moitié de leur mari, veuves, elles ne représentent plus rien, moins de la moitié d'un être humain. Recluses dans un ashram, elles attendent la mort, sans rien espérer de plus, et elles acceptent leur sort, puisque ce sont les traditions qui le veulent, n'est-ce pas. Il faudra l'apparition de la petite Chuyia, 7 ans, veuve à sont tour (sic), pour ébranler un peu l'acceptation passive de leur condition.

Le film se déroule en 1938, montrant en parallèle la montée en puissance des idées de Ghandi, qui cherche à libérer son pays non seulement de la colonisation anglaise, mais aussi de certaines traditions séculaires terrifiantes («quand j'étais jeune, dit-il, je croyais que Dieu était la Vérité. Maintenant, j'ai compris que c'est la Vérité qui est Dieu»).




Derrière les images splendides et les dialogues concis et pudiques, le drame est d'autant plus poignant, et représente assez bien la société indienne, me semble-t-il : une grande douceur et une grande sophistication esthétique à première vue pourtant associée à une grande violence.

Ce film est d'autant plus bouleversant quand on apprend ses conditions de tournage, freiné par des fondamentalistes hindous, à tel point qu'il a fallu finir par tourner en secret au Sri Lanka (je vous laisse découvrir les détails sur le lien ci-dessus) : on n'est plus en 1938, mais nombre de lourdeurs religieuses mettent encore actuellement dans des situations terribles bien des femmes indiennes.



(1)Je ne résiste pas à citer ici un des multiples chef-d'œuvres de Desproges : à Shiva est associée la guerre, à Vishnu la paix.



PS : pour visionner une superbe chorégraphie indienne classique, suivre le mode d'emploi suivant : aller sur ce site, choisissez "recherche simple", taper dans le champ recherche "par mots" : raga 2008, cliquer sur le premier résultat, puis sur "danse mohiniattam du Kerala, Inde du Sud", et enfin sur "regarder l'enregistrement" en rouge. C'est toutefois le style de danse appelé "kathak" qui a le plus inspiré les chorégraphies bolliwood actuelles - il y a une démonstration de danse kathak dans le même concert mis en lien, mais comment dire... c'est pas terrible et fait un peu amateur par rapport à tout le reste, cela dit vous pouvez essayer pour voir. Et pour écouter Kaushiki Chakraborty en personne, c'est le chant khyal et thumri en quatrième position (soyez patients, ils papotent toujours un peu avant de jouer) ; et vous pouvez même jeter un coup d'oreille à l'immense maître du sarod Amjad Ali Khan.


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