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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 16:29

«Ch'fais pus cheffe, dit Ardalia.

- Quoi ? fit Lazuli.

- Quoi ? fit Messoda.

- Quoi ? fit Brendufat.

- Quoi ? fit Lelf Hifi.

- Quoi ? fit Anna.

- Qu... qu... ? fit Axi.

- Quoi ? fit Clem Quenelf.

- Quoi ? fit Majorette.

- Quoi ? fit Hair-Véé.

- Quoi ? fit Grautarin.

- Quoi ? fit Glizmurck.

- Ha vous aviez un chef ? fit Klari.

- Ben ouais, j'en ai marre de dire où c'est qu'il faut qu'on aille et tout, moi je veux faire l'aventure peinardos, marre des responsabilités qu'en plus personne m'écoute et tout, alors vous vous débrouillez, ch'fais pus cheffe.

- Mais comment qu'on va faire ? fit Glizmurck.

- Mais comment qu'on va faire ? fit Majorette.

- Mais comment qu'on va faire ? fit Anna.

- Mais comment qu'on va faire ? fit Grautarin.

- Mais com... va... fai... ? fit Axi.

- Mais comment qu'on va faire ? fit Lazuli.

- Mais comment qu'on va faire ? fit Clem Quenelf.

- Mais comment qu'on va faire ? fit Lelf Hifi

- Mais comment qu'on va faire ? fit Brendufat.

- Mais comment qu'on va faire ? fit Messoda

- Bah parce que vous faisiez comment avant ? fit Klari.»


C'est donc la mine inquiète à propos de l'avenir que nos compagnons entreprirent leur retour vers Lyslle, après s'être assurés que, pour une raison inexpliquée, personne ne les poursuivait, suite à leur larcin.


Profitant des pauses, Clem, Lelf et Brendufat tentèrent le tout pour le tout pour rafistoler leurs copains ; cependant, Brendufat cessa bien vite ses expérimentations infirmières après que Grautarin eût hurlé comme un putois torturé suite à Dieu sait quelle manipulation - il semblait en effet que le grand et farouche guerrier ne fut pas encore réellement familiarisé avec les méthodes médicales. [+3 PV à tout le monde, sauf pour Axi qui est trop mal en point].

«Et si tu nous faisais un bon thé ! s'exclama Lelf Hifi à l'adresse d'Anna.

- Ho oui, et avec un bon plat chaud ! répondit Anna.

- Ben ouais, intervint Majorette, mais c'est que à part deux paquets de chips et du saucisson, on n'a pas grand'chose à becqueter, hein. Et pis on n'a pas de thé, ni de théière, et je parle pas de tasses. Enfin, moi, ce que j'en dis...

- Vous avez des chips ????» s'exclama Klari, le visage soudain tendu et les yeux exorbités.


Le retour vers Lyslle fut donc tristounet, d'autant que le temps était couvert et que ça crachinait exactement comme par hasard comme dans les films ça se passe pour bien qu'on comprenne l'état psychologique des personnages principaux.

Le voyage fut donc à peine égayé par deux saucissons, assortis de chips, avec des noix en dessert. Le tout sous la pluie, donc. Pas le pied, quoi.


«Et toi, tu fais quoi ? demanda Anna à Axi.

- Moi, répondit Axi en bombant le torse et en levant fièrement le menton, je fais apprenti chevalier, gente hobbit (après quoi il retomba dans les pommes).

- Ouah, cool, la classe ! Et toi, Messoda ?

- Moi, heuuu, ben chu baba-cool, t'ois, pasque t'ois, chu vachement en révolte, t'ois, c'est pas cool toute cette violence, moi j'veux dire faut dire stop, t'ois, c'est vachement révoltant au niveau du vécu, je trouve moi personnellement, t'ois. Et dis, tu crois que ça se fume les feuilles de chênes ?

- Et toi, Clem ?

- Haaaa, chaipas, j'hésite, c'est un vrai tournant professionnel qui se présente à moi, et je veux être sûre d'avoir bien pesé toutes les options qui s'offrent à moi, parce que dans la conjoncture actuelle, compte-tenu du taux d'inflation, on n'est plus sûr de rien, mais je voudrais pas sacrifier toute vie personnelle non plus, tu vois, parce que c'est aussi un équilibre, parce que tu ne peux pas être efficace dans ton job si tu n'es pas d'abord efficace dans ta tête, c'est pour ça l'équilibre de vie c'est super important pour être performant, et...»


Le retour vers Lyslle fut donc vraiment pénible.

D'autant qu'Axi ne cessait de gémir, ce qui est vraiment agaçant. Et qu'Ardalia ne cessait de ronchonner («c'est vrai quoi j'en ai rin à fout' ch'fais pus cheffe et picétout y z'ont qu'à se débrouiller non mais ho parce que moi je..., etc, etc...»). Et que Messoda ne cessait d'avoir des haut-le cœur après avoir testé la fumée de telle ou telle plante trouvée au hasard - les débuts de baba-cool sont toujours un peu difficultueux. Et que Lazuli ne cessait de faire des moulinets avec sa nouvelle épée en faisant "zzzziaaan, zzzioooon, ziiaaaan", ce qui est vite assez insupportable.


Mais enfin, au bout du compte, les murs de la ville furent en vue ; et éreintés, fourbus, ils se renseignèrent immédiatement pour trouver un prêtre qui pourrait les soigner.

«Ouais, bon, fit Anasthase Blaise Bartholomé, chef de la paroisse Tikée, moi je peux pas vous prendre tous en soin, hein, y'en a d'autres que vous à s'occuper, je suis débordé, alors je veux bien garder votre copain blessé, là, mais c'est tout !»


Ainsi fut fait, et laissant Axi aux mains du prêtre, nos héros se préparèrent à apporter le dur fruit de leur larcin à Robert Cyankangoo : Anna, Lelf Hifi, Clèm, Klari et Messoda se présentèrent à la porte de la grande propriété, laissant le reste de la troupe à l'affût prêt à bondir à proximité.

Après force clins d'œil et pouce levé, ils sonnèrent. Le majordome, impassible, ouvrit et fit :

«Ha ? C'est vous ? Tiens ! J'aurais pourtant cru que... Bon, veuillez me suivre, M.Ivory206 va vous recevoir.»


En fait, M.Indigomondéo était à table ; dans un geste généreux de grande classe, il invita nos héros à partager un café, ainsi qu'un petit carreau de chocolat. («Du chocolat ! s'exclama Klari, le visage tendu et les yeux exorbités), tandis que le majordome apportait une bourse pleine de pèzes.

«Comme convenu, le reste de la récompense : les 13000 pèzes restant sur les 15000 promis.»

D'une main que l'émotion faisait trembler, Anna récupéra la pesante bourse.

- Je suis heureux, continua Robert Carminevelsatis, d'avoir récupéré cette tapisserie. Et je ne le cache pas, je suis également heureux d'avoir roulé ce Pat Deuvihedjen ; c'est un sale type, que je n'aime pas. Vous le savez peut-être, j'ai fait fortune dans la chicorée, je suis un homme d'affaires. Mais j'ai des principes ; ce Deuvihedjen n'en a pas. C'est un partisan de Shâr-Kaûszy, et ça je ne peux pas l'admettre.

- Shâr-Kaûszy ? Mais qui c'est ? fit Klari.

- C'est un mage noir, un sorcier maléfique qui voulait asservir le Vert-Glob dans son entier. Alors qu'il avançait dans les plaines de Thûn avec ses armées de l'ombre, son avance fut stoppée par la coalition de la Rose, et alors que les principaux dirigeants de la coalition voulaient parlementer avec Shâr-Kaûszy, le chevalier Bezanssnoth, n'écoutant que son courage, l'affronta en combat singulier et le fit périr. Mais, depuis peu, la rumeur court, et ses anciens partisans se réveillent : Shâr-Kaûszy serait de retour.

- Quoi ? Mais s'il est mort ? s'exclama Lazuli.

- Allez savoir... Peut-être que son nom est simplement instrumentalisé par d'autres pour éveiller la peur... Ou peut-être, avec les pratiques de magie noire, allez savoir...

- En tout cas, nous non plus on l'aime pas ce Shâr-Kaûszy ! Beurk ! fit Clèm.

- Mmmh... Hé bien, puisque vous êtes aventuriers, que vous venez de vous attaquer à Deuvihedjen, et que par conséquent vous être déjà très probablement fichés comme ennemis de leur ordre, je peux vous faire une proposition. Je rallonge votre récompense de 5000 pèzes, et je vous livre des secrets qui vous engagent contre Shâr-Kaûszy.

- Ho oui, ho oui ! s'exclama Lelf Hifi.

- Bien. Alors, sachez que 7 prisonniers se sont récemment échappés des geôles du château de Balaidanlk. Ces prisonniers se sont évaporés dans la nature, pour éviter les recherches des sbires de Shâr-Kaûszy, ou de ceux qui se servent de son nom. Mais ils ont laissé chacun un indice sur ce qui se passe à Balaidanlk, et sur les moyens de déjouer les plans de ce qui se trame. Et j'ai, très brièvement, rencontré l'un d'eux, avant qu'il ne disparaisse. Il m'a laissé son indice, que je n'ai pu encore réussir à déchiffrer. Gontran ?

- Oui monsieur, fit le majordome.

- Allez me chercher 5000 pèzes supplémentaires, ainsi que la lettre de qui vous savez.

- Bien, monsieur.»


Quelques instants plus tard, nos amis avaient ce message entre leurs mains fébriles :


Lumière reflendira de bout en bout

IYUPSAEALSOLTEDLTUNRDOROAESTEITERPGSANAL



[Vous voici donc, au passage, en possession de 18000 pèzes, mis dans le pot commun. Bon, normalement, c'est Axi qui gère le pot commun...

Ensuite, si personne ne veut être chef à la suite d'Ardalia, ça risque d'être le bordel, je vous préviens...]

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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 10:31

La "déification" d'Ingrid Betancourt - février 2004

María Jimena Duzán - El Tiempo



Comment des milliers de militants ont été liquidés en Colombie - mai 2005


«En mai 1985, dans le cadre de négociations tentant d'apporter une solution au conflit armé dont souffre aujourd'hui encore la Colombie, naissait l'Union patriotique. L'extermination des membres de ce parti d'opposition explique en partie la durée et la cruauté de cette interminable tragédie : un contexte de démocratie formelle camouflant des techniques sophistiquées d'élimination systématique des opposants.»



La Colombie D'Ingrid Bétancourt - Avril 2006


«[...]D'une manière ou d'une autre, cet affrontement complexe implique toute la population. Si les paramilitaires des Autodéfenses unies de Colombie (AUC) et leurs complices des forces de sécurité portent la responsabilité de l'immense majorité des homicides, «disparitions» et actes de torture, les guérillas se voient attribuer la plupart des enlèvements. On estime à environ trois mille (chiffre actuellement en baisse) le nombre des personnes victimes chaque année de ce fléau.


En 2003, les FARC ont été responsables de 30,55 % des enlèvements, l'ELN de 15,5 % et les paramilitaires de 7,86 %, le reste étant le fait de la délinquance commune. Une différence de taille avec le chiffre souvent repris par les médias, et que met en avant la page de publicité d'un chanteur de variétés parue sous le titre « Renaud dans la jungle », annonçant une chanson et le concert de soutien du 23 février 2006, pour la libération d'Ingrid Betancourt « et des trois mille otages de Colombie détenus par les FARC (2) ».

On ne se lancera pas dans une indécente bataille de chiffres laissant à penser que la rétention de huit cents ou neuf cents personnes serait moins condamnable que celle de trois mille. Il n'en demeure pas moins que l'effet d'annonce n'a rien d'innocent, tant les sentiments généreux mobilisés en faveur de Mme Betancourt sont souvent récupérés, par stupidité, ignorance ou complicité, pour le plus grand profit du gouvernement colombien.


De fait, si la captivité de Mme Betancourt émeut, le battage fait autour de son sort agace aussi beaucoup - surtout en Colombie. Non parce que sa famille, ses proches, des amis haut placés - dont M. Dominique de Villepin - ou des bonnes volontés se mobilisent en sa faveur. « On a cherché de tous les côtés, témoigne, très humaine et très digne, à Bogotá, sa mère, Mme Yolanda Pulecio. On a fait pression sur le président, essayé d'être entendus par la guérilla, cherché des appuis aux Etats-Unis, au Mexique, au Venezuela et, bien sûr, surtout en France... » Qui n'en ferait pas autant ?

Mais, pour d'autres, courant de concerts de soutien en plateaux de télévision, une question se pose : déploient-ils autant d'énergie pour les victimes non « franco-colombiennes » de cette tragédie ? Les soixante et un autres « prisonniers politiques » des FARC intéressent beaucoup moins - qu'ils soient ex-gouverneur du Meta (M. Alan Jara), ancien ministre (M. Fernando Araujo), sénateur (M. Luis Eladio Pérez), députés (MM. Consuelo González, Orlando Beltrán et Oscar Liscano), qu'ils soient militaires ou policiers... « Quelle différence entre la douleur d'une mère de soldat et celle de la mère d'un homme ou d'une femme politique ? », interroge Mme Marleny Orjuela, présidente d'Asfamipaz, l'Association des familles de membres de la force publique retenus et libérés par les groupes guérilleros. « Ingrid bénéficie d'un traitement de faveur parce qu'elle a la citoyenneté française et qu'elle appartient à un milieu privilégié, renchérit Mme Edna Margarita Salchali, sœur du sous-lieutenant Elkín Hernández, fait prisonnier au combat, le 14 octobre 1998. On se dit qu'il y a des séquestrés de première et de deuxième classes. Nous, on nous a oubliés. »


Et surtout... Pourquoi ce silence face aux exactions des paramilitaires et de l'armée ? L'Association des familles de détenus-disparus (Asfaddes) recense près de sept mille cas documentés de personnes enlevées depuis 1997 par les escadrons de la mort, et dont les corps n'ont jamais été retrouvés. Qui placarde leurs portraits sur le fronton des mairies ? Pourquoi ne pas mener campagne, aussi, et en même temps, pour dénoncer une politique de criminalisation de la contestation sociale qui jette des centaines de Colombiens, dirigeants ou militants syndicaux et associatifs, dans les geôles de l'Etat ?[...]»




Un chef des FARC parle - août 2007


«[...]Le président Uribe croit pouvoir gagner une guerre qui dure depuis soixante ans sans discuter avec personne. Depuis son arrivée au pouvoir en 2002 (il a été réélu pour un nouveau mandat de quatre ans en mai 2006), il refuse catégoriquement le fameux « échange humanitaire ». On ne négocie pas avec des « terroristes ». Mais, depuis quelque temps, M. Uribe se trouve dans une situation délicate, embourbé dans le scandale dit de la « parapolitique ». La justice colombienne examine plus de cent cas de collusion présumée entre les paramilitaires des Autodéfenses unies de Colombie (AUC) et des représentants de l'Etat. Elle met au jour les fraudes organisées par les uns et les autres lors des élections qui ont porté M. Uribe au pouvoir.

La crise a déjà fait chuter la ministre des affaires étrangères María Consuelo Araújo, dont le frère et le père ont été inculpés. Deux gouverneurs (des départements du Cesar et du Magdalena), quatorze députés et sénateurs - tous « uribistes » - sont sous les verrous, cinq autres font l'objet d'un mandat d'arrêt. L'ancien directeur du département administratif de sécurité (DAS, police politique), M. Jorge Noguera, chef de la campagne du candidat Uribe dans le département du Magdalena, a été incarcéré. Le directeur de la police nationale, le général Jorge Daniel Castro - celui-là même qui, à Cúcuta, demandait à M. Granda [M. Rodrigo Granda, considéré comme le « ministre des affaires étrangères » des FARC, que ses services secrets avaient enlevé clandestinement deux ans et demi plus tôt à Caracas] de « mouiller » le président Chávez -, et celui du service de renseignement de la police ont dû démissionner en raison d'un autre scandale lié à des écoutes téléphoniques illégales...


Dans ce contexte, début mai 2007, après un appel téléphonique du nouveau président français Nicolas Sarkozy, une information fait sensation à Bogotá : M. Uribe annonce la prochaine libération « unilatérale » de dizaines de rebelles, et demande aux FARC de répondre à ce « geste de bonne volonté » en procédant à la libération de ses otages. « Le haut-commissaire à la paix Luis Carlos Restrepo vient me voir dans ma cellule, raconte M. Granda, et me propose de me placer à la tête de cette opération de "réintégration-démobilisation", avec comme unique condition d'abandonner les FARC. » Refus. Deux jours plus tard, le haut-commissaire revient à la charge. « Il m'explique à cette occasion qu'il n'a pas l'intention de négocier avec moi, et que ma libération a été décidée "pour raison d'Etat", parce que... le président français Nicolas Sarkozy l'a demandée. Et que, si je fais des problèmes, il utilisera son pouvoir pour me sortir de force de ma cellule et m'expulser de la prison ! »


Libéré contre son gré... « Mais que fait Sarkozy dans cette histoire ? », s'interroge M. Granda interloqué. Il avoue n'en avoir aucune idée. Certes, la cause de Mme Betancourt, Franco-Colombienne prisonnière des FARC depuis le 23 février 2002, est extrêmement populaire en France. A quelques jours d'élections législatives dont il espérait une majorité écrasante à l'Assemblée nationale, M. Sarkozy a-t-il voulu « faire un coup » en multipliant les contacts avec son homologue colombien ? Ou bien - en connaissance de cause, ou à son corps défendant - a-t-il participé, en lien avec des intérêts obscurs, à une opération beaucoup plus « tordue » ?


Sur la question des prisonniers, les FARC exigent une zone démilitarisée de huit cents kilomètres carrés dans les municipios de Florida et Pradera (département du Valle del Cauca), pour négocier, face à face et en direct avec le pouvoir, et procéder, en cas d'accord, au fameux échange humanitaire. Avec un objectif politique : être reconnues, de facto, comme forces belligérantes insurgées et sortir du statut de « terroristes » dans lequel Washington et Bogotá les ont enfermées.[…]


En plus du plaisir de se retrouver en liberté, il [M. Rodrigo Granda] en tire une autre satisfaction. « J'ai du mal à croire que le président Sarkozy ait demandé la libération d'un "terroriste". Quant à Uribe, avec le décret qu'il a signé pour me relâcher, il reconnaît le caractère politique des FARC. »

Dans un grand fracas médiatique, le gouvernement colombien libère cent soixante-dix supposés guérilleros - dont d'obscurs personnages, commandants de troupes inexistantes, et pas mal de délinquants de droit commun. Dans le même temps, jouant sur tous les tableaux - un supposé geste de paix, un authentique acte de guerre -, M. Uribe confirme l'ordre donné dès octobre 2006 : procéder au sauvetage militaire de Mme Betancourt et des otages de la guérilla en utilisant « tous les moyens possibles ». Depuis toujours, les familles des séquestrés - dont celle de Mme Betancourt - s'opposent à une si dangereuse option. En mai 2003, un « sauvetage » de ce type ne s'est-il pas terminé par la mort d'un gouverneur, d'un ex-ministre et de sept militaires ?


La suite des événements va d'ailleurs confirmer qu'en Colombie tout est possible : le pire comme... le pire. Le 23 juin dernier, dans un bref communiqué, le bloc occidental des FARC annonce que, le 18 juin, onze des douze députés de l'assemblée départementale du Valle del Cauca, enlevés par la guérilla le 11 avril 2002 à Cali, ont été tués « dans des tirs croisés (...) quand un groupe militaire jusqu'à présent non identifié a attaqué le campement où ils se trouvaient ». Niant tout combat dans cette zone le 18 juin, M. Uribe s'emporte : « Il n'y a pas eu d'opération de sauvetage. Ils ont été froidement assassinés. » Absurde. Les prisonniers constituent une carte majeure des FARC dans leur bras de fer avec le pouvoir. Où se trouverait leur intérêt de s'en débarrasser ainsi ?[...]


« Les FARC assument leur part de responsabilité, précise gravement M. Granda. On ne peut pas nier que nous n'avons pas été capables de sauvegarder la vie des otages jusqu'à l'échange humanitaire. » Mais encore ? On prête à la guérilla la pratique d'exécuter ses prisonniers plutôt que de les voir libérés par l'armée. M. Granda ne confirme ni n'infirme. « Je n'appartiens pas à la structure de commandement des FARC, j'ignore si un tel ordre existe. » Dans une telle hypothèse, il s'agirait d'un crime de guerre. Néanmoins, et si elle est plausible, cette possibilité ne peut être la seule retenue. Car les circonstances du drame du 18 juin demeurent mystérieuses. Jusqu'à présent, nul ne connaît même l'endroit où il a eu lieu. Curieusement, l'armée colombienne reste silencieuse. Les FARC se taisent également. « On est toujours en train d'enquêter. Nous voulons donner au monde l'explication la plus précise possible et éviter les spéculations », nous dit M. Granda.


Selon les experts, les paramilitaires ne seraient pas impliqués : ils n'auraient pas la capacité de monter une telle opération. Et l'armée colombienne semble hors de cause. D'ailleurs, dans un second communiqué, le bloc occidental des FARC a évoqué des « commandos étrangers ». Une thèse paraît se dessiner, à prendre elle aussi avec précaution : l'attaque aurait été menée par un commando de « forces spéciales » composé de spécialistes étrangers - dont la (ou les) nationalité(s) reste(nt) à définir. Mais certains ont quelques idées (6)...[(6) En mars 2007, l'ambassade des Etats-Unis à Bogotá a confirmé que des soldats américains ont participé à une opération militaire conjointe dans le sud de la Colombie, où les FARC détiennent trois sous-traitants américains du Pentagone, capturés en 2004 lorsque leur avion de surveillance s'est écrasé.]

Ainsi, depuis Genève, Mme Louise Harbour, haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, exige, outre la « libération immédiate de tous les otages », une investigation « complète et impartiale » sur la tragédie du 18 juin. Bogotá refuse toute commission d'enquête indépendante. Quant à M. Granda, il souligne : « Les FARC ont proposé de remettre les corps à une commission internationale dont ne ferait pas partie le gouvernement colombien, pour empêcher toute manipulation. Or les attaques des militaires se poursuivent dans la région en question, et les compañeros m'ont fait savoir qu'aussi bien les militaires que d'autres forces ont intérêt à faire disparaître les corps. Pour effacer les traces. »

« Intox » ou vérité ?»



Libérations en Colombie - janvier 2008

«[...]C'est à la demande de la sénatrice colombienne Piedad Cordoba et des familles des prisonniers (policiers et militaires) et otages (civils) que le président Chávez s'est engagé dans cette médiation. Depuis l'incontestable succès du chef d'Etat vénézuélien, qui irrite Bogotá, Washington et d'innombrables éditorialistes acquis à leurs thèses, le gouvernement colombien a annoncé qu'il tenait pour closes les tentatives de médiation internationale.

Les familles des prisonniers et otages, de même que les représentants de certains pays - dont le président français Nicolas Sarkozy -, souhaitent au contraire que ces médiations se poursuivent. Et, comme l'a fait Mme Consuelo González au moment de sa libération, demandent au président Chávez « de ne pas baisser les bras ».

Ces libérations, et l'espoir de futures remises en liberté, ne doivent pas faire oublier le sort tragique, totalement occulté, des Colombiens victimes d'un terrorisme d'Etat dont le président Alvaro Uribe est l'un des acteurs principaux.

Ainsi, le 23 décembre 2007, dans la communauté de paix de San José Apartadó, Maria Margarita Giraldo Usuga, après avoir été torturée, a été assassinée par l'armée. Dans cette même communauté, Alfonso de Jesus Bedoya Florez a subi un sort similaire le 31 août ; de même que, le 13 juillet, Dairo Torres, victime de paramilitaires. En février 2005, ce sont cinquante soldats de la XVIIe Brigade, agissant avec des paramilitaires, qui y ont massacré sept paysans parmi lesquels trois enfants (dont deux furent décapités).»

Le Monde Diplomatique.

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30 juin 2008 1 30 /06 /juin /2008 21:31

Comme disait Messiaen(1) : un musicien est forcément un rythmicien, sinon il ne mérite pas d'être appelé musicien.


Chez les percussionistes, je trouve qu'il y a deux grands types :

- les sportifs, souvent de type métronomique, généralement torse nu (ils sont plutôt masculins), pleins de sueurs, dont des gouttelettes volettent allègrement relativement à des mouvements de tête aussi improbables qu'extatiques ;

- les cools, décontractés, qui sourient tranquillement en remuant à peine nonchalemment le haut du corps, alors même qu'ils sont en train de virevolter aussi aisément que j'ouvre un pot de Nutella sur leur instrument et qu'ils impriment un tempo d'enfer. Ces derniers ont mon infinie préférence, tels les joueurs de tabla indien.


Un exemple ?


Vous êtes crevé(e), vous avez chaud, vous avez un coup de mou, un coup de déprime ?

Allons, la Djac Baweur attitude a dégotté le remède qu'il vous faut : un petit coup de batucada (section rythmique des écoles de samba brésilienne, directement issue des percussions africaines), et ça repart !




(l'ensemble de percussion Zuruba au fabuleux festival de Jazz de Montreal 2007)

(1) Traité de rythme, de couleur et d'ornithologie.
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25 juin 2008 3 25 /06 /juin /2008 17:08

Nos héros se réveillèrent au matin, fourbus, épuisés.


De blafardes écharpes de brume se tordaient en volutes tourmentées autour des troncs noirâtres et décharnés qui, sous le faible Soleil levant d'une aube sinistre, semblaient menaçant comme des spectres de cauchemars qui paraissaient se pencher sur les âmes perdues qui passent afin de s'abreuver de leur étincelle de vie et d'espoir jusqu'à leur dernière goutte, les laissant exsangues dans l'angoisse et l'oubli de leur nudité de pauvres mortels égarés dans un monde sombre et effrayant, soumis aux hordes funèbres des sinistres forces du Mal qui ne cessent d'avancer telle une ombre sépulcrale qui recouvrirait insensiblement et sans trêve les plaines encore insouciantes des futiles espoirs des hommes.


Maintenant que je nous ai bien mis dans l'ambiance, considérons un bref résumé des aventures précédentes, afin qu'on s'y retrouve un tantinet en repartant sur des bases saines.


Nos héros se sont donc attaqués à la forteresse Peyssdekhon pour y chipper une tapisserie de grande valeur, afin de récupérer une rondelette récompense.

Dans leur grande sagesse (sic), ils se sont séparés en plusieurs groupes, l'un à la grande porte principale pour faire diversion, l'autre par une petite porte de derrière que leur compagnon voleur qui les accompagne depuis leurs aventures à Lyslle (suivez, que diable) a habilement crocheté.

Messoda, Axi, Anna, Lazuli entrent donc par derrière, puis se divisent à leur tour en deux groupes, Anna, Lazuli et le voleur pour explorer les caves, et Messoda et Axi qui montent dans la tour afin de dégotter la fameuse tapisserie.


Pendant ce temps, les autres (Majorette, Ardalia, Glizmurck, Brendufat, Grautarin et Clem Quenelf) font les guignols devant les gardes de la grande porte, chantent des chansons, bref se ridiculisent quelque chose de bien.

Alors qu'Anna dégotte quelques fioles de potions fort prometteuses, le groupe de la porte de devant, lassé de se ridiculiser (pour la bonne cause, mais quand même), s'est replié et a rejoint lelf hifi qui étudiait la magie dans son coin pendant ce temps-là ; c'est à ce moment qu'ils rencontrent un nouveau venu, Hair-Véé.


Messoda et Axi, usant de ruses incroyables d'une audace folle, réussissent à trouver la tapisserie ; malheureusement, en cherchant à la décrocher, ils déclenchent un piège, ce qui provoque d'une part un signal d'alarme qui alerte tous les gardes de la forteresse, et d'autre part le tir d'un carreau d'arbalète qui blesse gravement Axi.

Devant cette situation, les deux nains foncent courageusement vers la grande entrée pour tenter de sauver leurs compagnons, pendant que le reste de la troupe accoure vers l'arrière pour gagner la porte forcée auparavant par Anna, Lazuli, Messoda et Axi.

Après des combats épiques et glorieux mais surtout bordéliques comme j'ai rarement vu, combats qui verront des nains inventifs avec une pelle, des guerriers intrépides, téméraires, voire inconscients, et un mage d'une efficacité pestilentielle redoutable, tout ce petit monde ressort victorieux de la Forteresse.


De leur côté, Anna et Lazuli découvrent un passage secret qui mène à une crypte obscure, y découvre une épée magique qui a l'air balèze ; Lazuli, héroïquement, parvient à chiper l'épée, et avec Anna et le voleur, échappant à une créature terrible, réussit à sortir de la crypte pour rejoindre le reste du groupe.



Du coup, vous avez récupéré des tas de trucs : 

 

Anna : une potion de force, une potion de vérité, une potion de revitalisation, une potion de sommeil, et trois bouteilles de bon pinard.

 

Lazuli : une épée spéciale que tu sais pas encore vraiment en quoi elle est spéciale, mais en tout cas elle est au moins devenue vert fluo quand y'avait la créature à tentacules.

 

Brendufat et Ardalia : une gourmette, une paire de gants cloutés en cuir, un casque simple, un poignard.

 

Glizmurck et Grautarin : Un canif avec une lame qui fait décapsuleur, une bagouse, deux pèzes, un carambar (usagé), une fiole de gnôle (à demi-remplie).

 



Anna et Lazuli : vous fûtes magnifiques, bravant la peur et les dangers, ha là là là, c'était beau, plein de suspens et tout.

20 PE chacune.

Anna, je te rappelle que pour développer tes nouvelles compétences de chanteuse, il te faudra : des partitions, une théorie de solfège, et prendre des cours.


Ardalia : souvent empêchée d'agir à cause de malheureux concours de circonstances, tu n'en fus pas moins une cheffe exemplaire et brillante. Rôle difficile, certes, mais tu t'es débrouillée comme un chef (justement).

18PE - et du coup tu passes au niveau 2 !!!


Voici en quoi ton personnage peut évoluer :

- apprentie artisan/charpentier ;
- bouvière ;
- apprentie artisan/armurier ;
- apprentie botaniste ;
- bûcheronne ;
- matelote ;
- milicienne ;
- producteur bio.

Axi et Messoda : voilà du héros fin et rusé, plein de ressources ! Vous avez trouvé la tapisserie de manière magistrale, respect.

22PE chacun - et vous passez tous les deux au niveau 2 !!!!


Voici en quoi vos personnages peuvent évoluer :

- écuyer ;
- junior en conseil de gestion ;
- apprenti chevalier ;
- apprenti noble ;
- valet ;
- étudiant ;
- baba-cool en révolte contre cette société de merde ;
- clerc de notaire.

Brendufat : ne pas craindre le ridicule absolu pour sauver ses camarades, voilà qui dénote une force morale peu commune. 18PE.

Je te rappelle que tes nouvelles compétences ne seront utilisables qu'à partir du moment où tu auras en ta possession : un nécessaire de premiers soins (bandages, gnôle à désinfecter, etc...) un livre sur les herbes médicinales et les champignons, et un livre sur l'anatomie.


Clem Quenelf : malheureusement peu participative pour des raisons indépendantes de ta volonté, tu as quand même œuvré pour venir à l'aide de tes compagnons, et c'est l'essentiel. 10PE - et tu passes au niveau 2 !!!


Voilà en quoi ton personnage peut évoluer :

- mage blanche (apprentie) ;
- mage rouge (apprentie) ;
- scribe ;
- chasseuse ;
- archère ;
- mannequin ;
- commédienne ;
- danseuse du ventre ;
- guerrière elfe.

Glizmurck et Grautarin : les nains ont révélé ici tout leur redoutable potentiel, montrant leur inventivité inégalée en matière de combat à la pelle. 18PE chacun - et vous passez au niveau 2 !!!!


Voilà en quoi vos personnages peuvent évoluer :

- mineur ;
- bouffon ;
- garde du corps ;
- apprenti forgeron ;
- combattant des tunnels ;
- apprenti brasseur ;
- barman ;
- mercenaire ;
- apprenti artificier.


Hair-véé : nouveau venu, tu t'es lancé dans la bataille avec un acharnement téméraire qui a montré toute ta farouche détermination. 15PE.


Lelf hifi : remarquable alliance d'un potentiel prometteur en magie et d'une présence d'esprit pratique hors du commun (bloquer la serrure avec du plastiroc vous a peut-être sauvé la vie).

20PE.

Je te rappelle le fonctionnement de mage : tu peux dépenser tes PE pour apprendre des sorts (sachant qu'il ne t'es pas possible de descendre sous la barre des 20 points), ou les conserver pour passer bientôt au niveau 2, à ton choix. Voici les sorts que tu peux apprendre :


- Lumix (3PE) : produit une petit flammèche dans la main pour s'éclairer. Énergie demandée : 2PV par minute d'utilisation.
- Tagadax (2PE) : fait apparaître des fraises tagada. Énergie demandée : 5PV par fraise.
- Patafix (6PE) : colle un objet sur une surface solide de manière très résistante. Énergie demandée : 10PV par collage.
- Lévitox (7PE) : permet de soulever de petits objets (de l'ordre d'une tasse -  et un seul à la fois) et de les faire bouger ; avec suffisamment de recul, la vitesse peut devenir importante. Énergie demandée : 8PV+5PV par minute de lévitation.
- Potatox : (5PE) : pèle les patates. Énergie demandée : 4PV par patate.
- Lapinoux : (5PE) : fait apparaître un lapin dans un chapeau. Énergie demandée : 5PV par lapin.
- Gazouillix : (4PE) : fait entendre des petits gazouillis dans la direction voulue par l'enchanteur. Énergie demandée : 4PV par 10 secondes de gazouillis.
- Bouillotox : (6PE) : fait bouillir en 3 secondes de petites quantité d'eau. Énergie demandée : 5PV.
- Bubullax : (3PE) : fait apparaître des petite bulles de savon au bout du bâton de l'enchanteur. Énergie demandée : 4PV par tranche d'une douzaine de bulles, environ. 

Majorette : fière et solide guerrière sans peur, tu es de celles sur lesquelles on peut compter en toute circonstance. 18PE. Quant à tes nouvelles compétences de soldate, il te faudra t'entraîner avant de les posséder complètement (je pense en particulier au combat à mains nues, au maniement des armes de combat rapproché, et au récurage de chiottes, évidemment).


BaF : on ne t'a pas vue ?


À noter que ce matin-là, peu après votre réveil (difficile), une charmante voix se fait entendre : «tralalali, ripari-ploum-ploum dougoudou tsoin-tsoin».

- bonjour, fait Ardalia.

- bonjour !

- t'es qui ?

- moi c'est Klari. Vous faites une bande, c'est cool. Dis, je peux venir avec vous ?

- ouais.

- super !»

(ça c'est du scénario solide)

Vous voilà donc avec une nouvelle dans l'équipe !


(N'hésitez pas à consulter vos personnages ! N'oubliez que vous êtes dans un sale état, il vous faut vous préparer pour la suite ! Une fois dépatouillés de toutes ces questions administratives, l'aventure continue ! Youpi !)

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24 juin 2008 2 24 /06 /juin /2008 14:07

En totale exclu sur ce blog, première mondiale et même pas vu à la télé, rien que pour *TOI* public, voici un bout d'un projet de composition pour clarinette et piano. L'ensemble s'appellera Démons et Merveilles, ce mouvement en particulier se nomme Bastet.





Quant aux interprètes, soyez indulgents, ils s'appellent Kontakt Player 2 avec Garritan Personnal Orchestra...

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18 juin 2008 3 18 /06 /juin /2008 11:36

Amis et amies joueurs et joueuses d'Ameerone, je sais combien vous piaffez d'impatience et que vous me maudissez mille fois de retarder toujours davantage les suite de vos ébouriffantes aventures qui passionnent la blogosphère entière.

Mais, à peine sorti des arcanes de Battlestar Galactica, puis des affres des concours d'orchestre, me voilà plongé dans le ponçage et l'huile de lin. Suivra probablement la cire, la scie, le cloutage, le vissage, le lasurage, et autres joyeusetés menuisières, dont, pour plusieurs raisons, je raffole.


Ce petit mot, adeptes d'Ameerone (voire du blog tout court) pour vous dire que je ne vous oublie pas malgré tout, et que promis promis, ça viendra.


En attendant, heuuu, pourquoi ne pas relire les autres épisodes ainsi que les 256312458 commentaires affiliés ?


Hahem.


Un jouuuur, Ameerone viendraaaa... 

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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 11:27

Alors, au sujet du blog qui végète, la nonchalance, tout ça tout ça, vous êtes au courant, je voue renvoie à l'article précédent.


Bon.


Mais voilà qu'une nouvelle tuile m'est tombé sur le coin du crâne, un truc affreux, une terrible horreur, un machin terrifiant, comme si ça suffisait pas, très agressivement anti-blog : Battlestar Galactica.


Je vous préviens tout de suite : si vous aimez la science-fiction, la bonne science-fiction, celle avec de grands mystères dedans qu'on veut trop découvrir, avec de l'action qui scotche au siège, avec en plus des réflexions sur le sens de la religion, de la justice, de la définition de l'humain et du devenir de l'Homme, etc..., et si vous aimez les séries américaines de qualité qui foisonnent depuis un moment, et en particulier, le soin apporté à la mise en scène et au jeu des acteurs, alors surtout, surtout, surtout, ne jetez pas le moindre œil sur Battlestar Galactica sous peine d'être happé dans 3 saisons (+ un épisode numéro 0 qui ouvre la série avant la saison 1), de manière addictive et compulsive sans espoir de retour possible.

Je vous en prie, ne faites pas mon erreur, fuyez tant qu'il en est encore temps, et gardez une vie normale.


Cela dit, joueurs et joueuses d'Ameerone, affûtez vos épées et enfilez vos caleçons, on va essayer de reprendre sous peu, parce que, parce que, parce que hein ? Bon.

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25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 11:38

Oui, je sais.


JE SAIS.


Tel le cycliste asthmatique qui aurait à la fois une crampe au mollet et oublié de desserrer les freins, ce blog se traîne lamentablement, s'essouffle et paresse. Même l'escargot bourré, la tortue shootée, l'aï au prozac, sont plus actifs et dynamiques que ce blog. Même la dérive des continents paraît pleine d'animation en comparaison à ce blog.

Et nous n'évoquerons que rapidement, pour ne pas faire trop honte à l'auteur, les multiples grands travaux en cours et laissés en plan, tels que la suite de l'analyse de la Mer (pour les deux-trois qui font semblant de s'y intéresser), la suite des familles d'instruments, la suite des Fasbuleuses Asvenstures d'Ameerone, etc, etc...


Hé ben oui hé ben voilà.


J'ai des excuses d'abord.


Je ne vous raconterai pas ma vie, qui de toute façon ne présente que peu d'intérêt pour des observateurs extérieurs, enfin, je veux dire, pas particulièrement plus d'intérêt que les 6 699 999 999 autres vies d'être humain sur Terre, mais voici quelques indices révélateurs :
   - le nombre de pots de crème et autres après-shampoings dans ma salle de bain a littéralement explosé ;
   - mon magnifique nouvel écran a tendance en priorité soit à afficher des partitions qui font de la zoulie musique inédite, soit à afficher de magnifiques paysages dans lesquels, à côté de moi, "on" m'incite à tuer des Krugs et à ouvrir des coffres (et à transmuter des pauvres dagues ou des gants merdiques - sic), soit à diffuser Kaamelott, ou alors des films anglophones pour lesquels, à côté de moi, "on" m'incite à supprimer les sous-titres parce que soi-disant c'est en se plongeant dans la langue que nanani nanana ;
   - malgré mon statut de feignasse d'intermittent, il faut bien travailler soit son alto, soit tout court ;
   - malgré le fait que ça m'arrive de travailler, je suis quand même une feignasse ;
   - les ressorts psychologiques profonds qui poussaient à faire exister ce blog se sont incontestablement distendus.


Alors, bon, ça finira bien par arriver, mais pour les deux-trois qui attendent, il va vous falloir la patience de l'escargot bourré, de la tortue shootée ou de l'aï au prozac.

Allez, pour vous faire patienter un peu, voici quelques vidéos rigolotes. Et j'ai bien conscience que balancer des vidéos youtube en guise de billet constitue quelque chose comme le niveau zéro du blog, mais bon, hein, vous avez compris.







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18 mai 2008 7 18 /05 /mai /2008 16:11

Le meilleur moyen, en musique, pour savoir comment c'est fait, c'est, je trouve, de faire soi-même.

Ainsi donc, dans la lignée de mes premiers amusements, en grand gamin je me suis appliqué à savoir comment avait fait Walter Murphy.


Ce n'est plus à partir de la Ve de Beethoven, je vous laisse deviner - fastoche. Et spéciale cassdédi à arbobo, bien évidemment.


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13 mai 2008 2 13 /05 /mai /2008 22:52

Suite à des commentaires D'Ama-L et d'arbobo sous ce billet (et persuadé qu'Ama-L raconte vraiment n'importe quoi, ou alors qu'elle boit plus que de raison), la curiosité m'a pris de rechercher d'un peu plus près ce qu'est devenu ce célèbre Vol du Bourdon, dont tout le monde a entendu parler sans vraiment l'entendre. La pêche est forcément bonne, les versions sont légion : ce morceau de virtuosité, censé représenter le bourdonnement de l'insecte et son tournoiement dans les airs, semble susciter l'enthousiasme de nombreux musiciens aux fourmis dans les doigts - à tel point qu'il figure presque à l'état de standard.


Commençons par le commencement : le Vol du Bourdon est originellement extrait d'un opéra de Rimsky-Korsakov, compositeur russe, qui, outre par ses œuvres, a une grande importance dans la musique du XXe siècle pour avoir été un grand professeur d'orchestration, avec des élèves tels que Stravinsky ou Prokofiev, par exemple, dans le genre, ça le fait, voyez.

Il s'agit des Contes du Tsar Saltan, d'après Pouchkine. L'histoire en est celle-ci :


«Le tsar Saltan choisit pour épouse la plus jeune des 3 sœurs, celle qui avait promis de lui donner un preux chevalier pour fils. Cette union exaspère les 2 sœurs laissées pour compte, ainsi que la marieuse du palais.

Au moment de la naissance du bébé, le tsar est au loin en guerre. Les 3 mégères interceptent les messages et s'arrangent pour faire périr la mère et son fils. Enfermés dans un tonneau, ils sont jetés dans l'océan, mais une vague miséricordieuse les dépose sur une île déserte.

Quand il sort du tonneau, le bébé est devenu homme. Il fabrique un arc pour chasser, quand il aperçoit un cygne attaqué par un vautour. Sans hésiter, il tue le rapace, le cygne le remercie et lui conseille de s'endormir. Au réveil, le jeune prince et sa mère voient sur l'île une ville somptueuse, dont les habitants lui confient la destinée.

Des marchands stupéfaits de voir l'île habitée, abordent et sont reçus par le prince. Ils lui apprennent qu'ils se rendent chez le tsar Saltan. Le prince les charge d'une invitation pour le tsar et les marchands poursuivent leur route. Voyant à quel point le prince a envie de voir son père, le cygne le change en moustique. Celui-ci se cache sur le bateau.

Une fois chez le tsar, les marchands parlent de cette île merveilleuse et de l'invitation du prince, mais, méfiantes, les3 femmes empêchent le souverain d'y répondre. Le prince moustique, déçu, en pique une sur l'œil, avant de revenir au plus vite sur son île.

Le même scénario se reproduit 3 fois, avec une surenchère de miracles, jusqu'à l'arrivée sur l'île du tsar Saltan et une scène de réconciliation générale, suivie de la conclusion traditionnelle des contes russes - un festin(1)



Voilà ce que donne l'original, par la philarmonie de Berlin, avec Zubin Metha à la direction :  






À partir de ce point de départ, place aux réjouissances - l'imagination humaine n'a pas de limites.



À tout seigneur tout honneur, les russes sont forcément les meilleurs spécialistes (à la balalaïka, donc) (Valery Zajiguine, direction) :





Et pour un russe, quoi de plus normal qu'à l'accordéon (Alexander Dimitriev) :




Version presque funky (j'ai dit presque) (Jeff Corallini):




On peut également aller très loin dans le ridicule (qui ne tue pas, mais des fois, c'est pas bien mais on se dit que ça devrait), dans ce domaine les frontières sont sans limites (Jennifer Batten) :




Imitation yé-yé, certes assez éloignée de l'original, mais avec tellement de fraîcheur et de naïveté (The Ventures) :




Place au guitariste fou (l'immense José Feliciano) : 




Un autre guitariste, moins rigolo, mais plus proche de l'original (Dimitris Kotronakis) :




Pour draguer les filles, il faut faire genre les doigts dans le nez, en regardant droit dans les yeux d'un regard de braise (qui louche) (Daniele Mazzeri) :




Et enfin, celui qui ridiculise tous les autres, voici Enzo, mesdames zet messieurs, et les autres peuvent aller se rhabiller : 






(1)Résumé trouvé sur le site de l'université de Toulouse.

 

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