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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 13:15

Blog en standby.


Parce que :
- Raymonda, ça use, ça use ;
- je fait joujou avec mon nouveau joujou ;
- je suis en ce moment dans une drôle de situation de sans domicile fixe, non par défaut de logement, mais par excès, ce qui par les temps qui courent pourrait être vu comme assez arrogant, mais qui n'est en fin de compte pas très pratique.


Tout ceci finira bien par forcément se ralentir, se tarir, voire s'arrêter, ce qui fait que ce blog n'est qu'en petite hibernation passagère, pas d'inquiétude (et les commentaires restent ouverts, bien entendu, ne vous gênez pas pour papoter).


Et puis les sujets de colère ou d'ahurissement ont tendance à s'accumuler, ces temps-ci, je sais pas si vous avez remarqué. Certains savent en faire des bons blogs, mais pas moi : j'aimerais revenir à des sujets musicaux, que je maîtrise mieux, mais cette ambiance lourde et délétère qui appesantit notre beau pays prend toute la place quand je cherche un sujet d'article.


La France, quoi déjà ? Ha oui, "pays des Lumières".


Faudrait penser à changer l'ampoule.


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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 20:12
Mardi 18 novembre - 20h00
Salle Pleyel

Moussorgsky/Ravel : les Tableaux d'une exposition
Ravel/Constant : Gaspard de la nuit

Jean-Philippe Collard - piano
Laurent Petitgirard - direction

Session concert-éveil : dimanche 16 novembre à 10h45
(salle Pleyel)

Voilà un type de concert assez inédit, à ma connaissance : les Tableaux d'une exposition ainsi que Gaspard de la Nuit sont des œuvres qui ont été écrites et conçues à l'origine pour le piano, respectivement par Moussorgsky (compositeur russe, auteur du célèbre Boris Godounov et de la Nuit sur le Mont Chauve), et par Ravel (auteur du célébre Boléro de Mozart(1)). Ces deux œuvres ont été par la suite orchestrées, la première par Ravel (encore lui), la deuxième par Marius Constant (moins célèbre que Ravel, mais pas vraiment un manchot quand même).
 

Orchestrées, ça veut dire qu'on prend les notes de la partition de piano pour les distribuer à un orchestre au grand complet, sachant évidemment que d'une part, ça donne des possibilités de timbres et d'effets bien plus variés qu'au piano, mais que ça demande aussi pas mal de contraintes et de métier (ce qui est possible au piano ne l'est pas forcément facilement pour certains instruments de l'orchestre, par exemple - et puis, il faut réussir à rendre l'esprit de la pièce, pas mettre du trombone pour jouer une berceuse, voyez).

La particularité de ce concert en particulier, réside dans le fait qu'on va jouer un à un les mouvements de ces œuvres en alternance au piano, puis à l'orchestre. Pour nous (et surtout pour le pianiste, mais c'est un Maître) ça va pas être simple, en particulier pour la concentration, mais pour les auditeurs, ça devrait être passionnant.

À noter qu'on est censé travailler aussi le concerto pour piano en sol de Ravel (toujours lui), pour finalement réunir piano et orchestre, mais je n'ai pas encore saisi si on le joue au concert proprement dit ou seulement un bout au concert-éveil, parce que ce n'est annoncé nul part sur les programmes... Hahem...

Quoi qu'il en soit, c'est pas du programme intelligent ça, en plus de proposer de la musique somptueuse ?




(1)Pardon, je m'embrouille : c'est le Boléro de Ravel, bien entendu. Non, Mozart, lui, a écrit le Requiem de Fauré. 
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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 15:13

Disons-le tout net : je ne suis a priori pas vraiment-vraiment fan de cinéma de Bollywood. Vous savez, ce continent entier du cinéma mondial, typique d'Inde, au budget à faire pâlir Harry Potter, Batman et Indiana Jones réunis, mais qui nous reste aussi inconnu que la matière noire de l'Univers, ou que la manière dont les neurones de Francis Lalanne parviennent tout de même à lui faire mettre ses bottes à l'endroit tous les matins.


C'est-à-dire qu'à côté de Bollywood, la collection Arlequin paraît d'un rose un peu pâlot, tout en faisant preuve d'une grande intelligence psychologique dans la manière de camper les personnages, Quand Harry rencontre Sally confine à une étude de mœurs austère et aride, et La petite Maison dans la Prairie est d'une violence de sentiment quasi-insoutenable alliée à une radicalité d'une farouche sobriété. Ajoutons à cela des chorégraphies ahurissantes, aussi bien situées sur la place de la Concorde qu'au pied des pyramides, sans que le scénario n'ait rien à voir là-dedans, chorégraphies à base de centaines de figurantes levant en même temps le bras en se déhanchant l'épaule (oui, en toute rigueur, on devrait dire, en se dépaulant, mais j'avais peur de ne pas être compris), paume de la main en l'air, avec un grand sourire, avec, parmi elles, le beau gosse de service, cheveux gominés, et qui sourit encore plus.

Faut avouer, c'est spécial.

Même si, disons-le, c'est toujours réalisé avec tellement de naïveté assumée et bon enfant, qu'on est en droit de trouver bien plus préférable le Bollywood aux super-productions pleines d'adrénaline guerrières et propagandistes de si nombreuses productions US.


Bon, si j'ai un peu saisi, il se trouve qu'en Inde, la danse, même la plus classique, a vocation à raconter des histoires de manière très parlante, en commençant par les légendes à base de Vishnu(1) et de Bhramâ - on dirait presque du mime, davantage parlant que les ballets occidentaux. C'est donc apparemment inscrit dans la culture indienne, même si j'y connais rien, mais vous savez bien que je ne peux pas m'empêcher de faire mon intéressant afin de compenser un trauma enfantin dont je n'ai pas encore saisi la substance mais dont je suis certain qu'il a du me marquer à vie dans le seul but de me la péter jusqu'à ce que mort s'ensuive (ou alors c'est une mauvaise fée qui s'est penchée sur mon berceau, j'ai pas encore réussi à déterminer).


Toujours est-il que l'autre jour, que n'entends-je une voix charmante et enjouée :
«Djacouneeeeeet ! J'ai acheté plein de films Bolliwooood !»


Hé oui, la vie de couple, c'est vraiment pas facile facile tous les jours.

Damned.

J'étais piégé.

Comment allais-je m'en sortir ?


Je n'allais pas m'en sortir, elle est plus forte que moi, rien à faire, autant se résigner.

Sauf que voilà, toutes les fées ne sont pas désagréables à faire rien qu'à vous envoyer des traumas tordus, il arrive que certaines d'entre elles font des petits miracles. Là, le petit miracle était qu'il y avait le DVD du film Water dans la pile Bollywood toute neuve.




Water, réalisé par Deepa Mehta, c'est à la fois un film Bollywood et à la fois un film pas du tout Bollywood. Je veux dire que c'est bien un film indien (enfin, canado-hindou pour être exact, ou indo-canadien, comme on voudra), ça se passe en Inde, la musique est indienne ; mais on est très loin des histoires sentimentales à l'essence ultra-concentrée de rose et des chorégraphies, comment dire, "colorées" et "typiques".


Ce qui frappe d'emblée à la vision du film, c'est son extraordinaire esthétique : chaque plan est un tableau d'une magnificence visuelle envoûtante. Très vite, malgré quelques violons occidentalisants qui ne restent toutefois que très peu de temps, on remarque également la splendide bande originale : et pour cause, y figure entre autres Kaushiki Chakrabarty, une des jeunes stars du chant khyal (style de chant classique d'Inde du Nord), que j'ai eu l'immense bonheur d'écouter à la Cité de la Musique lors de l'extraordinaire (et je pèse mes mots) nuit indienne.

Pas de musique classique indienne à proprement parler ici, mais des chansons de haute tenue assez irrésistibles.




Et que contient ce magnifique écrin (les acteurs sont également exemplaires), plein de calme, de sérénité, de splendeur ?

Il raconte le drame des veuves indiennes, que les traditions religieuses rendent intouchables : mariées, elles ne sont considérées que comme la moitié de leur mari, veuves, elles ne représentent plus rien, moins de la moitié d'un être humain. Recluses dans un ashram, elles attendent la mort, sans rien espérer de plus, et elles acceptent leur sort, puisque ce sont les traditions qui le veulent, n'est-ce pas. Il faudra l'apparition de la petite Chuyia, 7 ans, veuve à sont tour (sic), pour ébranler un peu l'acceptation passive de leur condition.

Le film se déroule en 1938, montrant en parallèle la montée en puissance des idées de Ghandi, qui cherche à libérer son pays non seulement de la colonisation anglaise, mais aussi de certaines traditions séculaires terrifiantes («quand j'étais jeune, dit-il, je croyais que Dieu était la Vérité. Maintenant, j'ai compris que c'est la Vérité qui est Dieu»).




Derrière les images splendides et les dialogues concis et pudiques, le drame est d'autant plus poignant, et représente assez bien la société indienne, me semble-t-il : une grande douceur et une grande sophistication esthétique à première vue pourtant associée à une grande violence.

Ce film est d'autant plus bouleversant quand on apprend ses conditions de tournage, freiné par des fondamentalistes hindous, à tel point qu'il a fallu finir par tourner en secret au Sri Lanka (je vous laisse découvrir les détails sur le lien ci-dessus) : on n'est plus en 1938, mais nombre de lourdeurs religieuses mettent encore actuellement dans des situations terribles bien des femmes indiennes.



(1)Je ne résiste pas à citer ici un des multiples chef-d'œuvres de Desproges : à Shiva est associée la guerre, à Vishnu la paix.



PS : pour visionner une superbe chorégraphie indienne classique, suivre le mode d'emploi suivant : aller sur ce site, choisissez "recherche simple", taper dans le champ recherche "par mots" : raga 2008, cliquer sur le premier résultat, puis sur "danse mohiniattam du Kerala, Inde du Sud", et enfin sur "regarder l'enregistrement" en rouge. C'est toutefois le style de danse appelé "kathak" qui a le plus inspiré les chorégraphies bolliwood actuelles - il y a une démonstration de danse kathak dans le même concert mis en lien, mais comment dire... c'est pas terrible et fait un peu amateur par rapport à tout le reste, cela dit vous pouvez essayer pour voir. Et pour écouter Kaushiki Chakraborty en personne, c'est le chant khyal et thumri en quatrième position (soyez patients, ils papotent toujours un peu avant de jouer) ; et vous pouvez même jeter un coup d'oreille à l'immense maître du sarod Amjad Ali Khan.


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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 18:50

Bon, allez. Bien sûr, ça changera pas grand'chose au capitalisme et aux puissances financières, bien sûr ça n'évaporera pas le racisme et autres intolérances d'un coup de baguette magique, ni les inégalités criantes, bien sûr l'empire américain continuera d'imperialiser, d'être pour la peine capitale, d'être réticent à l'avortement, etc...

Mais allez, quoi, c'est tout de même un gars apparemment intelligent et intègre qui est au pouvoir de la plus grande puissance mondiale, qui remplace Bush fils et toute sa clique de fous dangereux, et qui quarante ans après réalise un des rêves de Martin Luther King. Donc, ne boudons pas notre plaisir, tout de même.



Obama '08 - Vote For Hope from MC Yogi on Vimeo.
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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 12:11


LES CONCERTS ÉDUCATIFS AVEC L'ORCHESTRE LES SIÈCLES


Ces concerts seront tous retransmis en direct, et en différé pendant le mois qui suivra le concert, sur le site de la Cité de la musique : www.citedelamusique.fr.


Dirigés par François-Xavier ROTH et commentés par le compositeur Pierre CHARVET, auteur et présentateur de la série Presto ! Diffusée sur France 2 (la prochaine saison a été enregistrée cet été à la Cité de la musique), ces concerts éducatifs permettent aux élèves de découvrir la musique classique de manière ludique et pédagogique.


Enseignants, éducateurs ou professeurs de musique, profitez de cette retransmission comme outil pédagogique !
(NDA : amateurs, profitez-en aussi !) 


Les 4 concerts éducatifs filmés et retransmis sont :

- Pulsez ! De Rameau à Mickael Jackson
samedi 15 novembre 2008 à 11heures, Cité de la musique (Salle des concerts)
- La famille Bach
samedi 29 novembre 2008 à 11heures, Salle Pleyel*
- Wolfang Amadeus Mozart
samedi 24 janvier 2009 à 11heures, Salle Pleyel*
- Chantez ! De Mozart à Webern
samedi 28 mars 2009 à 11heures, Cité de la musique (Salle des concerts)


Ces 4 concerts font partie des 10 concerts éducatifs produits par la Cité de la musique durant la saison 2008/2009



* La Salle Pleyel est une filiale de la Cité de la musique.

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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 16:22
Dans la série : "Les grandes cogitations existentielles du petit Djacounet "


Une chose m'a toujours passionné : comprendre quels sont les tenants et aboutissants invisibles qui sous-tendent notre vision du monde et la société dans laquelle on vit. De même que l'Univers baigne dans un champ gravitationnel qui influe sur tous ses composants, nous baignons dans un champ idéologique, masqué et brouillé par tout un tas d'affirmations et de manifestations diverses, souvent de parfaite bonne foi, tant il est malaisé de percevoir en soi-même ce qui nous influence sans en avoir conscience.


Ces influences, c'est précisément ce que nie farouchement une certaine Ayn Rand. C'est cet article qui m'a appris l'existence de cette délicieuse philosophe, et qui a initié en mon for intérieur du dedans un grand bouillonnement d'idées, dans un cortex déjà pourtant bien encombré de tas de trucs inutiles et embrumés par des tonnes de molécules de Nutella ; mais de temps à autres, une brusque secousse remet en marche la mécanique, qui se met alors à extravaguer sans vergogne et à vagabonder généreusement, et bien entendu je ne résiste pas à vous en faire profiter, bande de petits veinards (oh que vous êtes contents, hein ?).


Ainsi donc, Ayn Rand est une charmante philosophe, qui a développé l'objectivisme. L'objectivisme est une charmante doctrine philosophique qui proclame que l'individu doit se constituer en tant que tel, doit abandonner toute culpabilisation générée par autrui, pour conquérir le bonheur grâce à la poursuite de l'intérêt de soi rationnel. Il s'agit, par le biais de la Raison, de se baser sur la responsabilité de chacun à atteindre son propre intérêt rationnel :


«l'homme est qualifié d'être rationnel, mais la rationalité est un choix - et l'alternative que lui offre sa nature, c'est : être rationnel, ou animal suicidaire. L'homme doit être homme - par choix; il doit avoir sa vie comme valeur - par choix ; il doit apprendre à en être responsable - par choix ; il doit découvrir les valeurs qui sont nécessaires à cela et pratiquer ces vertus - par choix.

Un code de valeurs accepté par choix est un code moral.»


La morale n'a pas d'intérêt en soi, elle n'a d'intérêt que comme élément de survie. Les éthiques altruistes, en particulier celles issues de la religion, sont rejetées ; non pas qu'il ne faille pas, au besoin, aider les autres, mais parce qu'en tant que doctrines altruistes elles aboutissent à la coercition dans les relations sociales, afin de bénéficier à certains au détriment des autres - c'est ainsi que, selon Ayn Rand, l'impôt est immoral.


À quoi aboutissent toutes ces réflexions philosophiques ? À établir, in fine, que le capitalisme est le meilleur système permettant à l'Homme de se réaliser en tant qu'individu, libérant ainsi les initiatives et les compétences sans que cela nuise aux autres (sic)...


Or, je lis dans Wikipedia, que "D'après un sondage conduit par la Bibliothèque du Congrès américain, le livre Atlas Shrugged qui popularise la philosophie objectiviste d'Ayn Rand est le livre le plus influent des USA juste après la Bible." Je ne sais pas bien ce que ça vaut, mais le seul fait que ce sondage existe est significatif.


La vision du monde d'Ayn Rand, si influente, est faite, au fond, de la haine de la société (voire de son déni), de mépris pour la foule, de l'interdépendance des Hommes vu comme une pathologie, et de la valorisation d'un être qui ne vit que pour lui-même, indépendant et créateur. Je cite ici ce qui est déjà cité dans l'article dont je parle ci-dessus :


« Le créateur ne sert rien ni personne. Il ne vit que pour lui-même. Et c’est uniquement en vivant pour lui-même que l’homme est capable de réaliser les œuvres qui sont l’honneur de l’humanité. Le créateur a plus fait pour supprimer sur la terre toutes les formes de souffrance, aussi bien morales que physiques, que l’altruiste ne peut l’imaginer. L’homme qui s’efforce de vivre pour les autres est un homme dépendant. Il est lui-même un parasite et transforme les autres en parasites. (...) Le but du créateur est la conquête des éléments ; le but du parasite est la conquête des autres hommes. Le créateur vit pour son œuvre. Il n’a pas besoin des autres. Le parasite vit par dépendance. Il a besoin des autres.»


Voilà donc l'Homme idéal.

Comme l'article le relève, il y a une forte filiation dans cette doctrine avec le mythe prométhéen, compris comme l'Homme qui cherche à être Dieu lui-même à la place de Dieu. La doctrine d'Ayn Rand met en avant la Raison toute puissante, dans un fantasme d'un Homme qui se sculpte par la seule action de sa Raison - mettant à l'écart toute considérations sociologiques, idéologiques, psychologiques, l'Homme idéal étant pur de ce carcan paralysant issu d'Autrui. (À noter au passage qu'Ayn Rand juge l'homosexualité immorale, et précise que l'idéal pour la femme est de vénérer les hommes, vu que l'homme idéal est le plus haut symbole de l'humanité - rien que de très rationnel, bien sûr...)


Or, plus j'y réfléchis, et plus j'ai bien l'impression de ne voir autour de moi, dans notre société, que des petits avatars de cette idéologie. 

Bien entendu, la système capitalisme triomphant (enfin... faites comme s'il n'y avait pas de crise actuellement, n'est-ce pas...) en est la plus éclatante et visible réalisation, avec la domestication drastique de la nature qui l'accompagne, et la croyance que l'économie ou une entreprise se "manage" comme on dirige rationnellement une machine pour l'épanouissement de tous. 


Mais n'est-ce pas aussi présent plus insidieusement dans toutes ces incitations au "bonheur personnel", au "bien-être",  à l"accomplissement personnel" dont on nous bassine à longueur de magazine, avec tous ces articles ressassant la "sexualité épanouissante" ou "comment maigrir tout en se faisant plaisir" ? Dans l'individualisme egotiste qui nous entoure ?


Par exemple, tous ces parents qui pensent mieux savoir comment enseigner à leurs enfants que les professeurs ou instituteur dont c'est le métier (et Dieu sait que les enseignants en ont marre...) ; toutes ces manifestations diverses et variées déclinées sur le mode "j'ai raison parce que je le vaux bien, et tant pis si d'autres pensent différemment". 

On peut penser aussi à l'explosion des blogs, ou au succès immodéré du téléphone portable - moyens de s'affirmer individuellement et de contrôler "son" monde. 

On peut aussi penser à Michel Onfray et son hédonisme (et son immense succès de librairie) : ne met-il pas en avant la "sculpture de soi" par la raison, pour aboutir à un Homme supérieur débarrassé de toute morale religieuse judéo-chrétienne (vue comme le diable absolu - le même rejet de la foi polluant la raison est noté par Ayn Rand(1)), au-dessus de la foule des "Moi défaillants" ? Il s'agit bien, au final, avec l'hédonisme, de mettre le Moi narcissique au premier plan comme promesse de bonheur, en se débarrassant au maximum de toute culpabilité générée par l'Autre.

Je pense aussi à l'intérêt grandissant pour la résilience (voir ici aussi), popularisée par Boris Cyrulnik (et d'abord mise en avant par des psychiatres... américains), comme une valorisation de la capacité à (soi-disant) se sortir, par ses propres moyens psychiques individuels, d'épreuves traumatiques.


Toutes ces tendances et discours qui nous entourent et nous accaparent (et que je cite parce qu'ils me viennent à l'esprit au moment où je tape ces mots, mais il y en a évidemment sûrement bien d'autres auxquels je ne pense pas(2)) me semblent bien dériver de près ou de loin de ce fantasme de l'Homme prométhéen et de la philosophie d'Ayn Rand. À ne pas accepter son état réel d'homme ou de femme, qui inclue le hasard, la dépendance aux autres pour survivre (à commencer par ses la génération précédente), la dépendance aux besoins corporels, la dépendance à la Terre et aux événements naturels, et au final, la mort, à ne pas accepter cet état ou, au moins, le prendre en considération, on verse dans ce fantasme absolu, cette aspiration à être un surhomme, un Héros, à être Dieu à la place de Dieu, dans un déluge de narcissisme, au final assez enfantin. Car on dirait bien une idéologie d'adolescent qui en a marre de ses parents.


Si la négation de l'individu par des systèmes qui finissent par rendre totalitaires la solidarité et l'altruisme peut, à raison, faire frémir, et doit être rejeté, son opposé absolu qui met l'individu-roi comme idéal m'apparaît comme étant tout aussi terrible, et parfaitement destructeur, sous des dehors charmeurs promettant des miracles de bonheur. 

Car, s'il est parfaitement douteux que s'ériger en individu indépendant est sans mal pour les autres, il est également douteux que ce soit un bienfait pour soi-même. Non seulement cela érige une frontière entre les "aptes", et les autres, mais cela enferme dans un fantasme d'être qui risque fort, à terme, de rencontrer de fortes désillusions. Car, quoi qu'on fasse, on est dépendant de la société qui nous entoure, des valeurs, des conflits psychiques légués par les parents, etc..., la Raison pure n'existant pas.

Cette frontière nécessairement opérée entre "aptes" et "inaptes" est bien le signe que cette idéologie est d'abord celle des dominants, de ceux qui, de leur position haute dans la société, vont s'auto-justifier à prendre les dominés pour des incapables, voire des sous-hommes, pour des parasites, qui n'ont pas la force de caractère pour se réaliser. Je vous laisse le soin de faire la connexion avec tous ces discours sur les chômeurs, les sans-papiers, les jeunes de banlieue, avec le cynisme des pollueurs, ou celui de ceux qui exploitent la main-d'œuvre à bas prix, etc...


Cette dénégation de toute influence autre que biologique (c'est-à-dire seulement "mécanique"), au profit d'un fantasme de l'individu tout puissant comme idéal de bonheur, tire les rênes du monde occidental dans lequel on se débat ; et ce n'est plus seulement l'apanage des puissants : tout le monde, maintenant, veut, d'une façon ou d'une autre, se "réaliser".





(1) Notons qu'éviter que la foi ne prenne le pas sur la raison est évidemment tout à fait valable en soi, toute la question étant de savoir pour quoi faire - les philosophes ayant disserté sur ce point tout en étant bien plus brillants que ça sont légions...
(2) Je ne cesse de croiser Michel Onfray dans les librairies, puisqu'il vient de sortir un livre (40 ans après mai 68 il se remet à fantasmer sur les pseudo-délices de l'Orient, semble-t-il), et Boris Cyrulnik passe en ce moment sur France Inter dans l'émission de 14h...
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22 octobre 2008 3 22 /10 /octobre /2008 14:03

Il y a deux attitudes face à une exposition de peinture : soit on prend des poses, yeux plissés, et on dit «cette utilisation du bleu est vraiment incroyable» en se tenant le menton, soit on se fait gentiment chier, en traînant les pieds comme s'ils étaient chaussés de savates, tout en lorgnant les décolletés des visiteuses (version masculine)*.


Dans les deux cas, on fait semblant. Si, si, commencez pas à nous faire croire que, non, pas vous, vous c'est différent, vous, vous êtes véritablement happé(e) par la magie de la couleur et le tourbillon des compositions qui vous remuent de là à là et vous éblouissent et vous transportent en vous faisant même oublier jusqu'à la crise financière et la cuistrerie incroyable de tous ceux qui retournent leur veste à grands bruits d'étoffes froissées pour se mettre à conspuer un système qu'ils avaient pourtant encensé et promu mais sans conspuer trop fort non plus pour que tout puisse tranquillement redevenir comme avant.

Non, commencez pas, personne ne vous croit ; à part les profs de Beaux-Arts, et peut-être quelques élèves (qui sait ?), personne ne comprend rien à la peinture. On voit un tableau, on trouve ça plus ou moins joli, et ça s'arrête là, soyez honnêtes.


Hé bien, j'ai peut-être trouvé le début d'un antidote. Ça s'appelle Comment regarder un tableau, de Françoise Barbe-Gall, et ça explique la peinture par l'exemple, en décortiquant des tas de tableaux très différents de tous les styles.

Prenons un exemple.




 

Bon, imaginez que vous êtes au Louvre, et que vous tombez sur cette toile.


Premier réflexe intérieur : soupir intense. C'est le cinquantième bonhomme peint que vous croisez.

Cependant, quelques nanosecondes après, le Surmoi, qui n'attendait que ça, tapi dans son antre, débarque en fanfare :

«Quoi ? Qu'est-ce que c'est que cette réaction ? Mais enfin, c'est de l'Ââârt ! Tu es au Loûûûvre ! Cette peinture exprime plein de trucs, le peintre y a mis toute son âââme, visité par sa muse ! Alors tiens-toi droit, regarde ce tableau, cherche à comprendre ce que tu vois et extasie-toi devant tant de Beauté révélée !

- Hahem, bon, bon, okay, alors, donc... Heu... Alors, donc, c'est un bonhomme... Avec un chapeau... Et, heu, il a pas l'air hyper joyeux, le gars... En même temps, je porterais le même chapeau, je pense que je ferais la gueule pareil...

- Voyons ! Qu'est-ce que c'est que ce manque de respect ! C'est un chef-d'œuvre, que diable ! Qu'as-tu à dire de cette œuvre magistrale ? Et retire ton doigt de dedans ton nez !

- Beeen... C'est bien dessiné ?

- Mon Dieu mon Dieu mon Dieu... Pourquoi suis-je le Surmoi d'un crétin pareil... Allons, un effort, quoi !

- Hoo, héé, merde, hein à la fin !»

Et à ce stade, vous vous tournez plus volontiers vers votre Ça qui vous rappelle que vous avez faim et mal aux pieds.


Et puis vous ouvrez Comment regarder un tableau, et Françoise vous explique.


«Cet homme se tient devant nous avec une paisible assurance. Son portrait pourrait passer inaperçu tant il semble se fondre dans la réalité ambiante. Il nous est familier avant que nous l'ayons vraiment regardé. Pourtant, nous n'avons jamais rencontré Blathazar Castiglione. Raphaël nous le présente en demi-teintes. Il serait plus exact de dire qu'il nous présente à lui, car le regard sans détours ne laisse aucun doute. C'est lui qui nous observe, en prenant son temps...


Cet ami de Raphaël, ambassadeur de la cour d'Urbino à Rome, s'est fait représenter avec la plus grande réserve, sans que rien ne vienne souligner son rang ni son pouvoir. Le décor se résume à un fond grège. Lui-même est vêtu de gris et de noir, le blanc de la chemise formant au centre un noyau de lumière. La sobriété de l'ensemble est telle qu'au premier regard il semble d'une monotonie presque ingrate. Mais il suffit de s'approcher un peu, de lui consacrer une minute d'attention supplémentaire pour distinguer peu à peu une luminosité subtile, de légers reflets, des détails de texture. On s'aperçoit alors que le noir du pourpoint est plus impératif auprès du blanc, plus fondu à côté du gris et que sa sévérité est partout tempérée par la suavité du velours.On imagine la douceur du tissu sur le front. Quant aux plis de la chemise, sur la poitrine, ils dessinent un faisceau d'énergie qui fait vibrer tout le centre du tableau. Une énergie d'autant plus sensible et aiguë que la fourrure lui oppose de toutes parts sa moelleuse opulence.


En éliminant a variété des couleurs, Raphaël a créé autre chose qu'une image austère. Il a réduit sa palette à un jeu des contraires pour travailler du pinceau le plus léger avec les forces antagonistes du blanc et du noir. Le tableau, fondé sur la multiplicité des nuances intermédiaires, devient une apothéose du gris. C'est en cela qu'il célèbre véritablement le diplomate qu'était Baltazar Castiglione : conscient de la juste mesure à déterminer entre les positions les plus éloignées, celui-ci a l'art d'écouter un discours, puis l'autre, de jauger le premier, sans négliger la substance du second. Il fait la part des choses, évalue le clair et l'obscur, désarme leur contradiction avant qu'elle ne s'égare e dans le conflit. Personne ne sait mieux que lui la valeur du gris et de son infinie prudence dans un monde où les couleurs rivalisent de splendeur. (...)»


Et voilà le travail. En quelques lignes lues, vous ne regardez plus le tableau de la même manière.


«Le seul but de ce livre est de déverrouiller l'approche de la peinture, en engageant le spectateur à apprécier le pouvoir et la pertinence de son propre regard», dit Françoise dans la conclusion de son introduction. C'est marrant, ça, exactement ce que j'aimerais pouvoir faire pour la musique.




*Tout en lorgnant les bottes ridicules des autres visiteuses (version féminine).

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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 15:08







(Réponse : de l'herbe spéciale minet en gestation)
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11 octobre 2008 6 11 /10 /octobre /2008 17:32

La Cité de la musique est décidément un lieu vraiment formidable. Leur site internet est peut-être très moche, mais n'y prenez pas garde : il cache des pépites.


Non content d'organiser des happenings incroyables et uniques au monde avec des programmations de concerts fabuleux et diversifiés (plus diversifiés tu meurs), la Cité propose des conférences et séminaires pour le grand public autant sur l'histoire du jazz que sur la découverte de clefs d'écoute de la musique classique, ou même seulement sur des œuvres en particulier programmées en concert.

Et même, la Cité propose des tas de cours, en particulier pour adulte, en particulier des cours de percussion, et en particulier des cours de tabla d'Inde du Nord. Et puisque vous avez lu le titre de cet article, a priori, vous avez compris le truc.

Si jamais vous n'aviez pas compris le truc, je vous suggère d'arrêter ici d'emblée votre lecture et d'aller plutôt visiter ce site, par exemple.


Pour ceux qui sont restés, je continue.

Nous voici donc tous en chaussettes, en cercle, professeur compris, sur un joli tapis, avec chacun une paire de tabla devant nous.

Alors pour ceux qui ont rigolé à la lecture de "paire de tablas" et qui voient des paires partout, je suggère d'arrêter d'emblée votre lecture et d'aller plutôt visiter ce site, par exemple.


Pour ceux qui sont restés, je continue.

Le tabla marche donc par paire, un petit tambour, le dayan, qui est capable de faire entendre un son clair qui tinte à une hauteur déterminée (et réglable), et un gros tambour, le bayan, qui résonne de manière plus grave. Selon la manière dont on les frappe, ces tambours font entendre des sons très différents et très subtils, et c'est précisément ce qui fait la richesse incomparable des tablas, percussion privilégiée de la musique classique indienne.

    

Les indiens sont en effet les maîtres absolus du rythme, et cette affirmation offre peu de réfutation possible. Les indiens maravent leur tête à n'importe qui en matière de rythme. Viens-y voir, pour voir, si tu oses.


Or donc, assis en tailleur devant notre paire (ici, certains seront peut-être tentés de rejoindre le site mis en lien ci-dessus), il nous faut d'abord apprendre quelques frappes de base.

Le système indien est imparable : puisqu'il s'agira, par la suite, de savoir improviser, il n'est donc pas question de lire la musique, comme on le fait en occident, comme des gros bêtas d'occidentaux gavés de MacDo et de téléphones portables, boursouflés de consommation et déconnectés de la Nature (oui, je sais, ça n'a strictement rien à voir, mais c'est pour satisfaire au quota de bien-pensance de ce blog).

Pas de rythmes écrits à déchiffrer sur une partition, donc, mais des onomatopées suggestives, appelées "bol", correspondant chacune à un type de frappe sur un des deux tambours, onomatopées réunies ensuite en séquences rythmées à apprendre par cœur à l'oral, en liaison avec les gestes correspondants.

Par exemple, Thun correspond à une frappe de la main droite, à plat, de manière à ce que seulement le haut de la paume frappe le bord du tambour, ce qui le fait ainsi tinter d'une certaine manière.

Ghe-ghe, ce sera une frappe à deux reprises de la main gauche, poignet posé sur le bord du tambour, les majeur et annulaire servant de petits marteaux. Ka-ta, c'est en fait paf-paf (enfin, moi en tout cas je l'aurais appelé paf-paf, si j'avais été indien, mais j'arrive trop tard, apparemment), en frappant avec le plat de la main alternativement d'abord à gauche puis à droite.

C'est un système mnémotechnique tout à fait efficace, de la même manière que le noms des notes aident à retenir une mélodie - quand on connaît le nom des notes, évidemment.


Et nous voici tous, assis sur le tapis, à froncer les sourcils, la tête commençant à surchauffer dangereusement, tous les ventilos de refroidissement tournant à pleine vitesse pour tenter de faire baisser la température augmentant de manière alarmante dans les circuits neuronaux, tous réquisitionnés en urgence, y compris les plus bêtes, même celui qui rigole au mot "paire", tant pis, pas le choix, l'heure est grave, on a besoin de tout le monde sur le pont : en effet, il nous faut à présent apprendre notre première séquence rythmique.

Et tout à l'oral, je rappelle ; deux ou trois d'entre nous, dont moi, avions eu l'extrême mauvais goût de noter sur un bout de papier la séquence en question, mais le prof, intraitable, nous a bien fait comprendre qu'on avait pas intérêt à lire le bout de papier - "sinon, vous serez rien que des gros nuls", nous a-t-il dit, en substance.

Vexés, nous ne jetterons plus le moindre regard sur nos bouts de papier respectifs, mais il faut tout de même lutter contre une tentation difficilement contenue, seulement contrôlable par cette peur incoercible de devenir un gros nullos en puissance.


La séquence, la voici, telle que j'ai réussi quand même à la reconstituer :


Kat - TeteGhegheTeteKataKataGheGheTeTeKataGheGheTeTe KataGheGheTet - Dhin - GheGheTet - Dhin - GhegheTet - Dhin.


Valà.

Et faut la répéter trois fois de suite. Le prof, lui, il le fait à toute vitesse, le salopiaud, autant en disant les onomatopées en comptant sur les doigts, qu'en tapant sur sa paire. Pendant que vous en êtes à même plus savoir quelle est votre main gauche et quelle est votre main droite, quand, mains en l'air, vous sentez bien que là-dedans, les neurones sont en plein débandades, ressentant profondément ce que peut être la sensation de bugguer pour un ordinateur, ou ce qui se passe dans le cerveau de Sarah Palin quand on lui pose une question trop compliquée (comme : "qu'est-ce qui est mignon et qui fait miaou ?"). C'est d'un vexant, mais d'un vexant.


Ha oui, parce qu'en plus, en comptant sur ses doigts, on s'aperçoit d'un truc rigolo (et là, quelques neurones ne tiennent pas le choc et claquent de manière définitive) : la séquence, là, est une séquence de onze temps, qu'en répétant trois fois on fait tenir dans un cycle de deux fois seize temps. À ce stade, on se dit qu'il serait finalement plus simple d'arrêter de s'emmerder et d'aller directement , mais en persévérant deux secondes, on se dit qu'en fait 3x11 ça fait 33, et que 2x16+1 (1 pour le temps d'arrivée) =33, alors on se dit qu'on peut tout de même se raccrocher à quelque chose, tout espoir n'est pas perdu.


Et puis, le prof se met à dire que les onomatopées, il faut essayer de faire de la musique avec, de leur donner une vie, tout de suite, parce qu'on apprend pas le tabla pendant deux ans et hop !, c'est seulement après qu'on fait de la musique, non non non, c'est tout de suite la musique, même dans les choses simples et balbutiantes, il faut que ça ait un sens. Bon, à ce moment-là, je me suis retenu de me précipiter pour lui faire un bisou, il n'aurait sans doute pas compris, mais dites-moi, combien de profs de solfège, combien de profs d'instruments, dans nos conservatoires français, disent quelque chose d'équivalents à leurs élèves, débutants ou non ?


En attendant, j'ai commandé ma paire sur e-bay, autant vous dire que j'attends la bête avec impatience.


Et si, dans le métro parisien, vous croisez un type qui tape sur ses genoux en bougeant les lèvres, avec les sourcils (très) froncés, alors c'est sûrement moi.

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6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 14:33

Que nous vaut donc ce titre au jeu de mot irrésistible, issu de dures nuits blanches de labeur à noircir des tonnes de feuilles petits carreaux, et à rayer inlassablement, encore et encore, malgré les ampoules et les cals, pour en affiner le libellé en artisan méticuleux jusqu'à ce pur joyau de perfection ?


Hé bien, c'est-à-dire, qu'entre le fait que je me remette petit à petit à la composition, que je griffonne avec mes beaux crayons tout neufs, que j'apprends la joie de la perceuse et du vitrificateur, que je fais des gratouillis à Minet, que je bosse à l'orchestre, ou que je passe mon temps à papoter (et, accessoirement, à me fendre la poire) avec ma chère et tendre, voilà que je m'occupe également d'un second blog, et voilà pourquoi votre blog est muet. Enfin, tout du moins, pouquoi ce blog-ci s'est ralenti par rapport à une époque bénie où, hop hop hop, chaque jour voyait son analyse de la Mer de Debussy, c'était magique.


Mais alors, qu'est ce blog, vous entends-je haleter avec l'impatience qui caractérise périodiquement les enfants le 24 décembre vers les 23h59 ?

Hé bien il s'agit d'un blog très sérieux et tout, puisque c'est le blog de l'association "les Amis de l'alto". Si, c'est sérieux, d'abord. C'est une association créée (entre autres) par Serge Collot et Collette Lequien, qui sont des professeurs "historiques" du CNSM, ceux qui ont formés toute une génération d'altiste, de celle qui enseigne actuellement. C'est cette association qui, notamment, gère le concours national des jeunes altistes.


Vous êtes altiste ? Vous aimez l'alto ? Vous êtes violoniste frustré ? Vous êtes amis d'altiste ? Vous auriez envie d'avoir des amis altistes ? Vous ne savez même pas ce que c'est qu'un alto ?

Ce blog est fait pour vous !


Bien entendu, il est encore un peu vide, et n'attend qu'à s'étoffer. En particulier, les adhérents pourront consulter en ligne les dizaines d'article parus dans le célèbre (!) bulletin des amis de l'alto, dans lequel on trouve des trucs dingues, comme un descriptif détaillé du travail de l'archet par Serge Collot, un entretien avec Anna Bela Chavez (alto solo à l'orchestre de Paris), des considérations musicologiques pointues sur telle ou telle œuvre pour alto, etc... Il devrait également comporter à terme des articles informatifs pour la pédagogie de l'alto, toute l'actualité des disques et concerts.

Bref, un vrai truc de geek d'altistes, quoi.

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