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23 février 2007 5 23 /02 /février /2007 21:49
    Commentaire de Brendufat (sur : «parlons enfin du fond»)

    "C'est pour rassurer les lecteurs de Telerama que tu nous mets une partition [en fond d'écran] ?
    Ohhh que tu me déçois, jeune homme, que tu me déçois !

    Pour quand, l'autographe d'André Rieu ?"

    Tu l'auras voulu, Brendufat !!
    Je remets Winnie nourson !!


    (Ou comment se défosser lâchement en trouvant une fausse excuse pour ne pas assumer une blague potache qu'on crevait d'envie de faire de toute façon...)

    (En fait voilà la véritable explication : il s'agissait de poster un article afin que l'article «du bois qui chante (1)» qui contient plein de photos ne paraisse plus en page d'accueil, en prévision du prochain article qui lui aussi va contenir des photos, ceci afin d'éviter que la page ne mettre trop de temps à se charger....)

    (Et je vous laisse seuls juges pour démêler les vraies-fausses explications des fausses-vraies...)
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21 février 2007 3 21 /02 /février /2007 13:19
    Vous êtes fidèle lecteur(trice) de Télérama.
    Vous avez feuilleté votre hebdomdaire préféré.
    Vous êtes tombé sur la page 60, et, naïvement, vous avez voulu suivre le boniment la note laudative et élogieuse d'un des reporters les plus odieusement doué de la rédaction.

    Alors il faut que je vous prévienne ; vous allez être affreusement déçus.
    Oh, évidemment, pour ma part, je pète de fierté, mes chaussettes sont toutes devenues subitement minuscules, désormais je bombe le torse en marchant dans la rue en regardant avec mépris et condescendance le bas peuple qui s'égaille et qui n'a jamais été cité dans Télérama, lui, ha ha ha, bande de gros nuls.

    Mais, ce que ne dit pas Nicolas Delesalle, c'est qu'il n'y a pas ici qu'articles subtils et érudits. Ceux-ci existent, certes, ils sont disponibles dans la rubrique "de l'Art musical et autres balivernes symphoniques", et bien entendu, je pourrais, nanti de ces capacités exceptionnelles dues à une personnalité hors du commun qu'a si bien su déceler M.Delesalle (et me dites pas le contraire, hein, je suis cité dans Télérama moi, alors vous le prenez sur un autre ton s'il vous plaît), je pourrais produire d'innombrables articles encore plus intéressants et subtils et érudits.

    Mais ce que ne dit pas M.Delesalle, c'est que je suis aussi une flemmasse de première.
    Ce qui fait que, outre des articles intéressants et subtils et érudits et irrésistiblement drôles, il y a aussi tout un tas d'autres choses, un peu moins avouables. Comme, par exemple, un jeu de rôle bien débilou (mais qui nous fait bien rigoler, les participants et moi). Ou comme des aventures non moins débiloues (ça s'accorde cet adjectif ?) dans un univers piteusement pastiche de Star Wars, dont le héros s'appelle Djoni - rapport à Djac, voyez le niveau.
    D'un gamin, mais d'un gamin...

    Et ça, M.Delesalle, il se garde bien d'en parler ; vous pensez, pas sur Télérama.
    Non, il ne parle que des articles brillants et intéressants et subtils et érudits et irrésistiblement drôles.
    Donc, je vous propose de poser sur les gamineries gaudriolesques un voile pudique, de faire comme si, et de ne vous consacrer qu'à la rubrique sus-citée afin de ne vous concentrer que sur les articles brillants et intéressants et subtils et irrésistiblement drôles et hautement spirituels. Oui ben c'est pas moi qui le dit, hein, c'est sur Télérama, alors doucement les basses.

    Pour les séances photos et les interviews, voyez avec mon agent. Je vous préviendrai des signatures à la FNAC, mais pas dans l'immédiat, j'ai une tournée au Japon, ils avaient besoin de quelqu'un pour remplacer Alain Delon qui s'est décommandé.

    Appelez-moi Grand Mamamouchi.
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18 février 2007 7 18 /02 /février /2007 20:36
    Enfin !
    Je me retrouve !
    Je réconcilie ce blog avec mon être le plus profond !
    J'ai enfin trouvé un fond pour le blog qui me correspond dans ma personnalité la plus intime !
   
    Haaaa, je me sens apaisé et serein, tout à coup...

    (vider le cache de votre navigateur le cas échéant)

[EDIT] : Bon, fin de la blague, retour à un fond plus... on dira neutre. Pour ceux qui aurait loupé le truc, il s'agissait d'un zouli fond d'écran Winnie nourson et ses zamis. Et je précise, pour la cas où certains en douteraient (on sait jamais) : c'était un gag...
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14 février 2007 3 14 /02 /février /2007 19:53
    En ce moment, il se trouve que j'ai la flemme de me lancer dans ces articles interminables et follement passionnants qui font ma réputation dans le monde entier.

    Enfin, quand je dis «en ce moment», en fait, pour tout dire, j'ai la flemme tout le temps ; c'est juste que des fois plus que d'autres.

    Alors, profitant en cela d'avoir retrouvé une photo par le biais d'un mail paternel, j'ai pris la décision d'imiter tout blog qui se respecte, et de faire comme tout le monde, c'est-à-dire de mettre une photo de chat.
    Sauf que bon, évidemment, c'est pas n'importe quel chat, c'était notre chatte, et je tiens donc à lui rendre l'hommage qu'elle mérite, pour avoir enduré les dures tortures infligées par un sale môme qui trouvait rigolo d'enfermer son chat dans un tiroir de la commode pour qu'il ressorte par le tiroir d'en dessous.
    Et puis cette sainte bête a forcément contribué à forger cette préoccupation pour la Nature qui est la mienne, ce respect pour la Vie maintenant chevillé au corps, et par là même à structurer cette personnalité aussi riche que fascinante que vous voyez actuellement à l'œuvre.

    Voici donc un cliché inédit de cette cousine du terrible tigre mangeur d'homme, de cette féline mâtinée de la férocitude des panthères noires, cruelles chasseuses de la nuit, de ce fier jaguar à la foulée souple et inéluctable qui n'éprouve nulle pitié à la vue de sa victime, de cette lionne fauve sanguinaire, impitoyable machine à tuer qui fait trembler toute la savane au coucher de Soleil.

    Éloignez les enfants et les âmes sensibles de l'écran, l'image peut effrayer.


    La ressemblance est frappante, non ?


    Ha oui, et en plus elle s'appelait «Moumoune», la lionne fauve sanguinaire...
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7 février 2007 3 07 /02 /février /2007 14:39
    (Pour comprendre de quoi il s'agit, lire l'introduction)
    (voir le chapitre précédent)

    Nos héros, exténués, s'étalèrent donc sur l'herbe comme des larves, avec force soupirs et gémissements. Ils restèrent là, généreusement vautrés, jusqu'à midi, ronflant à qui mieux mieux, parsemés dans la prairie.
    Puis, ils se goinfrèrent de pot-au-feu, avec des bâfrements bestiaux que la bienséance et les bonnes manières réprouvent. [Tous, vous regagnez 7 PV, sauf les malades - Grautarin, Brendufat, 3PV, et Axi, aucun. Il ne vous reste que deux tupper-wares de pot-au-feu.]

    La seule solution imaginable était évidemment de retourner tranquillement au village de  Poalodoix, de soigner les blessés, puis de regagner Tchettpra afin de réfléchir posément à tout ça (et connaissant le degré de démocratie participative pratiquée dans le groupe, il fallait a priori prévoir beaucoup de temps pour que ça discutaille tout son saoul).

    Mais, alors que la troupe s'était mis péniblement en route depuis peu de temps, des éclats de voix, dans un langage étrange et guttural, retentirent derrière la colline douce qui se trouvait à droite de la petite troupe. Des voix agaçantes, nasillardes et aiguës, qui parlaient vite, du genre qu'on aurait immédiatement envie d'y donner de baffes. C'était pour le moins fort étrange, dans ces contrées paisibles du Vert-globe, dans lesquelles ne se trouvaient que des gens causant l'Ameeronien standard.

    Alors, qu'est-ce vous faisez ?


[Bilan du Chaspitre Troisièsme :

Ce fut chaud chaud chaud, waw ! On a surfé avec le danger, wouuuh !

Bon, premier enseignement important : les délires sont bienvenus, mais à condition qu'ils aient du sens, et surtout que vous n'inventiez pas vous-même des éléments extérieurs, pasque sinon c'est trop facile ! Genre : «alors j'attaque l'armée de Trolls avec mon canif, je la décime, puis je trouve une flêche par terre qui indique où est enterré le trésor, je tue le dragon, et je déterre le trésor. Alors, MJ, qu'est-ce qui se passe après ?»
Ta-ta-ta, ça se passe pas comme ça, petits sacripants !

Débrienfing des opérations :

>Messoda  : la fuite dans l'arbre c'était pas très sympa pour tes petits camarades en danger, mais tu te rattrapes en utilisant le spray coiffant avec succès et en mettant hors d'état de nuire le Troll : 5 PE.

>Anna : bonnes initiatives de fouilles et de recherche des tunnels, et au final c'est toi qui trouve le coffre : 10 PE.

>Lelf hifi : bon, tu commences par une grosse panique, mais par la suite, tu secoures Ardalia, tu sauves Brendufat en tirant victorieusement sur le Troll, tu dévies la course du Troll loin de la caverne pour le rapprocher de l'arbre (on oubliera le coup du miroir alors que le Soleil n'est pas levé...) : 12 PE.

>BaF : bon, tu as tendance à inventer pas mal, et le coup du surf c'était plutôt moyen, mais tu as su attaquer courageusement le Troll en sauvant Majorette : 5 PE.

>Clémence : bon, tu as évité le Troll, et tu as suivi le plan de tes camarades : 3 PE.

>Ardalia : bel acte de courage, attaquer victorieusement le Troll à la fourche (pas de bol pour la baffe qui s'ensuit, mais ça ce sont les risques du métier, hein) : 7 PE.

>Arbobo : beaucoup de parlote adressée au Troll, certes, mais un bon plan mené à bien, ça compte autant que les actes guerrier finalement : 7 PE.

>Grautarin : premier à attaquer le Troll avec un madrier, sauvant Tippie pour le coup, bien joué : 7 PE.

>Sev : bon, alors là, évidemment, on fait péter le compteur : tu attaques le Troll trois fois, une fois en cherchant à la faire se détourner de la grotte, une autre fois pour le détourner de BaF qui s'était précipitée dans la grotte, puis pour l'amener vers l'arbre, et à chaque fois t'en as pris plein la gueule. Donc, respect : 15 PE

>Majorette : tu sauves Sev en lançant un madrier : 7 PE.

>Brendufat : tu as alterné les moments de déroute, et un bel acte de courage en cherchant à grimper sur Dudule, puis en risquant de te faire écraser, et tu réussis également à sauver Sev d'une mort horrible : 10 PE.]
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6 février 2007 2 06 /02 /février /2007 15:00
    Pour les parisiens, ou les provinciaux qui seraient de passage :

Concert le mardi 13 février
20h00
Salle Pleyel
(252, rue du faubourg Saint-Honoré)

Au programme, rien que du bon :
Sergueï Rachmaninov - Le Printemps
(avec chœur et chanteur soliste - très russe, très slave, très beau)
Modeste Moussorgsky - Une Nuit sur le Mont Chauve
(vous avez aimé Fantasia ? vous adorerez le Mont Chauve !)
Claude DEBUSSY - les Nocturnes
(Nuages/Fêtes/Sirènes - bon, Debussy, je vous fait pas un dessin, vous m'avez compris, c'est sublime merveilleux incroyable donc
to-ta-le-ment inloupable)

    Et puis, y'aura aussi de monsieur Lauba (je connais pas son prénom) un certain Bogor, œuvre contemporaine ; je ne sais pas encore comment ça va sonner, mais ça parraît être vraiment agréable avec de belles ambiances sonores, et je dis ça malgré le fait que le Lauba nous a tous bien agacé avec sa partition injouable-prise-de-tête (à tel point qu'on a fait une coupure), alors qu'il pourrait obtenir les mêmes effets plus simplement en orchestrant efficacement ; ferait bien de réviser son Debussy celui-là.

    Entrée : 10€ (tarif unique).
    Ha, et j'oubliais : dimanche 11 de 10h45 à 12h00, il y a une séance pour les enfants, avec une petite présentation de certaines œuvres (7€ pour les enfants, 10€ pour les adultes).
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4 février 2007 7 04 /02 /février /2007 23:32
   (Note aux éventuels nouveaux lecteurs : pour comprendre quelque chose à ce qui suit, il est recommandé de lire les épisodes précédents).

     Cher monsieur,
    En tant qu'utilisateur honnête et régulier d'internet, je voudrais me plaindre de ce qu'on trouve sur le Web. C'est vraiment inqualifiable, c'est un scandale. Tout fout le camp. Pauvre France, pauvre monde.
    L'histoire que nous propose ce pseudo-blogueur de Jac Baveur est totalement plate et inintéressante. Il ne se passe rien, aucune action, c'est mou du genou. Encore un coup de ces bien-pensants de bobos parisianistes, bande de tapettes. Je suis sûr que ce Baveur est favorable aux trente-cinq heures, à tous les coups. Un fainéant de saltimbanque ou de fonctionnaire. C'est avec des gens pareils que la grandeur de la France se trouve un peu plus humiliée chaque jour.
    Je souhaite donc, monsieur, que vous fassiez le nécessaire pour que les choses changent, et que cette histoire inculque enfin les vrais valeurs.
    Merci d'avance.

    Alfred Grognon, Caporal-chef en retraite au 25ème RIT de Grenoble.


épisode naïne

    Au petit matin, après une nuit pénible due, d'une part, à la dureté du sol, et d'autre part, à l'incapacité de HT2P de se mettre sur «veille», tout se passa très vite.

    Djoni et ses camarades d'infortune furent d'abord réveillés par des coups sourds qui semblaient ébranler toutes la base des sales petits gnomes qui les avaient fait prisonniers. Aussitôt, Klinty fut debout, près de la porte, à scruter de l'oreille les moindres bruits engendrés par l'activité des gnomes (oui, on peut scruter avec les oreilles, si je veux d'abord, et ne m'interrompez pas s'il vous plaît).
    Djoni ne pouvait s'empêcher de dissimuler son impatience :
    «Alors ? Alors ? Alors ?»
    - Chhhhtttt...»
    Tout le monde retint sa respiration ; le temps s'arrêta, figé sur Klinty en son état scrutatoire, les yeux plissé par l'effort de concentration extrême, une goutte de sueur perlant sur son front buriné. Soudain, il se redressa, et affirma d'un ton qui ne tolérait aucune contestation :
    - C'est le moment. Il faut sortir d'ici.
    - Heuuu... fit Djoni.
    - Ha ha, très drôle, sortir d'ici, mais bien sûr, ben voyons, môssieur Stewd sait tout mieux que tout le monde, la porte est fermée à clef mais môssieur Stewd il va nous l'ouvrir à la seule force de son petit doigt, ha ha, sarcastisa(1) Hildegonde.
    -Non, répondit calmement Klinty, grand seigneur, pas avec mon petit doigt.»

    (en réalité, même s'il ne se l'avouait pas ouvertement, Klinty se la pétait un peu dans ces moments là. Il avait beau savoir, que, forcément, en tant que héros chef de la Rebellion et tout, et en compagnie d'une bande de nazes comme il y en a peu, sa supériorité stratégique coulait de source sans qu'il y ait lieu d'en tirer une quelconque fierté. C'est comme de mesurer un mètre quatre-vingt quatre, ou d'avoir un corps élancé et racé, c'est une donnée, un fait établi, pas de quoi en faire un fromage. Mais, malgré tout, et comme tous les héros en fait, il faut le savoir, même si on nous le cache soigneusement pour ne pas écorner leur image, Klinty trouvait son petit plaisir à se la péter un peu, et à se la jouer sûr de lui quand il avait la solution que les autres n'avaient pas, en adoptant un ton l'air de pas y toucher, avec la nonchalance décontractée et supérieure de celui qui gère quoi qu'il arrive. En fait, sa solution devait forcément marcher puisque il était le héros, quel que soit le ton qu'il employait, mais bon, chacun trouve ses petits plaisirs là où il peut. En plus, ça marchait grave avec les filles. Enfin, apparemment, pas avec Hildegonde. Et, tant mieux pour lui, dans un sens, vu sa tronche.)

    - Pas avec mon petit doigt, mais avec ceci. HT2P, tu crois pouvoir ouvrir cette porte ?»
    HT2P affirma un sybillin «grouUit blEouPouit» et fonça vers la serrure électronique ; un petit capot dans le corps de l'espèce de chaudron qui constituait le droïde s'ouvrit, et une sorte de pince à tout faire sortit avec un «bzrrzrrzrrzr» appuyé, et un rien rouillé, semblait-il.
    Ce qui n'empêcha pas la porte de s'ouvrir toute grande quelques secondes après, Klinty s'efforçant de prendre l'air du gars blasé qui faisait ça tous les jours.
    Dans les couloirs, c'était la chienlit.


    Le telcom de Zorg sonna sur son bureau.
    Il se retint de soupirer.
    Il avait du travail, il fallait préparer les interrogatoires des rebelles captifs, se concentrer avant des séances de toisage qui allaient devoir être de grands moments de toisage, puisque il aurait affaire avec la Princesse Lycra en personne, qui ne devait pas se laisser toiser comme ça, c'était une femme de caractère, que Zorg respectait, pas comme ces carpettes de la Garde Impériale qu'il était contraint de côtoyer à longueur de temps.
    Mais, le nom de l'appelant apparut sur l'écran, et cette fois, Zorg soupira pour de bon.
    Il ne pouvait pas différer l'appel. Ça aurait été le Colonel de Services des télécommunications de l'armée, le Général en chef des Armées de Terre, le ministre de la Propagande, de la Publicité et des Jeux Télévisés, ou même l'Empereur en personne, il aurait pu refuser de répondre et aurait fait poireauter le temps qu'il aurait fallu.
    Mais pas là.

    C'était sa sœur.

    Sa sœur était à l'espèce humaine ce qu'un croisement entre un éléphant et un tigre du Bengale aurait représenté pour le règne animal: une présence annonciatrice de contrariétés et de désagréments.
    En fait, Zorg devait à de longues heures pénibles et torturantes en la présence de sa charmante grande sœur ses capacités exceptionnelles de toisage et de glacial commandement : c'était des capacités qu'il s'était forgé en réaction aux subtils tourments endurés du fait de cette chère Priscilla qui avait trouvé en son frère un jouet fort gratifiant, jusqu'à ce que Zorg se soit suffisamment perfectionné.
    Mais, tout expert qu'il était devenu en résistance psychique et en absence de toute émotion superflue, braver sa sœur lui semblait totalement impensable. Et il n'était pas le seul. En vérité, pas un seul Homme ou Extraterrestre dans l'Univers suffisamment sain d'esprit n'aurait pu imaginer que braver cette dame pouvait mener à quoi que ce soit d'autre qu'à une catastrophe personnelle très désagréable.

    Zorg pris un cachou, une inspiration, puis appuya sur un bouton.
    «Ouiiiii ??
    - Écoute Zorg, c'est moi Pricilla, c'est affreux, écoute, c'est un scandale, vraiment, c'est impensable des choses pareilles, je ne la comprends pas, et puis quoi mais enfin que fait la police, c'est un monde tout de même, hein, on se demande quand même à quoi servent nos impôts, c'est bien la peine de se faire racketter par l'Empire si c'est pour que ça ne serve à rien, parce que quand même c'est pas si compliqué de faire son travail, mais voilà maintenant on n'est plus à l'abri nulle part même si...
    - Priscilla... ?
    - ... mais ça ne va pas se passer comme ça, ho là là, j'ai des droits, moi, on est quand même dans un Empire, je te prie de croire qu'on va en entendre parler en haut lieu, car c'est un vrai scandale, enfin tout de même si la police faisait correctement son travail on n'en serait pas là, et puis c'est à cause de tous ses étrangers venus de toutes ces planètes aussi, voilà à quoi la police est occupée, on préfère protéger tous ces étrangers plutôt que de veiller sur les honnêtes citoyens, non mais franchement...
    - Priscilla, je...
    - ... et puis aussi avec ses idées bizarres ça devait arriver, hein, à force de s'occuper de ces trucs d'humanitaires, voilà bravo elle a gagné, et c'est du soucis pour sa pauvre mère, oh mais ça tu parles elle y a jamais pensé ça, c'est pas son problème, de toute façon ça ce sont les jeunes d'aujourd'hui, il faudrait que tout leur tombe comme ça tout cuit, ha mais moi de mon temps excuse-moi hein mais il fallait se démener pour s'en sortir, alors que maintenant, avec leur musique de dégénérés, voilà ce qui arrive, et quand est-ce que...
    - Hahem, Priscilla, QU'EST-CE QU'IL SE PASSE EXACTEMENT... ?
    - ...l'empereur devrait tout de même prendre des mesures qui... hein ? Ha oui, hé bien, figure-toi que Zorguinette a disparu ! Introuvable ! Sans prévenir, rien, elle est partie, sans même penser au mouron que se ferait sa pauvre mère, tu te rends compte, c'est une honte, mais elle a toujours été comme ça, à n'en faire qu'à sa tête, c'est son père qui a toujours été trop faible avec elle, ça je l'ai toujours dit, hein, et maintenant on voit le...»
    Zorg se rappelait en effet, avoir vaguement eu connaissance de l'existence d'une nièce.
    D'après ses maigres souvenirs, celle-ci avait un caractère au moins aussi trempé que sa mère, mais en réaction, avait adopté une vision de la vie radicalement opposée, et émargeait dans des mouvements plus ou moins légaux et anti-impériaux, au plus grand désespoir de sa mère. Zorg avait de ce fait toujours réussi à éviter les invitations à manger chez sa sœur, ce qu'il imaginait de la présence de deux furies à moins de deux mètres l'une de l'autre l'épuisant à l'avance.
    Sa sœur ne s'était toujours pas interrompue :
    - ...c'est le problème en ce moment, on accepte n'importe quoi, tu te rends compte, personne ne réfléchit plus, alors que quand même si on avait deux sous de bon sens...
    - Bon, JE VAIS VOIR CE QUE JE PEUX FAIRE» dit Zorg le plus fort possible, en estimant la chance d'avoir été entendu à 3 sur 10 environ. Puis il ouvrit un tiroir, en tira deux boules quiès, et laissant le pauvre telcom martyrisé en marche, essaya de se concentrer sur ses dossiers.


    Dans la base des petits gnomes en capuche, rien n'allait plus. Djoni et ses amis comprirent bien vite ce qui s'était passé : des assaillants avaient fait leur boulot d'assaillants, ils avaient assailli, et ils avaient l'air d'être plutôt doués à ce petit jeu-là, car les gnomes couraient en tous sens, affolés par le surgissement d'une surprise imprévue, ce qui, pensa fugitivement Klinty, était un bel exemple de pléonasme.
    Mais foin de figures de rhétorique, l'heure était à la baston.
    Cheequetabah était aux anges.
    Il s'employait au lancer de gnomes avec une efficacité redoutable, en frôlant le strike à chaque fois.
    Djoni se faisait certes une haute idée du baroudeur de l'espace qu'il était censé incarner ; mais, dans certaines situations, c'était à la guerre comme à la guerre, et nécessité faisait loi. Il s'adonnait donc à sa technique réflexe, qui consistait en des grands coups de pied dans les couilles, ce qui, vu la taille des gnomes, exigeait peu en matière de souplesse. La méthode, peu gracieuse gestuellement parlant, se révélait pourtant fort efficiente.
    Hildegonde, qui réfléchissait un peu plus que la moyenne, avait quant à elle préféré ramasser un blaster tombé des mains d'un gnome à peu près émasculé dorénavant après avoir pour son malheur croisé la route de Djoni, et dégommait tout gnome qui menaçait d'un blaster le moindre de ses camarades en pleine mêlée.
    Sam était certes un lymphatique, mais, comme tous les lymphatiques, il était capable d'une activité prodigieuse quand le besoin s'en faisait irrésistiblement sentir. Actuellement, il développait un travail de placage qui aurait fait sa fortune au pays de Galles.
    HT2P, lui, avait opté pour la déstabilisation psychologique : il poursuivait les gnomes avec sa pince afin de leur piquer les fesses, ce qui était du point de vue de la déroute morale de l'ennemi redoutablement performante.

    Klinty, lui, se baladait tranquillement dans les couloirs en sifflotant, se sachant vaguement suivi par les autres, en recherchant son chemin pour accéder à la piste de décollage sur laquelle devait encore se trouver le Sigma Fox Shippyards Coco Alpha-Class Shuttle Millenium Air Wing Falcon Omega III.
    Il ne fut pas plus surpris que cela en apercevant Stravisky et Hutch, planqués derrière leur vaisseau, blaster à la main, et tiraillant comme des forcenés sur tout gnome à portée.


    Les deux mètres quatorze de Kraboum firent irruption dans le poste de garde des prisons secrètes impériales. L'assiette, dans sa main, aurait pu paraître proportionnellement comme une petite soucoupe pour tasse à café de dinette d'enfant, mais il s'agissait bien d'une assiette standard, contenant un pavé de saumon, du riz parsemé de persil, des feuilles de mâche élégamment disposées, le tout nappé d'une délicate sauce crémeuse.
    Kraboum regarda son collègue Groumfi, et l'air de ne pas croire que ces mots sortaient effectivement de sa propre bouche, il dit :
    «Finalement, elle veut pas de la sauce vin-blanc échalottes. Elle préfère la sauce à l'estragon légèrement citronnée relevée de cardamone.»
    Groumfi se figea, et déglutit péniblement.
    «La sauce de tout à l'heure, quoi, juste avant ?»
    Kraboum, raide comme un piquet, répondit comme dans un rêve :
    «C'est ça.»
    Groumfi, le regard de celui qui doute d'être bien la même personne habitant son propre corps et à laquelle il s'était habitué depuis sa prime enfance, le regard de celui qui fait semblant de voir ailleurs pour ne pas sombrer dans une folie schizoïde, le regard de quelqu'un qui ne sait vraiment plus où il en est, dit :
    «Bon, hé bien on va arranger ça, je vais rapporter l'assiette à la cuisine, c'est pas grave, hein.»
   


(1) Du verbe sarcastiser, émettre un sarcasme. Ho et ne m'embêtez pas, hein, si vous croyez que c'est facile tous les jours, moi je fais ce que je peux, ou alors il nous faut plus de moyen mais tu parles c'est politique magouille et compagnie laiiiiisse tomber, de toute façon quand on voit ce qu'on voit, hein, et qu'on entend ce qu'entend, pfuu, mais ouiiii, c'est comme tout, ça, c'est comme tout.
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18 janvier 2007 4 18 /01 /janvier /2007 01:06
    (Voir ici le Chaspitre Précésdent)

  Ç
a discuta ferme autour du rocher.
    Chacun y alla de sa méthode infaillible anti-Troll, les uns à coup d'enfumage, les autres à base de Nutella, d'autres encore proposèrent d'enivrer la bête au côte du rhône.
    Car l'avertissement du tavernier restait dans toutes les mémoires : un Troll, ça fait du yoyo avec des bloc de pierre au petit déjeuner. Fallait y aller avec circonspection («avec qui ?», demanda Sev ; à la suite de quoi elle dut expliquer longuement à Bouboul que c'était une plaisanterie, mais il resta au fond persuadé qu'elle était quand même un peu analphabète).

    Grautarin, lassé des débats interminables («ça tchatche, ça tchatche, bande de tapettes d'intello»), partit en reconnaissance, pour revenir en courant quelques minutes plus tard fou de joie : «hé, les gars, les gars, j'ai trouvé des madriers, J'AI TROUVÉ DES MADRIERS !»
    Essoufflé, il s'arrêta devant l'assemblée, rayonnant, et dit :
    «J'ai... j'ai trouvé des madriers ! »

    Les regards se tournèrent vers lui, dans le silence le plus complet ; puis, on perçu nettement un ou deux longs soupirs, et on en revint au débat :
    «Oui, bon, si on l'enfume d'accord, mais il me semble qu'à ce moment là, il serait plus judicieux d'utiliser du bois de Chêne pédonculé, réputé pour sa...
    - Ha ha, alors là, je t'arrête tout de suite, c'est des feuilles d'Arbousier de Schyphre, pour faire de la fumée, alors là tout ce que tu veux !
    - Ouaiiis, bien sûûûûr, et tu le trouves où, ton Arbousier de Schyphre, gros malin ?
    - Ben, à Schyphre !
    - Et quelqu'un aurait une compétence climatologie ? Non, parce qu'il faudrait étudier le sens du vent, ainsi que sa force, si on veut que la fumée soit...
    - Mais je vous assure que le Chêne pédonculé...»

    Bouboul, lassé des débats interminables («ça papote, ça papote, bande de tarlouzes d'intello»), partit en reconnaissance, en réussissant à emmener Axi avec lui, pour revenir en courant quelques minutes plus tard fou de joie : «hé, les gars, les gars, j'ai trouvé une cheminée, J'AI TROUVÉ UNE CHEMINÉE !»
    Essoufflé, il s'arrêta devant l'assemblée, rayonnant, et dit :
    «J'ai... j'ai trouvé une cheminée !»

    Cette fois, il n'y eut ni regards, ni soupirs, car le débat continua de plus belle :
    «On pourrait prendre un seau plein de Nutella, qu'on relirait à une corde, avec une poulie, et là on construirait une machine, avec des engrenages, pour qu'au moment où la porte s'ouvre, le bœuf tire sur la corde, et au signal, on déplace le rocher avec les madriers, et c'est à ce moment que toi tu dis bonjour au Troll et que tu lui serres la main, pendant ce temps...
    - Mmmmh, ouais, pas mal, ça se tient, ça a l'air plausible ton truc...
    - Mais on pourrait faire le voyage à Schyphre, et après...»

    Finalement, Ardalia décida du plan, tout fut mis au point avec une précision d'horloge : et tout se passerait au petit matin...

    Ce qui força, bien entendu, nos héros à passer la nuit dehors, détail qui a toute son importance quand on se situe à la fin de l'hiver. Nos héros, après avoir grelotté toute la nuit, n'étaient pas bien frais au petit matin, quand Ardalia réveilla les troupes. [Tout le monde est crevé, ça fait 7PV en moins chacun ; d'autre part, Brendufat et Grautarin, vous avez chopé la crève - moins 7PV supplémentaires -, et Axi tu as un peu de fièvre, genre 38° - moins 12 PV au lieu de 7 -. Quant à Arbobo et les zazous, vous avez la gorge qui piquote un peu, faudra me surveiller ça et bien mettre vos petites laines, hein. Et Lelf hifi, Anna, Messoda et Dosh, vous vous êtes fait piqué par une bestiole, ça gratte.
    Au passage, je devrais pas vous le dire, mais comme c'est la nuit que le Troll sort, et que vous vous êtes endormis à 300 mètres de l'entrée de sa caverne, on a frôlé la catastrophe. Heureusement pour vous, Dudule est un peu balloné ces temps-ci, et il est vite rentré chez lui se faire sa tisane de Tilleul - oui, il fait tremper l'arbre dans sa tasse.]


    Tout le monde se mit en place.
    L'ambiance était tendu, insoutenable.
    Tous savaient qu'ils n'avaient probablement qu'une seule chance.
    Les regards étaient durs, froids et déterminés.
    Comme des pompiers face au feu, ils étaient beaux dans leur peur*.

    Au signal d'Ardalia, Mebzz attaqua à la harpe celtique le riff terrible de Un long Caravansérail est en train d'Avancer des frères Doubi, Tippie et Lelf hifi enchaînèrent avec les percus (en tapant comme des forcenées sur les madriers), Clèm quenelf exprima toute sa sexytude en enchaînant impro au mélodica et chant funky, alors que dans le même temps, Grautarin entamait avec un terrible Ô Tannebaum (qui ressemblait toutefois plutôt à Ô Taddebaub - snirfl), et que Messoda piquait sans vergogne les fesses de Madonna avec une brindille effilée.
    Le résultat sonore, quoique incongru, sembla tout à fait efficace, Ardalia esquissa un sourire satisfait et cruel.
    Mais, alors, que Grautarin, inquiet, partait maintenant sur Stille nacht heilige nacht (prononcez «dacht»), que Messoda devait, dans le doute, réitérer sa manœuvre, et que Mebzz, préoccupée, devait enchaîner sur le célèbre les Damoiselles bien Gaulées de Jeannot Andriksse, suivie au poil par ses comparses, Ardalia sentit une goutte de sueur perler sur son front, et toute la charge de chef retomba sur ses épaules :
    «Me... Me serais-je trompée ?»

    Heureusement, un frisson vient vite à la parcourir et à la pétrifier : de derrière la porte se fit entendre un abominable : wwaaoaoouUUUUUUOOoooiauuurgh (*putain fait chier c'est quoi ce bordel, merde !*)
    La surprise passée, nos héros, s'entre-regardèrent, troublés par une légère et indéfinissable impression de déjà-vu.
    Mais bientôt, accompagnée par des relents abominables à faire pâlir un poissonnier spécialisé dans la morue, la porte s'ouvrit, et apparut une sorte de grand truc, un machin, heuu, énorme quoi, une chose grosse pourvu de bras et de jambes, un Troll, quoi. Qui gueula :
    wwaaaaoooOOOUUUUuuururrrgh (*non mais ça va bien ! C'est l'heure de se coucher, là, ho ! Je vous rappelle que le syndic de propriété interdit le tapage diurne à partir de 6 heures du mat'*)

    Mais, tout ensommeillé qu'il était, il ne vit pas la longue traîne blonde tendue à ses pieds, et légèrement tremblotante (car BaF et Les zazous, qui, de l'autre côté, tirait sur la natte pour la tendre, n'en menaient pas large), et s'étala de tout son long (c'est dire !) [Ce faisant il perd 40PV. Pour votre information, il en a 500 - enfin 460, maintenant -, et c'est un Troll pas trop costaud...]
    Furibard, Dudule s'emporta :
    wwwwaaaoooOOOOOooaaauurgh (*Mais putain, il se passe quoi ce matin, on a vraiment décidé de me faire chier aujourd'hui, c'est pas possible*)

    Alors que Tippie entonnait à plein poumon, avec l'énergie du désespoir, l'Internationale (un standard ancien, qui venait du lointain Est, air qu'avait popularisé Vladilitch and the coco's band), que Mebzz grattait frénétiquement de folles embardées d'Eysydissy sur sa harpe, que Grautarin s'époumonait dans Heidi Heido à toute vitesse, que Messoda, à force de stimuli au postère asinien, manquait de se prendre une ruade de la pauvre Madonna (mais qui était d'une efficacité redoutable, au moins autant que Grautarin), et que Lelf hifi bandait son petit arc en tremblant (non sans avoir dûment vérifié, grâce à sa compétence et dans un réflexe assez étrange, que sa flèche ne renfermait pas de trucs magiques louches - notez que le contraire eût été étonnant), Dudule se releva péniblement, et dit :
    wwwaaaoooOOOouuaurhhhh (*Mais c'est quoi là ces glandus, non mais je rêve, attends voir je vais te me les farcir, moi*)
    Et il entreprit de se diriger, à pas lents et comptés, vers la bande de musicos, qui attendit que le Troll soit suffisamment éloigné de la porte, laissée grande ouverte, pour commencer à reculer sagement, tout en hurlant à qui mieux-mieux.
   
    C'est alors que BaF et Les zazous se relevèrent, vite rejointes par Anna, Axi et Bouboul, pour entrer en bravant vaillamment l'odeur épouvantable qui régnait dans la grande caverne. Ils furent agréablement surpris par la déco, somme toute assez coquette (il y avait une table de la surface du salon d'Anna, avec un joli napperon brodé, sur lequel était posé une marmite contenant un cerisier en fleur, et puis des reproductions de biches couchées dans des sous-bois automnaux sur les parois), mais il faut avouer qu'ils n'avaient pas trop le temps de visiter.
    De leur côté, Arbobo, Brendufat, Dosh, Majorette, Grautarin, Sev et Ardalia, se précipitèrent vers le Troll, sans trop savoir quoi faire, mais bien décidé à le faire quand même.

    Et...

Alors, qu'est-ce vous faisez ?



[Le petit mot du MJ :

    Bilan du Sescond Chaspitre :
1 PE pour Arbobo qui s'occupe bien de son âne, bon p'tit gars, ça ;
1 PE pour Ardalia, qui a bien assumé son rôle de chef ;
2 PC pour Tippie, je l'avais annoncé, faire remarquer les fautes d'orthographe devant tout le monde, c'est pas joli-joli ;
2 PC pour Bouboul, plus de deux propositions au MJ entre deux commentaires, j'avais prévenu ;
1 PE pour BaF, le Front de Libération de l'Homme et de la Femme Barbare, voilà une noble idée, et pis surtout ça m'a bien fait marrer ;
1 PC pour Sev, pasque l'ironie facile, ça va bien deux minutes, là, hein, avec les *à ras de terre* et gnagnagna ;
1 PE pour Clèm quenelf, pasque j'ai bien rigolé quand elle s'essaie à chanter l'internationale en même temps que de souffler dans le mélodica.

    >BaF : non, ta tresse n'est pas naturellement magique, il faudra la faire ensorceler par un mage si tu as un jour l'occasion - et les pèzes, probablement.

    Sinon, j'admire votre propension à émettre des suggestions, vous pratiquez la démocratie participative, c'est bien ; mais, autant pour les décisions de groupe, comme décider d'une stratégie collective par exemple, c'est effectivement bienvenue, autant n'oubliez pas que vous avez votre libre arbitre, et qu'il faudrait prendre des décisions fermes de temps en temps, quitte à se prendre un gadin. Ainsi, des fois, au lieu de dire «et si moi, je faisais ça, qu'est-ce que vous en pensez ?», osez dire «moi, je fais ça !», tant que ça entre dans la logique du groupe - ou pas, d'ailleurs, à vous de vous expliquer avec votre chef et vos coéquipiers après, ça ça me concerne pas...
    Là, par exemple, vous êtes en pleine panade, vous avez intérêt à prendre des initiatives, parce que le groupe est séparé, et le temps manque, donc pas de possibilité de prendre des décisions collectives - en sous-groupes à la rigueur, mais bon.
    Quel suspens, hein ? ]

*Oui, c'est du Desproges.
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16 janvier 2007 2 16 /01 /janvier /2007 00:45
    (Voir le Chaspitre Précésdent)

    Traînaillant des pieds, seule dans le salon, Mebzz aperçut le manuscrit qu'avait laissé traîné là Anna, toute occupée qu'elle était à rassasier ses hôtes morfales dans sa cuisine qui s'intéressaient plus à ses réserves de bière qu'au mystère qui venait de leur échoir.
    Elle prit le document, bailla, et fit : «pff, fastoche, encore le coup du jus de citron». Elle pris une des chandelles qui éclairait la pièce, et fit apparaître un texte écrit tout petit, indiquant la clé de déchiffrement du message.
    «Ben voilà, c't'ait pas compliqué, bon, voyons ce que ça donne... Mmmmh... - Merde à celui qui le lira -...  Pfff, comprend rien... Ouais, bon, ferais mieux d'aller me coucher, moi, chui crevéééée...»

    Quelques instants plus tard, Grautarin trouvait le message, et tout fier, le lut à toute la bande.
    «Ha ouais, fit immédiatement Sev, alors, on dirait qu'il faut chercher l'habitat d'Udule !
    - Bon faut se grouiller, là, affirma Bouboul, alors on va à la taverne, toi tu poses les questions, toi tu gardes la porte, toi tu prépares les affaires, toi tu récupères une cagnotte pour les pots-de-vin, toi tu...
    - Heuu et si on demandait à un cryptologue ? demanda Anna.

    - Un cryptologue, ça va pas non, s'écria Grautarin, va falloir encore raquer, à tous les coups !!
    - Bon, on cherche dans la forêt, alors ? demanda Anna.
    - Méheuuu, c'est dangereux dans la forêt, non ? s'inquiéta doucement Messoda.
    - Mouaiiis, la forêt je le sens pas trop là... dit Rififi.
    - Nan, c'est nul la forêt ! râla Grautarin.
    - Bon, je disais, faut chercher l'habitat d'Udule ! Hein ? Dites ? L'habitat d'Udule ! fit remarquer Sev.
    - Pfouuu, qu'est-ce que vous faites comme bruit, je comprends rien à ce que vous racontez, là, fit Mebzz sortant de son sommeil, de toute façon, si on se lance dans l'aventure, il faudrait prévoir des vivres au prorata des kilomètres parcourus ramenés à un pourcentage logarythmique qu'on calculera au moyen d'un graphe sur lequel on portera en abscisse...
    - Bon vous vous grouillez oui ou merde ! Faut qu'ça bouge là ! grogna Bouboul.
    - Oukélélabaston ? demanda ingénument Bendufat.
    - Bah bah bah, intervint Dosh, tout ça c'est du pipau, moi j'vous l'dis, ha ! Foi de Dosh !
    - Oui, tout ceci empeste le bas peuple à pleine nez, diantre, dit Axi de la Matellière, que nous faut-il à présent retrouver ce Udule à partir de ce torchon !
    - Ouais ben dis-donc, le richard là, t'avions pas à mépriser l'bas peuple, s'écria Arbobo, pasque le bas peuple tu sais ce qu'il te disions ?
    - Moi, j'dis, faut un chef ! s'exclama Ardalia
    - Ha ouais d'accord mais alors pas moi, fit Anna.
    - C'est quand qu'on tape ? demanda timidement BaF.
    - Ben faut voter hein, j'croyons bien, expliqua Ardalia, et pour qu'on vote, ben ch'crois qu'y faut s'présenter, alors, j'me présentions, par exemple !
    - L'HABITAT D'UDULE, merde !! La bite à Dudule, faut vous faire un dessin ? s'énerva Sev.

    Un silence poli s'ensuivit.

    Puis, on vota, et Axi, Bouboul, Arbobo, Dosh et Sev donnèrent leur voix pour Ardalia (ce qui donne 100% des suffrages exprimés, ce qui n'est pas trop mal comme score), les autres jouant au tarot dans un coin, et Mebzz s'étant rendormie.
    Tout alla ensuite assez vite.
    Le soir même, Clémence se proposa pour couper les cheveux d'Anna, afin de consoler celle-ci, et [Clémence utilise sa compétence coiffure niveau 1, roulement de dés...], aïe, loupa son coup [Anna, tu as pour l'instant la frange à droite plus basse qu'à gauche].

    De leur côté, Bouboul, Rififi, Axi, et Clémence qui les rejoignit, proposèrent aux habitants du village un spectacle comique qui eut un vif succès : Rififi, Axi et Clémence interprétèrent des standards d'Ayfil Ghoud, un troubadour bien d'chez eux, pendant que Bouboul effectuait une chorégraphie éblouissante, une main sur la nuque, l'autre sur le bas-ventre, en se déhanchant d'arrière en avant, et en émettant des sortes de glapissement. Cela fit beaucoup rire le public, mais Bouboul ne cessait de maugréer entre ses dents : «vous verrez, un jour, vous ne trouverez rien d'autre de plus sexy, bande de pignoufs !». [vous récoltez 12 pèzes dans le pot commun suite au spectacle]
    Rififi, profitant d'apercevoir Hans le facteur dans la foule, en profita pour se glisser à sa hauteur, pour discuter, mine de rien, en finissant par demander l'air de rien :
    «Ho, tiens au fait, t'aurais pas un certain... Udule, dans ta tournée, par hasard ?
    - Le Grand Dudule, tu veux dire ? répondit Hans.» Il éclata de rire.
    « Le jour où le Grand Dudule recevra du courrier, les vaches sauront tirer à l'arc !»
    Et, plié en deux sous les assauts désordonnés de son diaphragme, il s'éloigna, hilare, laissant Rififi l'observer, interdite et médusée.

    Les autres se rendirent à la taverne, et s'attablèrent pour boire un coup [2 pèzes le demi]. Anna et Arbobo prirent leur courage à deux mains (enfin, quatre, en fait), et se rendirent au bar, où ils entreprirent de cuisiner le patron, qui essuyait les verres derrière son comptoir.
    «Bon, fit Anna à l'oreille d'Arbobo, du tact, du doigté, de la finesse, on y va petit à petit, hein.
    - OK, lui répondit Arbobo. Hep, patron !
    - Ouais ?
    - Vous connaissez le grand Udule ?
    - Ouaaah, Arbobo, murmura Anna admirative, trop bien joué ! Punaise, t'es fort !
    - Udule..., fit le patron, les sourcils froncés. Vous voulez dire Dudule, le Grand Dudule ?
    - Heuuu... Ouais, c'est ça !
    - Et, heu... Qu'est-ce que vous lui voulez, au Grand Dudule ?
    - Heuuuu... On voudrait... le voir !
    - Vous voulez voir... Le Grand Dudule !» Le patron ouvrit grand ses yeux, l'air ahuri.
    « Ça va pas bien, non ?
    - Ha ! Heuuuu... et pourquoi ?
    - Vous savez pas qui c'est, hein... Vous voulez le voir, mais vous savez pas qui c'est, c'est ça ?
    - Heuuuu... Ben ouais...
    Le patron se pencha en avant, par dessus le comptoir, et dit d'une voix plus basse :
    « Si je vous dis : Troll, ça vous dit quelque chose ?
    - Heuuuu... Moui, enfin, heuu, ouais ouais, bien sûr, un Troll, ho là là, vous pensez bien...
    - Bon, écoutez, si je peux vous donner un conseil, oubliez le Grand Dudule, hein. Dans les tribus Trolls, là-bas, loin dans les montagnes, il arrive que les Trolls s'engueulent entre eux, voyez, pour des histoires de cailloux volés, voyez, ce genre de trucs de Troll, et alors, ils se tapent dessus, jusqu'à ce que le moins fort soit obligé de s'exiler, voyez, et nous dans la région de Glob on a hérité du Grand Dudule, et franchement, on s'en serait bien passé. Remarquez, hein, si on va pas le déranger, il embête personne, voyez, suffit d'éviter la zone dans laquelle il s'est installé, mais s'approcher, ça non, je vous le conseille pas, un Troll, ça fait du jonglage avec des vaches, si vous voyez ce que je veux dire. D'une seule main.
    - Ha, heuuuu... Mais il étions où, sinon, c'Dudule ?
    - Dites, vous avez compris ce que je viens de vous dire ?
    (Anna eut un éclair de génie et intervint)
    - Mais, c'est-à-dire, c'est pour un ami, qui n'a jamais vu de Troll, on voudrait lui montrer, pour son cadeau d'anniv', mais de loin, vous comprenez, ha ha, on n'est pas complètement fous non plus !
    - Mouais, bon, écoutez, c'est vous qui voyez, hein. À quinze kilomètres à l'Est de Poalodoix, environ, se trouve une carrière de pierre. Ben c'est là qu'il est, Dudule, et vous feriez bien de pas vous approcher.
    - Ha ouaiiis, trop cool, merci hein !»

    Le conciliabule qui suivit fut bref mais court. Malgré les protestations des Elfes et des gosses de riche, il fut décidé qu'on irait y voir, à la caverne à Dudule, pour voir comment ça se présente, au moins. «Parce qu'on n'est pas des tarlouzes d'Elfe» rajouta Brendufat, doublant ainsi Bouboul, qui resta la bouche ouverte, frustré dans son élan.
    Les Elfes se drapèrent dans leur dignité (ce qui n'était pas facile vu la coupe d'Anna, visible d'assez loin), et rendez-vous fut pris pour le lendemain, tôt.

    Le voyage se passa sans encombre, d'abord vers Poalodoix, puis, le lendemain, après une nuit dans la paille des fourrages d'un paysan parent par alliance de la cousine de la belle-mère du père de Dosh (la belle Dosh, en quelque sorte), vers l'Est (en récupérant au passage Tippie, une vieille copine d'Axi et de Messoda).
    Seules les récriminations énervées de Bouboul et de Grautarin («tu te magnes ?»), lorsque le groupe était contraint de s'arrêter pour attendre qu'Arbobo parvienne à faire repartir Madonna son âne, en alternant anathème et supplique à la manière d'une clé qu'on tourne pour faire démarrer une 2CV récalcitrante au moteur qui tousse, seules ces récriminations vinrent rompre la monotonie du voyage.
    Au terme d'une marche fatiguante [0PV en moins pour les Nains, 2PV en moins pour les Elfes et Guerrier(ère), 5PV en moins pour les autres], en tournant en rond pour tenter de trouver cette fichue carrière, il vint un moment où, enfin, ils tombèrent nez-à-nez avec une pancarte : «attention, Troll méchant».
    Avançant avec circonspection, ils arrivèrent au bord d'une pente légère, surplombant ainsi une vaste dépression face à eux, en forme de demi-cercle, et aux parois abruptes et rocailleuses, comme si un coup de pelle géant avait creusé la colline d'en face.
    Et, au milieu de la falaise, se distinguait clairement une large porte en bois, fermée, indiquant l'existence d'une entrée dans la falaise. À l'évidence, quelqu'un habitait là.
    Toute la petite troupe se mit instinctivement à l'abri derrière un gros rocher, de manière à pouvoir observer l'entrée de la caverne.

    «Hé dites, vous savez quoi ? fit Sev. On est juste devant l'habitat d'Udule !
    - L'habitat de Dudule, Sev, reprit Axi.»

    Axi se ratatina un peu quand il s'aperçut du drôle de regard que lui jetait Sev, et ne dit plus rien.

Alors, qu'est-ce vous faisez ?

[Le petit mot du MJ :
Bilan complémentaire du Presmier Chaspitre :
1PE pour arbobo pour le «ce Nain, ça pue ça pète, mais quelle énergie», qui m'a bien fait rire ;
2PC pour Bouboul pour avoir suspecté le Maître de Jeu (MJ) de roupiller, même si c'est vrai, ça se dit pas ;
2PE pour Ardalia, pour s'être fait élire chef (et pas de PC pour ton nombre de propositions, tu t'inquiétais, mais tu ne me proposes directement quelque chose qu'une seule fois entre deux de mes interventions, donc tout va bien) ;
1PE pour Sev, pour l'ineffable «l'habitat d'Udule» (je connaissais la bite à Urbain, de Tronchet, pour ma part) ;

Notes :
- Nous accueillons une nouvelle joueuse, Tippie, fille de riche (répudiée).
- Le premier changement de niveau de vos personnages s'effectuera à 20PE, votre personnage pourra alors évoluer.
- Arbobo apporte avec lui une ânesse au doux nom de Madonna, qui pourra porter des provisions ; de même, Dosh conduit un bœuf ; vous partez avec des provisions de base comportant une caisse de patate, et des tupperwares de pot-au-feu apportés par Ardalia, un tire-bouchon et deux paquets de chips apportés par Sev (détail sur les fiches de personnage) ; attention, à partir de maintenant, pour de l'équipement supplémentaire, il vous faudra l'acheter, ou le voler, ou le cueillir, etc...
- Votre pécule commun s'élève à 17(mise en commun d'1 pèze chacun) + 12(quète effectuée par the rififi's brass band) = 29 pèzes, pot commun dont Axi a la charge.
- Veuillez préciser dans vos comm le plus clairement possible à qui vous vous adressez, de manière à distinguer les suggestion faites entre joueurs et les propositions dont je doit tenir compte ; pour les débuts, je suis encore laxiste, mais au fur et à mesure je serai plus sévère, pour la bonne compréhension des fils (merci !) ; et je rappelle qu'entre deux de mes interventions, vous ne pouvez ne me faire que deux propositions.
- Quant aux PC, je tiens à ce que ça se passe comme au Rugby, c'est-à-dire qu'on ne conteste pas l'arbitre, sous peine d'aggraver séance tenante la sentence, tenez vous le pour dit, nonméalors !
- Ha, et ne vous battez pour être preum's ou pour faire des bons mots, ça ne vous rapportera pas forcément des PE à tous les coups, je précise.]
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11 janvier 2007 4 11 /01 /janvier /2007 22:20
    Il est six heures moins dix.
    Vous aviez prévu de partir à six heures, afin d'arriver, a priori, en jaugeant la durée du trajet à vue de nez, à dix-neuf heures.
    Donc, là, faut se changer vite fait, il reste plus que dix minutes, fini de glander, faut se grouiller, tout ça parce que ces crétins ces sympathiques commentateurs de votre blog postent à n'importe quelle heure, et puis que ces incapables ces blogueurs de Télérama ne sont pas foutus de poster avant six heures, bref.
    Donc vite, petit coup d'œil de vérification sur le planning au cas où (ça serait bête, hein), et puis hop le pantalon noir - opérationnel-, la chemise - ouf -, les chauss... Les chaussettes ?
    Put.. de b... de m..., où sont les chaussettes noires ?
    Saprelipopette de sa race !
    Seraient-elles au sale ?

    Elles y sont.

    Pas le choix.

    Dur métier que le spectacle.

    Le temps de chercher les chaussettes, il est 18h07, ça y est vous êtes à la bourre sur l'horaire prévu. Du coup vous foncez à marche forcée vers le métro avec le biniou dans la boîte, elle-même sur le dos, avec cette foutue lanière qui fait - groink, groink -.
    Et du coup, font chier les gens dans les escalators, dans les couloirs, mais poussez-vous merde ! C'est dans ces moments de rage (difficilement) contenue que vous aimeriez avoir quelque chose comme un artiste-pass, pour passer en priorité en criant «artiste, s'il vous plaît, priorité spectacle, merci !».
    Mais ces jours bénis semblent encore incertains. Donc, il vous faut vous taper la bande de mous qui marchent au ralenti, harassés par leur journée de boulot, alors que pour vous, elle commence tout juste...

    Fin du trajet de métro : il est sept heures moins le quart. Un quart d'heure d'avance sur l'horaire prévu, donc trois quarts d'heure avant le début du spectacle. Ça valait le coup de se speeder, tiens. Si ça se trouve, vous auriez eu le temps de trouver l'autre paire de chaussettes noires, qui existe bel et bien, si vos souvenirs sont bons.
    On se détend.
    On se décrispe.
    Premier petit titillement de l'ego : quand vous sortez de la bouche de métro, non, vous ne vous dirigez pas comme le commun des mortels vers l'entrée principal du public, ha ha, les gros nazes, mais bien au contraire vous allez à contresens pour vous rendre à l'entrée des artistes. La classe. Si seulement la lanière ne faisait pas - groink, groink - à chaque pas.
    Enfin, bon, on a la classe qu'on peut.
    Deuxième titillement de l'ego, mais que personne est là pour remarquer : vous sortez votre passe magnétique, bien réel celui-ci, pour entrer dans une des plus prestigieuses scènes internationales, telle une baleine échouée au ventre imposant, j'ai nommé : l'Opéra Bastille.
    Ta-ta-taaaan !
    Ça vous épate, hein ?

    Non ?
    Bref, passons.

    Là, c'est presque comme dans le métro, faut rentrer le passe dans une machine à passe, et il y a un portique qui s'ouvre, qui vous permet d'atteindre le premier dessous(1), juste dans l'antre de la bête.
    Le premier dessous, ce sont des kilomètres de couloirs indistinguables et perpendiculaires les uns aux autres, avec pleins de portes toutes pareilles, ouvrant sur des studios de travail, des loges (celles des figurants) ou des locaux techniques plus baroques et insolites les uns que les autres, tel le parc d'instruments qui laisse entrevoir derrière un sas une sorte de forêt de contrebasse, et tout ceci se situant exactement sous la scène. Ça laisse rêveur sur l'étendue de ladite scène, soit dit en passant.
    Nonchalamment, en habitué des lieux que vous êtes, car c'est de toute façon le genre de lieu dans lequel toute personne qui y pénètre devient de facto un habitué(2), vous vous rendez dans la loge des musiciens pour y poser votre barda, loge qui, bizarrement, donc, se situe au même rez-de-chaussée que celles des figurants.
    No comment.

    Salut rapide aux collègues, signature de la feuille de présence, puis vous errez dans les couloirs uniformes pour tenter de rejoindre la machine à boisson qui vous délivrera un Coca énergisant, lequel prodiguera à vos neurones la caféine et le sucre nécessaires à la concentration extrême et l'effort intellectuel intense qui vous attend (on ne rie pas), et, ce faisant, vous adressez mentalement un petit coup de chapeau au Petit Poucet qui avait quand même trouvé un  truc sacrément bien utile.
    À 19 heures pile, une voix omnisciente, omniprésente, orwellienne pour tout dire, retentit dans les couloirs, les salles, les toilettes, partout, impossible d'y échapper : «mesdames-messieurs les artistes, il est 19 heures, le spectacle est dans 30 minutes, le spectacle est dans 30 minutes, ceci est le premier appel».
    Bon, donc c'est pas encore, tranquille Émile, vous sirotez votre Coca en tournant en rond à la recherche de la salle dans laquelle vous avez déposé votre instrument (c'était pourtant bien par là que vous étiez passé à l'aller ?).

    Puis, tel Stallone s'équipant avant d'affronter les Viets, vous préparez le matos : on tend l'archet, un peu de collophane, on vérifie les vis du coussins, on accorde le bazar, et vous êtes prêt pour l'assaut. La Voix de Dieu s'adresse de nouveau à ses créatures : «mesdames-messieurs les artistes, il est 19 heures 15, le spectacle est dans 15 minutes, spectacle dans 15 minutes, ceci est le deuxième appel».
    Si vous aviez lambiné davantage, vous auriez de nouveau entendu l'Ineffable : «mesdames-messieurs les musiciens, en fosse s'il vous plaît, spectacle dans 5 minutes, ceci est le dernier appel, ceci est le dernier appel», et bien que la moindre once de tension soit totalement absente dans le ton employé uniformément affable du genre voix SNCF, si vous entendez cet appel et que vous êtes encore à la machine à Coca, ça craint clairement du boudin.

    Direction la fosse. Pas aux lions : aux singes savants.
    En effet, après le petit escalier et le sas qui sert aux techniciens, vous débarquez donc dans la fosse, c'est-à-dire l'espace aménagé devant la scène et en contrebas, afin d'accueillir l'orchestre ; or, ça semble fasciner le public, qui vient se pencher à la rambarde avec les enfants pour leur montrer du doigt ces drôles de spécimens rares, qui, pour l'immense majorité de la population, ne sont visibles que dans les plans de coupe de la StarAc, sorte de documentaires animaliers, en quelque sorte.
    Il ne manque que le panneau : «ne pas jeter de cacahuètes aux musiciens».
    Vous regagnez votre place en slalomant entre les chaises et pupitres, et vous vous asseyez sur votre siège, et là en général c'est rigolo, parce que ce sont des sièges spéciaux pour musiciens d'opéra, qui en théorie, sont des sièges ultra-chiadés, mais qui en pratique s'enfonce sous votre poids pour remonter comme un yoyo, on croirait un jeu de chez Eurodisney. Mais bon, chiadé, quand même : le dossier est réglable en hauteur, le siège est également réglable en hauteur, mais aussi d'avant en arrière, et aussi inclinable vers l'avant avec réglage laser guidé par GPS. Bon, je me moque, mais avec ces sièges, vous pouvez restez assis des heure durant et endurer les pires merdouilles d'opérette possibles sans avoir l'impression de subir la torture dite "du banc d'église".
    Une fois tous les paramètres optimisés, vous pouvez enfin faire quelques notes et vérifier les passages délicats de ce qui vous attend, avec plus ou moins la conscience d'une soudaine convergence de doigts parentaux sur votre personne. Bref, la représentation a déjà commencé.
    Ensuite tout s'enchaîne très vite : le temps d'échanger quelques propos essentiels sur le concept d'animalité dans la pensée de Jankélévitch avec votre collègue, le noir se fait dans la salle, seule subsiste la petite loupiote de votre pupitre, puis un monsieur Loyal vient dire qu'il faut éteindre les portables de merde, le Chef déboule dans la fosse, on se lève, applaudissements (et les applaudissements d'un public aussi nombreux, c'est assez impressionnant, un peu comme un rouleau de l'Océan qu'on se prendrait en pleine poire, voyez), on se rassoie. À cette occasion, certain(e)s font encore du yoyo sur leur siège.
    Et là, c'est parti pour des heures d'éblouissements, de légèreté, de rêve, de magie, de tourbillons ensorceleurs au charme irrésistible.

    Bon, pas vraiment en fait, parce que la partition vous la connaissez déjà par cœur vu le nombre de répétitions préalables, donc il en résulte de larges plages d'ennui discret en pilotage automatique. Mais chtt, gardez ça pour vous, hein, déconnez pas, ne brisez pas le mythe.
    Entre les actes, vous aurez droit à vingt minutes de pause, égrenées par le retour de la Voix du Tout-Puissant, pendant lesquelles vous avez tout juste le temps de vous ressourcer en Coca, afin de juguler la faim qui commence à sérieusement vous tenailler, alors qu'il va falloir patienter jusqu'à des 23h30 de retour chez vous.
   
    Le truc chiant, c'est que de tous les gens présents dans la salle, vous et vos collègues êtes finalement les seuls à ne jamais rien voir du spectacle, puisque vous êtes situés en contrebas de la scène, et en plus vous lui tournez le dos. Même le plus obscur des accessoiristes peut au moins assister à la réalisation concrète de ses heures d'effort ; vous, non. Et vous saurez jamais. À part peut-être entrevoir un bras qui passe ou un visage souriant à la dérobée par dessus votre épaule, lors de mesures à compter.

    Bon, et puis ça finit par finir à un moment donné, parce qu'il faut bien que ça finisse un jour, le rideau tombe en même temps que l'accord triomphal de fin, puis c'est le raz-de-marée des applaudissements en délire qui déferle, avec tout le cérémonial des saluts, et puis quand le Chef déboule sur la scène, vous vous levez et applaudissez à votre tour ceux de la scène, bref, tout le monde s'applaudit dans l'amour et dans la joie, c'est beau.
    Quand tout le monde a fini par se lasser de taper des mains, vous regagnez votre antre, en suivant vos collègues en file indienne. On range le biniou, on ferme la boîte, mais ce n'est que partie remise, au prochain numéro.
   
    Et l'artiste solitaire rentre chez lui, dans les rues désertes, seul dans ce monde hostile, encore empli des émotions qu'il a communiqué à tant de gens qui, grâce à lui, sont un peu plus heureux ce soir, et ont partagé un peu de rêve, un peu d'humanité, pauvre artiste fragile qui se doit, chaque soir, d'effectuer ce don christique, en sachant que nulle reconnaissance ne lui sera donnée en retour, anonyme parmi la foule (vous pouvez vous mouchez maintenant).
    Oui, il rentre seul, avec sa lanière qui fait - groink, groink -.


(1) Non, ce n'est pas la culotte.
(2)«ouaiiiiiis, j'travaiiille à l'Opéraaaa, tu voiiiiis, mouaiiiis, c'est sympaaa, ça vaaa»
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