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13 mai 2008 2 13 /05 /mai /2008 00:58
Taratatam !!!
Dzing boum !!!
Accourez !!!

Jeudi 15 mai 20h00
Giraud : Concerto pour basson et orchestre
Mozart : Concerto pour piano n°27
Schubert : Symphonie n°4 «Tragique»
Jean-François Heisser, direction et piano
Régis Roy, basson 



Jean-François Heisser, c'est du solide, du sérieux, du bon, du costaud, de l'imperturbable, du sûr.
Bref, un grand, quoi.

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6 mai 2008 2 06 /05 /mai /2008 12:44

Arbobo s'interrogeait récemment sur les opportunités de rencontre entre le monde classique et le monde pop/rock. Malgré son savoir infini et sa sagesse insondable, il lui aura échappé cette merveilleuse trouvaille de Klari, qui ne pourra que convaincre même les plus rétifs d'entre vous que Beethoven est décidément très actuel, et que ça bouge un max. Montez le son, dégagez-vous suffisamment d'espace libre, et lâchez la 5e symphonie de Ludwig :



free music


Il existe cette seconde proposition, toutefois moins travaillée et donc moins directement Beethovenienne :





(Walter Murphy - a Fifth of Beethoven, utilisée dans Saturday Night Fever ;
Mambomania - Dame Cinco, tiré
de Serial Dancer)

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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 12:01

Paris est indubitablement une terre de contraste. La preuve par l'image.

D'un côté de la Seine, vous avez ça :






















































 

C'était donc le côté Neuilly.

Oui, le célèbre Neuilly sur Seine, cette banlieue chaude qui a été courageusement défendue, dans la difficulté que présente la gestion d'un ghetto qu'une étincelle peut embraser à tout moment, par notre cher Nicolas S.

Et là, vous faites demi-tour sur vous-même, et paf, vous tombez sur ça, c'est-à-dire sur cette espèce de jungle de verre, de béton et d'acier qu'est la Défense :
















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30 avril 2008 3 30 /04 /avril /2008 13:02

Vous avez toujours rêvé de tout savoir sur la musique sans avoir jamais osé le demander ? Vous avez toujours été frustré de ne pas savoir ce que voulait dire un "affretando", un "tempo frettoloso", un "ausdruckvoll" ou une "crotchet" ?

Vous vous êtes souvent demandé ce qu'était la notation franconienne, vous espériez trouver un tableau des gruppeto et mordants baroques, ou d'enfin éclaircir ces histoires de diapente et de diatessaron ?

Si, si, ne niez pas, ne faites pas votre timidou, là, dites-le : vous en rêviez.


Hé bien, sachez qu'il existe un bouquin, du genre épais, qui contient tout cela, et plus encore : La Théorie de la Musique, de Claude Abromont et Eugène de Montalembert, (Fayard, Henry Lemoine(1)).

Outre la théorie musicale telle qu'on peut l'apprendre aujourd'hui au conservatoire, on y apprend l'origine du mot "gamme", la signification des notations grégoriennes, l'évolution de la notation rythmique au cours des âges, le chiffrage des accords, ou l'histoire des tempéraments ; on a même droit à un aperçu du fonctionnement du jazz, du système indien, arabe, et même mésopotamien (ben quoi, les mésopotamiens ont peut-être un nom ridicule, ils avaient bien le droit de faire de la musique).


Il faut toutefois avouer que ce livre a les défauts de ses qualités : il est forcément très synthétique, chacun de ses chapitres pourraient être l'occasion d'un volume à part entière. De plus, certaines notions, étudiées au pas de charge, restent ardues à décrypter pour le débutant (je pense aux chiffrages d'accord, ça fait un peu bouquin de mathématiques ; sans préparation, et sans être guidé pas à pas, on a l'impression de lire un dialecte de basse-sibérie orientale du XVème siècle).

Il convient donc d'avoir quelques notions musicales de base pour se plonger utilement dans certains chapitres ; pour le musicien pratiquant, il est par contre idéal de bout en bout.


Mais voilà : l'auteur a bien fait les choses, et a ajouté à sa Théorie de la Musique pour les grands, un Abrégé de la théorie de la musique, fournie avec un cédérom, qui permet, apparemment, d'apprendre pas à pas les bases de la musique, avec cet avantage certain par rapport au livre : celui de pouvoir entendre de quoi on parle !

De cette manière, tout béotien curieux qui, au lieu d'avoir envie d'apprendre l'italien ou le russe avec la méthode Assimil, voudrait apprendre la langue musicale, aurait certainement bénéfice à se procurer cet ouvrage. Je dis certainement, car si j'ai effectivement parcouru la Théorie, je ne connais pas l'Abrégé, mais puisque c'est du même auteur, j'ose extrapoler sur la qualité de ce deuxième ouvrage (qui n'en est encore qu'au volume 1, apparemment).


Franchement, moi je vous dis ça vaut le coup, rien que pour vous la péter en diner mondain, en sortant, l'air blasé, mine de rien : «l'accord de Tristan, une enharmonie d'un sept-cinq barré ? Ha ha, mais laissez-moi rire, c'est bien plutôt une sixte augmentée en la mineur, voyons, mon ami, soyons sérieux...».

Si après ça, c'est pas le méga respect, je veux bien manger du fenouil cru pendant un an à chaque repas.



(1)Édition excellente en général pour ce qui est des ouvrages sur la musique.

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24 avril 2008 4 24 /04 /avril /2008 13:11

Youpi c'est le printemps

Comme une fois par an

C'est la joie chez les gens

Du bonheur plein les dents

Les oiseaux chantent contents

Les fleurs renaissent autant

Ça fait plaisir ce temps

Ça fait plaisir dedans

Parce qu'il fait beau.


Dzac Bawère - 7ans, avril 2008


Tous droits réservés - La reproduction de tout ou partie de ce texte sur un support quel qu'il soit est formellement interdite sauf autorisation expresse de l'auteur.

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21 avril 2008 1 21 /04 /avril /2008 13:04

Je traduis : Jacquot est le plus fort.


Jacques Derrida est un philosophe français, né en 1930 et mort en 2004, et en gros, il est plus ou moins décrit, en général, comme un des plus grands penseurs de la fin du 20ème siècle, pour faire court. Voyez le genre.


En fait, pour tout vous avouer, Jacquot, j'ai pas tout-tout compris. Par exemple, des phrases ou expressions comme : «la date est une crypte et elle est cryptée, c'est-à-dire qu'elle se donne et se retirant et se retire en se donnant», ou «l'essence sans essence de l'écriture littéraire», ont tendance à me laisser perplexe, sans voix, la bouche béante et l'œil bovin.

Mais je crois avoir quand même pigé des trucs, pasque j'ai beau être altiste, j'ai quand même deux-trois neurones en état de marche. Ça fait peu, je sais, mais on survit très bien, et avec l'habitude, on arrive à faire des tas de choses, comme par exemple, ouvrir un pot de Nutella, ou faire du thé (waw !). Cela dit, ça reste un peu ras du gazon, donc si parmi vous certains peuvent/veulent apporter quelques éclairages, ils sont les bienvenus.


Alors, donc.

Derrida.

Waw.

Hahem.

(J'ai soudain horriblement conscience de l'énormité de l'outrecuidance qu'il peut y avoir à écrire, comme ça, l'air de rien, «je vais vous parler de Derrida». Mon Dieu, pardonnez mon arrogance, je serai sage et gentil, je mangerai pas trop de Nutella, ayez pitié.)


Bref.


Alors donc, le grand truc de Jacquot, c'est la déconstruction. La déconstruction en philosophie, c'est un peu comme le fulguro-point pour Goldorak, c'est l'arme absolue. Rien ne résiste à la déconstruction.

Par la déconstruction, il s'agit de se sortir des paradigmes habituels de la philosophie, en interrogeant les textes de manière inédite.


Car Jacquot fait ressortir avec force cette chose essentielle, qui est qu'un texte contient toujours plusieurs strates : au-delà du sens premier de ce qui est dit, il y a plusieurs intentionnalités possibles, conscientes ou non, aussi bien dans l'esprit du scripteur que du lecteur.

Déjà, un même mot possède des résonances différentes selon celui qui le reçoit : pour les uns, "oiseaux" renverra à quelque chose de l'ordre du moineau tout mignon, pour d'autres ça renverra à un film, pour d'autres à des pigeons qui chient partout, pour d'autres à un aigle majestueux, etc...

Par conséquent, un texte échappe à son auteur dans le sens où deux personnes différentes liront différemment ce même texte, malgré toute la bonne volonté de l'auteur en question.

Plus encore, un texte est toujours susceptible de dire plus que ce que le sens premier de ce texte offre au premier abord. Ainsi, il est possible qu'un texte puisse contenir en arrière-plan des éléments implicites qui ruinent ce qui est dit au premier-plan de manière explicite.


Pour vous donner idée, et parce que ça m'y a fait très vite penser, je ferai référence à ce que je disais de Michel Onfray dans cet article.

Ce que dit Michel Onfray au premier abord, comme sens premier du texte, c'est : «foin de considération judéo-chrétienne culpabilisante sur le corps et le plaisir dans la séparation de l'âme et du corps, récupérons notre corporéité et jouissons et nous serons heureux».

Mais si on interroge le texte plus avant, on aperçoit :

1/ Le texte se dit philosophique et cherche à argumenter, donc s'inscrit dans une pensée intellectualisante, donc loin de toute corporéité ; penser de manière intellectuelle la corporéité à travers un texte, c'est, de fait, immanquablement perpétuer une séparation âme-corps ;

2/ Le texte montre surtout Michel Onfray lui-même comme un surhomme qui a tout compris au bonheur ;

3/ Indice révélateur : la haine de la psychanalyse exprimée par Onfray ;

4/ Enfin, Onfray ne cesse de faire référence au judéo-christianisme pour construire, en opposition, ou en creux, sa propre pensée - de fait il reste englobé dans la même problématique alors même qu'il affirme vouloir en sortir.


En conséquence, on voit comment le texte d'Onfray contient en lui-même sa propre contradiction, ses propres éléments qui viennent perturber, une fois qu'on en a pris conscience, le sens premier de ce qui est raconté.

Le même phénomène est aussi à rapprocher de ce que je pouvais raconter à propos de l'écriture d'un blog : au-delà du propos flagrant et prééminent d'un blog, qu'est-ce qui est dit, qu'est-ce qui est voulu, inconsciemment ou consciemment ?


Bon, évidemment, avec Onfray, le truc est assez facile, mais Jacquot fait la même chose avec Platon, Rousseau, Levi-Strauss ou Heidegger, ce qui est carrément une autre paire de manches, mais ça c'est parce que Derrida is the boss, je vous l'avais bien dit.


Jacquot conteste l'idée, pourtant ancrée dans la pensée occidentale, que l'écriture d'un texte ne soit que l'actualisation de l'intention d'un auteur, c'est-à-dire que «l'auteur, identique au signataire, sait ce qu'il veut dire et comprend ce qu'il dit». Au contraire, il y a un écart irréductible entre la signification et l'intention de signification (relisez lentement).

D'ailleurs, un auteur n'est jamais "seul" quand il écrit, écrivant "sa" pensée : sont présents aussi, virtuellement, tous ceux qui ont contribué à formaliser l'idée dans la tête de l'auteur - les autres textes que lui-même a lu, par exemple, que ce soit pour les valider ou les rejeter, pour imiter leur style ou pour s'en démarquer, etc... Par exemple, je n'écris pas le texte que vous êtes en train de lire tout seul (enfin, bien entendu, je tape tout seul sur mon clavier, concrètement, mais je parle là des idées que je met en forme), puisque il y a, au minimum, Derrida lui-même qui est derrière tout ça.


«Pour que l'écriture soit possible, il faut qu'elle puisse être reconnue dans un contexte et que sa signification puisse être reçue : c'est le devenir "code" de l'écriture. Mais elle devient impossible si elle ne peut pas être reçue dans plus d'un contexte.

Le signe ou la marque d'écriture est inscrit dans le contexte où il est émis mais il ne lui appartient pas, il ne s'y réduit pas ; dès lors, il le déborde, et n'est possible que s'il peut, en sa structure même, traverser plus d'un contexte (Derrida, Limited Inc., Galilée, 1990).

L'écriture n'est donc pas le moyen de communication d'un message signifié et identique à lui-même, mais elle se communique en altérant chaque fois sa signification, à chacune de ses répétitions dans un contexte différent (...) Ce qui est dit, communiqué, ne se réduit par conséquent jamais au "vouloir-dire" du sujet de l'énonciation, car le signe excède toujours l'intention qui l'a émis et qu'il transporte.».


Ainsi, à l'opposé de ces conceptions, un philosophe des lumières comme Étienne Bonnot de Condillac(1) explique :

«si les hommes écrivent, c'est :

1/ parce qu'ils ont à communiquer ;

2/ parce que ce qu'ils ont à communiquer, c'est leurs "pensées", leurs "idées", leurs représentations. La pensée représentative précède et commande la communication qui transporte "l'idée", le contenu signifié ;

3/ parce que les hommes sont déjà en état de communiquer leurs pensées quand, de manière continue, ils inventent un moyen de communication qu'est l'écriture.

Les thèses de Condillac établissent une hiérarchie et une chronologie qui vont de la pensée à la communication, puis de la communication à l'écriture.

En effet, selon Condillac la pensée est première, elle est pure, idéelle, et advient sans support matériel (...) L'écriture permet ainsi le transport d'un message, mais elle ne doit pas pouvoir affecter ou transformer ce qu'elle transporte».


Jacquot montre donc que ce schéma n'est pas concevable, et que, dans la lignée des idées de Condillac, la philosophie occidentale dans son ensemble pense l'écriture comme une simple adjonction technique à la présence du sens propre dans la parole, et que cette vision des choses induit une métaphysique (conception d'ensemble de la vie, recherche du sens de l'existence, principes premiers), métaphysique persistante même chez ceux qui ont prétendu la dépasser (comme Heidegger, si j'ai bien compris).

Cette métaphysique est la métaphysique de la présence de la conscience en soi, de la présence du sujet conscient, de la présence de la réalité, de la présence de l'événement.


C'est parce que cette métaphysique privilégie la présence à soi qu'elle valorise la parole vivante sur l'écriture, écriture qui ne serait qu'un supplément technique pour consigner cette parole et qui lui serait donc subordonnée ; c'est pour cette raison que Jacquot insiste tant sur une conception du texte "déconstruit", c'est-à-dire vu comme en plusieurs dimensions, plusieurs significations imbriquées, de la plus évidente et explicite aux plus cachées et implicites, de manière à renverser le jugement de valeur entre parole vivante et écriture, ce qui, à terme, déjoue cette fameuse métaphysique de la présence à soi.

Jacquot montre (ne me demandez pas encore comment, faudrait relire et digérer la chose pour être clair, et déjà que...) que c'est cette même métaphysique qui provoque les conceptions dualistes Vrai/Faux, raison/folie, bien/mal, nature/culture, rationnel/irrationnel, présence/absence, parole/écriture, authenticité/artifice, masculin/féminin, etc., couples dans lesquels il y a un des éléments dévalorisé par rapport à l'autre, vu comme un parasite de l'autre (je vous laisse découvrir lesquels).

Là où Jacquot est très fort, c'est qu'il ne cherche pas à nier ces oppositions, ni à dire qu'elles sont forcément sans objet, mais cherche plutôt d'une part à ôter toute hiérarchie, d'autre part à inscrire ces oppositions dans un champ plus vaste qui les englobe. C'est dire si Jacquot est très très intelligent.


Il en vient aussi à montrer que tout discours, même un discours rationnel, est d'essence théologique et religieux (dans un sens large), Foi et Savoir ayant les mêmes sources : l'indemne, le saint, le sacré, le pur, le sain, le propre, d'une part, et la confiance, la croyance, le crédit d'autre part (du coup, même l'athéisme est religieux - si si, faites pas cette tête).

Il dit que la pré-existence de la possibilité du langage en nous induit l'idée de Dieu (dans un sens du divin très élargi) de manière irrémédiable, mais là j'avoue que j'ai pas suffisamment pigé pour aller plus avant dans l'explication - cela dit, ça a l'air solide, vous imaginez bien.


Il développe également l'idée que la pensée ne peut avoir lieu que sous la menace de la folie - la pensée est la hantise de la folie (plutôt qu'une simple "non-folie", en opposition dualiste, comme le voudrait les idées cartésiennes).


Enfin, ce qui n'est pas très étonnant pour quelqu'un qui chercher tant à penser l'être comme pluriel et dépassant une simple conscience présente à soi, comme le présuppose toute la métaphysique occidentale, Jacquot s'est intéressé de près à la psychanalyse et aux travaux de Freud.

Il y a en effet une certaine proximité entre la déconstruction de Derrida et la psychanalyse freudienne, qui remettent toutes deux en question le primat de la présence pleine de la conscience, si bien que certains ont pu parler de "psychanalyse de la philosophie" à propos des travaux de Jacquot.

Jacquot a même discuté de certaines limites dans la pensée de Freud, à propos des principes de plaisir, principe de réalité et pulsion de mort, mais nous jetterons là un voile pudique sur des ébats intellectuels inconvenants et dissolus, voire vicieux.


Ce que je retiens de tout ça, personnellement (et si c'est réducteur du travail de Derrida - et en fait, ça l'est forcément -, tant pis, j'assume, je fais mon petit bout de chemin à moi, et je vous le propose comme piste de réflexion au cas où), c'est cette affirmation forte (et solidement argumentée) de la subjectivité, du travail de l'inconscient, de la relativité de toute raison (ce qui n'exclut pas que la raison existe) et de toute vérité (ce qui n'exclut pas qu'il y ait des vérités), etc..., de manière à la fois très ouverte et radicale.

Vous me direz que, dit comme ça, ça paraît plutôt évident, pas besoin d'en faire un tel fromage avec tout plein de formulations compliquées rien que pour faire son intéressant ; peut-être.

Mais je n'ai pas l'impression que ça paraisse si évident que ça, à, pour prendre un exemple comme ça au hasard, tous ces bataillons d'économistes et de politiques qui soutiennent mordicus et sans rire que la loi du marché est aussi prégnante que la loi de la gravitation, et que l'économie est une science, et que du coup c'est comme ça et pas autrement si vous en chiez au quotidien, circulez y'a rien à voir.

Écoutez la radio, et pensez un peu à Derrida : sa pensée érode, dissout, désagrège et rend dérisoire la quasi-totalité du flux incessant des discours dans l'air du temps.

 


Billet écrit après lecture de : Jacques Derrida, une introduction, Marc Goldschmit, collection Agora, Pocket Découverte, 2003. (toutes les citations en sont issues).


(1)Alors même que Condillac se dit "sensualiste" en opposition avec le rationalisme de Descartes (notion des idées innées)...

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16 avril 2008 3 16 /04 /avril /2008 13:39

Dormez tranquilles, citoyens.

La Technologie, le Progrès et le Capitalisme, la Raison triomphante en somme, veillent sur vous et vous assurent un avenir radieux.

Youpi.


Il est frappant de constater que quand une poignée de faucheurs saccagent un champ de plants OGM, nombreux sont ceux qui crient au scandale et dénoncent un «lobby» anti-OGM puissant.

Ce qui est frappant, c'est cette manière de détourner les mots pour les vider de leur substance et les retourner contre l'adversaire, à savoir de ne pas dire «militants», mais : «lobby». Un lobby, c'est un «groupement, organisation ou association défendant des intérêts financiers, politiques ou professionnels, en exerçant des pressions sur les milieux parlementaires ou des milieux influents, notamment les organes de presse.»

Or les faucheurs d'OGM ne défendent pas un intérêt en soi, mais cherchent plutôt à dénoncer et à avertir d'une réalité dont on aurait aucun écho sinon, dans l'esprit des lanceurs d'alerteécouter ici également).

À la rigueur, l'intérêt, si intérêt il y a, serait plutôt l'intérêt de l'Humanité.


Si vous voulez voir un lobby, un vrai, avec des intérêts, des vrais, allez donc plutôt voir du côté de Monsanto.


Quand le gouverneur d'un état américain a voulu lancer un référendum pour interroger ses concitoyens sur l'opportunité d'étiqueter les produits alimentaires contenant des OGM, les sondages montraient une forte majorité en accord avec cette proposition, tant il est vrai que les opinions publiques en général sont contre les OGM dans l'alimentation. Alors, Monsanto, qui sait pertinemment qu'un étiquetage des OGM serait un manque à gagner énorme, voire la ruine des OGM alimentaires à court terme, a organisé une campagne «citoyenne», visant à appuyer l'argument selon lequel un étiquetage spécifique provoquerait l'augmentation du coût des produits. Résultat : le référendum a finalement validé l'avis de non-étiquetage des produits.

Voilà véritablement ce qu'est un lobby.


D'anciens chercheurs ou cadres de Monsanto siègent dans des comités scientifiques officiels, en commençant par la Food and Drug Administration américaine (lire ici) - ce qui explique de nombreuses autorisations de mise sur le marché sans tenir compte d'inquiétudes réelles mises à jour dans des études mystérieusement passées sous silence.

Les politiques sont sous pression : récemment, un sénateur français qui a voulu, après avoir décortiqué les dossiers, affirmer haut et fort qu'il ne fallait pas autoriser les OGM alimentaires, et ce, pourtant, dans la ligne directe du fameux Grenelle de l'environnement, est maintenant ostracisé par nombre de ses collègues qui ne lui serrent plus la main et l'évitent dans les couloirs.

Bien sûr, c'est invisible ; cela ne passe pas au journal de 20 heures, comme les faucheurs d'OGM. Mais qui, au fond, fait le plus de dégâts ? Et dans quel camp se situe l'éthique ?


Car il ne faut pas s'y tromper : les OGM étudiés à des fins scientifiques et médicales sont une minorité infime (et encore balbutiante) comparés, en proportion, aux OGM développés à des fins agricoles et productivistes.

Et, si on met de côté les discours scientistes qui voudraient absolument présenter toute critique et inquiétude comme réactionnaire et rétrograde, ainsi que la propagande propre à Monsanto et affiliés (qui est d'ailleurs, justement, en grande partie à l'origine des discours scientistes), il ne reste que des études qui montrent que toutes les précautions sont de mise avec les OGM agricoles, tant parce qu'ils risquent, cultivés en plein champ, de bouleverser l'écosystème, que parce qu'ils présentent d'inquiétants problèmes pour la santé humaine une fois ingérés.


Les précautions devraient être immédiates et draconiennes, ne serait-ce que parce que personne ne maîtrise réellement quoi que ce soit en matière d'OGM. Sur le papier et en laboratoire, on sait ajouter un transgène, c'est bien ; mais en plein champ, et sur la durée, personne ne sait ce que ça donne au bout du compte.

Témoin l'exemple du «riz doré». Censé donner un image de respectabilité humaniste à Monsanto, ce riz génétiquement modifié devait être capable de produire du bêta-carotène, ou vitamine A (ce qui le rend orangé, d'où son surnom) ; or, comme le riz est facile à cultiver, il aurait été un excellent pourvoyeur de bêta-carotène à des populations mal-nourries et présentant notamment des déficiences en bêta-carotène. Le seul problème, c'est qu'une fois cultivé en situation réelle, le bêta-carotène produit dans ce riz s'est mis à n'être réduit qu'à des proportions insignifiantes.

Du coton OGM cultivé en Inde s'est révélé finalement totalement improductif, ce qui a mené récemment à une vague de suicide chez les paysans qui avaient tout perdu.

De la même manière, nombreux sont les exemples d'études indépendantes montrant que les transgènes peuvent se mêler à la flore intestinale (pour quel résultat sur la santé à long terme ?), que des disfonctionnements pouvaient intervenir chez des rats nourris à certains OGM, etc...

On sait également que des races de papillons ont d'ores-et déjà disparues, que les abeilles souffrent de culture OGM, pour au moins une raison simple : les OGM agricoles produits en immense majorité sont des plants destinés à soit produire eux-mêmes des pesticides, soit à mieux résister aux herbicides (comme le Roundup produit par... Monsanto).


Ce qui est ahurissant, au bout du compte, c'est de mettre côte à côte deux considérations :

- La première, c'est le fait qu'on sait cultiver à des rendements tout à fait honorables en se passant (ou en utilisant a minima) des pesticides, des herbicides, ou de tout autre technique artificielle et chimique.

(Pour donner un exemple simple que nous ont expliqué des vignerons indépendants du Jura rencontrés ce week-end, il suffirait d'organiser des rotations de culture, en alternant maïs/blé/orge etc... sur un même champ, comme autrefois, pour que l'utilisation de pesticide soit très réduit. En effet, actuellement, un même champ est cultivé année après année avec la même espèce - que du maïs par exemple, le résultat étant que les parasites spécifiques de l'espèce peuvent développer année après année des résistances aux produits, ce qui oblige à employer, petit à petit, des produits de plus en plus forts en dose de plus en plus fortes, donc de plus en plus nocifs - on a alors beau jeu de présenter les OGM agricoles comme une belle alternative. Car en alternant les cultures, une même espèce ne revenant par exemple que tous les quatre ans, les parasites spécifiques n'ont pas le temps de développer des résistances.)


- La seconde considération, c'est de constater le cynisme sans borne d'une firme comme Monsanto, qui, par soucis de profits, ne tient aucun compte de l'impact possible ou avéré des ses productions, ainsi que de constater les portes grandes ouvertes que le système capitaliste libéral offre à de tels agissements, à commencer, en France, par le parlement (censé être les représentants du peuple, peuple pourtant majoritairement opposé à l'utilisation des OGM alimentaires), main dans la main avec la FNSEA, quitte à renier sans vergogne les beaux engagement du «Grenelle de l'environnement», qui s'avère avoir été somme toute une bonne plaisanterie.


D'un côté, des moyens simples, faisables, humains.

De l'autre, une puissance financière vorace, quel qu'en soit le coût humain, et des instances politiques et syndicales qui, tout en chantant officiellement les louanges de la recherche scientifique et du progrès pour se donner une belle figure de respectabilité raisonnable, n'ont qu'une hâte : rendre l'agriculture encore plus productive qu'elle ne l'est déjà.


Il faudra pourtant bien, un jour, se rappeler et tenir compte de l'appel de Paris, et de son sévère avertissement, co-signé, en particulier, par tous les conseils nationaux de l'ordre des médecins des États membres de l'Union européenne :


Article 1 :

Le développement de nombreuses maladies actuelles est consécutif à la dégradation de l'environnement .

Article 2 :

La pollution chimique constitue une menace grave pour l'enfant et pour la survie de l'Homme.

Article 3 :

Notre santé, celle de nos enfants et celle des générations futures étant en péril, c'est l'espèce humaine qui est elle-même en danger.




À lire :


Le monde selon Monsanto, à acquérir absolument pour se rendre compte de ce que sont Monsanto et l'enjeu des OGM alimentaires actuels.


La catastrophe exemplaire des cultures OGM en Argentine


La désinvolture des évaluations scientifiques officielles des OGM alimentaires


Sur le risque de contamination des OGM dans l'écosystème

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3 avril 2008 4 03 /04 /avril /2008 20:17

L'historiographie officielle de la philosophie, voire même de la culture occidentale dans son ensemble, n'a eu de cesse de transformer les concepts fondamentaux forgés par les grands penseurs et les mythes premiers inventés par les grands artistes, afin d'adapter ceux-ci a l'air du temps et aux intérêts des puissants. Si. C'est bien connu.


C'est tout à fait honteux, scandaleux, et je crois qu'il est enfin temps de rétablir certaines vérités, qui, bien qu'encore partielles, ouvrent sur un jour nouveau et totalement renouvelé vers la compréhension enfin révélée des grands textes fondateurs.

Ho, bien sûr, je sais bien que vous n'allez pas me croire, c'est toujours pareil, on préfère s'en tenir à des petites vérités bidouillées et étroites mais qui rassurent, plutôt que de remettre en question son petit univers bien rangé et formaté. Ça rassure. Mais je m'en fous, ha ha ha, bientôt le monde entier saura, et là vous rigolerez moins.


Car j'ai récupéré de précieux documents que je m'apprête à révéler à la communauté scientifique, et qui m'ont permis de retrouver la trace de la vraie vérité sur l'histoire de la pensée occidentale, documents trouvés dans les fouilles de la crypte oubliée d'un temple sacré de l'ancienne Ougarit, en Syrie, et je vous dis pas comme j'ai risqué ma vie et tout, Indiana Jones c'est de la bibine à côté, vous me croyez vous me croyez pas, ça vous regarde, moi j'ai encore des écorchures aux genoux et une ampoule au majeur droit, alors moi je sais bien ce que j'ai enduré, alors toc.

Je suis donc en mesure de révéler au monde ébahi qu'une doctrine fondamentale, base et matrice de toute la pensée occidentale passée et à venir, a été bannie et effacée consciencieusement de tous les ouvrages érudits, et ce mouvement de pensée radical, sans concession mais pourtant fulgurant d'intelligence, est : l'altisme.


L'altisme a, semble-t-il, fortement dérangé l'establishment judéo-chrétien (et le judéo-christianisme, c'est caca, tout le monde le sait), qui s'est empressé d'effacer toute trace de ce courant spéculatif essentiel, pourtant issu des Celtes, qui eux-mêmes l'auraient hérité des Chinois, qui eux-mêmes l'auraient hérité des Esquimaux, qui eux-même l'auraient hérité des Mésopotamiens (ne me demandez pas comment), qui eux-même l'auraient hérité d'une branche spécifique d'homo altensis, chaînon manquant encore obscur entre l'homo sapiens et l'homo sapiens neanderthalensis.


À la fois cette sagesse multi-millénaire, ainsi que les raisons qui ont poussé l'Église judéo-chrétienne (caca) à l'éradiquer, sautent alors aux yeux de concert. Preuve également que l'alto, instrument mythique et originel, a existé depuis la nuit des temps, ce qui remet totalement en question l'histoire de la musique telle qu'on nous l'enseigne, mais à ce niveau ce n'est plus qu'un détail.

Pourtant, tout est dans l'altisme et l'altisme est dans tout : le platonisme, l'épicurisme, l'heideggerisme, le cartésianisme, le christianisme, le judaïsme, le bouddhisme, le saturnisme(1), le j'm'en foutisme, le nutellisme, le patatisme (doctrine fondée par Parmentier), tout, quoi.


Voici une liste (non exhaustive, je travaille à retrouver d'autres sources) d'ouvrages ou de concepts dans leur titre ou énoncé d'origine, et vous comprendrez alors l'ampleur de ce qui nous a été caché. Il est enfin temps de sortir la Vérité de l'ombre :

 

  • L'altisme est un humanisme, L'alto et le néant (J-P Sartre - «l'enfer, c'est les altos»)

  • «On ne naît pas altiste, on le devient» (Simone de Beauvoir)
  • Le mythe de la fosse d'orchestre (Platon)

  • Discours de la méthode (d'alto) - «Je joue de l'alto donc je suis» (alto ergo sum - Descartes)

  • «L'alto a ses raisons que le chef d'orchestre ignore» (Blaise Pascal)

  • Le Mythe du bon altiste (J-J. Rousseau)

  • Alte diem (Horace)

  • Critique de l'alto pur (Kant)

  • «Je ne suis pas d'accord avec ce que vous jouez, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous puissiez jouer faux» (Voltaire)

  • «L'alto n'est qu'une branloire pérenne» (Montaigne, Essais, Livre III, chapitre II, «Du repentir»)

  • l'Altique (Spinoza)

  • La phénoménaltologie (Edmund Husserl)

  • Ainsi jouait Zarathoustra (F. Nietzsche)

  • Philosophiae Naturalis Principia Mathemaltica (Isaac Newton)

  • Dialogue sur les deux grands systèmes d'alto («et pourtant, il tourne !»(2) - Galiléo Galiléi)

  • E=alto2 (de la relativité de la justesse de l'alto, de sa vitesse limite indépassable, de la dualité onde/corpuscule de l'altiste - Albert Einstein)

  • Beaucoup de bruit pour rien (pamphlet contre le violon de William Shakespeare)

  • L'altiste malgré lui (Molière)

  • L'alto enchanté (W.A. Mozart)

  • Le vieil homme et l'alto (Ernest Hemingway)

  • Les altos se cachent pour mourir (Colleen McCullough)

  • Les altos de la colère (John Steinbeck)

  • Alto et châtiment (Fedor Dostoïevski)

  • À l'ombre des jeunes altistes en fleur (Marcel Proust)

  • Un altiste du monde flottant (Kazuo Ishiguro)

  • Altistes et barbares (Gore Vidal)

  • Portrait de l'altiste en jeune homme (James Joyce)

  • Lettres à un jeune altiste (Rainer Maria Rilke)

  • Les Souffrances du jeune altiste (Goethe)

  • Alto mon amour (Marguerite Duras)

  • J'irais cracher sur vos altos, l'Alto à Pékin (Boris Vian)

  • "Tu me fends l'alto" (Marcel Pagnol)

  • Le petit alto (St-Exupéry)

  • Vingt mille altos sous les mers, Voyage au centre de l'alto, l'alto des Carpathes (Jules Verne)

  • Le seigneur des altos (J.R.R Tolkien)

  • Tant va l'alto à l'eau qu'à la fin il nous les brise (pop.)

  • Rien ne sert de courir, il faut partir à point (trad.)

  • Le Da Alti Code (Dan Brown)

  • On a marché sur l'alto, L'alto cassé (Hergé)

  • Dark Altor, Oboe-Wan Kenobi, Halto Solo, Chewbalalaïka, la princesse Leia Organum, Flute Skywalker, Z6-Piccolo, 3/2-2/2, Jabba le Luth (Georges Lucas)

  • Les Altistochats, Blanche-Neige et les sept altistes, Merlin l'altiste (Walt Disney)


(1) doctrine de Saturnin le canard, sans doute ;
(2) "tourner" dans le sens : Tourner la tête. Étourdir, griser. Tourner la tête, la cervelle à qqn. Inspirer à quelqu'un des pensées extravagantes, hors du sens commun.


(Idée originale et participation active de Klari)

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26 mars 2008 3 26 /03 /mars /2008 13:50

Cet homme se nomme Dudley Moore.


Sa mission ?

Inventer ce qu'aurait fait Beethoven du thème du pont de la rivière Kwai.

Si.



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24 mars 2008 1 24 /03 /mars /2008 23:32
On se bouge, on se mobilise !
 
 

 
Jeudi 27 Mars 20h00
Salle Gaveau

Reibel : chants sauvages
Robert Schumann : concerto pour piano
Joseph Haydn : symphonie n°101 «l'Horloge»

 Vladimir Sverdlov, piano/Arie van Beek, direction


Une bonne petite symphonie de Haydn, quand c'est dirigé par un chef de la classe de van Beek (si tant est qu'on soit à la hauteur de ce qu'il demande), ça vous rafraîchit les oreilles et vous remet tympans, enclumes, cochlées et autres marteaux en place !

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