Dans la série : les grandes histoires de tonton Djac ;
Dans la série : les anecdotes de l'été qu'on savoure en sirotant son coktail pour pas trop se faire mal à la tête quand le propos est de se la vider - la tête (le coktail aussi, d'ailleurs), puisque c'est l'été ;
Dans la série : ces petits riens artisanaux qui rendent finalement la musique classique tellement attachante ;
Dans la série : qu'est-ce que vont pas encore inventer ces types de la musique classique pour que ça coûte cher tout en se rendant ridicule ;
Bref, prenons une minute pour observer un instrument d'une ampleur exceptionnelle, j'ai nommé : le marteau.
Et on va préciser, parce que vous verrez quand même très rarement un marteau sur scène : le marteau dans le finale de la sixième symphonie de Mahler.
Mais quand je dis marteau, attention, pas le marteau de chez le Bricorama du coin, hein, pas le petit truc tout ridicule pour planter des petits clous dans des petites planches ou des petits murs et qui fait des petits "toc, toc, toc", ouh là là, vous n'y êtes pas du tout, je parle d'un MARTEAU, qui fait "SCHTOC !!!!!!!!". Voyez.
Je parle du marteau qu'on brandit carrément à deux mains, le truc carrément moyen-âgeux, ce qui n'est pas sans nous donner des techniques différentes et fort plaisantes à observer selon le percussionniste qui hérite de ce qui est sans doute le couronnement de sa carrière (encore que je subodore plutôt qu'on laisse ça aux stagiaires, ou au petit nouveau en guise de bizutage).
Parce que, non seulement le bidule est pas simple à manœuvrer, en soi, mais encore il faut bien imaginer qu'en concert, dès lors que vous vous préparez à frapper, des milliers d'yeux se fixent soudainement sur vous, soit parce que, ne connaissant pas l'œuvre, ils se demandent "mais qu'eeeest-ce que c'est que ce truc", soit parce que ce sont des malhériens patentés qui attendent le coup de marteau avec impatience depuis qu'ils ont réservés leur billet ; et évidemment, il ne s'agit pas de faire "PAF" au pif, le coup de marteau doit être coordonné avec le tempo de la musique, naturellement.
Et sans compter l'impression intime de ridicule qu'il peut y avoir à brandir un marteau en costume queue-de-pie ; il vaut mieux avoir un solide sens de l'auto-dérision et un certain goût de la scène (d'autant qu'il y a trois coup de marteau à donner dans le finale de cette symphonie).
Voilà donc ce que ça donne :
Admirons le travail de préparation et de concentration :
Il semblerait toutefois, que certains percussionistes, loin de se retrouver dans l'embarras, savourent le plaisir qu'il y a à faire trembler toute la scène (avec en prime dans le second extrait, les fameuses quatre cymbales en même temps, dans la même partition) :
D'autres, plus bricoleurs, finissent par trouver des solutions innovantes :
D'autre, enfin, finissent par carrément péter les plombs :
Et si je vous dis aussi qu'il y a des cloches de vaches dans la même symphonie, je vois pas ce que je pourrais faire de plus pour que vous brûliez d'impatience d'aller l'écouter en concert !
Ouiii, bon, d'aucuns pourraient vous parler du tragique désespoir que dépeint Mahler dans cette œuvre, on pourrait vous narrer la puissance évocatrice extraordinaire de cette musique aussi bien dans les moments de rage, de lyrisme intense ou de douceur féérique, tout ça, bon, ok : mais, quand même, le marteau c'est rigolo.

Djac Baweur 16/11/2011
phc 16/11/2011
rififi 16/11/2011
Bren du fat ! 09/12/2011
ziegler 17/12/2011