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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 14:34
    Quittons un instant et à regret les rivages sereins et merveilleux de la Musique et abordons quelque peu les sujets qui fâchent.

    Ainsi donc, les plus inattentifs d'entre vous l'auront remarqué, nous en sommes en plein milieu de cette période si exaltante que constitue la campagne des élections présidentielle de notre beau pays.
    C'est la démocratie, nous ne vivons pas sous la coupe d'un système totalitaire, réjouissons-nous en. Certes.

    Mais on en fait quoi, de cette démocratie ? C'est quoi, les sujets abordés dans cette campagne ? De quoi on parle ?
    On nous parle de scores d'audience, de sondages, chaque jour, le journaliste ne manquant de faire remarquer «ce ne sont que des chiffres provisoires, bien sûr» (1).
    On nous parle de qui va s'allier avec qui, qui serait ministre au cas où machin serait élu, qui soutient qui, qui a dit quoi comme petite phrase, quel posture médiatique prend bidule, comment truc a réagi.
    On nous parle, quand même, de temps en temps, du programme des candidats, en prenant soigneusement soin de rester au niveau de promesses de chouettes cadeaux comme brandis par autant de pères Noël.
    On nous parle de Duhamel évincé, on se scandalise, on glose, on discute sur ce qui entoure ce qui entoure ce qui entoure la campagne.
    On nous parle, un peu, quand même, des sans-logis, mais que parce que des gens courageux mènent des actions engagées et se battent pour qu'on voit ce qu'on voudrait cacher ; hélas, au regard de la campagne sur toute sa longueur, une anecdote ;  et puis ça donne toujours bonne conscience, on a parlé des SDF, ouf, on est des gens biens.

    Voilà, tout ça, c'est bien gentil.

    En attendant, les problèmes de fond courent toujours. Par problème de fond, j'entends, problèmes VITAUX.
    Sans que ça semble défriser le moins du monde tout le staff politico-médiatico-parisiano-plein-de-trucs-en-«o».
    Un exemple ?
    Les pesticides.

    Ho, ben oui, comme ça, évidemment de prime abord, ça fait rigoler, ça fait un peu plouc, à côté de tout ces questionnements sérieux sur les sondages (primordial) et ces discussions sur les alliances et mésalliances (fondamental).
    Sauf que, les pesticides, c'est un cas d'espèce, un exemple de la manière dont tourne le monde que certains ont bien voulu mettre en place (suivez mon regard), les mêmes qui sont actuellement en campagne : voici donc de grandes industries chimiques qui génèrent des profits énormes sous la houlette d'actionnaires confortables, et qui font un travail de lobbying forcené en plaçant des «experts» dans les plus hautes institutions, pesant sur toutes les décisions des États et de l'Europe qui ne mouftent pas (ou si peu), tout cela pour vendre à tout prix (le meilleur si possible) leurs produits.
    Et ces produits, à bases de molécules conçues pour tuer du vivant, donc des molécules plutôt actives, dans le genre, empoisonnent tout notre environnement.
    On retrouve des pesticides dans le lait maternel, dans les eaux de source, dans l'air de nos maisons. Cancers, maladies dégénératives du cerveau, stérilité, déséquilibres inquiétants du milieu naturel.
    Il y a vingt ans, affirmer que ces produits pouvaient être dangereux faisaient rigoler tout le monde : «alarmistes», «vous voulez juste faire peur aux gens», et surtout : «des preuves, des preuves, il n'y a aucune preuve !».
    Années après années, les preuves s'accumulent, les faits sont relevés, les données s'amassent.
    Jusqu'à l'appel de Paris, réquisitoire implacable annonçant l'Humanité en danger, énoncé non par de doux écolos défenseurs des zoulis zoiseaux et des pauv'bébés pingouins, non par des farfelus doux-dingues ou de furieux agitateurs, mais des chercheurs, des personnalités, des médecins, des gens qui ont du poids, et qui rigolent pas, mais alors, pas du tout.
    Les pesticides sont une partie du problème : c'est la production industrielle dans son ensemble qui est mise sur la sellette. Et forcément, de facto, le fonctionnement profond de nos sociétés.
    Or, ce genre de sujets sont la plupart du temps entendus comme coupés de la politique, vous remarquerez : il y aurait la politique d'un côté, et puis de l'autre divers sujets de société, dont, par exemple, les pollutions industrielles.
    Comme si le libre marché capitaliste n'avait rien à voir là-dedans ; comme si les marges des actionnaires permise par des lois de déréglementation n'y étaient pour rien ; comme si le commerce de masse pouvait s'en laver les mains.

    Pourquoi je vous parle de ça, tout d'un coup ? Pour la sortie prochaine de ce livre : pesticides, révélations sur un scandale français, de Fabrice Nicolino et François Veillerette, eux-mêmes entendus ce matin même sur France Inter.

    Et puis parce que je trouve ahurissant que de tels sujets fondamentaux, qui concernent directement le genre de société que l'on voudrait se donner et l'avenir de l'espèce humaine, soit totalement absents des doctes questionnements actuels sur la campagne présidentielle.
    Qu'une certaine classe de la société, enfermée dans son problème quotidien de savoir comment s'en sortir jour après jour, et dont l'environnement direct est squatté par TF1, Nike et MacDo, ne pose pas ce genre de question, c'est compréhensible.
    Mais que la plupart des journalistes, des militants, des cadres des partis politiques, des intellectuels, des personnalités (2), et en général tout un milieu plus aise et cultivé, ne s'en préoccupent visiblement pas plus que ça et n'interpellent pas les dirigeants politiques actuels et futurs de manière forte, je trouve cela simplement ahurissant.

    A - hu - ris - sant.
 

(1)Noooooon, sans déconner ? Alors pourquoi ça fait ta «une», banane ?
(2) Y'a eu Nicolas Hulot, et puis maintenant ?

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commentaires

Djac Baweur 03/03/2007 19:41

>pas avant 7 heures : haaaa, c'était donc un piège, un test !!! Hoooo, mais c'est pas joli-joli ça !! ;o)

pas avant 7 heures 01/03/2007 21:57

Djac,Merci de la longue réponse : mon commentaire provocateur avit jsutement pour but de lancer la polémique.Je suis complétement d'accord avec tout tu dis et dans ton post et dans ta réponse. Quand on pense écologie, il faut tou de suite élargir la rfelxion pour trouver d'autres modèles économiques, d'autres modèles sociaux ... etc...Un détail : je connais un peu la recherch scienitfique (c'ets une part de mon boulot) : les OGM moi ça me térifie ...Quant aux exploitants agricoles que je connais et que je citais plus haut : i' m'agacent;, mais i'm'agacent .... que s'en est même pas imaginable. (en plus i' roulent en 4x4!!!!)Enfin, pour teminer sur une note (sic) plus agréable : Une chose me rassure, une de mes gamines, pas la violoniste, la pianiste, se désole chaque fois que l'on prend la voiture et dit 'la terre est malade, il faut pas continuer " ... et ce n'est même pas nous, enfin je crois, qui lui avons insufflé l'idée.

Djac Baweur 01/03/2007 16:40

>Cactus : enchanter Tine ?

>pas avant 7 heures : ben entre les pesticides et les OGM, y'a pas grande différence.
d'abord, il n' y a pas d'études qui montre d'effets sur la santé des OGM, pour la raison qu'on manque totalement de recul, t que des études sérieuses ne sont pas mises en route. Il y a forte suspicion cependant, car les recherches sur les macro-molécules non digérées par le système digestif et toutefois laissées passer dans le corps par ledit système (parce que ces molécules artificielles, n'ont pas été prises en compte par la sélection naturelle, celle-ci évoluant nettement moins vite que les modifications agricoles) semblent montrer que ces macro-molécules veinnent perturber le fonctionnement normal des cellules du corps, permettant ainsi la survenue de cancer (alors qu'une cellule cancéreuse, phénomène banal, est normalement éliminée par des mécanismes naturels).
Or ces composés macro-moléculaires sont déjà présents dans la plupart des variétés de céréales, par exemple, puisque ces variétés sont issues de sélections agronomiques depuis longtemps, ce qui revient, de fait, à faire des OGM de manière indirecte.
Mais un OGM sera destiné à produire spécifiquement des macro-molécules, dont on ne sait rien sur l'effet à long terme dans des mécanismes complexes et multi-factoriels, sinon que c'est fort suspect en l'état actuel des connaissance (en fait, des miennes aussi... ;o) )

D'autre part, l'utilisation d'OGM ne signifie pas qu'on abandonne les pesticides pour autant (les firmes genre Monsanto produise les deux types de produits...). De plus, l'objet des OGM est que la plante produit elle-même son pesticide interne. Donc, on ne fait que déplacer le problème...

Pour la faisabilité d'exploitation agricole avec des méthodes sans pesticides, je te renvoie au numéro de "l'écologiste" de ce trimestre, dont c'est précisément le sujet du dossier central. Nombreux sont les agriculteurs, qui passant d'un système à l'autre, sont fort surpris...
donc, il y a effectivement d'autres alternatives aux pesticides ET aux OGM, simplement elles sont noyées par les poids des lobbies et des habitudes prises depuis quelques dizaines d'années.

Enfin, tu parles des questions écologiques, comme faisant partie d'autres question diverses. Le problème, c'est la question écologique, non seulement devrait être centrale parce qu'elle concerne un danger vital fondamental, mais encore n'est pas un problème comme un autre, en ce sens qu'il questionne TOUTE la société dans son fonctionnement, à petite échelle comme à grande échelle. Dès qu'on se pose des questions sur l'écologie, on tombe sur le questionnement du capitalisme tel qu'il marche (sur la tête) actuellement, sur la faim dans le monde, l'accès à l'eau, les voies d développements des pays pauvres etc...
Ce n'est donc pas une question comme une autre, c'est une question profonde, et, me semble-t-il, prioritaire.
Certes, on aurait tous du mal à renoncer à certains conforts pour satisfaire à un ode de vie plus écologique. Mais en fait, y'a-t-il seulement suffisamment de recherches effectues pour résoudre ces problèmes, de préoccupation par les politiques ?
les firmes se dépêchent de mettre un produit sur le marché, sans que quiconque se soucie des problèmes que cela peut poser ; si seulement l'innovation de produit en questions était couplée avec une recherche pour déterminer comment traiter le recyclage du produit, ou comment le fabriquer de manière à être écologiquement acceptable; on pourrait profiter de ce produit sans être pollueur. Si on mettait seulement les mêmes fonds pour des recherche techniques sur des moteurs propres que ceux qui ont été investi pour mettre au point les voitures à essence, par exemple...
Bref, beaucoup de choses seraient possibles, si on prenait juste un peu de temps, qu'on y consacrait des moyens, et que le but ne soit pas de faire la course à la consommation, mais d'accepter d'attendre pour un nouveau produit qu'on sache le produire ou le traiter de manière écologique.

>Pimprenlle : on est d'accord.
:o)

>Anna : bon, ce serait un vaste débat, mais l'existence de petits potentats locaux et le fonctionnement des grands partis qui trustent tout aussi bien les élections locales me laissent très sceptiques quant à un avenir du aux élections locales.
Je ne vois que les mouvements citoyens, dans une période récente, qui aient réussi à interpeller les consciences et faire bouger les choses, et je crois pour ma part que c'est plutôt là l'avenir : l'expression citoyenne contraignant le politique à se remuer.

cactus aime le mot dit 28/02/2007 12:12

J'ai trouvé : je sens du pot comme d'autres des pieds : allez , un peu de talc talc et tout reviendra très vite dans le désordre ! :-)
bises dégloch'idées.

cactus devenu transparent (?) 27/02/2007 22:19

L'apolitique ici aussi !  trop de politocs à TICS à mon  humble avis : écoutons plutôt TA belle musique car celle qu'il ou elle nous préparent pour demain risque d'en faire déchanter plus d'un(e) ! ( relire Le Chien , ce beau poème oublié ) ; vivement le lendemain du premier tour : comme dab on ne réalisera qu'alors qu'on s'est fait avoir une fois de plus par les sondes'âges incontinentes comme dab , logique Djac , non ?
continue à nous enchanter tel le merle,hein ?
amitiés cactées .

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