Ayé !
Je l'ai retrouvé !
Je ne vous ferai pas le détail des basses et odieuses manœuvres qu'il m'a fallu consentir pour obtenir le précieux document, mais ouf, l'essentiel est là.
Voici donc le premier mouvement du Vol des Oiseaux. Après le troisième, je sais. Je vous merde.
Profitons-en plutôt pour mettre en branle le côté droit de notre encéphale (il n'attend que ça, le petit coquin).
Je m'explique : constatant que peu d'entre vous ose tenter d'exprimer leur ressenti à l'écoute d'une musique dite «classique», que ce soit par exemple pour Stravinsky, les
musiques de la Renaissance ou pour ma mienne composition, je me dis que, sans doute, on peut y déceler là, au moins en partie, le résultat de l'effet contraignant de toute une éducation scolaire
primant l'analyse et la compréhension intellectuelle, et tenant pour négligeable, ou ne sachant traiter, l'imaginaire et l'émotion.
Ajouté à cela d'autres raisons, entre autres sa confiscation par les classes bourgeoises, la musique dite classique apparaît alors à beaucoup comme une sorte de relique sacrée
mystérieuse, qu'il faut garder à distance avec effacement et circonspection, et qu'on détache et qu'on distingue de tout ressenti personnel, parce que certain au fond de soi d'être fatalement dans
l'erreur - quelle horreur ! - parce que n'y connaissant rien et gnagnagna.
Au lieu de quoi il faudrait découvrir qu'en soi est tapi suffisamment d'imaginaire pour être déclenché par la musique, et qu'en cela des trésors subtils dorment cachés au
fond de nos caves encéphalliques, qui ne demandent qu'à s'exprimer.
Alors que je faisais part de mon désarroi à ce propos à une des hautes autorités culturelles et intellectuelles de ce pays, celle-ci me répondit : «hé oui, on néglige notre
cerveau droit».
Alors, ami(e)s lecteurs(trices), entraînons dès aujourd'hui nos cerveaux droits, retrouvons sans honte un peu de spontanéité enfantine, et auscultons un peu ce que l'on ressent
en écoutant des musiques différentes du ron-ron quotidien qui peuple les radios et télévisions françaises, en dépassant la seule appréciation du «ça bouge bien», qui, si elle est certes agréable et
non négligeable, n'est malgré tout pas l'alpha et l'oméga de l'art musical, tant il est vrai que l'imagination humaine englobe un spectre bien plus large de gammes d'émotions possibles.
Je propose donc ce premier exercice d'entraînement du bulbe dextre, en vous invitant à explorer, puis exprimer, sans honte ni tabous, ce que la chose suivante fait réagir en
vous, en positif comme en négatif, allez allez, zou, faites pas les timidous :
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