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18 octobre 2006 3 18 /10 /octobre /2006 20:45
     Avant, je me disais qu'internet, c'était rien de plus qu'un machin hype et fashion, un capharnaüm informatique à la mode, juste pour faire branché (au propre comme au figuré).
    Avant, je me disais qu'internet, c'était de l'inutile en pagaille, de la frivolité post-moderne pour désœuvrés sans passions en mal d'ego, un bordel futile et dérisoire, dans lequel on fouillait des heures, hypnotisé par l'écran, pour trouver des réponses vaines à des questions vaines qu'on n'aurait jamais eu l'idée de se poser sinon, avec l'impression grisante et illusoire de participer à l'évolution en marche, au nom de Saint-Progrès et de Sainte-Communication.
    Du temps perdu à visionner des sites tous plus moches et illisibles les uns que les autres, sur des sujets aussi fondamentaux que la pisciculture arboricole en Patagonie méridionale, ou les magnifiques photos de figurines en plâtre de l'atelier poterie de 1993 de la MJC de St Cucule en Artois, en passant par la vie trépidante de Vanessa, 16 ans et demi, qui en a trop marre de la vie et des parents qui comprennent rien et des garçons qui comprennent encore moins que rien et qui nous livre ses poèmes super romantiques plein de petits papillons et de pensées philosophiques aussi profondes et définitives qu'une flaque d'eau et d'un gnangnan que seuls dépassent peut-être les costumes de patinage artistique, et sans oublier les sites essentiels des fans de Vanessa Demouy, de David Trézéguet et des voitures de sport italiennes.
    Bref, que de l'indispensable. Du lourd, du passionnant, du primordial de première nécessité, dont on se dit que ça vaut bien de se ruiner en matériel informatique haut de gamme et en abonnement à des opérateurs qui vous livrent des choses-box ne se comportant qu'en fonction de l'âge du capitaine et du sens du vent (et encore, avec du bol. En terme de hasard, il y a pire).

    C'est dire si l'envie de me connecter à la grande toile me taraudait.
    Mes contacts avec le web se limitaient à prendre des billets SNCF (ce qu'on faisait déjà très bien avec l'antique minitel, si ça vous rappelle vaguement quelque chose), et à tester, un jour, comme n'importe quel individu de sexe masculin et hétérosexuel, si si, soyez pas hypocrites les gars, ce que donnait un site porno (et il faut bien dire que ça donne quelque chose de relativement hideux, au point de donner presque envie de fuir et de se réfugier dans un monastère en déplorant amèrement que la chair puisse devenir aussi triste, livres lus ou pas).

    Alors, je sens poindre les questions fatidiques en vos esprits vigilants : mais zalors, qu'est-ce que c'est que ce blog, sinon un site internet, poil aux coucougnettes ? Et puis, espèce de graine d'élitiste, non mais dis-donc, pourquoi ton site à toi il serait plus valable qu'un autre, mmmh ?

    Hé bien, c'est qu'un jour, sous mes doigts ébahis et mon regard fébrile, ou l'inverse, Il m'est apparu, Il s'est révélé, Il m'a parlé et m'a sauvé du néant qui m'accaparait et rendait ma vie fade et stagnante.

    Qui, Il ?

    Je veux parler du site Télérama (*haaa-lé-luïa !*).
    Merci, Télérama (*haaa-lé-luïa !*).
    Grâce éternelle te soit rendue, ô Astre brillant au firmament de l'âme humaine.*

    Ayant reçu une connexion internet en anniversaire, dans le but ultime plus ou moins avoué d'en glaner les annonces de concours difficilement collectables autrement, je me suis retrouvé face à mon écran et à une énigme. Cette petite boîte noire, connectée à l'ordinateur d'une part et au monde entier de l'autre, via une simple prise fichée dans le mur, m'appelait d'une voix invisible et m'incitait irrésistiblement à cliquer tout partout, pour, quand même, y jeter un œil et constater.
    Comment dire ce qui s'est passé à ce moment là ?
    Mes doigts, comme mus par une force extérieure dépassant ma volonté, se sont alors agités d'eux-mêmes, et je me suis vu, dans un état de semi-conscience et de fébrilité anormale, taper malgré moi le mot «Télérama» (*haaa-lé-luïa !*) dans la zone de recherche Gogole.
    Peut-être la présence de cet hebdomadaire chez mes parents depuis ma tendre enfance y est-elle pour quelque chose.
    Peut-être pas.
    Il est des mystères que l'on préfère garder intacts pour ne pas en briser la magie.

    Toujours est-il que j'ai fini par atterrir sur ce site de haute tenue et de grande classe, et, là, parmi les critiques cinémas et des forums, entre deux articles dont la clairvoyance le disputait à la rigueur du style, je L'ai aperçu, ce sigle étrange et provoquant : «blogTV» !

    «TV», je savais ce que c'était, mais «blog» ?
    Quelle contrée audacieuse et insoupçonnée allais-je fouler de mes clics ?
    Timidement, le rouge aux joues, j'entrais dans cet espace inouï avec ce même sentiment exaltant que ressent un enfant lorsque il a l'impression d'avoir enfin accès à une parcelle du monde des grands.
    Hasard ou nécessité ? Ce jour de 31 octobre, le post quotidien parlait de la série 24 heures chrono.
    Où ai-je trouvé la force, le courage et l'audace ?
    J'ai écrit mon premier commentaire de ma vie.
    Signé : Jacques Baweure.
    Ce geste allait boulversifier mon existence à tout jamais (je m'interromps deux minutes d'écrire, pour laisser passer quelques salves de sanglots)...

    - Sniiarffllch. (Ha oui, quand je renifle, je renifle, je fais pas semblant) -

    Bref, une légende était née.
    Mon nom (ou mon pseudo ? Je ne sais plus, je ne sais pas, parfois la réalité s'effrite et mes vies se confondent) entrait dans l'Histoire.
    Plusieurs mois plus tard, assailli par les suppliques et les objurgations de mes milliers de fans des cinq continents, j'ai fini par créer ce blog internationalement reconnu comme une référence incontournable de la blogosphère.

    Quoi, quoi, je me la pète ?

    Oui, bon, ça va.

    Et puis, vous avez remarqué, je ne réponds pas à la deuxième question posée un plus haut. Et je n'y répondrai pas.
    Oui oui, par pure lâcheté, c'est bien ça.

    Ce qui est certain, c'est que c'est bel et bien par internet que, comportement extravagant et saugrenu de ma part au vu de mon passif scientifique (soi-disant) je me suis mis à écrire, et que, pour la première fois de ma vie (au bac, ma seule note au-dessous de la moyenne, c'est l'écrit de français), je me suis rendu compte que cela pouvait intéresser des gens.
    Et en parlant de gens, j'en ai rencontré, et des chouettes. Des gens que j'aurai jamais connu autrement, et de manière originale, par l'échange écrit.
    Et c'est passionnant et chaleureux.

    S'il se trouve ne serait-ce qu'un seul petit pourcentage dans l'énorme base de données du web qui puisse offrir des rencontres enthousiasmantes et des échanges palpitants, finalement ça vaut déjà le coup, non ?


* Non, je ne suis pas actionnaire du Monde. Non, mon papa ne travaille pas à Télérama. Non, je ne cherche pas à me faire embaucher. Cherchez pas. C'est spirituel, vous pouvez pas comprendre.

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commentaires

Thomas B. 26/10/2006 21:21

oui, j'avais vu que les liens étaient tout bizarre, c'est que je voulais dire dans le commentaire n°34 mais je l'ai pas bien écriten tous cas, Djac, je peux vous apprendre à faire des \\\ quand vous voulez ;-)et puis tiens, comme je suis sur Firefox, je retente pour le plaisir un coup d'HTML, avec un gros mot en rose barré na.

Djac Baweur 26/10/2006 13:05

Waa comme y s'la pèèèèète le Thomas !!!
;o)
Bon, et puis vos liens, là, ils marchent pas, ça envoie sur un serveur inconnu (localhost).
Et les /// dans l'autre sens, c'est que quand robot fâché, lui toujours faire ainsi.

OH, et puis pas besoin d'HTML pour revenir faire un saut dans le coin, hein !

(Opéra 9, n'impoooorte quoi. Firefox mon vieux, enfin quoi !)

Thomas B. 26/10/2006 12:55

Tiens, ben voilà ce que ça fait quand je rajoute du HTML/CSS dans un commentaire. On risque pas de m'y reprendre !

Thomas B. 26/10/2006 12:53

Damned, j\\\'avais pas vu qu\\\'on me donnait des cours de HTML ici.
Bon, pour ma décharge, je signalerais juste que mon navigateur (Opera 9 sur PC/Windows) n\\\'affiche pas les boutons au-dessus de la fenêtre où on tape son commente (ni gras, italique, ou source en vue).

à part ça, les chiffres du blog numérique sont évidemment classés confidentiel défense. Mais il est presque aussi lu que le blog TV ;-)

rififi 20/10/2006 15:09

:-D

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