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11 octobre 2006 3 11 /10 /octobre /2006 00:15
    Alors, bon, on n'arrête pas d'entendre de ces journalistes outrés, vilipender à qui mieux mieux cette saloperie de saleté de presse gratuite, vous savez, les "Métro" et autres "Vingt minutes" (auxquels la plupart des provinciaux échappent, vu qu'ils n'ont pas cette chance merveilleuse et ce privilège exorbitant de pouvoir emprunter avec entrain et allégresse le métropolitain, invention géniale mais un tantinet lassante).

    Pouah caca, la presse gratuite.
    Berk berk berk !
    À cause de cette saloperie de saleté de presse gratuite, la vraie presse est en train de crever, ma bonne dame !
    Et c'est un drame, parce que dans cette saloperie de saleté de presse gratuite, ils ne proposent aucune analyse, ces gros nuls, aucun recul par rapport à l'actualité, et puis c'est de l'information formatée, en plus ils sont totalement liés à la pub, ces espèces de gros enfoirés de mes deux.

    Bon, les journalistes, enfin, les «vrais», quoi, ceux qui ont pignon sur rue quoi, ceux des grands médias d'actualité de référence quoi, ceux qui s'invitent les uns les autres dans leur émissions*, ils le disent pas comme ça, hein, ils le disent avec des bons mots de journalistes comme il faut, mais là, je traduis.
    Car on le sent, que ça les démange, que ça les agace, que ça leur titille les glandes. C'est qu'ils bombent le torse en jouant les grands sages dont on insulte la noblesse de l'art.

    Ben ouais, mais bon.
    Comment dire.
    Aucune analyse proposée, aucun recul face à l'actualité, totalement liés à la pub...
    Est-ce que ça serait vraiment-vraiment spécifique à la presse gratuite, par hasard ?
    Est-ce que la presse gratuite ne ferait pas un petit peu tout haut ce que tout le monde ou presque fait déjà plus ou moins tout bas ?

    Totalement liés à la pub, de la part de gens qui travaillent dans des radios/télés/journaux contrôlés par de grands groupe financiers, et copains comme cochons avec les politiques et hommes d'influence qui comptent, déjà c'est pas forcément ce qu'il y a de plus convaincant, comme argument de différence.
    Et d'une.

    Et puis franchement, aucun recul, aucune analyse...

    Les exemples abondent, s'accumulent, mais c'est même qu'on croule sous les exemples montrant un conformisme navrant et une pensée commune autour d'une même façon de voir le monde de la part des grands médias.
    Je sais que ça devient d'une banalité affligeante de le constater, mais ce second tour des présidentielles pré-mâché et vendu d'avance comme on lance un produit marketing devient absurde et grotesque dans une soi-disante démocratie. Et si ce n'était que TF1 : mais prenez même le Monde, journal présenté comme la référence journalistique par excellence, qu'y voit-on d'autre que les deux paquets de lessive politiques qu'on voit partout ailleurs** ? Qu'y lit-on comme autre point de vue que celui capitaliste-libéral-de-marché qu'on voit partout ailleurs?
    Et c'était pareil pour le référendum sur la Constitution européenne, c'est rien de le dire.

    Et c'était déjà pareil pour le traité de Maastricht, pour lequel j'avais voté oui, sans bien comprendre de quoi il s'agissait, sans connaître les détails et le fond de l'affaire, mais parce qu'on m'avait à l'insu de mon plein gré insufflé cette petite voix : «mais si tu votes pas oui, malheureux, tu seras un sale anti-européen, un réactionnaire de la pire espèce, contre le rassemblement des peuples et la fraternité humaine, pouaaah ! allons, écoute ton cœur, ton humanisme et ta foi en l'avenir, sois un jeune européen plein d'ardeur, vote oui !!».
    Ouais, ben je me suis bien fait avoir, quoi.
    Parce que le rouleau compresseur médiatique avait fait son œuvre. Rouleau manœuvré par les mêmes, là, qui vouent la presse gratuite aux pires des gémonies.
    Les exemples abondent, on les connaît, mais ça ne les défrisent pas plus que ça, les Grands Journalistes.
    Ainsi, comme exemple criant, tiens, par exemple, en voilà un bon exemple, vraiment exemplaire et archi-connu : quand il y a une grève, c'est quoi l'info, à votre avis ?
    Savoir quels sont les tenants et aboutissants du conflit, forcément complexes, les possibilités de sortie de crise, forcément subtiles, les propositions faites par les deux partis, forcément enchevêtrées ?
    Ha non.
    L'info, dans ce cas-là, c'est de savoir si, oui ou non, les usagers vont être cette fois-ci encore dérangés. Suspense énorme, interrogation fondamentale.
    Alors, on tend l'oreille, inquiets, tendus, mon dieu quelle angoisse, tatataaann, que va-t-il se passer ?
    Et enfin, la réponse, ouf, la voilà : ouiii, diiiingue, cette fois encore les usagers sont dérangés, ha ben ça alors, ben dis-donc, je m'y attendais pas, heureusement qu'il y a l'info, parce que sinon, hein, qu'est-ce que je louperais pas quant à la marche du monde.
    Aucune analyse proposée, aucun recul face à l'actualité ? Qui ça ? La presse gratuite ?

    L'exemple cité montre une chose qu'on pourrait apercevoir chez les grands médias dans une foultitude d'autres exemples, on le sait bien : le conformisme mou de la pensée, et l'unique décryptage du monde sous l'angle, d'une part, de l'actualité, "l'actu", les "infos" (alors que, d'une part, les infos sont loin d'expliciter tout, et que d'autre part, les journalistes ne maîtrisent pas le choix de telle ou telle info qui leur est rapportée, puisque l'investigation est devenue ringarde, semble-t-il), et d'autre part, d'une même idéologie (curieux comme les journaliste relaient si facilement les mots et concepts pondus par le MEDEF).

    Bref, je rabâche dans mon coin un sujet que d'autres ont traités avec infiniment plus de talent et de références, évidemment.
    Mais ça fait du bien de le dire, et de faire donc remarquer qu'il n'y a aucune raison d'acheter un journal, si c'est pour avoir exactement le même contenu gratuitement en tournant le bouton de la radio, en appuyant sur la zapette...

...ou en lisant la presse gratuite.





*Et pas les sûrement innombrables modestes journalistes de l'ombre qui ne demanderaient rien de mieux qu'à faire honnêtement le métier dont ils rêvaient...
**Voir Acrimed, sur de simples comptages de «une».

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commentaires

arbobo 11/10/2006 22:10

je suis pas anti-diplo, loinde là.j'ai une dent contre certains de leurs journalistes, mais idéologiquement c'est à peu près ma famille, pas de raison nque je les voue aux gémonies.

Christophe 11/10/2006 21:55

Moi, y a un gratuit que je rate jamais. c'est le Djac Baweur Herald

b9q

sev 11/10/2006 14:28

...
je recommencerai plus

rififi 11/10/2006 14:16

Monde Diplo (exact j'aurais pu y penser), Courrier, et les autres... l'important c'est d'avoir plusieurs point de vue des choses.
Je reconnais que j'aide pas beaucoup la presse écrite pour ça, leurs sites me suffisent, même si des fois ce serait mieux à lire sur papier

Djac Baweur 11/10/2006 13:45

Méééé heuuu, j'ai dit : "la plupart des provinciaux".
À Bourg-en-Bresse, par exemple, ya pô.

Normalement, une fan, ça cire les pompes, enfin quoi, c'est quoi ce bordel ? Pfff, on respecte pu rien, maintenant...
O tempora, o mores...
;o))

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