Dimanche 1 octobre 2006
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Je ne résiste pas à vous livrer cette rigolote petite démonstration, simple mais pénétrante, qui prouve, si besoin était, combien on peut monter en neige n'importe quoi, comment on peut faire valoir du génie à partir du moindre bout de phrase (ça pourrait être une image, un son, un film...), et inventer du sens là où il n'y en a pas.(dossier réalisé grâce à l'aimable participation de la timide et néanmoins charmante graindesel,
je tiens à le dire).1 -
Le zouli pouème :
Scarabée, bébête sacrée -
Sa carapace, sans crier
Gare, crisse sous le cruel pied.
2 -
L'analyse stylistique : Reconnaissons tout de suite l'allitération consonante en [s] qui sonne immédiatement à l'oreille et donne son identité au poème, comme un cadre externe.
Remarquons également les débuts de vers en [a] (scArAbée, cArApAce, gAre), répondant aux «é» rimé. Nous avons là l'expression d'une dualité, soulignant l'élément au premier abord humoristique de l'animal sacré d'une part, pourtant si facilement écrasé d'autre part. D'une part le [a] noble et aristocratique, de l'autre le [é] familier et railleur.
Vers 1 : allitération en [b] qui donne du scarabée une image enfantine (genre babillage enfantin, le «ba-be-bi-bo-bu»), et lui confère une fragilité qui contraste avec le qualificatif placé à la rime, le substitut « bébête » n’étant pas par ailleurs très valorisant. Nous retrouvons ainsi cette dualité, qui met bien évidemment en exergue la dualité humaine, prise entre le désir de grandeur et d'universalité, et sa petitesse dans l'Univers ainsi que l'absurdité de sa condition, le scarabée prenant ainsi une forte valeur allégorique.
Vers 2 : allitérations en [s] / [k] qui rappelle le premier vers à ses extrémité (scarabée/ sacrée » et qui annonce le « crissement » de la pointe finale. Effet de rythme : rejet au vers suivant de « Gare ». On notera également la personnification de la « carapace », seul élément protecteur du scarabée, et le glissement d’attributs : c’est le pied qui ne crie pas « gare », et non la carapace, qui crée un effet étonnant de renforcement de l’impuissance de l’insecte face à l’humain indifférent, par là même symbolique de l'impuissance de l'Homme face aux forces immuables du destin.
Vers 3 : Coupe épique après le rejet de « Gare », ce qui renforce l’impression de brutalité. Chute : harmonie imitative en [cr] qui fait entendre l’écrasement impitoyable. Hypallage sur l’adjectif « cruel » (ce n’est pas le pied qui est cruel, mais celui qui marche avec). Mais cela donne à voir la scène à l’échelle du terre-à-terre. On notera l'effet possible de diérèse sur «pi-ed», accentuant la force extérieure de l'élément du destin.
Observons maintenant le rythme de la métrique :
3 - 5
5 - 3
1 - 7
Nous observons donc d'abord une symétrie chiasmatique, qui appelle donc l'image de la croix, qui bien évidemment renvoie au sacré du scarabée, et fait explicitement référence au monothéisme chrétien et à sa théorie du péché (sacrifice du scarabée pour sauver des péchés du monde).
Sacré foulé au pied (c'est le cas de le dire) dans le dernier vers, effet accentué par la rupture de rythme et la solitude du mot gare en début de vers déjà explicitée. Nous voyons sans doute là une tentative de l'auteur de montrer une voie de sortie, un affranchissement de la condition d'Homme par le rejet de la croix, et donc du sacré qui emprisonne l'Homme dans une dialectique péché/destin et l'empêche de s'émanciper.
Noter également que nous n'avons là que des nombres premiers : il y a donc sûrement une symbolique cachée supplémentaire (nombre d'or ?), qui accentue encore l'idée de se sortir du religieux par la pureté du nombre, idée renforcée par la présence du sept, à la fois référence aux sept péchés capitaux (asservissement), et aux sept nains innocents et purs (libération).
3 -
Conclusion : Sous des dehors apparemment anodins, ce poème porte pourtant en lui une puissance politique et philosophique révolutionnaire, héritière de la pensée de Spinoza et de l'œuvre des romantiques, et nous parle directement en tant qu'êtres fragiles et impuissants, dans une touchante évocation de notre propre condition, spirale fantasmatique et mise en abîme d'un éternel recommencement totémique et sociétal au sein d'une communion intime des sentiments inconscients et/ou germinatifs d'un idéal non finalisé et corrélé aux archétypes les plus enracinés des groupes ethniques endogènes dont la teneur quasi-synecdotique provoque en nous cette émotion si simple et spontanée.
... déjà que j'étais couchée pour cause de ca-va-pas, ça terrasse.
Une relecture s'imposera.
Car seule l'hermeneutique du soupçon peut donner à sentir l'aporie dissimulée sous l'apparente liberté formelle du sens des sons consentis dans l'essence de ce poyème.
ça ta race boule bas, même.
(oui ben eu essayez, vous aussi, de vous mettre au niveau, pfiou)
BNB (be not back)
.....................................
>rififi : mais encore ? ;o)
Moi aussi j'écris à mesure que je tape, heu je veux dire, enfin vous m'avez comprise, les mots sortent des doigts quand les doigts sont sur le clavier. (et rien d'autres bande de malpensants)
Alors bon hein, ça suffit on va pas béer et te prendre pour une corneille qui point ne baye.
... et pour le délire, oukil est le bouquin explicatif que t'as recopié?
mmmh??,
Hep, Graindesel, démasque-et-la-plume-toi.
nanmého.
rhalala cette altesse, comme il est joueur.. tssss
Donc bouche bée je suis, coite je reste.
(CR5 : harmonie imitative puissance 5)
L'un dans l'autre, c'est mieux, nan?
:-D
la prez' a toujours raison
la prez' a toujours raison
la prez' a toujours raison
la prez' a toujours raison......
(P45 : P4 puissance 5 )
(rififi m'en veut, j'le sens!)
En fait rififi fait de la méthode coué!
Où avais-je la tête (ne pas répondre!)
Ouiiiiiiii rififi tu sais mettre du sens dans des mots simples!
Et hop: à répéter 100 fois devant ta glace :-)
Dans mes bras !
;o)
>mebahel :
la prez' est la plus forte
la prez' est la plus forte
la prez' est la plus forte
la prez' est la plus forte
la prez' est la plus forte
la prez' est la plus forte...
mais 100 fois ça suffit, faut pas exagérer non plus
(HSR : d'abord P4 et maintenant HS, qu'est ce que j'leur ai fait ?? :-(
même le robot y m'en veut plus : 24L, je plane.......
Et que voyus-jre-jej ? on critique mon Djac qui me fait pisser mon bas armagnac (cf post suscité) de rire !
Rififouette, Mabagnole, vous n'êtes que des... tiens, je ne le dirais pas !
4q8
Déception.
Zut,flûte et crotte de bique à ressort, on a perdu une occase de savoir ce qu'on est, qui on est et dans quelle étagère.
Damned.
Va falloir 20 ans d'analyse pour savoir, ça va être d'un long.
pfff
H56 (on dirait une petite annonce. promis i'm not guilty)
Précision tout de même, l\\\'allitération, c\\\'est pour les consonnes, pour les voyelles on dit assonnance et si on a un brelan et une paire, on dit full aux as par les rois...Pour reprendre \\\'lidée du billet, toute "grille de lecture" est un instrument pour celui qui la maîtrise, cela ne signifie pas qu\\\'elle soit sans valeur. C\\\'est aussi valable pour les maths, la psychanalyse , l\\\'analyse politique que l\\\'analyse stilistique!
gnagnagna....
;o)
De l'anodin(e) tragédie
L'escargot seul se réjouit :
- Jamais plus je n'entendrai
Cet escarbot se vanter
D'avoir pour lui - vanité !
L'initial(e) de la beauté. "
N.B. : les « e » ont été mis « en sourdine » pour contenter son altesse.
La prochaine fois, je vous raconte lhistoire du « Graindesel qui se voulait faire aussi gros que la grenouille. » ;-)
Et puis, c'est sûrement grâce à l'armagnac en question aussi, qui facilité grandement l'activité zigomatiale.
>Ardalia : oui, mille excuses, j'ai voulu vérifier les définitions parce que justement j'avais un doute, or sur Wikipédia j'ai cru comprendre que PARMI les allitérations il y a les assonances pour les voyelles et les consonnances pour les consonnes...
Il y a donc là querelle d'expert, mais on m'a confirmé ta version des choses, donc...
"cela ne signifie pas qu'elle soit sans valeur" : ça signifie surtout pour moi qu'on peut a priori faire gober n'importe quoi à quiconque n'a pas la même maîtrise.
>Anna : désolé, le but était plutôt de vous faire marrer par la caricature...
>graindesel : ;o)
(mais non personne n'a l'impression que tu te prends au sérieux, rhhoo là là, arrête de paranoïer !! :o)
j'ai longtemps cherché une connerie à dire.
je cherche encore.
en fait je crois que ça me rappelle surtout de bons souvenirs de Première, je m'éclatais bien sur les explications de texte. Même si la pouésie n'a jamais été mon fort.
ben si, t'as trouvé dans l'aut' billet, maintenant Djac va nous refaire une déprime :-(
t'as vu son ours ? il est tout flagada ! ;-)
Psychanalyser le Petit chaperon rouge version Perrault ou version Andersen, c'est deux logiques qui dépassent largement leurs auteurs (Psychanalyse des contes de fées, Bettelheim).
Et l'infrasexualité de Tintin et sa bande n'est pas seulement révélatrice des turpitudes d'Hergé, mais trahissent le catholicisme, la Belgique duale, le héros moderne, etc. (cf Tisseron notamment).
2fx et au dodo
1 n'est pas un nombre premier
Eh oui ça parait (sans accent) paradoxal, mais en effet 1 n'a qu'un seul diviseur (lui-même)...
Toute ton analyse s'effondre !
Remarque, il y a des tas de livres et films intéressants ou nuls qui parlent du personnage qui échappe à l'auteur. Fantasme ? Désir de surpuissance du poète (le créateur, celui qui fait ("poein")) ?
5pc ne valent jamais un mac, même vieux et cassé
Admirable souvenir d'un devoir libre de littérature sur la poésie (analysez UN vers de votre choix. Vous avez 4H)
Ma foi. Du coup, tu te rentrouves à partir dans des délires du même acabit également en musique, en analyse notamment, au risque de soutenir parfois des regards étranges d'incompréhension de tes camarades voire profs au Conservatoire ... Pfoulala quelle dure vie qu'on les ex-hypokhâgneux par la barbe de Brahms moi j'vous dis didiou didiou