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27 septembre 2006 3 27 /09 /septembre /2006 12:02
    Quand j'étais pitit, j'allais souvent à la plage, parce qu'habitant dans le Sud, pas trop loin de ce rêve, ce mirage, cette espérance : la mer. La Médittérannée Méditérannée Médditterranée et merde.

    Alors quand on est pitit, la plage c'est bien : il y a de quoi faire des châteaux, avec des tunnels qui font passer l'eau, et des barrages qui s'écroulent, et puis des circuits pour les billes ou les voitures, et puis on peut dégringoler dans les dunes, on peut barboter dans l'eau, nager, plonger dans les vagues et tout. Normal, quoi.

    Toutefois, dès vers six ans, ces qualités de dandy esthète qui fondent à présent mon succès dans les mondanités parisiennes les plus classieuses, m'avaient pourtant déjà mis la puce à l'oreille : entre le sable d'une part, qui envahi le moindre interstice disponible, qui crisse sous la dent quand on mord dans la moindre tomate pourtant sortie d'un tupperware hermétiquement clos, et qui réussit à s'immiscer jusque dans le lit le soir même malgré les torrents de boues éliminés sous la douche, et le sel séché d'autre part, qui tend la peau et raidit les cheveux, pique les yeux quand on met la tête sous l'eau, et rend l'eau de mer infâme à avaler par surprise, sans compter la chaleur écrasante, et les inévitables coups de soleil sur la peau d'un pauvre roux sans défense, en dépit de tartinages maternels et consciencieux d'une substance graisseuse et blanche dont la seule utilité, sur l'instant, semble de faciliter la tâche à l'entreprise inlassable d'envahissement du sable déjà évoquée, grâce à un pouvoir agglutinatif qu'on croirait étudié spécifiquement pour la collecte de quartz rares par simple contact, et qui vous laisse un peu partout sur le corps des traces crémeuses blanchâtres incompatibles avec les exigences austères et dépouillées qui demeurent assujetties à l'apparence d'un fier guerrier de l'espace, ou de la seconde guerre mondiale, ou de la première croisade, suivant les jours, hé bien entre tout ça (si, relisez la phrase), il y avait donc un certain nombre d'indices pour m'indiquer que la plage n'était pas si idyllique qu'on se plaisait à le dire.

    Si pitit étais-je, pourtant point ne me trompais-je.

    Les pâtés de sable, tunnels et autres investigations sableuses, ayant, malgré tous mes efforts, définitivement quitté le champ des mes loisirs ordinaires, je ne me retrouve qu'avec les éléments désagréables et nuisibles. Et même davantage : puisque s'y ajoute des considérations adultes, telles que d'une part l'antipathique peuplement boursouflé du moindre mètre carré de la moindre parcelle de territoire située à moins de cinquante mètres de l'eau, et d'autre part une réticence pudique à me montrer certes dans mes plus beaux atours, mais c'est pas une raison.
    En effet, je ne comprends pas comment des gens en costumes ou en tailleur pendant l'année, se mettent tout d'un coup, juste sous prétexte qu'il y a du sable et du Soleil, à considérer qu'exhiber son anatomie à tout vent devient tout d'un coup parfaitement naturel. C'est tout à fait irrationnel, si on réfléchit. Et du coup, on se retrouve avec un tel étalage de bidoche humaine au kilomètre que même la plus jolie des demoiselles ne fait plus penser qu'à un amas adipeux d'aggrégats lipidiques de lard femelle, qui, quoique habilement bridé, n'aiguise plus tellement quelque appétit que ce soit.
    Non et puis, franchement, mais franchement, quel autre animal, autres que les lézards et reptiles affiliés, qui, je le vous signale gentiment, y sont contraints à cause d'un métabolisme particulier, lequel, justement, ne les rangent pas vraiment parmi les espèces les plus évoluées de la Création, quel autre animal donc s'abaisse à rester comme un con pendant des heures à crâmer recto-verso consciencieusement au Soleil ? NON MAIS JE VOUS LE DEMANDE ?   
    Ça me dépasse.
    Chez ma mémé, dans le Var (oui, quand j'étais pitit, aussi), quand le Soleil tapait, on fermait les volets et on faisait la sieste.
    C'est normal.
    C'est du bon sens.
    Parce que sous le Soleil, il fait CHAUD.
    Quand il fait chaud, on S'ABRITE.
   
    Haaa y se bidonneraient, les hommes préhistoriques, s'ils constataient les éminents progrès de l'humanité moderne.

    La plage, y'a rien à faire, je comprends pas.
    Je comprends pas.
    Je comprends pas.
    Je comprends pas.

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commentaires

rossi 24/02/2013 20:20


Moi non plus je ne comprends, j'adore le soleil, mais je ne m'expose jamais : je me promène, je prends plaisir à vivre nue, mais jamais de la vie allongée sur le sable pendant des heures comme
des "Lézard" même si je trouve ces animaux extraordinaires et résistants aux au soleil mais quand on est un "Humain" là ...... et puis la promiscuité, les odeurs, la frime et pour quoi faire
?  J'aime pas la plage bien que l'adore le sud de la France mais sans touriste, d'ailleurs j'adore le sud l'hiver au moment des mimosas. allez bye

Djac Baweur 10/07/2007 12:45

>Catgeisha : c'est pas beau de pas assumer...
;o)

Catgeisha 10/07/2007 00:51

*passe en sifflotant*;-)

Djac Baweur 10/07/2007 00:44

>Catgeisha : tsss, je vois que mademoiselle est taquine... ;o)

Catgeisha 09/07/2007 23:48

Moi qui croyais qque tu adorais La Mer...On m'aurait menti ? ;-)

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