Mais bon sang mais c'est bien sûr ! Ce que je suis con parfois ! (qui a dit souvent ? qui a dit tout le temps ?)
Maintenant je pourrai l'affirmer sans ciller, de l'air tranquille et assuré de celui qui sait et qui sait pourquoi : le meilleur c'est Debussy monsieur madame.
Et si on me demande quand même des explications, je ne me démonte pas. Je ne toise pas le pauvre ignorant non plus, pauvre ignorant. Je réponds négligemment :
" Vous ne saviez pas ? Moi non plus il y a peu. Mais c'est d'une évidence, non ? "
Et si l'autre me répond " bah non pourquoi ? ", je reste serein. Je ne vacille pas sur mes bases. Je prends mon temps. Et finalement je glisse dans un sourire décrispé :
" C'est d'une évidence, non ? "
Et si l'autre, le fourbe, pas complètement convaincu par mes arguments, insiste d'un naïf " expliquez moi ça, je vous prie ? "...
Je le renvoie à la lecture de ce blog.
Faut savoir faire confiance aussi.
En tous cas chapeau !
Et si par erreur je recroise ce malotru, et qu'il me dit radieux : " Excellent ce blog que vous me conseillâtes ! Toutefois je ne suis pas sûr d'avoir tout à fait bien saisi pour Debussy. Quelques nuances d'interprétations dans les couleurs que nous pourrions confronter, voulez-vous ? "
Eh bien moi je fais semblant de ne pas le reconnaître et tant pis si je passe pour un con.
Oh et puis "La Mer", je vais pas l'écouter, je crois.
Je voudrais pas être exclu de ce blog.
Non, parce que moi Dalida...
>Christophe : C'est parce que tu chantais "J'ai entendu la mer".
Non, parce que moi, à part Trenet...
Alors juste deux trois choses en passant. d'abord, ne vous faites pas avoir par le coté "gloussements de volaille" de vos commentateurs du poulailler là-haut (comme dans les théatres...) Ils ne vous le disent pas franchement parce que ce sont de grands pudiques, mais ils sont épatés. Deux fois. Qui parmi nous, vos lecteurs, auraient ainsi pu parler du grand Claude, hein ?
En tout cas, moi je suis épatée, et je vous remercie d'avoir éclairé ma lanterne. c'est un peu comme je jour où j'ai compris POURQUOI les impressionnistes avaient fait scandale, à leur apparition. Sans rire, regardez Renoir : des jeunes filles rousses dans les champs, des parties de campagne. Aucun sujet scandaleux, a priori. Et puis, en regardant mieux, on voit que les impressionnistes ont pour la première fois couché sur la toile non une représentation idéalisée de la réalité, mais des "moments", libérant le fond de la forme. Avant les impressionnistes, les taches de clarté qu'un feuillage secoué par le vent et transpercé de soleil laisse tomber sur la peau d'une jeune fille, la tachetant tel un léopard, existaient déjà. Mais personne ne les peignait, ces taches, parce que les peintres ne les voyaient pas, ne pouvaient pas les voir : elles ne faisaient tout bonnement pas partie du "discours" humain sur la nature, sur la peinture. . Les impressionnistes les ont tout simplement montrées : scandale et révolution ! de m^^eme, un champ de coquelicots peut très bien n'etre visuellement qu'un amas de taches rouges. mais à la fin du 19è, la représentation mentale du coquelicot exigeait le contour, la nuance, l'ombre, le placement dans la toile. Toutes choses que les impressionnistes ont joyeusement piétinées.
Ne pourrait-on dire, et j'ai envie de le dire après avoir lu vos explications, qu'il s'est passé un peu la m^^eme chose en musique qu'en peinture , avec votre Debussy ? Avant lui, la musique "disait " des choses. Devait forcément exprimer les émotions humaines. Et plus la force expressive était grande, meilleure paraissait la musique (chopinou). Et c'était la mélodie qui accumulait le plus de force expressive. Debussy "dit" que l'expression n'est rien, la sensation tout, d'où sa recherche excluant la mélodie. Enfin, je dis ça, mais quand j'écoute l'après-midi d'un faune, j'en entends pourtant, des mélodies, bon sang de bonsoir. Il est vrai que je ne suis pas musicienne. C'est drole, ce que vous dites de Debussy, je le "comprends" mieux, intellectuellement parlant, d'Erik Satie, qui est plus à ma portée (sans jeu de mots). Satie donne à voir ce qui'l fait, et il manie une certaine ironie qui n'est pas pour me déplaire (la "musique d'ameublement"). Mais c'est vrai que c'est du piano, en grande partie , pas des cordes. C'est vrai aussi que c'est par un pianiste que j'ai abordé timidement, et incomplètement, l'écoute de la musique classique. Ceci explique peut-^^etre cela. En tout cas, la "couleur" debussyenne me fait penser à l'"impression" picturale. Ce n'est pas Proust, (avez-vous lu les pages sur Vinteuil /debussy ?) qui me contredira !
Bon, à part tout ça, ce que je voulais vous dire d'autre, c'est que... Mon cher Djac, vous ne semblez pas vous rendre compte que... Comment dire ?
Bon , prenons une fille. Une fille normale, quoi. Tout prete à etre intéressée par un bout de chemin avec un Djac qui la fait rire. Ben voilà t'y pas qu'en face d'elle, il y a une passion. Une entité capable de, je vous cite, créer une " succession poétique de réseaux de couleurs sonores". rien que ça merdalors. Je ne sais pas si elle existe, la fille capable de créer elle aussi une "succession poétique de réseaux de couleurs sonores" Mais elle aura affaire à forte partie, j'en ai bien peur... Ne serait-ce pas là (allez, j'ose enfin vous le dire), la vraie raison de la petite musique solitaire dont parfois vous vous plaignez doucement ? (je prie instamment l'aimable volaille de la fermer un moment, s'il vous plait, ou bien de ne se moquer que de Clopine, pas de Djac !) C'est bigrement impressionnant, de rencontrer quelqu'un de mordu comme vous par un compositeur (qui plus est mort depuis un siècle ! Comment voulez-vous lutter contre ça ?!!)
Bon, et Bach alors, moi aussi je joins ma voix au choeur : et la résolution des accords chez Bach, hein ?
je dis ça parce qu'à une fete du jour de l'an, un pote à moi a passé une heure à nous l'expliquer. C'était vachement bien, et on était tous super contents et super émus. Mais le problème, c'est qu'on avait tellement bu qu'on a rien retenu de l'explication (ni lui non plus).
On vous attend, donc;
Votre
Clooine Troullefou
moi aussi moi aussi !
sinon Djac , toute amitié garde,hé j'ai répondu sur Tra en fait en TROIS DOSES !
sinon Debussy c'est un fait est le meilleur ....après John Coltrane mais là je n'engage que mon moi , mon égo in voire même mon JE de l'égo !
bon ouiKen
Merci, Djac, mais je suis un petit peu occupée en ce moment : vous allez me pardonner, j'en suis sure, puisque moi je vais vous pardonner d'etre irrésolu sur Jean-sébastien, d'accord ?
Bon, je vais vous dire ce qu'on va faire : on va attendre le nouvel an, vers minuit-une heure du matin, et on résolura l'affaire des accords à ce moment-là. Si c'est comme l'autre fois, ce sera passionnant et irrécupérable !
Bises
Clopine (j'ai réécouté le prélude à l'après midi d'un faune, c'est effectivement magnifique. Vous ne parlez pas de Satie : est-ce parce qu'il est plus "pianistique" ???
Vous touchez là une corde sensible, Djac (mais ça ne m'étonne pas de vous :>)) ) : j'ai peur de l'impudeur, parce que je la partage trop. Voir l'interprète interpréter, comme vous y allez ! C'est bien trop risqué : je pourrais manifester bien trop scandaleusement mon enthousiasme... Il m'arrive la meme chose avec le théatre, et en général toute forme d'expression vivante. du coup, je ne vois que les mouvements de mèche, parce que je me planque derrière, évidemment.
Quand la création s'incarne, dans un corps je veux dire, je me sens toujours "voyeuse", impliquée dans un acte presque (non, je ne vais pas écrire le mot). Donc, j'évite.
Ou alors, d'accord, allons-y : un orchestre symphonique rien que pour moi. Ne pas avoir à partager avec le voisin-qui-tousse et la dame-qu-est-là-pour-se faire-voir. Pleurer bruyamment, et sans honte. Un reve, élitiste à l'extreme et que je ne suis pas sure de revendiquer pleinement.
Mais danser seule dans le salon, devant la chaine hi-hi, avec le chat pour seul témoin, oui, évidemment, c'est bien plus facile. Notez d'ailleurs que l'hiver dernier, j'ai dansé devant une ligne de choux de bruxelles, parce qu'il avait givré et que le soleil sur les feuilles vertes, enfin bref. y'avait UN témoin, mon gamin de 11 ans, horrifié d'avoir une mère capable de danser à sept heures et demi du matin devant une ligne de choux. C'est vous dire que je dois y aller mollo. pour les émotions, je veux dire !!!!
Votre
Clo
Ce qui me tue, c'est cette apologie de la désobéissance dans un blogue de renommée nationale.
Franchement, ce Debussy, il est quand même un peu arrogant, et peu respectueux de ses anciens. Qu'on ne s'étonne pas qu'aujourd'hui, dans les collèges de banlieue, des petits voyous refusent de jouer des accords de dominante à la flute à bec.
Et je ne parle même pas de la Marseillaise, conchiée par nos jeunes parce qu'une paire de bussies fonty les marioles au solfège à la MJC Jean-Claude Borelly de la Garenne-Chevreuse.
Debussy, c'est le meilleur pour foutre le boxon, ça oui !
xgf