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Samedi 6 octobre 2007
Avertissement au lecteur : attention, les textes qui suivent contiennent des scènes ou des idées pouvant heurter les esprits un peu fatigués. Désolé, ça peut pas être de la gaudriole tous les jours, non plus. Promis, juste après ça, un épisode de Djoni.



    Debussy sortait impunément à ses professeurs (c'était un peu une racaille): «mais pourquoi voulez-vous que cet accord de dominante se résolve? Moi, je le trouve très beau en soi» (enfin quelque chose du genre).

    Et ça change tout. Ça met la notion de couleur au-devant de la scène, tout en balayant d'un revers de main toutes les conceptions antérieures, basée sur les fonctions harmoniques*.
    Debussy a tout changé. De manière moins spectaculaire, moins organisée, moins directement compréhensible, moins «médiatique» que Schöenberg, mais pourtant de manière plus profonde, mine de rien.
    Le truc de Debussy, c'est d'abord de se soucier du timbre, de la vie interne du son.
    De cette manière, il ne se prononce pas «pour ou contre» le système tonal ou le système atonal, de manière plus fondamentale il crée autre chose, tout simplement.
    Ainsi, il ne renie pas les accords utilisés par le système tonal, bien au contraire, contrairement à Schöenberg qui, lui, refuse tout ce qui de près ou de loin pourrait faire penser ne serait-ce qu'un dixième de seconde à la tonalité (même une octave, ça le hérisse).
    Et pourtant, à l'audition, pas beaucoup de traces de tonalité chez Debussy (enfin, dans les œuvres importantes).

    On est ailleurs. On est dans l'univers de la couleur en musique.

    - Ce qui provoque l'apparition de modes (échelles de notes) inusitées avant lui. Certes, c'est pas le seul à faire ça, mais lui, c'est consciemment pour changer de couleur et structurer le discours (au lieu d'une bonne vieille modulation harmonique, par exemple).
    - Ce qui provoque des successions d'accords pourtant totalement prohibées par les manuels. Juste pour la couleur, et pas pour les fonctions harmoniques (c'est une révolution !).
    - Ce qui provoque la disparition de thèmes proprement dit. Il y a bien des mélodies, mais qui, si elles réapparaissent, le font dans un contexte très différent, si bien qu'on peut presque avoir du mal à la reconnaître du premier coup. Tout chez Debussy est constamment mouvant, plastique, en devenir (écoutez Jeux : rien, mais alors rien, n'est répété, à l'exception d'une descente harmonique au début reprise à la fin, comme un lever et un baisser de rideau. Et pourtant, miracle, ça se tient).
    - Ce qui provoque aussi l'absence de mélodie dans certains passages : la sacro-sainte mélodie, sur laquelle toute la musique, du baroque au romantisme, se base, peut tout bonnement disparaître chez Debussy, pour laisser place à de la couleur pure, sous forme d'harmonies qui scintillent, tout juste portées par de brefs motifs jouant le rôle de point de repère (c'est une révolution !). Écoutez par exemple Sirènes, le troisième des Nocturnes : le morceau entier n'est qu'une variation de couleurs sur un seul intervalle de seconde (un ton), et pas une seule mélodie digne de ce nom !
    - Ce qui provoque l'apparition de motifs d'un simple intervalle (espace entre deux notes) invariant pendant que l'harmonie bouge, d'où l'apparition d'une tonalité d'un autre type, le point de repère étant l'intervalle, plutôt qu'une histoire d'harmonie de type dominante/tonique (ouais ça a l'air un peu théorique, comme ça raconté à l'écrit, mais je vous assure que du point de vue de la composition c'est vraiment puissant).
    - Ce qui provoque l'apparition de formes en développement continu : le matériau musical, à peine énoncé, est aussitôt repris pour être développé (dans la forme sonate, rappelez-vous, tout est soigneusement présenté, puis développé à part dans la partie de la sonate spécialement dédié au développement, tout est bien rangé). L'œuvre est donc constamment en évolution, en transformation. Mais attention, c'est pas parce que c'est en continu que c'est le bordel : même si à l'écoute on perçoit une sorte de rêverie improvisée, tout est parfaitement contrôlé au moins autant que dans du Beethoven, mais de manière subtile, suffisamment pour qu'on se rende pas compte qu'on est guidé là où il veut qu'on aille.
    - Ce qui provoque des manières d'articuler le discours totalement novatrice: la musique ne suit pas un parcours balisé existant en-dehors d'elle (la forme sonate, exemple-type), mais génère sa propre forme à mesure qu'elle se déroule, et tire son discours de la tension ou de l'équilibre entre épisodes dynamiques, statiques ou en élimination (c'est une révolution !).
    - Ce qui provoque une rythmique libre et fluide, libérée du carcan des carrures habituelles, générant des accentuations complexes : pour le dire de manière compliquée, Debussy décale souvent l'accent expressif de l'accent tonique (rythmique) dans les dessins mélodiques, ce qui donne à sa musique cet aspect liquide (c'est une révolution !)
    - Ce qui provoque un soin apporté à l'orchestration totalement hors du commun et parfaitement génial (Ravel et consort lui doivent tout). En particulier, certains effets sont pratiquement de l'électro-acoustique avant la lettre (dans l'idée). Et puis l'harmonie, la rythmique et l'orchestration deviennent indissociables et intimement mêlés, en bloc, pour constituer des objets sonores polymorphes, loin de cette dissociation entre mélodie et accompagnement, par exemple. Pour les anciens, l'orchestration est un habit qu'on endosse sur un canevas musical pré-existant : pour Debussy, cela devient inséparable. Avec lui, la musique ne devient plus qu'un bloc sonore malléable (c'est une révolution !).

    Et j'en oublie forcément...

    Et le gars, il arrive à faire tout ça avec des moyens tout à fait simple, avec les notes de la gamme et les instruments de l'orchestre, donc sans rompre non plus avec le passé ! Là, c'est fort, quand même, ya pas à chier, putain.

    La musique chez Debussy devient donc une succession poétique de réseaux de couleurs sonores.
    Tous les compositeurs de la seconde moitié du XXème siècle et du début du XXIème ont fini, au-delà de leur système propre ou de leur école, par être influencé par cette conception musicale. Boulez himself raconte quelque part (je sais plus où) comment le jeune milieu des compositeurs avant-gardiste des années 50-60, adeptes et adorateurs de Webern (élève de Schöenberg, dont la musique est, comment dire... hard), considéré comme indépassable en tant que plus grand génie de tout l'histoire de la musique, avait été finalement impressionnés et ébranlés par l'audition de Jeux**. D'ailleurs, ça s'entend chez Boulez : ses œuvres du début sont... comment dire... Plus que hard, il y a un mot ? Alors que les œuvres les plus récentes (Répons ou Sur Incise, par exemple) sont étonnamment plus plastiques, plus ductiles, plus séduisantes : pas de doute, il y a du Debussy là-dessous.

    Tous les moyens de compositions que j'ai esquissé plus haut ne sont pas à reproduire tels quels par un compositeur, évidemment, sous peine de tomber dans du sous-Debussy. Mais ils montrent l'exemple, une voie à suivre, comment peut fonctionner autrement la musique que par des schémas appris depuis des siècles, sans pour autant tomber dans des considérations rigoristes et des musiques inaudibles à force d'hermétisme et de dissonances (j'exagère un peu, pour lancer la polémique).

    Voilà, c'est tout, cherchez pas, Debussy c'est le meilleur.



    Allez zou, à écouter de toute urgence, toute affaire cessante :

    Pour orchestre :
La Mer (The chef-d'œuvre, pour moi. Et faites gaffe ceux qui n'aiment pas sont exclus de ce blog) ;
Prélude à l'après-midi d'un faune ;
Les Nocturnes ;
Jeux.

    Pour piano :
Les Préludes ;
Les Images ;
Les Études.

    Musique de chambre :
Le quatuor à cordes (on y retrouve pas vraiment tous les éléments que j'ai décrit, c'est une œuvre de jeunesse, mais bon, c'est très beau quand même);
Les trois sonates : violon/piano, violoncelle/piano, et flûte/alto/harpe (ça s'appelle sonate, mais rien à voir avec la forme sonate, ça s'appelle comme ça pour d'obscures références à Rameau que je ne connais pas dans le détail).




* Pour être honnête, d'autres avant Debussy avait eu ce genre d'intuition, mais sans la formaliser et en tirer de conclusion sur leur langage, en restant instinctifs. Par exemple Chopin, dans ses grandes irisations en arabesques, ou Moussorgsky, avec des enchaînements d'harmonies peu orthodoxes pour le seul plaisir de l'effet produit.

** Après la mort de Debussy, ses œuvres n'ont été que tardivement rejouée en France. Et même actuellement, Jeux est très rarement au programme des orchestres.
par Djac Baweur publié dans : De l'Art musical et autres balivernes symphoniques
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Commentaires

"Debussy sortait impunément à ses professeurs (c'était un peu une racaille): «mais pourquoi voulez-vous que cet accord de dominante se résolve? Moi, je le trouve très beau en soi»"
Ce qui me tue, c'est cette apologie de la désobéissance dans un blogue de renommée nationale.
Franchement, ce Debussy, il est quand même un peu arrogant, et peu respectueux de ses anciens. Qu'on ne s'étonne pas qu'aujourd'hui, dans les collèges de banlieue, des petits voyous refusent de jouer des accords de dominante à la flute à bec.
Et je ne parle même pas de la Marseillaise, conchiée par nos jeunes parce qu'une paire de bussies fonty les marioles au solfège à la MJC Jean-Claude Borelly de la Garenne-Chevreuse.

Debussy, c'est le meilleur pour foutre le boxon, ça oui !

xgf
commentaire n° : 1 posté par : Christophe (site web) le: 22/09/2006 01:28:04
"la sacro-sainte mélodie, sur laquelle toute la musique, du baroque au romantisme, se base, peut tout bonnement disparaître chez Debussy, pour laisser place à de la couleur pure, sous forme d'harmonies qui scintillent, tout juste portées par de brefs motifs jouant le rôle de point de repère"
ah ouais ? ah ouias ?
B'en on va siffler quoi sous la douche alors ?
Encore un mec qui se lavait pas ce debussy

7 4L, de quoi faire un beau rallye
commentaire n° : 2 posté par : Christophe (site web) le: 22/09/2006 01:30:32
Pour ma part, je vous conseillerai d'écouter toutes affaires cessantes :
- le requiem de Debussy, quenelle 512
- Debussy live in Tokyo, feat. Bela Bartok et André Rieu
- The original Debussy : 12 gold hits for your mariages, communions et bar-mitzvas
- Debussy-Dion, duos d'amour, duos de toujours
- et quelques 700 motets, repris maladroitement par Jean-Claude de Lassus chez M6 musique

Bon, sinon il y a aussi les ouvres postumes, mais ce n'est pas lui qui joue, alors c'est quand même moins bon.

et zou !

JH6
commentaire n° : 3 posté par : Christophe (site web) le: 22/09/2006 01:36:14
"On est ailleurs. On est dans l'univers de la couleur en musique."
Voilà. Tout est dit.
D'ailleurs vous noterez que dès que DjiBi met de la couleur dans ses schémas ça change la vie, la vue et le vici qui est veni.
Claude tout pareil.
Et aussi "Avec lui, la musique ne devient plus qu'un bloc sonore malléable (c'est une révolution !)." => vous noterez que le gus,son but dans la vie, c'est bien de dominer les notes et celles de ses contemporains.
Djibi tout pareil: son blog le prouve qui va devenir sonore dans pas long, ainsi que ses notes qui nous rabaissent au rang d'indigènes d'une planète de pithécanthropes, où jamais la main de l'homme n'a mis le pied.(mhhh? oui? ça proteste là-bas au fond?)
Donc.
A mon avis, Djibi c'est une réincarnation de Claude, l'un comme l'autre sont ductiles et leurs oeuvres itou.
De plus DjiBi se nourrit de Nutella, donc pour la ductilité, on a tout bon, il est ce qu'il mange.
Et là une question majeure se pose: de quoi se nourrissait Claude?
commentaire n° : 4 posté par : mebahel dans la mer, plouf le: 22/09/2006 04:09:56

Mais bon sang mais c'est bien sûr ! Ce que je suis con parfois ! (qui a dit souvent ? qui a dit tout le temps ?)
Maintenant je pourrai l'affirmer sans ciller, de l'air tranquille et assuré de celui qui sait et qui sait pourquoi : le meilleur c'est Debussy monsieur madame.
Et si on me demande quand même des explications, je ne me démonte pas. Je ne toise pas le pauvre ignorant non plus, pauvre ignorant. Je réponds négligemment :
" Vous ne saviez pas ? Moi non plus il y a peu. Mais c'est d'une évidence, non ? "
Et si l'autre me répond " bah non pourquoi ? ", je reste serein. Je ne vacille pas sur mes bases. Je prends mon temps. Et finalement je glisse dans un sourire décrispé :
" C'est d'une évidence, non ? "
Et si l'autre, le fourbe, pas complètement convaincu par mes arguments, insiste d'un naïf " expliquez moi ça, je vous prie ? "...
Je le renvoie à la lecture de ce blog.
Faut savoir faire confiance aussi.

En tous cas chapeau !

Et si par erreur je recroise ce malotru, et qu'il me dit radieux : " Excellent ce blog que vous me conseillâtes ! Toutefois je ne suis pas sûr d'avoir tout à fait bien saisi pour Debussy. Quelques nuances d'interprétations dans les couleurs que nous pourrions confronter, voulez-vous ? "
Eh bien moi je fais semblant de ne pas le reconnaître et tant pis si je passe pour un con.

commentaire n° : 5 posté par : Gregory le: 22/09/2006 09:16:42
Du Nuuu-teeeeelllaaaaa !

aam
commentaire n° : 6 posté par : Christophe (site web) le: 22/09/2006 09:17:12

Oh et puis "La Mer", je vais pas l'écouter, je crois.
Je voudrais pas être exclu de ce blog.
Non, parce que moi Dalida...

commentaire n° : 7 posté par : Gregory le: 22/09/2006 09:21:15
>Gregory : Ah ça yest, j'ai compris pourquoi tu m'as snobé l'autre jour dans la rue !

hhj
commentaire n° : 8 posté par : Christophe (site web) le: 22/09/2006 10:04:50

>Christophe : C'est parce que tu chantais "J'ai entendu la mer".
Non, parce que moi, à part Trenet...

commentaire n° : 9 posté par : Gregory le: 22/09/2006 10:29:26
Et Bach, et Bach?? J'adore quand tu fais ton Zygel!
commentaire n° : 10 posté par : Ardalia (site web) le: 22/09/2006 13:16:31
>Plus sérieusement, je vous conseille :
un super double CD pas cher je crois chez Essential Classics : Great Orchestral Works. Vous avez toutes les œuvres orchestrales, dans de chouettes versions.
Pour la musique de chambre, l'intégrale sur un disque des Kuijken : les sonorités sont à la première écoute un peu surprenantes, mais il y a un sens du discours vraiment très fort. (sinon, pour le quatuor, l'Orlando quartet est superbe).
Pour les œuvres pour piano, il y a beaucoup de choses magnifiques : j'ai personnellement la version d'Alain Planès des préludes chez Harmonia Mundi, je trouve ça très beau.

>mebahel : tu me flattes, mais le problème, c'est que le monsieur Debussy dans la vraie vie de tous les jours, n'étais pas un bonhomme forcément sympathique, jusqu'à être d'un nationalisme étroit lors de la 1ère guerre...

>Grégory : oui, ben si t'arrive à faire venir des lecteurs sur mes articles sur Debussy ça serait sympa : t'imagine pas la baisse de fréquentation depuis hier...

>Ardalia : ouais ben Bach c'est encore autre chose, minute, hein, j'peux pas tout faire. Et puis Bach ou pas Bach, Debussy c'est le meilleur je vous dis.
commentaire n° : 11 posté par : Djac Baweur (site web) le: 22/09/2006 15:50:46
mon cher Djac,

Alors juste deux trois choses en passant. d'abord, ne vous faites pas avoir par le coté "gloussements de volaille" de vos commentateurs du poulailler là-haut (comme dans les théatres...) Ils ne vous le disent pas franchement parce que ce sont de grands pudiques, mais ils sont épatés. Deux fois. Qui parmi nous, vos lecteurs, auraient ainsi pu parler du grand Claude, hein ?


En tout cas, moi je suis épatée, et je vous remercie d'avoir éclairé ma lanterne. c'est un peu comme je jour où j'ai compris POURQUOI les impressionnistes avaient fait scandale, à leur apparition. Sans rire, regardez Renoir : des jeunes filles rousses dans les champs, des parties de campagne. Aucun sujet scandaleux, a priori. Et puis, en regardant mieux, on voit que les impressionnistes ont pour la première fois  couché sur la toile non une représentation idéalisée de la réalité, mais des "moments", libérant le fond de la forme. Avant les impressionnistes, les taches de clarté qu'un feuillage secoué par le vent et transpercé de soleil  laisse tomber sur la peau d'une jeune fille, la tachetant tel un léopard, existaient déjà. Mais personne ne les peignait, ces taches,  parce que  les peintres ne les voyaient pas,  ne pouvaient pas les voir : elles ne faisaient tout bonnement pas partie du "discours" humain sur la nature, sur la peinture. . Les impressionnistes les ont tout  simplement montrées : scandale et révolution ! de m^^eme, un champ de coquelicots peut très bien n'etre visuellement qu'un amas de taches rouges. mais à la fin du 19è, la représentation mentale du coquelicot exigeait le contour, la nuance, l'ombre, le placement dans la toile. Toutes choses que les impressionnistes ont joyeusement piétinées.


Ne pourrait-on dire, et j'ai envie de le dire après avoir lu vos explications, qu'il s'est passé un peu la m^^eme chose en musique qu'en peinture , avec votre Debussy ? Avant lui, la musique "disait " des choses. Devait forcément exprimer les émotions humaines. Et plus la force expressive était grande, meilleure paraissait la musique (chopinou). Et c'était la mélodie qui accumulait le plus de force expressive. Debussy "dit" que l'expression n'est rien, la sensation tout, d'où sa recherche excluant la mélodie. Enfin, je dis ça, mais quand j'écoute l'après-midi d'un faune, j'en entends pourtant, des mélodies, bon sang de bonsoir. Il est vrai que je ne suis pas musicienne. C'est drole, ce que vous dites de Debussy, je le "comprends" mieux, intellectuellement parlant, d'Erik Satie, qui est plus à ma portée (sans jeu de mots). Satie donne à voir ce qui'l fait, et il manie une certaine ironie qui n'est pas pour me déplaire (la "musique d'ameublement"). Mais c'est vrai que c'est du piano, en grande partie , pas des cordes. C'est vrai aussi que c'est par un pianiste que j'ai abordé timidement, et incomplètement, l'écoute de la musique classique. Ceci explique peut-^^etre cela. En tout cas, la "couleur" debussyenne me fait penser à l'"impression" picturale. Ce n'est pas Proust, (avez-vous lu les pages sur Vinteuil /debussy ?) qui me contredira !


Bon, à part tout ça, ce que je voulais vous dire d'autre, c'est que... Mon cher Djac, vous ne semblez pas vous rendre compte que... Comment dire ?


Bon , prenons une fille. Une fille normale, quoi. Tout prete à etre intéressée par un bout de chemin avec un Djac qui la fait rire. Ben voilà t'y pas qu'en face d'elle, il y a une passion. Une entité capable de, je vous cite, créer une " succession poétique de réseaux de couleurs sonores". rien que ça merdalors. Je ne sais pas si elle existe, la fille capable de créer elle aussi une "succession poétique de réseaux de couleurs sonores" Mais elle aura affaire à forte partie, j'en ai bien peur... Ne serait-ce pas là (allez, j'ose enfin vous le dire), la vraie raison de la petite musique solitaire dont parfois vous vous plaignez doucement ? (je prie instamment l'aimable volaille de la fermer un moment, s'il vous plait, ou bien de ne se moquer que de Clopine, pas de Djac !) C'est bigrement impressionnant, de rencontrer quelqu'un de mordu comme vous par un compositeur (qui plus est mort depuis un siècle ! Comment voulez-vous lutter contre ça ?!!) 


Bon, et Bach alors, moi aussi je joins ma voix au choeur : et la résolution des accords chez Bach, hein ?


je dis ça parce qu'à une fete du jour de l'an, un pote à moi a passé une heure à nous l'expliquer. C'était vachement bien, et on était tous super contents et super émus. Mais le problème, c'est qu'on avait tellement bu qu'on a rien retenu de l'explication (ni lui non plus).


On vous attend, donc;


Votre


Clooine Troullefou

commentaire n° : 12 posté par : clopine trouillefou le: 22/09/2006 16:28:13
Djac, pour ta fréquentation je fais ce que je peux, j'ai même lié ici dans un article sur Franquin, c'est dire !
En tout cas je continue à lire, et je ne comprends pas tout mais c'est intéressant et plutôt bien écrit. Et puis si on ne lisait que des choses qu'on comprend on ne se coucherait pas beaucoup plus intelligent qu'on s'est levé. Je suis sûr que dans 2 ou 3 (jours, semaines, mois, siècles) ce que j'ai lu aujourd'hui aura fait son chemin et je comprendrai enfin pourquoi Debussy c'est le meilleur.
commentaire n° : 13 posté par : Anna (site web) le: 22/09/2006 16:44:48
Au fait Clopine : pourquoi faudrait-il lutter ? Quand un homme est passionné on peut aussi l'aimer pour sa passion et le regarder la vivre avec amour.
Et lui dire de redescendre sur terre quand c'est l'heure de manger. ;-)
commentaire n° : 14 posté par : Anna (site web) le: 22/09/2006 16:53:17
"Debussy dans la vraie vie de tous les jours, n'étais pas un bonhomme forcément sympathique, jusqu'à être d'un nationalisme étroit lors de la 1ère guerre..." => oui bon heu, on essaie de rester dans le mythe là, alorsd forcément y'a des trucs qu'on occulte.
et non c'est pas un gros mot.


Si tu veux qu'on raconte la vraie vie de CD, ça va dépoter.
Donc tenons nous en à son génie et à tes compétences (oui là en revanche c'est un mot presque gros... si on le coupe) .
Notez que je cause pas du génie de Djibi, ça se verrait trop, la lèche, quoi.

Bon, thé, divine.

QYL qu'il soit
commentaire n° : 15 posté par : mebahel le: 22/09/2006 17:26:48
Et Schubert dans tout ça ?
commentaire n° : 16 posté par : Anna (site web) le: 22/09/2006 17:40:10
Anna mon coeur tu lis dans mes pensées!!
Pourquoi lutter, chacun ses compétences (sans gros mots), m'enfin!

Ah Schubert!

Non non non Bach d'abord!
et je te file les Swingles singer Dajc, ok? avec le code lecteur et tout!
Allez, quoi!
commentaire n° : 17 posté par : Ardalia (site web) le: 22/09/2006 20:56:47
>Clopine : d'abord, je vais commencer par vous engueuler, et copieusement. Vous vous faites beaucoup trop rare, saperlipopette ! Qu'est-ce qu'on devient, si vous ne venez qu'une fois tous les dix jours !!!
Bon.
Ensuite, je n'ai pas dit qu'il n'y avait PAS de mélodie chez Debussy : il est habile, le bougre, il alterne. Mettre une mélodie ou pas devient une élément de rhétorique supplémentaire ! Mais il y a évidemment de grandes et belles mélodies, c'est qu'il sait y faire, l'animal. La mélodie du passage central du prélude à l'après-midi d'un faune fait partie des plus sublimes ! Ça n'empêche pas qu'il y ait des passages dans lesquels il n'y a pas vraiment de mélodie, uniquement des motifs, qu'en soi on ne peut qualifier vraiment de "mélodies". Il y en a plein d'exemples dans la Mer.
Quand à l'esthétique comparée à la peinture, je crois que vous avez raison. Je rajouterai, quand à moi, que d'une certaine manière Debussy préfigure l'abstraction en musique : ça semble peut-être paradoxal, puisque les sons sont par définition abstraits. Mais la tonalité, et la forme sonate, sont un moyens de se donner des points de repère forts, qui s'apparentent à un cadre concret, comme une perspective d'un tableau, dans lequel se baladent des figures humaines, les "thèmes". En abandonnant ça, Debussy fait de la musique avec ce qu'il y a de plus abstrait dans le son, le timbre, la texture sonore. Cela dit, par le fait qu'il utilise encore des mélodies, qu'il a pour habitude de souvent répéter deux fois le même bloc d'affilé (ça donne des repères à l'écoute), il est un peu dans la situation de Monnet et des Nymphéa, par ex : il représente encore des figures reconnaissables, mais est tout proche de l'abstrait pur.

Bon, et puis votre histoire sur les filles, alors là j'y crois pas du tout. Même si je croyais au fait que je sois si formidable et tout et tout, je vous ferai remarquer que même Einstein était marié, alors hein, zut quoi.

Sinon, je suis navré, mais alors navré de ne pas comprendre cette problématique particulière de la résolution des accords chez Bach. Il ne me paraît pas y avoir de mystère particulier, monsieur Bach résout ses accords comme tout le monde, il me semble. Ou alors, si c'est un cours d'écriture que vous voulez, c'est mon blog que vous voulez couler !!!! ;o)

Bon, moi aussi je vous attends
de toute façon je ne parlerai de Bach que si vous vous montrez suffisamment par ici, na.
Oui c'est du chantage odieux.

>Anna : oui merci, c'est adorable ! Mais en même temps, nos lecteurs se recoupent pas mal je pense, donc... ;o)
Sinon, tu as raison, ce sont des choses qui restent dans un coin de la tête et qu'il faut relire. de toute façon, ce ne sont pas des choses qu'il faut COMPRENDRE, mais plutôt arriver à relier avec des faits musicaux concrets, c'est là la difficulté. Si un jour j'y arrive, je vous met du son...
Et donc, il faut écouter ! Je le redirai autant de fois qu'il le faudra : allez aux concerts !!!!!!

>Ardalia : si tu veux du Bach, désolé, hein, ça dépend de Clopine, maintenant... ;o)
Quant à schubert, j'aimais beaucoup étant petit, mais maintenant... Mouaif... À part ses fameuses mélodies qui tuent (premier thème de Rosamonde, premier thème de la 8ème symphonie, premier thème du mouvement lent du trio je-sais-plus-combien...), le reste est un peu trop dilué pour moi...
Bon, et puis j'arrête pas de vous répéter que Debussy c'est le meilleur, non mais qu'est-ce que vous venez me bassiner avec Bach à la fin !!!! :oD
commentaire n° : 18 posté par : Djac Baweur (site web) le: 23/09/2006 11:37:02
Les moments musicaux de Shubert, je ne sais pas si c'est "simple" dans la composition mais je trouve ça beau...
commentaire n° : 19 posté par : Anna (site web) le: 23/09/2006 11:56:12

moi aussi moi aussi !


sinon Djac , toute amitié garde,hé j'ai répondu sur Tra en fait en TROIS DOSES !


sinon Debussy c'est un fait est le meilleur ....après John Coltrane mais là je n'engage que mon moi , mon égo in voire même mon JE de l'égo !


bon ouiKen

commentaire n° : 20 posté par : cactus (site web) le: 23/09/2006 20:29:42

Merci, Djac, mais je suis un petit peu occupée en ce moment : vous allez me pardonner, j'en suis sure, puisque moi je vais vous pardonner d'etre irrésolu sur Jean-sébastien, d'accord ?


Bon, je vais vous dire ce qu'on va faire : on va attendre le nouvel an, vers minuit-une heure du matin, et on résolura l'affaire des accords à ce moment-là. Si c'est comme l'autre fois, ce sera passionnant et irrécupérable !


Bises


Clopine (j'ai réécouté le prélude à l'après midi d'un faune, c'est effectivement magnifique. Vous ne parlez pas de Satie : est-ce parce qu'il est plus "pianistique" ???

commentaire n° : 21 posté par : clopine trouillefou le: 25/09/2006 16:08:25
>Clopine : vous êtes toute pardonnée. Comment serai-je capable d'en faire autrement ?

Pour Satie, c'est d'abord parce que je suis pas plus fan que ça de sa musique, mais surtout parce c'est très particulier, un peu à-côté, quoi, et ça n'a rien apporté de fondamental du point de vue des courants musicaux et du langage, donc voilà.
Que ça ne vous empêche pas d'adorer !!!

Et si un jour, vous vainquiez vos préventions contre les mimiques de musiciens, et que vous vous offriez d'entendre le prélude en vrai, face aux musiciens, dont le souffle humain vous atteindrait directement, sans passer par des diodes et des transistors ???
commentaire n° : 22 posté par : Djac Baweur (site web) le: 25/09/2006 17:09:32

Vous touchez là une corde sensible, Djac (mais ça ne m'étonne pas de vous :>))  ) : j'ai peur de l'impudeur, parce que je la partage trop. Voir l'interprète interpréter, comme vous y allez ! C'est bien trop risqué : je  pourrais manifester bien trop scandaleusement mon enthousiasme... Il m'arrive la meme chose avec le théatre, et en général toute forme d'expression vivante. du coup, je ne vois que les mouvements de mèche, parce que je me planque derrière, évidemment.


Quand la création s'incarne, dans un corps je veux dire, je me sens toujours "voyeuse", impliquée dans un acte presque (non, je ne vais pas écrire le mot). Donc, j'évite.


Ou alors, d'accord, allons-y : un orchestre symphonique rien que pour moi. Ne pas avoir à partager avec le voisin-qui-tousse et la dame-qu-est-là-pour-se faire-voir. Pleurer bruyamment, et sans honte. Un reve, élitiste à l'extreme et que je ne suis pas sure de revendiquer pleinement.


Mais danser seule dans le salon, devant la chaine hi-hi,  avec le chat pour seul témoin, oui, évidemment, c'est bien plus facile. Notez d'ailleurs que l'hiver dernier, j'ai dansé devant une ligne de choux de bruxelles, parce qu'il avait givré et que le soleil sur les feuilles vertes, enfin bref. y'avait UN témoin, mon gamin de 11 ans, horrifié d'avoir une mère capable de danser à sept heures et demi du matin devant une ligne de choux. C'est vous dire que je dois y aller mollo. pour les émotions, je veux dire !!!!


Votre


Clo


 


 

commentaire n° : 23 posté par : clopine trouillefou le: 25/09/2006 20:24:55
", j'ai dansé devant une ligne de choux de bruxelles, parce qu'il avait givré et que le soleil sur les feuilles vertes, enfin bref."
=> j'ai fait bien plus de choses pseduodingues que vous, dans ce cas, clopine.
(mais j'ai pas de choux givrés en ligne, faudra que j'essaie:-) )

Et je comprends bien tout le reste....
commentaire n° : 24 posté par : mebahel le: 25/09/2006 20:44:59
Un peu de dinguerie dans la vie c'est indispensable... Surtout en cas de bonnes nouvelles ! Dans ce cas-là si je suis au boulot je vais danser dans les toilettes des femmes. L'autre jour la fenêtre était ouverte et j'ai eu droit à des regards éberlués, j'ai hésité entre le rougissement extrème et le fou rire !
commentaire n° : 25 posté par : Anna (site web) le: 26/09/2006 12:22:09
Pardon de débarquer dans la conversation... Ce blog me confirme une vieille idée : rien de tel qu'un praticien pour bien expliquer la théorie. Ces articles sont succulents - au sens premier du terme (non non, ce n'est pas cochon). Merci pour toute cette lecture.
commentaire n° : 26 posté par : brendufat (site web) le: 27/09/2006 09:07:40
le fou rire anna, le fou rire.

aller danser dans les toilettes des filles, excellente idée, vivement que je la mette en pratique.
comment ça "un petit détail", quel "petit détail" auquel je n'aurais pas pensé? ah, oui, bo, oh, de toutes façons les toilettes c'est nul, y'a pas d'ambiance.
commentaire n° : 27 posté par : arbobo (site web) le: 27/09/2006 10:50:18
Mésofête ? Ne serait-ce une contrepéterie, Clopine Trouillefou ?

Désolé...

rn2, direction saint-quentin
commentaire n° : 28 posté par : Christophe (site web) le: 27/09/2006 11:21:31
>Clopine : j'ai la solution. Prenez donc les places tout en haut, le plus haut possible. Comme ça, les gens de l'orchestre vous paraîtront tout petits, pas de danger de contamination humaine.
Ha, et puis on peut fermer les yeux, au concert, on est pas obligé de zieuter fixement.
Et pourquoi pleurer avec honte ? Enfin, quoi, vous faites des trucs pas possibles, mais pleurer au concert ça vous bloque ?
Ça les remettrait à leur place, les dames-qui-sont-là-pour-se-faire-voir, leur montrerait à quoi ça sert vraiment, la musique. Ce serait à elles d'avoir honte, de détourner la beauté à l'usage de leur seul nombril social.
Allez, quoi, Clopine.

>mebahel : dingue comme quoi ? Hein ? Hein ? On veut savoir !!

>Anna : genre Barry White ?

>brendufat : débarquez, débarquez !! Vous êtes le bienvenu, et je vous remercie du compliment.

>arbobo : quel gros dragueur, non mais vraiment, tous les moyens sont bons, tsss...
commentaire n° : 29 posté par : Djac Baweur (site web) le: 27/09/2006 11:34:01
"mais pleurer au concert ça vous bloque ?"
=> pas du tout :-)

"arbobo : quel gros dragueur"
=> tssss moi ce que ej pige pas c'est qu'il lui faille draguer, elles sont aveugles les nanas, ou quoi?
je vais lancer une opération distribution de lunettes pour filles-qui-savent-pas-voir-les-super-zhoms-à-pas-rater.
Oui ton altesse , ça pourrra aussi te servir ;-)

"mebahel : dingue comme quoi ? Hein ? Hein ? On veut savoir !!"
=> ouhlà.mmmhh.c'est vraiment entre moi et moi.
Parfois entre mes chats qui me regardent d'un air impavide (elle est dingue mais on a l'habitude) et moi.
Voire entre les minots et moi. 'maicresse, t'es un peu trop rigolote, là, hein?'
C'est "entre" quoi.
en somme... in an Other World....
commentaire n° : 30 posté par : mebahel le: 27/09/2006 11:45:24
Alors moi, je dis merci! Dimanche soir, 19h et des poussières, moment forcément un peu pourri, j\\\'erre sur internet (la fonction la plus apprauvissante du web, meubler des moments où on a la flemme de faire quelque chose de sa vie) en écoutant...bon, inutile de dire en plus ce que j\\\'écoutais comme musique, c\\\'est pas franchement en mon honneur...et puis, là, paf, Debussy! Jusqu\\\'à il y a quelques quarts d\\\'heures, quand on me disait \\\"debussy\\\" (bon, on me dit rarement comme ça, \\\"debussy\\\" de but en blanc mais on sait jamais) je pensais invariablement et immédiatement et malheureusement à Mme girard, la prof de piano de mes 6 à 9 ans qui avait l\\\'habitude de poser ses (forts chères) lunettes de vue en verre et paillettes sur mon poignet pour me forcer à le garder bien rond au risque de les exploser sur le carrelage glacé et de m\\\'en prendre une (et dieu sait que la tentation était grande, une sorte de choix de Sophie junior pour traumatisés de la méthode rose!) ; Eh ben, maintenant que j\\\'ai lu consciensement les 4 pages, déjà, je penserai Djac, et déjà c \\\'est bien et en plus, je crois que j\\\'ai compris la majorité des explications, et que si j\\\'en fais 1 ou 2 fiches je pourrai même carrément briller en société. Voire passer les éliminatoires de question pour un champion haut la main? Ouh lala, tout ça! merci Mr B!
J\\\'ai aussi un avis très tranché voire dangereusemnt polémique sur les cornichons, mais ce moment de culture m\\\'a donné envie d\\\'aller reparler à mon piano, alors je vais sauter sur l\\\'occasion...
et est-ce que tu crois que tu saurais m\\\'expliquer pourquoi, quand j\\\'écoute Pergolese, ça me fait tellement pleurer?
Et est ce que j\\\'ai le droit de continuer à jouer des impromptus de shubert, parceque je trouve ça très beau aussi qd même...
Et d\\\'écouter des chansons francaises mélodiquement pauvres, dis, dis, j\\\'ai encore le droit, djac?
commentaire n° : 31 posté par : clémence le: 22/10/2006 20:29:46
Hé ben heuuuu.
Il se trouve que Debussy a écrit des mélodies, justement (beaucoup, mais en particulier : les Proses Lyriques).
Donc, c'est des chansons françaises, dans un sens...

Ça te va comme réponse ?

Non, hein ?

(Sérieusement, on a bien le droit d'écouter ce qu'on veut, hé ho. Simplement, chaque type de musique répond à une fonction différente, selon l'humeur, le moment, et tout, et pis voilà).

Pour Pergolèse, je suis moins compétent, mais de toute façon, entre expliquer comment la musique est fabriquée, et tenter de savoir pourquoi ça émeut, il y a un gouffre monumental que je ne saurais franchir. C'est bien une problématique de l'Art en général.
Je sais bien qu'on me prête (bien malgré moi) des vertus miraculeuses et des dons incroyables, mais au risque de décevoir tout le monde, ya des trucs que j'oserai sûrement pas aborder, comme ça, vite fait, parce que j'en sais rien du tout.
Alors que j'en connais qui pourrait faire ça très bien, mais qui sont persuadée que non (n'est-ce pas Prez' Mebahel... ;o)

Cela dit, de savoir que je t'ai redonné l'envie d'aller voir ton piano est le plus beau compliment qu'on puisse me faire. Merci, vraiment.

Éclate-toi bien clémence !!! Et merde à Mme Girard !!

Ha, et sinon, ton avis sur les cornichons m'intéresse vivement.
Ha ha ha, j'attend tes piètres arguments de pied ferme !
;o)
commentaire n° : 32 posté par : Djac Baweur (site web) le: 22/10/2006 21:43:30
Les émotions se portent sur des représentations ou des affects.
Donc aussi des sensations.
Chacun-e de nous a une histoire singulière qui fait qu'un assemblage de note ou couleur de son lui mettra en train un réseau particulier de réactions, qu'on voie cela d'un niveau neurobio, cognitif ou psycho/psycha.
Ce qui fait pleurer à un moment de la vie peut ne se résoudre qu'en indifférence plus tard ou en rire... tout évolue et c'est heureux :-)

De même pour les odeurs: tout aussi volatiles que les vibrations sonores, les odeurs portent des affects représentations et donc... émotions ...
On n'est pas rendu-e-s ;-)
commentaire n° : 33 posté par : mebahel le: 22/10/2006 23:41:36
Clémence, au gré des comms chez Arbob, au sujet d'un article qui n'était pas consacré à ça, Stefan nous a orienté vers une discussion sur ces musiques qui nous font pleurer (http://arbobo.over-blog.com/article-4196324-6.html#anchorComment).
Dans ma liste, j'y citait notamment Pergolese, qui me met parfois dans des états hygrométriques supérieurs à 97%. Des 4 versions que j'ai, celle par René Jacobs et Stephane Hennigqiu débutait à l'époque est la plus incroyablement décirante et lumineuse (chez Harmonia Mundi).
J'aimerais bien justement redébattre de musiqe et chialerie, avoir des éléments. Mebahel va me faire tourner bientôt un texte que je vous synthétiserai sur l'aspect neurobiologique de la question (pourquoi certains stimuli nous font pleurer). Mais je crois que j'attendrai la contribution d'Arbobo sur le sujet, puisqu'il a promis d'y revenir.
En tout cas, bienvenue au club lacrymo-musical, avec une motivation des plus belles, Pergolese.
Quant à cette madame Girard, si elle reste encore aussi méchante après le passage de Djac, qui lui fera sûrement goûter sa recette des genoux aux pruneaux de 9mm, je serai prêt à prendre la suite pour lui faire avaler tout mon Czerny.

w2z
commentaire n° : 34 posté par : Christophe (site web) le: 22/10/2006 23:41:43
ouhla.. ce que je vais t'envoyer ne me paraît pas utilisable en ce sens.
Misère... va falloir que je m'y penche un peu plus pour te trouver un truc qui correspond mieux ...
Le stabat mater de pergolèse... encore un tube de mon adolescence....
commentaire n° : 35 posté par : mebahel le: 22/10/2006 23:43:49
Boiudiou oui parce que je réalise qu'il faudrait aussi se pencher sur la construction des différentes mémoires (oui on en a plein des pas pareilles ;-) ) et la manière dont elles sont sollicitées .
Rha.
Bon tu veux pas apsser ici Christophe, ça ira plus vite?
;-)))
commentaire n° : 36 posté par : mebahel le: 22/10/2006 23:48:42
> Bon tu veux pas apsser ici Christophe, ça ira plus vite?
pas d'accord, moi aussi je veux savoir. J'ai lu quelquepart un long article sur lequel je reviens régulièrement et je veux en savoir plus.

Alors au boulot la prez'  ;-)

bon alors maintenant il faut commencer une lecture chez Djac, et la finir plus tard chez Arbobo... ça devient compliquééé :-)
commentaire n° : 37 posté par : rififi le: 22/10/2006 23:59:26
prez powned :pp
commentaire n° : 38 posté par : mebahel le: 23/10/2006 00:01:54
Felicitations pour ce blog très riche, et particulièrement pour la serie sur Debussy ! 

Bravo et Encore! ;)
commentaire n° : 39 posté par : Arpeghju (site web) le: 21/05/2007 22:02:18
Merci Aprugh... Aperjuh... Argpeghu... Arghjppgjphu...
Rhaa zut ! :o)
commentaire n° : 40 posté par : Djac Baweur (site web) le: 22/05/2007 00:38:18
Enfin quelqu'un qui explique tout ça, sans prétention, mais avec précision, rhâââh, la vache, ça fait du bieeeeen !!!

Je ne me suis jamais beaucoup intéressé à la mélodie. Pour moi, les éléments les plus importants sont timbres, harmonies et rythmes. Ce qui a fait de moi un passionné du rock appelé aujourd'hui "progressif", en particulier celui du Genesis d'avant le départ de Steve Hackett (qui a dit "de Peter Gabriel" ?). Et un grand fan de Debussy. Mais par contre, un contempteur de Mozart (oui, je sais, c'est mal, c'est très mal, que dis-je, c'est LE Mal). Il était sûrement très audacieux à son époque, c'était probablement un garçon infiniment plus sympathique que Debussy (ce qui n'est pas difficile !) mais aujourd'hui, à mes oreilles, son style est radoteur, précieux, maniéré et prend d'innombrables précautions oratoires pour à l'arrivée n'énoncer que ce qui est à mes oreilles une lapalissade, une platitude, pour enfoncer une porte ouverte, quoi. J'en demande pardon à Desproges, Mozart m'étouffe, me rend méchant, même.

Alors que Debussy... Il a tellement de choses à dire qu'il ne prend généralement pas le temps de répéter quoi que ce soit. Combien de fois ne m'est-il pas arrivé d'avoir envie de lui dire "eh, mais c'est excellent, ça, je n'ai pas bien entendu, redis-le un peu, s'il te plaît !", mais lui, tu parles, il était déjà quelques dizaines de kilomètres plus loin. C'était un homme détestable, au point d'arriver à se brouiller avec Satie ('fallait le vouloir, pourtant !), mais je suis né 40 ans après sa mort, je n'ai donc pas eu à souffrir de son épouvantable caractère et en revanche, je puis jouir à foison de son oeuvre incomparable.

Mes préférés :
1) Prélude à l'après-midi d'un faune, GRAND premier. Je me refuse à associer l'oeuvre de Debussy en général et cette oeuvre-là en particulier à l'impressionisme. Plutôt à l'Art Déco, alors, s'il faut absolument associer. Le discours musical du Prélude à l'après-midi d'un faune me paraît beaucoup plus précis ("plus léché", diront les détracteurs) que le discours pictural des impressionnistes, en revanche, je le trouve assez proche du "discours" (si l'on peut dire) architecural d'un Horta (et je ne dis pas ça parce que je suis belch').
2) La Mer.
3) Tout son répertoire pour piano.

Merci d'énoncer ce discours musicologique de façon aussi précise (j'avais fini par y renoncer) et avec humour. Je viens de découvrir ce blog et je viens de vivre un grand, un très grand moment. Merci (au risque de me la jouer Hector Obalk !).
commentaire n° : 41 posté par : Wineblood (site web) le: 14/10/2007 03:28:19
>Wineblood : Alors là, voilà typiquement le commentaire qui fait plaisir ! ;o)
Il faut savoir que le pédantisme est chose répandu dans le monde de la musique classique, mais ce n'est pas le fait des musiciens eux-mêmes : plutôt des gens qui parlent autour de la musique. Qui ont amassé des connaissances comme on collectionne les papillons, qui sont en pâmoison devant les stars et qui aiment à faire sur la musique des phrases fort lyriques mais vides de sens... Le résultat étant que ce monde-là reste fermé à beaucoup qui voudraient aborder le classique de manière plus simple, plus directe, plus humainement proche, quoi...
J'essaie, autant que je peux y faire sur un petit blogounet, de montrer une autre facette du classique.

Tu es sévère avec Mozart ! Je pense que tu as en fait une dent contre le style classique plus généralement (fin XVIIe), qui est un style qui contient en effet beaucoup de tournures "obligées" et d'effets de rhétorique convenus. Là où Mozart est quand même très fort quand il s'y met, c'est qu'il arrive à non seulement passer sur ces conventions avec grâce, mais il y rajoute des trucs qui, bien que respectant les canons classiques, sont assez spéciaux (pas forcément dans toutes les œuvres, cela dit. Mais l'introduction du quatuor des dissonances, ou le premier mvt d'un des deux derniers quintettes à deux altos - je me souviens plus lequel -, ou son adagio et fugue, le deuxième mvt de la symphonie concertante, etc, contiennent des choses assez ébouriffantes en rapport avec le style de son époque...).

"qu'il ne prend généralement pas le temps de répéter quoi que ce soi" : ça c'est pas tout à fait vrai... Une des caractéristiques d'écriture de Debussy, c'est qu'il répète très souvent en double ce qu'il vient d'énoncer. Certains ont pu même y voir une faiblesse (les tenants purs et durs du sérialisme) ; moi je trouve au contraire que c'est très habile, car sans cela sa musique aurait si peu de repères bien souvent qu'on serait perdu. Avec ce truc tout simple, il fixe des points de repères qui rassurent et ne nous laissent pas paumés... ;o)

D'après mes souvenirs, je suis pas certain que Satie fut très très abordable non plus... Et puis, bon, tout plein de jolies intuitions que soit capable Satie, Debussy est tout de même un grand maître à côté, qui devait s'agacer de voir l'autre prendre si souvent la musique pas au sérieux. Un jour, Debussy avait conseillé à Satie de faire un peu plus attention à la forme (l'architecture) de ces pièces : et Satie d'écrire les "morceaux en forme de poire"... :o)
Mais Debussy n'était certes pas très sympathique : quand il se fout de la tentative de suicide d'une de ses conquêtes... Ou qu'il défend la France en termes patriotiques assez inquiétants...

Mais quoi qu'il en soit, de toute façon c'est la musique elle-même qui m'intéresse, les notes écrites sur la partition et les beaux rêves qu'elles suscitent !

La notion d'impressionisme concernant Debussy est c'est vrai un peu facile, dans le sens où il faudrait savoir ce que cela recouvre. Je ne m'y connaît pas assez dans les différents courants de peinture, mais toutefois certains traits me semble justifier le qualificatif d'impressionisme.
Tout d'abord, dans certaines œuvres (je pense notamment au deuxième mvt de La Mer), il juxtapose de courts motifs musicaux (des "touches") les uns à côté des autres, ce qui génèrent une forme d'ensemble : on est proche de la technique picturale des peintres.
Cela dit beaucoup de pièces ne sont pas composées ainsi. Le rapport avec l'impressionisme reste alors justement dans ce terme : impression. Debussy ne cherche pas à composer une pièce au sein de canons établis, avec les moyens classiques établis et répertoriés, des mélodies qui se découpent sur un accompagnement, etc... Il cherche plutôt à fixer l'impression d'un instant, et pour cela passe par pertes et profits les canons établis (la tonalité et la forme sonate, pour ne pas les nommer). D'après ce que j'ai cru comprendre vaguement de l'impressionisme, c'est le même genre de démarche, tout de même.

Et je rappelle l'existence de "Jeux", œuvre peu mise en valeur et peu jouée, alors que c'est pourtant musicalement celle qui est le plus étonnante et qui va le plus loin dans la révolution debussyste...
;o)
commentaire n° : 42 posté par : Djac Baweur (site web) le: 14/10/2007 15:17:14
Erratum : le style classique, c'est fin XVIIIe, il manque un bâton dans mon comm ci-dessus.
commentaire n° : 43 posté par : Djac Baweur (site web) le: 14/10/2007 15:27:11
Effectivement, dans "La Mer", on peut y voir de l'imressionisme. Mais les phrasés du "Prélude à l'après-midi d'un faune" me paraissent trop précis pour pouvoir être assimilés à l'impressionisme. Pour les "trois morceaux en forme de poire", je m'en souviens. Il paraît que quand Debussy avait demandé à Satie son avis sur "De l'aube à midi sur la mer", il aurait répondu "j'aime beaucoup, en particulier ce petit passage vers midi moins le quart"... Mais bon, c'est à confirmer ! :-)

Sévère avec Mozart ? Je ne porte pas de jugement de valeur, j'exprime ce que je ressens quand je l'écoute et ce m'est vraiment très pénible. Mais peut-être aurais-je en effet la même impression d'étouffement avec le style classique fin XVIIe en général (j'avoue ne pas être très tenté  par l'expérience, la vie est courte)...

PS : Dans certains forums, on m'a (précisément) taxé de pédantisme quand je disais ne pas aimer Mozart. Vraiment, ce sont des choses qu'on ne devrait pas avoir l'arrogance d'avouer publiquement ! :-)
commentaire n° : 44 posté par : Wineblood alias machin ! :-))) (site web) le: 14/10/2007 18:15:05
Allons bon, et moi de répéter le "XVIIe", sans recouper l'info, bbbbbbbbbbbbêêêtment, non mais c'qu'il est bbbbbbêête, ce Wineblood ! :-)))
commentaire n° : 45 posté par : Wineblood alias machin ! :-))) (site web) le: 14/10/2007 18:17:38
>Wineblood : "on m'a (précisément) taxé de pédantisme quand je disais ne pas aimer Mozart"

"Pédantisme : 1 - Personne qui fait avec insistance étalage d'un savoir, d'une culture, d'une érudition, d'une spécialisation souvent superficiels, fraîchement acquis ou exclusifs.
2 - Personne qui se mêle de faire la leçon à tout le monde, qui prend un ton doctoral.
Qui fait lourdement étalage de son savoir, de sa culture, de son érudition. "

Le pédantisme est bien plutôt présent dans ceux qui encensent Mozart comme le plus grand génie de la musique blablabla, qui vont en faire des tonnes sur la légèreté et la finesse et chaipasquoi, et qui vont encenser telle ou telle interprétation ou descendre telle autre parce que ça respecte pas "l'esprit mozartien"... alors qu'ils ne savent pas ouvrir une partition pour regarder comment c'est fait, et qu'ils n'ont aucune idée de ce qui est vraiment bon chez Mozart.
Et ce sont souvent les mêmes qui n'exprimeront jamais, humblement, avec des mots simples, humainement, des émotions, de l'imagination, etc... sinon par des mots sublimes et forcément transcendants. Et ça m'éneeeeeeerve... ;o)

Ne pas aimer Mozart, à moins de l'exprimer et de l'afficher de manière provocante pour faire genre, hé bien c'est juste le droit de n'importe qui, génie ou pas génie. Moi, je suis pas un grand fan de Mozart, même si de temps en temps ça me rafraîchit de manière délicieuse (on a déchiffré la symphonie 35 récemment, et je me suis surpris, à la fin du 1er mvt, à penser : "merci Mozart"...).

C'est quoi tes forums, là, que je viennent leur montrer de quel bois je me chauffe ? ;o)

Pour Debussy et la peinture, je n'ai pas de réponse assurée... (de toute façon, ne dit-on pas comparaison n'est pas raison ?). Intuitivement, comme ça, en évoquant le Prélude, me vient le fauvisme en tête, mais je ne sais pas du tout si je dis une connerie ou pas du tout..; ;o)
commentaire n° : 46 posté par : Djac Baweur (site web) le: 14/10/2007 18:39:59
C'est la définition de pédant, et pas de pédantisme, que je donne... (chui encore allé trop vite).
Sinon, j'y pense, l'anecdote sur Satie et midi moins le quart, je la confirme, je l'ai déjà entendue ! ;o)
commentaire n° : 47 posté par : Djac Baweur (site web) le: 14/10/2007 18:44:07
>Djac Baweur C'est quoi tes forums, là, que je viennent leur montrer de quel bois je me chauffe ?

Ouille, ça j'ai oublié !!! Il y a des choses plus importantes à retenir ! ;-)
commentaire n° : 48 posté par : Wineblood le: 14/10/2007 19:17:14
J'adore aussi Debussy, je crois que ça a été un des grands chocs musicaux quand j'ai entendu les Préludes pour piano en entier, j'ai du les écouter une dizaine de fois de rang avec un plaisir immense. Je ne sais pas pourquoi j'ai mis plus de temps à accrocher à ses oeuvres pour orchestre, peut-être que je suis froid comme un serpent et que la sonorité dépouillée du piano me convenait, avec ces harmonies qui s'enchaînent de façon super claire, alors qu'avec l'orchestre, il y a avait trop de sonorités, trop de choses pour mes petites oreilles.

La dernière chose qui m'a résisté, c'est son opéra Pelleas et Melisande, il a fallu que je me force, mais récemment j'ai eu le déclic et je me demande si ce n'est ce que je vais préférer de Debussy. Enfin, faut dire que je suis du genre à toujours trouver la dernière chose que j'ai entendu comme la plus géniale qui déchire tout et tout par rapport au reste.

Et quand je suis frustré de ne plus avoir assez de Debussy, j'écoute du Toru Takemitsu, un japonais debussyste (oui, ça existe) dans certaines de ses oeuvres il est dans la lignée. Rain coming, Archipelago S, son requiem pour cordes, Tree Line, How slow the wind : ces morceaux sont la plus belle musique qui a jamais été écrite de tous les temps de l'univers et même avant et à côté. Si si.

Et si vous en avaez pas encore assez de musique du style, il faut écouter Henri Dutilleux, c'est aussi magnifique et on reste dans la même famille.

Enfin, je dis ça, je ne voudrais pas saccager tout le génial boulôt de Djac pour attirer du monde à sa musique et proposer des choses trop difficiles, mais si vous aimez Debussy il faut absolument écouter tout ça, je ne crois pas qu'on puisse ne pas aimer !


commentaire n° : 49 posté par : Morloch le: 01/12/2007 00:45:10
>Morloch : tiens, c'est rigolo que tu mettes Debussy sur le tapis, parce que justement je suis en plein dedans (teasing, teasing, hu hu...).
Takemitsu il est tellement debussyste qu'il a composé un trio flûte/alto et harpe que j'aimerais bien jouer un jour...
Par contre, moi, c'est Dutilleux à qui j'accroche pas : j'arrive pas à y trouver un sens, les notes glissent sans que j'arrive à les relier entre elles, je sais pas bien pourquoi.
commentaire n° : 50 posté par : Djac Baweur (site web) le: 01/12/2007 11:00:06

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