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10 septembre 2006 7 10 /09 /septembre /2006 22:23
    Je sais pas vous, mais moi la foule, ça me saoule, comme les moules Raoul (que les moulophiles se rassurent, je déconne, c'est pour la rime. Oui, toi aussi Raoul, laisse tomber).

    La foule, c'est comme une espèce de genre de grosse bête à mille têtes (et le double de pattes, logiquement), dans laquelle vous n'existez plus en tant qu'individu. Et dans la foule, les gens, ils deviennent abrutis.
    Non mais si, je vous assure, un jour que vous êtes dans une foule, prenez juste un peu de recul, et regardez autour de vous. He ben vous verrez, les gens sont totalement dingues. Complètement barrés. Ils ne sont plus comme d'habitude, ils se mettent à faire des trucs bizarres, comme parler très fort, voire crier à tue-tête, voire hurler tout court, les yeux excités et le feu aux joues (j'ai bien dit : aux joues).
    Ils se mettent à ne plus avoir le moindre des bon-sens, à être prêts à faire des choses qu'ils n'auraient jamais faites s'ils avaient eu toute leur tête comme d'habitude quand ils sont tout seul (quoique... Mais enfin, admettons, pour les besoins de la démonstration).
    Plongé dans la foule, Dr Jekyll devient Mr Hyde.
    C'est que les gens, ils se dissolvent dans la foule. Ils ne s'appartiennent plus, ils font corps avec une entité plus large qui les dépasse, ça entre en résonance, ça interagit et ça s'agite comme des électrons dans une casserole sur le feu, sans s'en apercevoir, et cela provoque finalement un effet similaire à celui qu'on obtient en ingérant des quantités non négligeables d'alcool. L'ivresse de la foule, en quelque sorte.
    Et le problème avec la foule, c'est que du coup vous êtes pris au piège. Vous devez faire comme tout le monde. C'est obligé, sinon vous êtes rien qu'un gros naze, une grosse nouille, un chiant, un asocial, un être bizarre limite malade mental, un peu comme un chanteur spécialisé dans le répertoire grégorien qui se retrouverait catapulté à la Star-Ac.

    D'ailleurs, cet effet, pour l'obtenir, au moins en réduction, pas besoin forcément d'une véritable foule constituée et tout et tout.
    Il suffit simplement d'un groupe, voyez, d'un bon petit groupe banal, mais attention hein, pas un groupe avec que des gens qui se connaissent super bien d'avant hein, la bande de potes, sinon c'est pas du jeu, non un groupe avec des gens quoi, style, au hasard, un orchestre constitué à l'occasion de concerts en province.
    Je dis, «en province», non pas pour vexer les péquenots, mais parce que ça implique voyage en train, voyage en car, répartition des chambres à l'hôtel, et tout le bazar, voyez, ça met l'accent sur le côté «groupe» en faisant référence aux grands classiques du groupe, les incontournables groupaux, quoi.

    Hé bien dans un groupe, malheur à celui ou celle qui a une personnalité originale, disons, genre le Gentil Intello Solitaire, pour prendre de nouveau un exemple totalement au hasard.

    Parce qu'il faut bien voir qu'un groupe, et particulièrement un orchestre constitué à l'occasion d'un concert en province, est essentiellement constitué de deux catégories :
1 - Les mecs super à l'aise, bien dans leurs baskets en toute occasion, et qui balancent vanne sur vanne avec une aisance déconcertante ;
2 - Les jolies filles, qui rigolent aux vannes susnommées (je sais, dans «susnommées», il y a «nommées», mais c'est vous qui avez l'esprit mal tourné, bande de polissons).

    A citer, évidemment, une extension de la première catégorie : les gros lourds, qui s'imposent à tout le monde sans demander leur avis à qui que ce soit, qui parlent fort et arborent avec fierté et sans vergogne toute la panoplie du parfait abruti. L'extension de la deuxième catégorie s'incarne, quant à elle, dans la pétasse méprisante, et qui, et c'est là que la nature est bien faite, a généralement et tout naturellement un faible pour les gros lourds susdécrits (bon, deux fois ça commence à bien faire, un peu de tenue que diable).

    Et donc, à part ces deux catégories et leur extension afférente (mais quasi-obligée dans un orchestre constitué à l'occasion d'un concert en province), le groupe est tant bien que mal composé de bouche-trous, se répartissant d'une part en ceux qui aimeraient être des mecs super à l'aise qui balancent vanne sur vanne avec une aisance déconcertante et qui donc s'accrochent comme ils peuvent aux mecs super à l'aise qui balancent vanne sur vanne avec une aisance déconcertante pour essayer de faire comme eux, et, d'autre part, en celles qui aimeraient être des jolies filles mais qui rient quand même aux vannes des mecs super à l'aise qui balancent vanne sur vanne avec une aisance déconcertante pour essayer de retenir l'attention comme elles peuvent.
    Et puis il y a le cas social, le rétif à tout embrigadement groupal, le cas désespéré et congénital du Gentil Intello Solitaire, le GIS.

    Dont le principal problème en vérité réside dans le fait qu'il rêverait de pouvoir faire rire les jolies filles, c'est-à-dire d'être un gars super à l'aise qui balancent vanne sur vanne avec une aisance déconcertante.
    Mais bon, ces choses-là, c'est génétique, c'est pré-programmé.
    Quand les vannes viennent pas, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise, elles viennent pas, hein, le truc pour les vannes, si vous êtes pas né avec, laissez tomber, vous allez vous vautrer, comme durant ces grands moments de solitude qui suivent immédiatement votre soi-disant vanne à laquelle vous aviez pourtant sérieusement cogité et que, très appliqué, vous avez sorti avec la conviction de faire un tabac, vanne que succède inéluctablement un blanc de quelques loooongues secondes, au cours desquelles les mecs super à l'aise qui balancent vanne sur vanne avec une aisance déconcertante réfléchissent à toute allure pour embrayer sur un autre sujet, l'air de rien, comme s'il ne s'était rien passé, pendant que les jolies filles regardent dans leur assiette (si on est à table, par exemple).

    Oh, ce n'est pas que le GIS soit bête.
    Un mou de l'encéphale.
    Un lent du bulbe.
    Non.
    Simplement, il n'a pas la configuration mentale de tout le monde, la configuration habituelle, vendue avec les modèles de base, et de ce fait, n'arrive pas à suivre les conventions que tous les autres semblent connaître de manière innée. C'est un peu comme si vous aviez bidouillé votre propre système d'exploitation d'ordinateur : même les adeptes du Mac vous regarderaient avec un drôle d'air, les utilisateurs de PC n'ayant pas même conscience que vous existez (chaque fois que vous entreriez de nouveau dans leur champ de vision quelques minutes après l'avoir quitté, quelque chose leur dirait vaguement que vous ne leur êtes pas complètement inconnu, mais d'où ?).
    Le GIS a toujours un temps de retard sur les vannes, et s'il a un truc ultra-drôle qui lui vienne à l'esprit, c'est le soir venu, quatre ou cinq heures plus tard.
    Du coup, le GIS ne sait jamais sur quel pied danser.
    Quand il apparaît naturel au groupe de faire ceci, le GIS pensait justement faire cela.
    Du coup, les jolies filles elles viennent pas s'asseoir à côté du GIS dans le car. Elles préfèrent les gars qui... enfin bon vous voyez lesquels.
    Ha oui, parce que le truc comme quoi les filles elles sont attirées par la beauté de l'âme, par les doux timides, par la richesse intérieure et tout ça, alors là, tout GIS qui se respecte vous le dira, c'est totalement du bidon, c'est bon pour les feuilletons américains pour ado, ha ha ha, laissez-moi rire.

    GIS peut-être, mais pas couillon, non plus.

    Moi, quand tout le monde veut aller se faire dorer sur la plage, j'aurais envie de me les geler à la montagne.
    Quand tout le monde veut aller s'éclater en boîte, j'aurais envie de manger du saucisson avec un bon vin le cul dans l'herbe.
    Quand tout le monde veut aller se faire dorer sur la plage (je répète le truc, parce que c'est quand même une idée fixe, cette histoire de plage, faut avouer, et j'arrive toujours pas à comprendre pourquoi, et je crois que je comprendrai jamais), j'aurais envie de rester tranquillement à la maison lire un bouquin ou chaipaquoi.

    Ben quand vous êtes en groupe, allez donc essayer de vous expliquer, et de vous faire comprendre, tiens.
    Et puis, d'un coup, quand je suis avec mes vrais potes, sans filles que je connais pas aux alentour, quand je suis en forme, voilà que je deviens une mec super à l'aise qui balance vanne sur vanne avec une aisance déconcertante.
    A la Clark Kent, quoi.

    Bref, les groupes ça me broute moumoute, la foule ça me saoule Raoul.


    C'est bon, Raoul, tu peux te rasseoir, t'es fatigant aussi.

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commentaires

Sarah 07/08/2012 15:24


à mourrir de rire ^^ !

mebahel 29/10/2007 19:42

"pour exprimer un peu la même chose"heu, vraiment très peu :-)

Catgeisha 29/10/2007 19:26

Ah...je suis juste tombée dessus par hasard, sur un forum, et c'était défini comme un gentil romantique solitaire...et là tilt..3 lettres...AFC...GIS...Je trouvais juste le "jeux de mots" (ou jeu de lettres en l'occurrence) rigolo, 3 lettres pour exprimer un peu la même chose...ça n'allait pas plus loin ;-)

Djac Baweur 29/10/2007 15:20

Je précise, au passage, que le GIS n'est pas une catégorie, mais une figure de rhétorique pour me nommer, moi, personnellement, myself en personne. En effet, je n'aime pas beaucoup les catégories ni les cases, qui ne permettent pas de se remettre en question de manière constructive, de part et d'autre (celui qui est mis dans la case, celui qui l'y met). Le GIS, c'est-à-dire moi, cherche à avancer, et n'a pas du tout envie d'être un éternel gentil.
Du reste, il n'est pas question seulement de séduction à propos du GIS, (et pas du tout de romantisme).
Du coup, c'est vrai que je me demande : mais que nous vaut donc le retour du GIS, assorti de cet étrange vocable pas très net ?

Mebahel 29/10/2007 10:43

Tout pareil qu'Anna, là....

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