4 septembre 2006
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11:42
Ma vie de petit garçon fut d'une austérité draconienne, une vraie vie de moine, un ascétisme à faire pâlir d'envie le plus assidu des cisterciens radicaux de la branche
canal-historique.
Rendez-vous compte : un chocolat au lait Banania le matin (et encore je détestais les peaux du lait, vous savez cette espèce de truc dégoûtant sur le lait qui a bouillu, à ce souvenir encore tous mes sens se révulsent, my dear !), deux yahourts natures au dessert à midi et le soir.
Pas de bonbons.
Pas de Kinder surprise.
Peu de chocos BN.
Quelques carrés de chocolat.
Bref, une sobriété sucrière rarement atteinte hors des campements esquimaux, ou des tribus amazoniennes les plus reculées.
Un jour, forcément, en grandissant, ça devait craquer. Le corps, privé des gourmandises les plus élémentaires, allait réclamer son dû.
Un jour, donc, je ne sais plus comment, la matière coupable, oncteuse et noisettée d'une célèbre pâte à tartiner vint à effleurer mon palais.
Ce fut une révélation, telle celle du novice recevant l'hostie, qui se transmua aussitôt en une addiction forcenée que rien n'a jamais plus démenti.
Alors que les méfaits de la nicotine et son effet de dépendance sont étudiés et dénoncés à juste titre par de nombreuses équipes scientifiques et médicales, quel laboratoire se penche sur les effets du Nutella sur le cerveau? Quelle mystérieuse nutellendorphine envahit le cerveau du nutelladdict pour le forcer à, tous les matins, consommer sa tartine ?
J'ai eu des périodes au cours desquelles la seule chose qui me donnait le moindre des courages de me lever et de me désincarcérer de ma couette le matin était la douce perspective de ma tartine et subséquemment de mon shoot de Nutella. C'est grave, non ? My god ! Quelle déchéance. Mon front ploie sous ma honte.
Si tant est qu'un front soit en mesure de ployer.
Hoo j'ai bien essayé de m'arrêter, en essayant les tablettes de chocolat, les patchs au miel ou à la confiture, mais rien n'y fait, toujours je reviens à ces pots marrons tant convoités.
Pour vous faire une idée, un pot familial (750g) ne me fait pas la semaine. Quand, par surcroît, j'ai eu l'insigne faiblesse de laisser le pot se refroidir au réfrigérateur juste à la bonne température afin que l'aliment tartinophile se fige à point pour devenir une sorte de pâte épaisse qui fond dans la bouche dans des délices extatiques et orgasmiquement noisettés, je suis alors capable dans mes plus mauvais jours d'ingurgiter la moitié du pot en quelques heures seulement.
Mon Dieu pardonnez-moi car j'ai péché.
Ô matins mornes et cruels quand, au sortir d'une nuit douillette et profonde, deux secondes après l'éveil et l'habituelle remise en fonctionnement des connexions cérébrales, l'horreur se fait jour brutalement, sans préparation, comme une vérité insoutenable qui vient fouetter votre être fragile et ballotté dans ce monde brutal et sans pitié pour le pauvre hère nu et sans défense auquel nulle main secourable ne viendra apporter le moindre réconfort : «meeeerde ya pus de Nutella !!!».
Dur.
Or, vous n'êtes pas sans savoir que les cellules constitutives de chacun de nos organes, sexuels ou autres, sont exclusivement composés à partir de la matière première qu'on apporte à notre usine corporelle chaque jour, c'est-à-dire de ce qu'on bouffe.
Dès lors, lorsque vous aurez, peut-être, si ça trouve, avec un peu de chance, l'honneur de vivre ce moment mémorable et stupéfiant consistant à me serrer la main ou à me faire la bise, alors vous serez en mesure de vous dire que vous saluez un homme exclusivement fabriqué en molécules de Nutella.
Bon sang, ça fout la trouille.
Rendez-vous compte : un chocolat au lait Banania le matin (et encore je détestais les peaux du lait, vous savez cette espèce de truc dégoûtant sur le lait qui a bouillu, à ce souvenir encore tous mes sens se révulsent, my dear !), deux yahourts natures au dessert à midi et le soir.
Pas de bonbons.
Pas de Kinder surprise.
Peu de chocos BN.
Quelques carrés de chocolat.
Bref, une sobriété sucrière rarement atteinte hors des campements esquimaux, ou des tribus amazoniennes les plus reculées.
Un jour, forcément, en grandissant, ça devait craquer. Le corps, privé des gourmandises les plus élémentaires, allait réclamer son dû.
Un jour, donc, je ne sais plus comment, la matière coupable, oncteuse et noisettée d'une célèbre pâte à tartiner vint à effleurer mon palais.
Ce fut une révélation, telle celle du novice recevant l'hostie, qui se transmua aussitôt en une addiction forcenée que rien n'a jamais plus démenti.
Alors que les méfaits de la nicotine et son effet de dépendance sont étudiés et dénoncés à juste titre par de nombreuses équipes scientifiques et médicales, quel laboratoire se penche sur les effets du Nutella sur le cerveau? Quelle mystérieuse nutellendorphine envahit le cerveau du nutelladdict pour le forcer à, tous les matins, consommer sa tartine ?
J'ai eu des périodes au cours desquelles la seule chose qui me donnait le moindre des courages de me lever et de me désincarcérer de ma couette le matin était la douce perspective de ma tartine et subséquemment de mon shoot de Nutella. C'est grave, non ? My god ! Quelle déchéance. Mon front ploie sous ma honte.
Si tant est qu'un front soit en mesure de ployer.
Hoo j'ai bien essayé de m'arrêter, en essayant les tablettes de chocolat, les patchs au miel ou à la confiture, mais rien n'y fait, toujours je reviens à ces pots marrons tant convoités.
Pour vous faire une idée, un pot familial (750g) ne me fait pas la semaine. Quand, par surcroît, j'ai eu l'insigne faiblesse de laisser le pot se refroidir au réfrigérateur juste à la bonne température afin que l'aliment tartinophile se fige à point pour devenir une sorte de pâte épaisse qui fond dans la bouche dans des délices extatiques et orgasmiquement noisettés, je suis alors capable dans mes plus mauvais jours d'ingurgiter la moitié du pot en quelques heures seulement.
Mon Dieu pardonnez-moi car j'ai péché.
Ô matins mornes et cruels quand, au sortir d'une nuit douillette et profonde, deux secondes après l'éveil et l'habituelle remise en fonctionnement des connexions cérébrales, l'horreur se fait jour brutalement, sans préparation, comme une vérité insoutenable qui vient fouetter votre être fragile et ballotté dans ce monde brutal et sans pitié pour le pauvre hère nu et sans défense auquel nulle main secourable ne viendra apporter le moindre réconfort : «meeeerde ya pus de Nutella !!!».
Dur.
Or, vous n'êtes pas sans savoir que les cellules constitutives de chacun de nos organes, sexuels ou autres, sont exclusivement composés à partir de la matière première qu'on apporte à notre usine corporelle chaque jour, c'est-à-dire de ce qu'on bouffe.
Dès lors, lorsque vous aurez, peut-être, si ça trouve, avec un peu de chance, l'honneur de vivre ce moment mémorable et stupéfiant consistant à me serrer la main ou à me faire la bise, alors vous serez en mesure de vous dire que vous saluez un homme exclusivement fabriqué en molécules de Nutella.
Bon sang, ça fout la trouille.

Christophe 09/09/2006
mebahelképi 09/09/2006
Mary 29/04/2007
Djac Baweur 01/05/2007
Mary 01/05/2007