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21 avril 2007 6 21 /04 /avril /2007 23:26
    Ensuite, des fois à gauche, des fois à droite de la petite harmonie, se situent les cors, au nombre traditionnel de quatre, comme les mousquetaires, mais ça n'a rien à voir, et installés en carré.
    Alors, les cors, c'est compliqué. Parce que c'est sûrement l'instrument qui a subi le plus d'évolutions au cours de l'histoire, ce qui fait que des habitudes perdurent d'un temps où les cors étaient des instruments rudimentaires, se résumant à un simple tuyau enroulé, alors que maintenant il faut bien un bac+7 pour comprendre quelque chose au réseau grouillant de tubes qui composent le cor moderne, cor double ou cor triple, plus complexe qu'un réseau de distribution d'eau d'une grande capitale.
    Et c'est ainsi, par exemple, que ce sont les cors 1 et 3 qui jouent l'aiguë, quand ce sont les 2 et 4 qui font le grave, au lieu de suivre la logique la plus élémentaire qui voudrait que l'ordre des tessitures suivent l'ordre de la numérotation. C'est comme ça.
    Les cors peuvent parfois être carrément plus nombreux, par exemple 8 dans le Sacre du Printemps (I. Stravinsky) où ils font un sacré boucan, mais alors là, ne me demandez pas comment ils sont numérotés.

    Derrière tout le bestiaire de la petite harmonie, on trouve la ligne de la grosse artillerie, j'ai nommé les cuivres. En général, ça donne deux trompettes à gauche, trois trombones (dont le troisième peut-être un trombone basse) et un tuba (pour le tuba, ça me vient toujours à l'esprit quand j'évoque cet instrument impressionant, je vous recommande d'assister à l'exécution d'une pièce nécessitant une sourdine de tuba. C'est un spectacle à côté duquel un combat d'éléphant fait sourire. Il vous faut imaginer une sorte de plat à Tajine géant en alu, destiné à être disposé à l'intérieur du pavillon, pavillon haut perché vu la hauteur de l'instrument, ce qui rend l'opération hallucinante. Quant ils apprennent que l'œuvre à jouer nécessite la sourdine, les tubistes sont généralement ra-vis.).
    Encore une fois, le nombre d'instrumentistes peut varier, surtout sur le nombre de trompettes, qui peut être facilement de trois ou quatre (avec par exemple deux trompettes et deux cornets, qui sont presque comme des trompettes mais pas tout à fait pareil non plus).
    Là aussi, les rôles sont répartis pour savoir qui joue quoi : il y a une première trompette solo, qui donc, vous devez commencer à comprendre le principe, joue les solos. Pour les trombones, c'est encore plus spécialisé : non seulement celui qui est solo se tape la partie aiguë, mais celui qui est second trombone ne jouera exclusivement que les parties de second trombone (le médium) et le troisième trombone ne jouera exclusivement que les parties de troisième trombone (la basse), et ils ont été embauchés spécifiquement pour ça. C'est qu'attention, un trio de trombones, c'est vraiment une spécialité.
    Notez que ces six personnes suffisent pour faire largement plus de bruit que tous les autres devant réunis. Les trompettistes et trombonistes, lésés sur le plan du vedettariat quasi-exclusivement réservé aux violonistes et violoncellistes, en conçoivent une obscure fierté et une farouche revanche, et du coup ne se gênent pas pour rappeler à tout moment leur supériorité décibellique, en jouant généralement comme des bourrins beaucoup trop fort (il faut savoir que, projetant le son vers l'avant, ils ne profitent que d'une partie de la puissance de leur instrument. Eux sont peinards, pendant que ceux qui sont devant vous parleront de boeing au décollage, et vous certifieront que les Rollings Stones sont des tapettes).

    Mentionnons, là-bas à gauche, dans son coin au fond, la harpiste. Oui, la harpiste, parce que le harpiste, j'ai jamais vu. Le flûtiste, ça oui, je connais, c'est rare mais je connais. Mais alors là, le harpiste, connais pas. Oh, ça doit bien exister quelque part, remarquez, mais le gars, dans les colloques de harpe, il doit se sentir un peu seul.
    En fait, il serait plus juste de parler des harpes, parce que souvent, il y en a deux. En effet, malgré son côté apparemment bucolique, poétique et évocateur de muses pré-pubères en tutus roses, la harpe c'est l'enfer : non seulement il faut faire gling gling avec les doigts sur les cordes, mais en plus pour pouvoir jouer les dièses et les bémols il faut appuyer sur des pédales avec les pieds (oui c'est une tautologie) afin d'accorder les cordes (en voilà une autre) un demi-ton plus haut ou plus bas. Donc, tout seul, enfin je veux dire, toute seule, certaines opérations deviennent impossibles, donc, les compositeurs un tant soit peu finauds utilisent deux harpes en relais.
    Et oui, à l'instar du vélo et du nigthclub le «Queens», la harpe est à pédales.

    Et puis enfin, tout au fond, prenant une place phénoménale, il y a toute une batterie de cuisine qui s'étale.
    Ce sont les percussions.
    Oh des fois ça peut-être d'une sobriété désarmante : deux-trois timbales, et à la rigueur, une grosse caisse, ou une caisse claire.
    Les timbales, ce sont ces espèces de gros chaudrons en cuivres, sur lesquels est tendue une peau. Le gars qui s'en occupe, c'est le timbalier, et lui ne fait que ça, les timbales, c'est sa spécialité, vous ne le verrez pas se commettre à taper sur un triangle ou quoi, non non non.
    Des fois, le timbalier est totalement entouré de plein de timbales, et on dirait un berger qui garde son troupeau de timbales.
    Et puis des fois, si le compositeur il aime bien les percussions, alors vous pouvez voir déployé un bestiaire baroque et fantastique : des cloches, des marimbas, des xylophones, des vibraphones, des glockenspiel, des toms, des roto-toms (aucun rapport avec un quelconque renvoi gazeux), des temple-blocks, des wood-blocks, des congas, des tam-tams (qui ne sont pas des percussions africaines à peau comme on pourrait le penser, mais des grands gongs, en fait), des petits gongs donc, des cymbales, des triangles, des tambours, des crécelles, des machines à vent, des crotales (des cymbales miniatures), et j'en oublie forcément...
    C'est un monde tellement à part, qu'en général il n'y a que les percussionnistes qui sont capables de vous dire où doit se trouver chaque instrument, parce en fait, comme il n'y a évidemment pas un percussionniste par instrument, ils se répartissent les tâches à deux ou trois de façon à ce que ça soit jouable, et je vous garantie que c'est plus compliqué qu'organiser un planning d'une rédaction d'un grand quotidien.

    De temps en temps, vous verrez un piano, étrangement égaré là, mais bon, il y a aussi des parties d'orchestre de piano. Et puis, on trouve également dans la catégorie des claviers (et c'est donc un pianiste qui s'en occupe), le celesta, sorte de piano bonzaï, qui fait des dings dings très aiguës, moi ça m'évoque tout de suite Disney je sais pas pourquoi.

    Voilà, c'est tout ça un orchestre.
    Quand vous êtes au beau milieu de cette énorme machine, ça peut-être épouvantablement rasoir comme incroyablement sublime.

    Et comment font tous ces gens pour jouer ensemble ?
    Oulààà.
    Oulàlàlàlà.
    J'essaierai de vous raconter ça un jour.
    Mais c'est pas gagné.
    En tout cas, je vous livre un scoop : quitte à faire s'écrouler les mythes les plus enracinés, non, ce n'est pas forcément grâce au Grand Manitou qui bouge dans tous les sens devant l'orchestre.

    Déçus ?
(fin)

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commentaires

mebahel 04/09/2006 19:45

Naaaaan on s'en fout pas: mais comme fallait pas causer si on avait consulté gogol, on se tait, quoi, on respecte la consigne, comme l'allumeur de réverbère, tout ça...
( c'est qui le susceptible, dans le tas, hein? je vous le demande!)


W6Z comme Zorrooo

arbobo 04/09/2006 19:12

argh, zavé pas vu!la honte sur moi... mais de toute façon  j'aurais dit  rondeur ou ondiniste, bref j'étais pas vraiment à portée (ah ah) de la réponse.je suis à moitié surpris qu'il existe une classe d'ondes martenot, parce que même s'il existe un répertoire, j'avais cru comprendre que le nombre d'instruments était en chute libre, et qu'il n'en existait pas d'autre que les exemplaires faits de la main de martenot lui-même. Ma rencontre avec ginette étant lointaine et pas précisément due à la musique, je ne jurerais pas que je tiens d'elle ces informations, ni qu'elle sont exactes.Ce qui est frappant, tout de même, c'est qu'à lIrcam et dans sa nébulleuse, des cherc heurs bossenta ctuellement sur des instruments fonctionnant somme toute suivant le même principe que les ondes, je veux dire par là 1/sans contact direct main-instrument 2/à modulation (en plus de la note), ce qui fait revenir lesdites ondes à un degré inattendu de novation pour une création considérée comme obsolète.

Djac Baweur 04/09/2006 18:56

Alors, tout le monde s'en fout, des «ondistes» ?
Si c'est pas malheureux. Tout fout l'camp, je vous le dis.

Djac Baweur 03/09/2006 10:40

Bon, apparemment, le concours ne passionne pas les foules. Voici la réponse, qui montre que la prez en a dans le ciboulot, quand même :
un joueur d'ondes Martenot est un ondiste.
Et il faut savoir qu'il y a toujours une classe d'onde au Conservatoire Supérieur.

mebahel 02/09/2006 15:31

HA j'avais aps vu la question.
Alors j'ai dû savoir un moment donné.
Pusiqu'il fait joujou avec des zondes, le joueuer (ou la joueuse plutôt hein) devait être heu
ondeuse?
ondine?
non ça c'est pris.
mmhh
un truc comme ça.
Bon je vais voir gogol et après je dis rien.

une p'tite M9G, contre un réverbère..

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