Mardi 16 juin 2009 2 16 06 2009 09:54

Figurez-vous que ce week-end s'est tenu un événement marquant et déterminant dans le monde de la culture et du spectacle. Je suis d'ailleurs outré qu'aucun média important n'ait couvert cet événement en lui donnant la place qu'il mérite ; on voit là toute l'incurie des journalistes et la logique de chapelles qui préside aux destinées médiatiques. C'est un scandale.


Bref, ce week-end avaient lieu les concerts de l'orchestre Philarmonique National du Chantier. Enfin, de l'orchestre du Chantier tout court, en fait - quand on est bon, pas besoin de nom à rallonge pour se la péter, d'abord. Et toc.


L'orchestre du Chantier est un orchestre amateur parisien, sous la sémillante houlette (ou la frétillante férule, j'aime bien aussi) de Thibault de Barsony. Un concert de cet orchestre est déjà un événement en soi, bien entendu, mais cette fois encore davantage.

Car, n'importe quel compositeur sournois qui sommeille flaire l'occasion possible : pourquoi ne pas prendre comme exercice d'écrire une pièce spécialement adaptée à un orchestre amateur ?


Le challenge est alors bien particulier : il s'agit de ne pas faire trop difficile (donc de cibler des rythmes simples, des difficultés techniques abordables pour chaque instrument, etc...), tout en évitant le B-A-BA et en tentant d'obtenir un rendu qui ressemble à quelque chose d'original et d'intéressant. Pour ces raisons, j'ai donc écarté un langage par trop contemporain (il faut une justesse satisfaisante pour que ce soit clairement énoncé, et puis rythmiquement ça devient vite trop indéchiffrable pour des gens qui n'ont pas une solide formation de solfège). Je me suis donc rué (car le compositeur sournois, c'était moi) sans vergogne vers l'idée d'une sorte de musique d'un film imaginaire, qui s'est trouvée intitulée Légende (il faut bien un titre).


Voici ce que donnait donc Légende directement issue des usines Baweur :




Et voici, tout de même nettement plus chaleureuse, LA version donnée par l'orchestre du Chantier, vendredi soir dernier (attention la musique démarre après une dizaine de secondes, ce n'est pas votre internet qui marche plus)





(Peut-être, un jour, - qui sait ? - pourront-ils jouer cet autre exercice de style sur une musique de film - déjà plus ambitieux, plein de bruits, de fureur, d'aventures, de mystères, et bien sûr, d'amûûr à la fin)




PS : il est interdit de se moquer des fausses notes. Ces gens sont de véritables amateurs qui ont fourni un boulot énorme ; parmi eux, des psychatres, des ex-cardiologues, des kinés, des contrôleurs de gestion, des ingénieurs, certains n'ont qu'à peine quelques années d'instrument derrière eux ; il n'y avait que quelques musiciens professionnels planqués en renfort - dans les altos et au basson.

Par Djac Baweur - Publié dans : De l'Art musical et autres balivernes symphoniques
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