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30 juin 2008 1 30 /06 /juin /2008 21:31

Comme disait Messiaen(1) : un musicien est forcément un rythmicien, sinon il ne mérite pas d'être appelé musicien.


Chez les percussionistes, je trouve qu'il y a deux grands types :

- les sportifs, souvent de type métronomique, généralement torse nu (ils sont plutôt masculins), pleins de sueurs, dont des gouttelettes volettent allègrement relativement à des mouvements de tête aussi improbables qu'extatiques ;

- les cools, décontractés, qui sourient tranquillement en remuant à peine nonchalemment le haut du corps, alors même qu'ils sont en train de virevolter aussi aisément que j'ouvre un pot de Nutella sur leur instrument et qu'ils impriment un tempo d'enfer. Ces derniers ont mon infinie préférence, tels les joueurs de tabla indien.


Un exemple ?


Vous êtes crevé(e), vous avez chaud, vous avez un coup de mou, un coup de déprime ?

Allons, la Djac Baweur attitude a dégotté le remède qu'il vous faut : un petit coup de batucada (section rythmique des écoles de samba brésilienne, directement issue des percussions africaines), et ça repart !




(l'ensemble de percussion Zuruba au fabuleux festival de Jazz de Montreal 2007)

(1) Traité de rythme, de couleur et d'ornithologie.

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commentaires

Ardalia 02/07/2008 14:07

@Quant à moi, c'est l'adjectif qui ne me convainc pas, mais bon, cela a surement sa pertinence.

Djac Baweur 02/07/2008 12:35

>mebahel : ben oui, c'est fait pour ça ! L'autre jour (c'était pas à la fête de la musique) il y a un groupe tel que celui-là qui a défilé rue de Belleville ; la présence en live est assez irrésisitible, on dirait tout à fait une musique de transe, mais dans le genre décontracté...>Papgeno : ouais, enfin perso je trouve que c'est typique du faux bon concept. C'est joli les symétries sur le papier mais le but de la musique c'est que ça s'entende... (en termes de rythmiques irrégulières, Bartok par exemple n'a pas attendu Messiaen, et c'est autrement plus "efficace").>Klari : c'est un rythme qui se lit de manière identique de gauche à droite ou de droite à gauche, et c'est un des chevaux de bataille de Messiaen dans ses compositions. Par exemple (l'exemple de Papageno), noire-noire-croche-noire-noire, ben c'est symétrique.Cela dit, en classe d'analyse, on a tôt fait de frétiller d'aise quand on aperçoit sur la partition un tel rythme : "là, là, monsieur, monsieur, j'ai trouvé, un rythme non-rétrogradable, m'sieur, m'sieur !!!!". Bon, voilà, mais l'ennui c'est qu'il n'y a pas de réponse à la question : "Et alors ?" ;o)Pour Messiaen en particulier : "L'élément primordial est l'existence de rythmes particuliers que j'ai nommés "rythmes non rétrogradables". Un rythme non rétrogradable est tout simplement un groupement du durées dont la lecture est identique de gauche à droite ou de droite à gauche, c'est-à-dire qui présente exactement le même ordre de sucession des valeurs dans les deux sens. [...] Il est extraordinaire de songer que les hindous ont été les premiers à signaler et à utiliser rythmiquement et musicalement ce principe de non-rétrogradation que l'on rencontre si fréquemment autour de nous. Principe appliqué depuis très longtemps dans l'architecture; ainsi, dans les arts antiques, les cathédrales gothiques et romanes, et même dans l'art moderne, les figures de décoration qui ornent les frontons des portails sont presque toujours deux figures inversement symétriques encadrant un motif central indifférent. Les anciennes formules de magie comportaient des mots qui avaient, paraît-il, un pouvoir occulte; or, il était impossible de lire ces mots de gauche à droite puis de droite à gauche sans retrouver exactement la même sonorité et le même ordre des lettres. Si nous nous tournons vers la nature, voici un exemple exquis : les ailes des papillons. Quand les papillons sont enfermés dans leur chrysalide, leurs ailes sont repliées et collées l'une contre l'autre; le dessin de l'une se reproduit donc en sens inverse sur l'autre. Plus tard, lorsque les ailes se déploieront, il y aura un dessin et des couleurs rétrogrades sur l'aide droite par rapport à l'aile gauche et inversement, le corps de la chenille, le thorax et les antennes placés entre les deux ailes constituant la valeur centrale. Ce sont de merveilleux rythmes non rétrogrades vivants."C'est donc essentiellement un moyen poétique et spirituel ; musicalement parlant, je reste peu convaincu.Il faut aussi savoir que Messiaen considère qu'une pulsation régulière est grossier et n'est pas du rythme (il verrait la vidéo ci-dessus avec dédain et mépris en disant que c'est pas rythmique...), parce que pour lui le "vrai" rythme c'est celui, irrégulier, de la nature, comme les vagues sur la plage, par exemple (là non plus, je suis pas super convaincu).Ouala ! :o) 

klari 02/07/2008 09:41

c'est quoi, un rythme non rétrogradable ?

Papageno 01/07/2008 22:45

Sympa la vidéo (la brune surtout !). Quant à Messiaen... ses rythmes non rétrogradables (par exemple on prend une mesure de 4 noires et on rajoute une double croche en plein milieu) déroutent un peu au début, mais on s'habitue vite, ça a son charme.

mebahel 01/07/2008 12:19

Ha ben voilà c'est une formation comme ça que je suis régulièrment à chaque fête de la zizike, dans les rues.J'adore.La dernière fois, je me suis acoquinée avec une paire de demoiselles blacks et nous avons secoué nos bodies en cadenceen faisant tout pareil, c'était très sympa.Bon, j'ai pleuré toute ma race pour mes pieds, mais j'adore quand même.

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