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Lundi 21 avril 2008

Je traduis : Jacquot est le plus fort.


Jacques Derrida est un philosophe français, né en 1930 et mort en 2004, et en gros, il est plus ou moins décrit, en général, comme un des plus grands penseurs de la fin du 20ème siècle, pour faire court. Voyez le genre.


En fait, pour tout vous avouer, Jacquot, j'ai pas tout-tout compris. Par exemple, des phrases ou expressions comme : «la date est une crypte et elle est cryptée, c'est-à-dire qu'elle se donne et se retirant et se retire en se donnant», ou «l'essence sans essence de l'écriture littéraire», ont tendance à me laisser perplexe, sans voix, la bouche béante et l'œil bovin.

Mais je crois avoir quand même pigé des trucs, pasque j'ai beau être altiste, j'ai quand même deux-trois neurones en état de marche. Ça fait peu, je sais, mais on survit très bien, et avec l'habitude, on arrive à faire des tas de choses, comme par exemple, ouvrir un pot de Nutella, ou faire du thé (waw !). Cela dit, ça reste un peu ras du gazon, donc si parmi vous certains peuvent/veulent apporter quelques éclairages, ils sont les bienvenus.


Alors, donc.

Derrida.

Waw.

Hahem.

(J'ai soudain horriblement conscience de l'énormité de l'outrecuidance qu'il peut y avoir à écrire, comme ça, l'air de rien, «je vais vous parler de Derrida». Mon Dieu, pardonnez mon arrogance, je serai sage et gentil, je mangerai pas trop de Nutella, ayez pitié.)


Bref.


Alors donc, le grand truc de Jacquot, c'est la déconstruction. La déconstruction en philosophie, c'est un peu comme le fulguro-point pour Goldorak, c'est l'arme absolue. Rien ne résiste à la déconstruction.

Par la déconstruction, il s'agit de se sortir des paradigmes habituels de la philosophie, en interrogeant les textes de manière inédite.


Car Jacquot fait ressortir avec force cette chose essentielle, qui est qu'un texte contient toujours plusieurs strates : au-delà du sens premier de ce qui est dit, il y a plusieurs intentionnalités possibles, conscientes ou non, aussi bien dans l'esprit du scripteur que du lecteur.

Déjà, un même mot possède des résonances différentes selon celui qui le reçoit : pour les uns, "oiseaux" renverra à quelque chose de l'ordre du moineau tout mignon, pour d'autres ça renverra à un film, pour d'autres à des pigeons qui chient partout, pour d'autres à un aigle majestueux, etc...

Par conséquent, un texte échappe à son auteur dans le sens où deux personnes différentes liront différemment ce même texte, malgré toute la bonne volonté de l'auteur en question.

Plus encore, un texte est toujours susceptible de dire plus que ce que le sens premier de ce texte offre au premier abord. Ainsi, il est possible qu'un texte puisse contenir en arrière-plan des éléments implicites qui ruinent ce qui est dit au premier-plan de manière explicite.


Pour vous donner idée, et parce que ça m'y a fait très vite penser, je ferai référence à ce que je disais de Michel Onfray dans cet article.

Ce que dit Michel Onfray au premier abord, comme sens premier du texte, c'est : «foin de considération judéo-chrétienne culpabilisante sur le corps et le plaisir dans la séparation de l'âme et du corps, récupérons notre corporéité et jouissons et nous serons heureux».

Mais si on interroge le texte plus avant, on aperçoit :

1/ Le texte se dit philosophique et cherche à argumenter, donc s'inscrit dans une pensée intellectualisante, donc loin de toute corporéité ; penser de manière intellectuelle la corporéité à travers un texte, c'est, de fait, immanquablement perpétuer une séparation âme-corps ;

2/ Le texte montre surtout Michel Onfray lui-même comme un surhomme qui a tout compris au bonheur ;

3/ Indice révélateur : la haine de la psychanalyse exprimée par Onfray ;

4/ Enfin, Onfray ne cesse de faire référence au judéo-christianisme pour construire, en opposition, ou en creux, sa propre pensée - de fait il reste englobé dans la même problématique alors même qu'il affirme vouloir en sortir.


En conséquence, on voit comment le texte d'Onfray contient en lui-même sa propre contradiction, ses propres éléments qui viennent perturber, une fois qu'on en a pris conscience, le sens premier de ce qui est raconté.

Le même phénomène est aussi à rapprocher de ce que je pouvais raconter à propos de l'écriture d'un blog : au-delà du propos flagrant et prééminent d'un blog, qu'est-ce qui est dit, qu'est-ce qui est voulu, inconsciemment ou consciemment ?


Bon, évidemment, avec Onfray, le truc est assez facile, mais Jacquot fait la même chose avec Platon, Rousseau, Levi-Strauss ou Heidegger, ce qui est carrément une autre paire de manches, mais ça c'est parce que Derrida is the boss, je vous l'avais bien dit.


Jacquot conteste l'idée, pourtant ancrée dans la pensée occidentale, que l'écriture d'un texte ne soit que l'actualisation de l'intention d'un auteur, c'est-à-dire que «l'auteur, identique au signataire, sait ce qu'il veut dire et comprend ce qu'il dit». Au contraire, il y a un écart irréductible entre la signification et l'intention de signification (relisez lentement).

D'ailleurs, un auteur n'est jamais "seul" quand il écrit, écrivant "sa" pensée : sont présents aussi, virtuellement, tous ceux qui ont contribué à formaliser l'idée dans la tête de l'auteur - les autres textes que lui-même a lu, par exemple, que ce soit pour les valider ou les rejeter, pour imiter leur style ou pour s'en démarquer, etc... Par exemple, je n'écris pas le texte que vous êtes en train de lire tout seul (enfin, bien entendu, je tape tout seul sur mon clavier, concrètement, mais je parle là des idées que je met en forme), puisque il y a, au minimum, Derrida lui-même qui est derrière tout ça.


«Pour que l'écriture soit possible, il faut qu'elle puisse être reconnue dans un contexte et que sa signification puisse être reçue : c'est le devenir "code" de l'écriture. Mais elle devient impossible si elle ne peut pas être reçue dans plus d'un contexte.

Le signe ou la marque d'écriture est inscrit dans le contexte où il est émis mais il ne lui appartient pas, il ne s'y réduit pas ; dès lors, il le déborde, et n'est possible que s'il peut, en sa structure même, traverser plus d'un contexte (Derrida, Limited Inc., Galilée, 1990).

L'écriture n'est donc pas le moyen de communication d'un message signifié et identique à lui-même, mais elle se communique en altérant chaque fois sa signification, à chacune de ses répétitions dans un contexte différent (...) Ce qui est dit, communiqué, ne se réduit par conséquent jamais au "vouloir-dire" du sujet de l'énonciation, car le signe excède toujours l'intention qui l'a émis et qu'il transporte.».


Ainsi, à l'opposé de ces conceptions, un philosophe des lumières comme Étienne Bonnot de Condillac(1) explique :

«si les hommes écrivent, c'est :

1/ parce qu'ils ont à communiquer ;

2/ parce que ce qu'ils ont à communiquer, c'est leurs "pensées", leurs "idées", leurs représentations. La pensée représentative précède et commande la communication qui transporte "l'idée", le contenu signifié ;

3/ parce que les hommes sont déjà en état de communiquer leurs pensées quand, de manière continue, ils inventent un moyen de communication qu'est l'écriture.

Les thèses de Condillac établissent une hiérarchie et une chronologie qui vont de la pensée à la communication, puis de la communication à l'écriture.

En effet, selon Condillac la pensée est première, elle est pure, idéelle, et advient sans support matériel (...) L'écriture permet ainsi le transport d'un message, mais elle ne doit pas pouvoir affecter ou transformer ce qu'elle transporte».


Jacquot montre donc que ce schéma n'est pas concevable, et que, dans la lignée des idées de Condillac, la philosophie occidentale dans son ensemble pense l'écriture comme une simple adjonction technique à la présence du sens propre dans la parole, et que cette vision des choses induit une métaphysique (conception d'ensemble de la vie, recherche du sens de l'existence, principes premiers), métaphysique persistante même chez ceux qui ont prétendu la dépasser (comme Heidegger, si j'ai bien compris).

Cette métaphysique est la métaphysique de la présence de la conscience en soi, de la présence du sujet conscient, de la présence de la réalité, de la présence de l'événement.


C'est parce que cette métaphysique privilégie la présence à soi qu'elle valorise la parole vivante sur l'écriture, écriture qui ne serait qu'un supplément technique pour consigner cette parole et qui lui serait donc subordonnée ; c'est pour cette raison que Jacquot insiste tant sur une conception du texte "déconstruit", c'est-à-dire vu comme en plusieurs dimensions, plusieurs significations imbriquées, de la plus évidente et explicite aux plus cachées et implicites, de manière à renverser le jugement de valeur entre parole vivante et écriture, ce qui, à terme, déjoue cette fameuse métaphysique de la présence à soi.

Jacquot montre (ne me demandez pas encore comment, faudrait relire et digérer la chose pour être clair, et déjà que...) que c'est cette même métaphysique qui provoque les conceptions dualistes Vrai/Faux, raison/folie, bien/mal, nature/culture, rationnel/irrationnel, présence/absence, parole/écriture, authenticité/artifice, masculin/féminin, etc., couples dans lesquels il y a un des éléments dévalorisé par rapport à l'autre, vu comme un parasite de l'autre (je vous laisse découvrir lesquels).

Là où Jacquot est très fort, c'est qu'il ne cherche pas à nier ces oppositions, ni à dire qu'elles sont forcément sans objet, mais cherche plutôt d'une part à ôter toute hiérarchie, d'autre part à inscrire ces oppositions dans un champ plus vaste qui les englobe. C'est dire si Jacquot est très très intelligent.


Il en vient aussi à montrer que tout discours, même un discours rationnel, est d'essence théologique et religieux (dans un sens large), Foi et Savoir ayant les mêmes sources : l'indemne, le saint, le sacré, le pur, le sain, le propre, d'une part, et la confiance, la croyance, le crédit d'autre part (du coup, même l'athéisme est religieux - si si, faites pas cette tête).

Il dit que la pré-existence de la possibilité du langage en nous induit l'idée de Dieu (dans un sens du divin très élargi) de manière irrémédiable, mais là j'avoue que j'ai pas suffisamment pigé pour aller plus avant dans l'explication - cela dit, ça a l'air solide, vous imaginez bien.


Il développe également l'idée que la pensée ne peut avoir lieu que sous la menace de la folie - la pensée est la hantise de la folie (plutôt qu'une simple "non-folie", en opposition dualiste, comme le voudrait les idées cartésiennes).


Enfin, ce qui n'est pas très étonnant pour quelqu'un qui chercher tant à penser l'être comme pluriel et dépassant une simple conscience présente à soi, comme le présuppose toute la métaphysique occidentale, Jacquot s'est intéressé de près à la psychanalyse et aux travaux de Freud.

Il y a en effet une certaine proximité entre la déconstruction de Derrida et la psychanalyse freudienne, qui remettent toutes deux en question le primat de la présence pleine de la conscience, si bien que certains ont pu parler de "psychanalyse de la philosophie" à propos des travaux de Jacquot.

Jacquot a même discuté de certaines limites dans la pensée de Freud, à propos des principes de plaisir, principe de réalité et pulsion de mort, mais nous jetterons là un voile pudique sur des ébats intellectuels inconvenants et dissolus, voire vicieux.


Ce que je retiens de tout ça, personnellement (et si c'est réducteur du travail de Derrida - et en fait, ça l'est forcément -, tant pis, j'assume, je fais mon petit bout de chemin à moi, et je vous le propose comme piste de réflexion au cas où), c'est cette affirmation forte (et solidement argumentée) de la subjectivité, du travail de l'inconscient, de la relativité de toute raison (ce qui n'exclut pas que la raison existe) et de toute vérité (ce qui n'exclut pas qu'il y ait des vérités), etc..., de manière à la fois très ouverte et radicale.

Vous me direz que, dit comme ça, ça paraît plutôt évident, pas besoin d'en faire un tel fromage avec tout plein de formulations compliquées rien que pour faire son intéressant ; peut-être.

Mais je n'ai pas l'impression que ça paraisse si évident que ça, à, pour prendre un exemple comme ça au hasard, tous ces bataillons d'économistes et de politiques qui soutiennent mordicus et sans rire que la loi du marché est aussi prégnante que la loi de la gravitation, et que l'économie est une science, et que du coup c'est comme ça et pas autrement si vous en chiez au quotidien, circulez y'a rien à voir.

Écoutez la radio, et pensez un peu à Derrida : sa pensée érode, dissout, désagrège et rend dérisoire la quasi-totalité du flux incessant des discours dans l'air du temps.

 


Billet écrit après lecture de : Jacques Derrida, une introduction, Marc Goldschmit, collection Agora, Pocket Découverte, 2003. (toutes les citations en sont issues).


(1)Alors même que Condillac se dit "sensualiste" en opposition avec le rationalisme de Descartes (notion des idées innées)...

par Djac Baweur publié dans : Anecdotes, enfantillages et billevesées
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Commentaires

Quoi pas encore de commentaires?
Bon, d'abord exlure est du 3ème groupe, donc il n'exclut pas, T.

Ensuite : "penser de manière intellectuelle la corporéité à travers un texte, c'est, de fait, immanquablement perpétuer une séparation âme-corps" popopopop et depuis quand? La corporéité de quoi? une séparation âme-corps chez qui? et de quel fait? Ceci demande à être éclairci.

Sinon, les deux phrases difficiles que tu cites sont décontextuéalisées, ça complique chanmé le boulot.

Sinon, faudrait que je relise. J'aurais bien aimé voir surgir "phénoménologie" un moment. Mais on ne peut pas tout avoir... ;-)
commentaire n° : 1 posté par : Ardalia (site web) le: 21/04/2008 17:25:42
>Ardalia : "Quoi pas encore de commentaires?"
Ouais, bizarre hein, je comprends pas ce qui se passe, alors.

"Bon, d'abord exlure est du 3ème groupe, donc il n'exclut pas, T."
Wé wé wé, ça va hein, facile, genre je détourne la conversation pour faire croire que j'ai tout compris, mollo mollo, hein.
(merci quand même, j'avions point vu)

"Ensuite : "penser de manière intellectuelle la corporéité à travers un texte, c'est, de fait, immanquablement perpétuer une séparation âme-corps" popopopop et depuis quand? La corporéité de quoi? une séparation âme-corps chez qui? et de quel fait? Ceci demande à être éclairci."
Bé écoute, franchement, il me parlerait, par exemple, chiapamoi, de Taï-Chi, ou d'Aikido, là ça aurait un sens. Mais réfléchir avec sa tête, pour écrire avec sa tête, pour dire qu'en y réfléchissant avec sa tête, ben c'est comme ça qu'on va se réconcilier avec son corps et qu'on va réunifier âme et corps et qu'on va vivre bonheur joie et félicité, alors là ben moi désolé je trouve qu'il y a un truc qui cloche.
Ceci dit, je me suis peut-être mal exprimé ; mais on peut toujours réfléchir intensément à la chose, on reste dans l'intellectuel, donc on persiste dans ce même paradigme métaphysique (pour le dire de manière plus classe) de séparation âme-corps (alors même qu'Onfay veut la dépasser), parce que c'est pas en réfléchissant intellectuellement au truc qu'on va faire avancer ce schmiblick-là.

"Sinon, les deux phrases difficiles que tu cites sont décontextuéalisées, ça complique chanmé le boulot."
Wé wé wé, rhôôô, ça va hein !
Je les ai mises parce qu'elles me semblaient expliquer en peu de mots ce que je peinais à expliquer moi-même. Certes c'est décontextualisées, mais je les récontextualise dans mon billet, nan ?
(pis c'est pas comme si tu avais pas le bouquin en question chez toi, s'pas ? :op )

Alors, sinon, phénoménologie...
tout de suite j'ai pas le temps, j'essaierai de faire mieux plus tard, mais en gros, Derrida déconstruit à la fois le structuralisme et la phénoménologie, toujours à cause de la primauté de la parole sur l'écriture dans ces courants philosophiques qui montre la même métaphysique partout... The big boss, j'ai dit... :o)
commentaire n° : 2 posté par : Djac Baweur (site web) le: 21/04/2008 18:51:56
"penser de manière intellectuelle la corporéité à travers un texte, c'est, de fait, immanquablement perpétuer une séparation âme-corps"
Je reformule, "penser la corporéité, c'est séparer le corps de l'âme". C'est un poil abusif. L'intellectualisation n'induit pas de fait une séparation, même si elle peut effectivement la penser, voire tenter de la mettre en oeuvre.
La séparation äme-corps est culturelle, judéo-chrétienne ; si on veut la dépasser, Onfray agit en intellectuel : il la pense. Là où je te rejoins, c'est qu'effectivement la pensée ne remplace pas l'agir. Mais, bon, si tu veux faire école, tu l'écris, voilà tout.
Personnellement en ce qui concerne l'agir, je crois moins au discours qu'au condition d'émergeance de l'acte : or nous parlons là d'une action (réconcilier le corps et la tête) strictement personnelle, sauf si on fait mumuse avec le Divin Marquis, c'est encore autre chose... ;-)

Ouiii, le bouquiiin, booon... j'avoue que des discussions régulières m'auraient invitée à plonger dans un texte que, a priori, j'en ai rin à secouer, ou presque.

Bon mais tu sais, la déconstruction elle a été un peu remplacée par la phénoménologie, aujourd'hui, notemment grâce à Hawk qui connaissait tout son petit Derrida sur le bout des fingers, donc bon.
Tiens, j'ai encore dit "bon". Bon. Bon bon bon... C'est fou comme y a peu de monde ici. Bon.
commentaire n° : 3 posté par : Ardalia (site web) le: 21/04/2008 19:43:07
>Ardalia : "Bon mais tu sais, la déconstruction elle a été un peu remplacée par la phénoménologie"

Remplacée ? Mouais, enfin, je vois pas en quoi une pensée en remplace une autre. L'œuvre de Derrida est à prendre en tant que telle, je trouve que c'est comme une pierre à l'édifice, la connaissance va en s'élargissant, tant mieux si d'autres ont d'ores et déjà élargi à partir de Derrida.
Ensuite, je pige pas bien que tu dises "remplacée", comme si la phénoménologie était arrivée après Derrida ; j'avais cru comprendre que la phénoménologie venait avec Husserl et Heidegger, donc avant... Et dans ce cadre, Derrida critique la phénoménologie, non pour la réfuter, bien sûr, mais pour montrer que c'est une pensée qui continue à s'inscrire dans le réflexe occidental de métaphysique de la présence, en ce sens que pour qu'il y ait phénoménologie, il faut qu'il y ait présence des phénomènes, et que dans la distinction entre "être" et "étant", il y a bien aussi une présence de l'être à soi (je te livre les choses telles que je les ai retenues et "comprises" - évidemment, ça nécessiterait plus amples éclaircissements, ces gens ont le chic pour utiliser des tournures obscures).

" j'en ai rin à secouer, ou presque"
Bin c'est-à-dire que j'ai pensé que ce serait bien de pas mourir idiot, mais toi tu t'y connais déjà vachement alors c'est pô pareil.

"La séparation äme-corps est culturelle, judéo-chrétienne ; si on veut la dépasser, Onfray agit en intellectuel : il la pense."
Voilà, il la pense ; et il en a tout à fait le droit, mais agir en intellectuel philosophe dans un raisonnement qui se veut philosophique, c'est bien se comporter comme un occidental philosophe traditionnel dans la droite lignée de tous ceux qui ont précédé. Qu'on réfléchisse intellectuellement sur la séparation corps-âme issue de la tradition judéo-chrétienne, très bien, et il y a en effet des choses à dire, mais qu'on prétende que, en continuant à faire pareil que toute la tradition culturelle occidentale noyée dans la même métaphysique, c'est-à-dire à établir un raisonnement et tutti quanti, c'est le moyen d'en sortir, ça me paraît constituer une aporie (et toc !).

Tiens, ça me fait penser aux mystiques juifs qui ont suivis le Zohar justement parce qu'ils estimaient que les traditionnels philosophes talmudiques étaient trop dans le raisonnement intellectuel pour vraiment s'approcher de Dieu... d'où un texte (le Zohar) pétri, entre autre, d'allusions sexuelles !
Il me semble bien que plus on se réfugie dans le raisonnement raisonnant, plus on s'éloigne de sensations purement physique, donc plus on sépare corps et âme ; on ne goûte pas mieux un plat, ou un acte sexuel, en y réfléchissant ! (pour caricaturer - j'aime caricaturer)
Non pas qu'être intellectuel empêche irrémédiablement d'être un sensitif, j'ai pas dit ça (loin de là), non plus qu'intellect et sensitif ne peuvent pas se compléter ; simplement que le sensitif ne se conquiert pas avec l'intellect, voilà, ce que prétend faire Onfray dans son texte (sans le dire lui-même - c'est ce que dit son texte).
Tiens, en musique, par exemple, c'est pas parce qu'on sait qu'il y a quatre double croches dans une noire que ça donne le sens du rythme.

Et pis quoi, les plus grands sportifs ne sont pas les plus grands intellectuels, ça se saurait ! :o)
commentaire n° : 4 posté par : Djac Baweur (site web) le: 22/04/2008 15:04:27
"il faut qu'il y ait présence des phénomènes"
Oh le vilain pléonasme! :-p

Tu as raison, 'remplacé" étaii mal choisi, je voulait juste dire que les recherches actuelles en philo portent sur la phénoménologie dont les rebonds semblent ne jamais finir, ce qui n'est pas le cas de la déconstruction. Voili voilou.
Je ne suis pas sûre d'être d'accord avec l'opposition présence/phénomène, dans le taoïsme, l'expérience montre que la présence pleine et entière dissous l'ego et introduit au coeur du phénomène, justement. Enfin bon, on en recausera quand j'aurais fait mes 30 ans de zazen, ok?

"La séparation äme-corps est culturelle, judéo-chrétienne ; si on veut la dépasser, Onfray agit en intellectuel : il la pense."
Ptrutain, merdre, quand tu me cites, prends les phrases en français, au moins!... keuf keuf keuf.
Ah mais attention, va pas croire que je veux défendre Onfray, ouh la la! Je m'interroge sur le présence du mot "âme" typiquement religieux. Pour dénoncer le judéo-chrétien, ça me semble foireux, voire merdeux. Mais bon j'ai pas lu Onfray, et, contrairement à Derrida, je refuse absolument de lire.
Il me semble que Mebahel avait déjà souligné l'injonction paradoxale "Jouissez!". Mais au moins, voilà bien un événement, la jouissance, où phénomène et présence se confondent... :-)

"Non pas qu'être intellectuel empêche irrémédiablement d'être un sensitif" tu es bien bon. Sais-tu que le rapport Hite à montré que les femmes qui jouissent le plus sont les plus diplômées?
Sur, ce, bonne nuit!
commentaire n° : 5 posté par : Ardalia (site web) le: 22/04/2008 22:52:46
Juste un aparte sur Ardalia et "Ah mais attention, va pas croire que je veux défendre Onfray, ouh la la! Je m'interroge sur le présence du mot "âme" typiquement religieux. Pour dénoncer le judéo-chrétien, ça me semble foireux, voire merdeux."

Il dénonce l'opposition âme/corps, pour dire que ce que la religion appelle "âme" est seulement la conscience, le processus émergent des signaux électro-chimiques du cerveau, c'est plus clair comme ça?

Ta remarque me donne l'impression que si je disais "le père noel a un bonnet rouge et n'existe pas", tu dirais "aha t'as dit qu'il a un bonnet rouge donc ça me semble contradictoire avec le fait qu'il n'existe pas, c'est un argument foireux/merdeux..."

Mais bon tu pars d'un résumé d'onfray en indiquant bien que tu refuses absolument de le lire...

Et le rapport Hite a déjà 30 ans, je suppose que l'apparition des sextoys à bas prix a démocratisé le plaisir pour les couches sociales moins diplômées :p (hmm à la réflexion, pas si sûr en fait...)


commentaire n° : 6 posté par : Xuelynom le: 22/04/2008 23:51:31
"Oh le vilain pléonasme!"
Bé justement, patate ! :op
(ha c'est beau la philo !)

Pour la déconstruction, si j'ai bien compris, il faut se garder de réduire l'œuvre de Derrida à celle-ci, même si c'est lui qui en est le plus grand artisan. Apparemment, certains ont pris la déconstruction comme une méthode ou un concept, or Derrida réfute cette manière de voir. bref, l'œuvre de Derrida reste assez singulière, et est à prendre en tant que telle.

"l'expérience montre que la présence pleine et entière dissous l'ego"
J'aurais été curieux de savoir ce que Derrida aurait pu dire du Zen ou du bouddhisme, tiens, je suis certain que ça m'aurait fait mieux comprendre (parce que je suis sûr qu'il dirait que cette présence pleine et entière n'est qu'apparente, etc...)

"Enfin bon, on en recausera quand j'aurais fait mes 30 ans de zazen,"
Et quand j'aurais tout compris ET à Derrida ET à la phénoménologie, ce qui prendra peut-être plus de 30 ans... ;o)

"Ah mais attention, va pas croire que je veux défendre Onfray, ouh la la! "
Ho non mais je m'en faisais pas du tout, hein ! :o)

"Je m'interroge sur le présence du mot "âme" typiquement religieux."
Ben pas seulement, dis-donc. Chez Platon et dans la tradition philosphique idéaliste, l'âme est très utilisée :

"Pour Platon dans le Phédon, l'âme :
est un être apparenté aux Idées ;
- a un mouvement propre ;
- est immortelle ;
- se divise en trois parties :
le noûs (ou "logismos") est l'élément rationnel
le thumos, appelé parfois élément irascible, pourrait être traduit par « cœur » ; il est cette partie de l'âme susceptible d'emportement, de colère, de courage
l' épithumia, ou élément concupiscible, est le siège du désir, des passions"
Donc voilà, Onfray fait un gros paquet-cadeau "âme", et fait une critique en envoyant dos-à-dos platonisme et judéo-christianisme (en effet très ancré dans le platonicisme) - et jusque-là, pour moi tout va bien.

"voilà bien un événement, la jouissance, où phénomène et présence se confondent"
Pas si sûr... Qu'est-ce qui fait que des fois on a plus envie que d'autre, par exemple ? Que c'est mieux des fois que d'autre ? Y'a bien du caché là-dessous ! Donc, y'a bien des parts de nous qui sont là sans être là, on est pas si présents à soi !

" Sais-tu que le rapport Hite à montré que les femmes qui jouissent le plus sont les plus diplômées? "
Cool, ça m'arrange... :o)))))

>Xuelynom : je vois pas très bien où veut en venir l'exemple du père noël...

"ce que la religion appelle "âme" est seulement la conscience, le processus émergent des signaux électro-chimiques du cerveau"
Ben justement, ça c'est très réducteur de ce que peut dire la religion de l'âme, ce n'est pas comprendre que ça se veut signifier bien plus que cela.
Les signaux électro-chimiques, c'est un point de vue extérieur, objectif, vrai sans doute, mais vrai dans l'absolu ; vécu subjectivement, "de l'intérieur", en tant que vérité relative au ressenti humain, je défie quiconque de se sentir effectivement être des signaux chimiques... Lors, par exemple, puisqu'on en parle, du plaisir sexuel ! (celui ou celle qui me dit se sentir être des signaux électro-chimiques à ce moment-là, moi j'appelle SOS psychatrie)

Et je suis pas sûr que le plaisir sexuel puisse se résumer à des sextoys. C'est peut-être rigolo, mais enfin quoi, la nature est bien faite ! :o)
commentaire n° : 7 posté par : Djac Baweur (site web) le: 24/04/2008 14:44:57
On a souvent utilisé le déconstructionnisme de Derrida pour parler de (certains styles de) musique contemporaine: en gros les compositeurs depuis une cinquantaine d'années se seraient employés à détruire ou plutôt à décomposer tout les éléments constitutifs de la musique: harmonie, mélodie, rythme, timbre, formes. Evidemment si on va trop loin dans la déconstruction on prend le risque de rencontrer l'incompréhension voire l'hostilité du public dont l'oreille est privée de ses repères habituels.
commentaire n° : 8 posté par : Papageno (site web) le: 27/04/2008 15:04:29
>Papageno : oui, j'ai cru comprendre que dans beaucoup de domaines on s'est réclamé de la déconstruction.
Mais encore une fois, ce que fait Derrida est très personnel, il ne cherche pas à détruire ou à décomposer (c'est vrai que le terme "déconstruction" est trompeur à cet égard), mais plutôt à explorer les strates cachées des textes, non pas pour les détruire (le but, par exemple, n'est pas de contester Platon juste pour le contester, mais simplement faire apparaître ce que ne dit pas Platon tout en le disant, afin, d'une certaine manière, d'enrichir ce que nous lègue Platon, et non pour l'affadir, c'est très différent), mais pour en faire ressortir une métaphysique occidentale, afin de mieux la cerner et de mieux comprendre notre monde : en ce sens, la déconstruction propre à Derrida est constructrice !

Parce qu'en effet, déconstruire, en soi, pour parler musique, c'est risquer de se retrouver avec des éléments épars, et ça ne suffit pas à donner du sens artistique, même si intellectuellement c'est intéressant.
Le problème a toujours été de savoir prendre appui sur la tradition pour la dépasser.
Par exemple, ce que fait Debussy (oui, je radote avec Debussy, je sais, je sais), c'est-à-dire partir du romantisme musical pour le dépasser, en s'apercevant que c'est le timbre que cherche à atteindre alors la musique sans encore se l'avouer en restant englué dans la tonalité et la forme sonate, hé bien je trouve que ça pourrait s'apparenter à ce que fait Derrida (du moins, à ce que j'en ai compris, parce que bon...) : faire dire ce qui est caché afin d'avoir des éléments nouveaux pour partir dans une direction nouvelle, sans renier le passé pour autant (je sais pas si je suis clair...).
commentaire n° : 9 posté par : Djac Baweur (site web) le: 28/04/2008 13:52:28
Bel article, vraiment clair pour mieux comprendre Derrida (je l'ai un peu lu, il y a plusieurs années)... 

Une chose que j'aimerai mieux saisir, c'est la différence entre la déconstruction et l'herméneutique. Dans un sens, l'herméneutique est une "reconstruction", on part d'un texte, d'une oeuvre, et on prend en compte son contexte, son réseau d'influences, on s'interroge sur ce qui a conduit à ce qu'il soit tel qu'il est et donne lieu à telles interprétations, à ce qui conditionne sa manière de "signifier"... mais "reconstruction" et "déconstruction" (dans le sens de Derrida, bien sûr), c'est un peu la même chose. Il s'agit de prendre conscience de ce prisme qui agit sur notre façon d'interpréter, de ce "voile" sur l'oeuvre, d'essayer de comprendre à la fois ce qu'il y a derrière ce que dit l'auteur, et ce qui détermine nos interprétations...

Et quand je pense "déconstruction", je ne peux m'empêcher de penser à Nietzsche... qui a déconstruit les valeurs, croyances, remis en cause tout ce qui peut conditionner nos visions du "bien", du "mal", nos jugements moraux... Derrida est, pour moi, dans une lignée très nietzschéenne, ce qui ne peut que m'intéresser, même si je ne l'ai pas encore lu en profondeur.

Une dernière petite chose, qui m'a un peu étonné... tu parles de Debussy qui resterait encore englué dans la forme sonate... pourtant, même si on trouve chez lui des "restes" de forme sonate, une des principales caractéristiques de son style, c'est de refuser tout (ou presque) développement, qui est pourtant le coeur -voire l'essence - de la forme sonate.
"Englué" est un terme qui peut lui correspondre, cela rejoindrait ce qu'on a pu dire sur "l'immobilisme", justement, de sa musique où il développe si peu (ce qui n'est pas péjoratif pour moi, j'adore Debussy...) et d'ailleurs une "musique immobile", je ne vois pas trop ce que c'est... même dans le cas où l'on répéterait toujours la même chose... on en revient à Derrida et à l'itérativité, le fait qu'une chose répétée n'est jamais identique, la répétition dit chaque fois "autre chose"...

 
commentaire n° : 10 posté par : G.T. (site web) le: 01/05/2008 20:33:33
>G.T. : Arf ! Je relis ma phrase dans mon commentaire précédent et je m'aperçois que ma phrase est horriblement mal tournée, ce qui prête à confusion en me faisant dire le contraire de ce que je voulais dire : ce n'est pas Debussy que je qualifie d'"englué dans la forme sonate", mais bien la musique de son temps : lui, justement, en sort, en faisant émerger le timbre comme conception musicale encore inavouée et pourtant présente à l'état latent (Chopin, Wagner, Moussorgsky...).
Je te donne donc tout à fait raison, et j'espère que tu comprends mieux ce que je voulais dire, du coup ! ;o)

Quant à l'herméneutique, je vais pas bien pouvoir t'éclairer, voir même avancer une quelconque idée, je n'y connais simplement rien !
Mais que la "déconstruction" soit une "reconstruction", ça cadre très bien avec ce que j'ai compris : il ne s'agit pas de jeter aux orties ce qu'on déconstruit, bien au contraire, mais de faire dire plus que ce qui est dit, ce qui ne nie pas le reste, mais qui s'y ajoute. D'où la richesse et l'intelligence de Derrida, à mon sens.

Pour Niezsche, je pourrai pas argumenter non plus, je ne connais pas plus que l'herméneutique, mais je peux juste dire que Derrida déconstruit Heidegger, qui apparemment a aussi cherché à détricoter toute la métaphysique occidentale, les valeurs, croyances etc... comme tu le dis ; or, Derrida montre que même dans ce cas, Heidegger reste encore coincé dans certains présupposés, et que dans sa façon de tenter de sortir de cette métaphysique, il y reste inscrit ! Serait-ce pareil pour Nietzsche ?
Du coup, je vais reparcourir le livre pour voir si je trouve allusion faite à Nietzsche.

Enfin, tu me rassures si, ayant lu directement Derrida, tu me dis que je suis clair et que je ne dis pas de bêtises et de contresens, parce que je n'en étais pas vraiment convaincu !
;o)
commentaire n° : 11 posté par : Djac Baweur (site web) le: 02/05/2008 16:23:37
Hum pour le plaisir sexuel, de fait un orgasme s'apparente à une légère crise d'épilepsie, contraction des muscles par à-coups incontrôlée, pendant que de l'endorphine se répand dans le cerveau, ce neurotransmetteur donnant une sensation d'euphorie.

Je comprend qu'on puisse vouloir faire de l'amour qu'on porte aux beaux yeux d'une musicienne quelque chose d'éthéré, de pur, nullement rattaché à la viande, mais de là à dire qu'un individu qui chercherait, en faisant l'expérience d'un sentiment, à en connaître l'origine et les modes de fonctionnements, devrait être traité de fou...
commentaire n° : 12 posté par : Xuelynom le: 06/05/2008 14:50:42
>Xuelynom : arf, je redis ce que j'ai déjà dit autrement : décrire l'orgasme comme tu le fais dit une certaine vérité, une vérité médicale, objective, qui n'est observable qu'extérieurement, par le biais d'expérience scientifique (combien de rats ont-ils péri pour qu'on sache ce que tu décris...).
Une toute autre vérité est celle que tu vis dans l'instant, au moment de l'orgasme, pour reprendre ton exemple : ce que tu ressens alors est certes déclenché par les mécanismes neuro-chimiques que tu décris, mais ce que tu vis, toi, c'est autre chose, qui n'est pas descriptible en termes scientifiques, c'est une expérience subjective qui t'es propre... Ce n'est nullement être idéaliste que de dire ça, mais au contraire très profondément réaliste, en faisant la part des choses : la vérité objective extérieure, et la réalité vécue, qui est en effet provoquée par la première, mais qui ne s'y réduit pas, parce que fugitive, chaque fois unique. Quant au premier type de vérité, c'est la science qui se charge de l'exprimer, quant à la seconde, ce serait par exemple l'Art (à quoi servirait la poésie, sinon ?)

Autre exemple : la science explique (et c'est en soi passionnant) comment la lumière se décompose en un spectre de longueurs d'onde, etc... Ça n'empêche que ça n'expliquera jamais pourquoi on trouve un coucher de Soleil beau - c'est une vérité subjective, provoquée certes par des raisons scientifiques et concrètes, mais le vécu lui, n'est ni concret ni objectif.

C'est à partir de là que le religieux se met à être bien plus complexe que ce qu'en dit Onfray ; car ça ne se veut pas qu'une explication concrète du monde (ce qui à notre époque est certes devenu plutôt ridicule), mais plutôt une manière de mettre des mots sur le second type de vérité dont je parlais. Expliquer le monde en terme de neurones et d'atomes est une certaine vérité, mais qui ne dit rien du vécu profondément humain : chacun d'entre nous, à sa manière, consciemment ou non, cherche les mots pour l'exprimer, de l'Art au religieux (l'Art provenant du religieux - ça ne me semble pas un hasard).
commentaire n° : 13 posté par : Djac Baweur (site web) le: 06/05/2008 22:35:59
Enfin, tu me rassures si, ayant lu directement Derrida, tu me dis que je suis clair et que je ne dis pas de bêtises et de contresens, parce que je n'en étais pas vraiment convaincu !

Sauf que... je ne l'ai pas lu "en profondeur", je l'ai un peu survolé... si ça se trouve, on l'a mal compris tous les deux :-) 

Pour Debussy, je suis rassuré... je me disais bien, vu ta culture musicale et ton intérêt pour Debussy, qu'il était tout de même étonnant que tu considères qu'il reste englué dans la forme sonate !

A bientôt
commentaire n° : 14 posté par : G.T. (site web) le: 10/05/2008 20:21:51
>G.T. : ha damned, on s'auto-congratule juste pour se rassurer, alors... :o)

Debussy et forme sonate, oui, ça aurait voulu dire ne rien avoir compris à Debussy, de façon certaine et rapidement diagnostiqué, contrairement à Derrida. :o) 
commentaire n° : 15 posté par : Djac Baweur (site web) le: 13/05/2008 22:17:28

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