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14 novembre 2007 3 14 /11 /novembre /2007 12:02

Il y a peu de temps de cela, je terminai un livre de Michel Onfray, La Puissance d'Exister, un ouvrage qui condense, en gros, sa pensée.

C'est facile à lire, pas très long, intelligent, clair et carré.


Mais, en refermant le livre, il y avait un je-ne-sais-quoi qui ne me convenait pas. Pourtant, sur le moment, à y réfléchir, à l'exception de deux-trois points qui ne m'ont pas convaincu sur le coup, l'ensemble m'avait paru juste, et correspondre à plein de choses que je pouvais déjà ressentir, en ayant au moins le mérite de mettre quelques mots précis sur ces impressions.

Mais bon, il restait quelque chose qui clochait.


Je crois que j'ai fini par à peu près trouver.

Le grand truc d'Onfray, c'est de glorifier l'hédonisme et l'épicurisme, comme quoi il faut se débarrasser des modèles judéo-chrétiens (caca) qui nous emprisonnent dans une dichotomie entre la pensée et le corps, et de ce fait nous enferment dans des codes qui nient l'individu ; en contrepartie, il nous invite à chercher à jouir de chaque moment de la vie en nous réconciliant avec notre corps et nos perceptions.

Bon. Certes. C'est pas faux, comme qui dirait. Et comme disait ma grand'mère, si ça peut pas faire de bien, ça peut pas faire de mal.

Et puis, évidemment, à lire c'est agréable, flatteur et valorisant : demandez à n'importe qui «est-ce que tu préfères mener une vie agréable, à profiter des bonnes choses, et à être en accord avec toi-même ?», a priori tout le monde répondra «ha ben oui alors !». Sinon, si jamais vous rencontrez quelqu'un qui vous répond consciemment l'inverse, mon conseil : retournez-vous, et fuyez en courant le plus vite possible.


Ce faisant, Onfray démolit la philosophie idéaliste, celle qui se plaît à manipuler des idées pures (de Platon à Kant, en gros) séparées de toute incarnation quotidienne et individuelle. Il pointe, avec raison (pour moi), que penser de cette manière n'a aucun pouvoir à nous rendre meilleur dans notre vie profonde, puisque coupé de toute réalité matérielle de notre corporéité (haaa que c'est bon d'employer des mots qui font classe).


L'ennui, c'est qu'à ce qu'il me semble, Onfray ne propose rien d'autre, lui aussi, que de la pensée intellectuelle, finalement.

En effet, ce n'est pas parce qu'on va théoriser l'hédonisme que paf, on va devenir meilleur, améliorer sa vie, avoir de plus belles relations avec les autres, etc... Il ne suffit pas de penser et d'affirmer «je suis épicurien» pour l'être ; cela ne reste qu'une étiquette intellectuelle, qu'on peut adopter pour se faire plaisir et se donner une image plaisante de soi-même, mais qui ne change pas grand'chose sur le fond. Car on est tous enfermés dans des fonctionnements bien particuliers, des stratégies apprises dans l'enfance, pour appréhender le monde tel qu'il nous est apparu et nous a été présenté, pour gérer les relations qui nous ont été imposées, et pour contourner les angoisses qui nous auraient paralysées sans cela. Ces fonctionnements et attitudes conditionnent nos rapports avec nous-même et avec les autres.

Or je ne vois pas qu'une pensée intellectualisée y puisse quelque chose pour décortiquer des schémas profonds qui sont de l'ordre de l'émotion, de la sensation, de la perception, du vécu. Théoriser, c'est intéressant, mais reste à la surface. On peut savoir quelque chose, ce n'est pas pour autant qu'on le ressent. On peut intellectualiser quelque chose, ce n'est pas pour autant que, réellement, profondément, on vit mieux. Conceptualiser l'hédonisme et le revendiquer ne fait pas que, par la force de la pensée, on devient soudain clair avec soi-même, avec ses proches, avec autrui en général. On reste au niveau de l'exhortation, de l'incantation, de l'objurgation, du "il faudrait que".


Et, comme par hasard, Onfray balaie d'un revers de main (presque haineux) à la fois la psychanalyse et la religion.


La psychanalyse (mebahel me corrigera si je me trompe) se propose, justement, au-delà de toute conceptualisation psy (l'outillage des praticiens), de faire fonctionner le vécu de l'individu, pour l'aider à chercher, concrètement, émotionnellement, des clés pour sortir de ces fonctionnements internes. Et donc, d'avancer, de cheminer vers des relations apaisées et plus saines avec soi et le monde.


Quand à la religion, grâce à un de mes meilleurs amis, je suis revenu de cette erreur qui consiste à n'y voir exister que l'Église et son système de pouvoir.

Au-delà de tout clergé, de toute croyance (les deux m'agaçant autant l'un que l'autre), la religion c'est aussi une réflexion d'un ordre très particulier, par le biais du sacré, qui touche à la spiritualité.

Évidemment, sous ce vocable, «spiritualité», se cache tout et n'importe quoi, du ridicule consommé jusqu'à la dangerosité de sectes peu scrupuleuses.

Mais les mystiques soufi, cabbaliste, boudhique, ou même chrétienne, par exemple, quand elles sont articulées par des sages, se révèlent souvent, me semble-t-il, et n'en déplaise à M.Onfray, porteuses de plus de sens à propos de nos vies qu'une pensée intellectuelle, parce que, précisément, elles ne s'adressent pas qu'à l'intellect.


Je me souviens, alors que j'étais encore un apprenti-altiste à Montpellier, de mon passage dans un collège privé catholique, afin de gagner quelques sous en apprenant les chants de messe aux gamins de 6e et 5e, et en les faisant chanter pendant les messes proprement dites, deux fois par semaines (une fois pour les 6e, une fois pour les 5e).

Mécréant et incroyant comme je suis, j'étais dans mes petits souliers. Heureusement, le curé, un type sympa, bon vivant et intelligent, me faisait des listes bien précises des phases de la liturgie où il fallait chanter, et au cours de la messe me faisait un petit signe pour me faire démarrer. En suivant scrupuleusement l'ordre de la liste, j'arrivais donc à faire chanter l'offertoire ou l'agnus dei au bon moment...

Or, si tout le tralala de la messe m'ennuie profondément, si le coup du seigneur qui s'incarne dans un petit bout d'hostie ça me laisse totalement froid (voire ricaneur si je ne me retenais pas), il y a quand même un moment qui m'a frappé, dans la chapelle de ce collège.


Imaginez cent cinquante enfants, en baskets Nike, ados naissants, réunis dans une chapelle pour célébrer une messe. Même avec la présence de surveillants à tous les coins, ça papote, ça rigole, ça glousse, ça chahute.

Puis arrivait le moment de la lecture ; un des élèves lisait un extrait de la bible. Le curé enchaînait classiquement avec son sermon  et il le faisait de manière très fine, sans ton accusatoire du type «vous avez pêché !», sans imposer une manière d'être, non, plutôt bienveillant, en montrant bien qu'on avait tous nos faiblesses, qu'on faisait tous des erreurs, et en invitant, très librement, à réfléchir sur ces faiblesses et sur les moyens de les contourner.

Alors, il demandait de se recueillir, pour penser à ceux que l'on avait vexé durant la semaine passée, à ceux à qui on n'avait pas dit qu'on les aime, qu'on avait délaissé, aux objectifs que l'on avait raté, aux colères ou jalousies qu'on avait eu, et à comment faire en sorte de faire mieux durant la semaine qui allait s'écouler.

Et là, les cent cinquante pré-ados, pétris de McDo et de Playstation, fermaient les yeux, ou cachaient leur tête dans les mains, et faisaient soudain, d'eux-même, naturellement, sans qu'aucun surveillant n'ait à intervenir, un silence total.

Pendant cinq minutes, silence total.

Pour réfléchir sur soi, sur ceux qu'on aime, sur ce qu'on voudrait réussir, sur qui on est, sur comment s'élever.


Hé bien, cet épisode, ce souvenir de ces gamins qui se recueillaient dans cette chapelle, me font, avec du recul, infiniment plus d'effet que le livre d'Onfray.



J'ai l'impression de ne pas dire quelque chose de bien nouveau en décrivant un homo occidentalus bien paumé dans une société absurde - Onfray lui-même en parle -, les choses ne s'arrangeant pas forcément avec les liens virtuels d'internet, d'ailleurs (http://www.hesed.info/article-7227462.html).

Homo occidentalus principalement sans repères sur sa relation au monde. Et donc, demandeur de repères, de discours, de "solutions". Il me semble y voir là le succès à la mode de bien des discours très «mainstream», dont celui... d'Onfray lui-même. L'hédonisme d'Onfray (même s'il cherche à s'en défendre pour son propre compte) entre furieusement en résonance avec le narcissisme de l'époque, avec les injonctions incessantes poussant à être beaux, jeunes, sportifs, cultivés, écolos, mondialistes, indépendants, biens dans sa peau, «célibatants(es)», consommateurs, jouisseurs, bref à «faire comme si», pour oublier qu'on l'est, paumés. Or, la réalité, derrière le masque...


Que la philosophie soit un outil intellectuel puissant quant il s'agit de constructions sociales, d'organisation de la Cité, comme pour réfléchir à la place de la Justice, par exemple, ou à des problèmes éthiques et politiques, ça ne fait aucun doute.

Mais qu'elle puisse aider à être soi-même et à mieux vivre, je n'arrive pas à me départir de l'impression tenace que ça reste un leurre intellectuel, plus pratique pour se cacher derrière qu'autre chose (une fuite, un refuge ?), et aussi séduisant et valorisant soit-il, tel l'hédonisme d'Onfray(1).


Ho, et puis enfin quoi, j'ai pas attendu qu'Onfray me parle d'hédonisme pour déguster avec délice un magret de canard sauce poivre ou une escalope de veau aux girolles et à la crème accompagnés d'un Cahors de derrière les fagots !




(PS : un autre aspect m'a également gêné, à la réflexion : le côté  «hédonisme libertaire» versus «tous les autres systèmes forcément aliénants» - ça fait un peu les gentils contre les méchants, à force. Non, parce que, même philosophiquement, apparemment l'hédonisme libertaire c'est pas forcément la panacée non plus, voir ici et )

(PS2 : vous m'excusez pour le titre, hein ? Hein ? J'ai pas pu résister...)

(PS3 : Ne pas hésiter à se lancer dans la lecture des commentaires pour des précisions et compléments intéressants)



(1) aussi sympathique me soit le personnage par ailleurs, principalement politiquement  - un type qui descend en flamme notre bon président ne peut pas être tout à fait mauvais.

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commentaires

pompastel 05/04/2010 19:05



"(PS3 : Ne pas hésiter à se lancer dans la lecture des commentaires pour des précisions et compléments intéressants)"


J'ai obéi (!)...


Y'a des trucs que comprends soudainement beaucoup mieux :-)  !


 


(Super, l'éclectisme de ce blog. J'adore)



Djac Baweur 19/11/2007 16:59

>brendufat : et un intervenant supplémentaire, un ! ;o)

Entre ce que j'appelle modèle judéo-chrétien, et religion véritable, il y a donc une distinction à faire. C'est bon de l'avoir mis au clair.


Sur Onfray : je suis également persuadé qu'il est sincère, qu'il ne cherche pas le succès en soi, qu'il n'a aucune volonté (consciente) de jouer les gourous ; il a apparemment réellement vécu un chemin difficile dont son œuvre est le fruit. Il est également bon de le dire.

Mais il n'empêche que Michel Onfay en personne est à distinguer de son discours d'une part, et de la diffusion et de la réception de ce discours d'autre part.
Et il convient également de voir que la personne Onfray est comme n'importe qui, sujette à ses propres fonctionnements, dont le narcissisme que relève mebahel, et qu'un discours intellectuel n'est certainement pas à l'abri de ces fonctionnements.

À partir de là, ne pas non plus caricaturer l'hédonisme et l'épicurisme, bien entendu : il ne s'agit pas de baisouille à droite à gauche (comme tu le dis si élégamment :op ), ni d'égoïsme primaire, ni de consumérisme primaire, etc.... Il est également bon de le noter (merci ô brendufat ;o) ).
Cependant, cela pose problème quand même, quand cela se propose en "programme" susceptible de "sculpter" une vie, ce que fait Onfray.
Quand il s'agit de distinguer les "bons" plaisirs des "mauvais", comme le propose Épicure, c'est bien joli, mais être à la fois juge et partie pose un souci (ça revient sur des choses déjà dites plus haut)...

Et on en revient à mon idée principale (qui n'a pas vraiment été discutée jusqu'ici) : une volonté intellectualisée, aussi sympathique soit-elle (je suis tout à fait partisan d'un art de vivre et de vivre bien), ne me paraît pas efficiente quant à changer profondément sa relation au monde et aux autres.
On pourrait faire de longues listes d'attitudes psy qui nous concernent tous de près ou de loin et qui conditionnent nos relations avec autrui (manque de confiance en soi, narcissisme, obsession, névrose, etc...), je ne vois pas que l'hédonisme y puisse quoi que ce soit.

Bref, décrire l'épicurisme, c'est bien, (si ça peut pas faire de bien, ça peut pas faire de mal, hein, merci grand'mère), mais de là à se l'attacher en étiquette et en faire un programme pour aller mieux, c'est forcément limité et circonscrit à l'intellect.

Et par conséquent, autant lire Épicure, plutôt qu'Onfray, histoire de se culturer la tête... ;o)
Et de chercher son chemin perso sans mots-d'ordre comme béquilles, avec humilité, et amour et partage avec ses proches...
Voilà, c'est mon mot d'ordre à moi - que je vous demande donc de ne pas suivre !
Heuuu...
(allez, zou, un Nurofen supplémentaire...)
;o)

brendufat (toujours causant et pas sommeil 19/11/2007 01:59

Le tout premier commentaire de mebahel (bruit frénétique de molette de souris) m'a rappelé quelque chose.Pour mémoire, mebahel : MO a un discours paradoxal : "soyez libre" - ordonner d'être libre est en effet assez savoureux.Le souvenir : "La vie de Bryan", Monthy Python (googlez ou renseignez-vous si vous ne voyez pas de quoi il est question). Bryan, suivi par une meute de disciples fervents, et bien embêté car il pressent de gros ennuis, cherche à s'en débarrasser honnêtement en leur laissant un mmmmmmmessage pas trop crapule. Il a du mal, le pauvre, et finit par trouver ceci : "Vous êtes tous des individus". Et la foule aussitôt d'ânonner pieusement "Nous sommes tous des individus" ........T'ai-je comprise, maybe très chère ?

brendufat (d'humeur causante) 18/11/2007 23:32

Yeah ! On peut de nouveau laisser des comms !Tout ça est fort intéressant, et instructif.S'il est permis à un athée paisible, de formation catholique post-Vatican II, de mettre son grain de sel dans les marges de la conversation plutôt qu'en son centre :- on utilise souvent en ces matières des termes dont le sens a dérivé ou n'est plus bien compris.J'ai été très heureux de lire le rappel sur le sens exact du mot "chasteté", qui n'est ni l'abstinence, ni l'ennui, ni la position du missionnaire - simplement le contraire de la baisouille dans tous les coins. Ce n'est pas un choix de vie ridicule ni déraisonnable, même si on peut en prôner d'autres.Dans le même ordre d'idées, il faut aussi rappeler qu'un "gourmand" est, au départ, un vorace ou un glouton (voire un accro au Nutella ...)  plutôt qu'un fin bec - l'amateur de bonnes choses est (était) plutôt "friand". Le péché capital de gourmandise est parent de la cupidité, en somme. Feu Lionel Poilâne, qui s'était toqué de demander au Pape de retirer la gourmandise de la liste, aurait plutôt dû demander une mise à jour du vocabulaire.-"il y a plusieurs demeures dans la maison du Père", et pas seulement l'Eglise catholique, apostolique et romaine.Catholique : universel ; orthodoxe : la droite doctrine ;  réformé ou, carrément, évangélique : c'est assez clair.Puisque tout le monde a raison, ce ne doit pas être aussi essentiel qu'il y paraît - m'enfin, il faut bien se sentir plus dans son droit que le voisin, ça rassure.Je m'inquièterais plus de certains tapageurs néo-ce qu'on voudra ou authentico-autre chose que du curé de ma paroisse. "Quand tu veux prier, entre dans ta chambre la plus retirée, verrouille ta porte et adresse ta prière à ton Père qui est là dans le secret" (Matthieu, 6,6) Beaucoup l'oublient.- sur les rites, les sacrements, les formules ... si  on prend au pied de la lettre ce qu'a dit le patron, c'est très court : baptême, mariage, eucharistie, Notre-Père, le tout sans ostentation et entre copains (voir plus haut) et point final. Tout le reste (né bien sûr des meilleures intentions, et fort respectable) c'est de l'organisation, de l'administration, du travail de proto-énarques tels Saint Paul (attention :  un énarque est un monstre de travail et de conscience professionnelle - tout à fait Saint Paul), de l'adaptation à ce qu'attendait le public. Oserai-je dire du marketing ? J'ose.- Onfray : autant le dire tout de suite, je n'ai rien lu de lui. Le personnage me semble attachant et sincère, pas poseur, probablement peu soucieux de carrière. Ca ne suffit bien sûr pas à lui donner raison, ni tort, mais il serait dommage de le réduire à une mode - ce que personne ne fait ici, d'ailleurs.-sur Epicure (ceci se rattache aussi au point sur le sens des mots) : comme tous les Grecs,  il se préoccupe de l'art de mener sa vie au mieux, ou au moins mal, et pas seulement du Tout et du Rien. Il s'en soucie aussi, bien obligé pour être pris au sérieux, ça fait partie du taf mais ce n'est pas le plus convaincant.Il est un des rares penseurs (le seul ? sans doute le premier en tout cas) à avoir fondé cet art de vivre, de vivre bien, de vivre dans le Bien, sur l'amitié - le "Jardin d'Epicure". Sans entrer dans une discussion sur le sens du terme "amitié", le point original est qu'il ne s'agit pas d'une pensée de l'homme dans ou face à l'univers, du citoyen dans la cité ou face aux lois, mais d'un individu et d'autres individus, dont il a besoin pour être tout à fait lui. La bonne bouffe "épicurienne" n'a rien à voir avec la question. Au total, je reste athée (pas agnostique, athée), simplement je ne tiens pas la caricature ou la rhétorique pour des arguments très solides.Bon, c'est bien beau mais il faudrait que je dîne, moi ....

Djac Baweur 18/11/2007 22:51

>Lorraine : "nous ferions mieux de nous remettre en question nous-mêmes, avec nos idéaux, nos comportements, nos conditionnements, plutôt que d'y traquer sans relâche des choses qui ne recouvrent plus la moindre réalité dans la religion ni ailleurs"
Ha mais moi je ne propose rien d'autre.
Simplement, mettre à jour le modèle dont je parle, c'est quand même se donner des pistes de réflexion sur soi (quand je dis "réflexion", je ne pense pas à une réflexion uniquement de l'ordre de l'intellect).
Et Onfray tape à bras raccourci sur la religion c'est vrai, mais au fond c'est pour faire la même chose.
Sauf qu'il y adjoint en supplément un programme intellectuel qu'est son système hédoniste, et je ne reviens pas dessus en détail, je n'y vois pas une réelle solution pour avancer, mais un leurre.

Évidemment, bien des choses en elles-même, auxquelles il fait allusion, me sont proches : apprécier la bonne chère, être sensualiste, chercher le plaisir si il ne conduit pas à un déplaisir plus grand, et dans le respect de l'autre, etc...
Ce qui ne me convient pas, c'est le système et la croyance qu'un programme intellectualisé peut réellement induire sur notre relation à soi et surtout, surtout, à autrui, parce que c'est, au fond, une manière de se cacher à soi-même (je l'ai pas déjà dit ? Si, ok, alors j'arrête de radoter... ;o) )

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