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5 novembre 2007 1 05 /11 /novembre /2007 11:57

Certaines des scènes qui suivent sont d'une violence inouïe. L'âpreté des combats, le sang qui gicle, les cris de terreur hurlante, les tripes qui repeignent les murs, ceci n'est pas supportable et ne peut être exposé sur un blog tout public, surtout si on considère qu'il peut se trouver dans ledit public un nombre non négligeable de bisounours.

Par conséquent, afin de ne pas heurter les bonnes meurs et faire cauchemarder mon lectorat avec des scènes d'intestin qui se déroule comme un tuyau d'arrosage, de membres tranchés qui pissent le sang comme un arroseur automatique, ou de visage brûlé avec la peau qui fait des cloques, l'auteur a pris soin de discrètement mettre un voile pudique sur les scènes en question, de manière subtile, qui ne devrait pas entraver le fil de votre lecture tout en atténuant le choc traumatique que n'aurait pas manqué de provoquer la violence crue racontée sans précaution.

Et, du coup, vous pourrez faire un bisou à l'auteur qui est tellement gentil avec vous.

Épisode Seurtine.


La tension était palpable.

Le Sigma Fox Shippyards Coco Alpha-Class Shuttle Millenium Air Wing Falcon Omega III avait atterri dans un hangar à l'écart des plate-formes d'appontages habituelles, et par conséquent en marge du trafic incessant qui régnait en général dans le vaisseau amiral de la Flotte. Il n'y avait pas un chat.

En revanche, y'avait un max de suspens. On pouvait palper la tension.

On attendait.

On guettait.

On était à l'affût.

Tendu.

Et palpé, donc.


Le vaisseau amiral, cet immense navire céleste, qui renfermait en son sein les Quartiers Spéciaux de la Prison Impériale dans laquelle se trouvaient les prisonniers politiques d'importance, était comme une ruche monstrueuse et infinie, constituée de centaines de kilomètres de couloir, de coursives, de hall, de bureaux, de hangars, d'ascenseurs, de machines, de pièces indéfinies, de recoins inexplorés, de salles avec rien dedans, de réduits que personne savait à quoi ça sert, de canalisations indéterminées, de bidules et de fils mystérieux venus de nulle part et allant nulle part, le tout relié en un tel réseau en trois dimensions que même l'ordinateur central n'était pas certain de tout maîtriser, afin, par exemple, de déceler de manière certaine où se nichaient les toilettes du pont A645_K8.

Parce que, déjà, localiser le pont A645_K8...


De tout façon, on ne demandait pas ce genre de renseignements à l'ordinateur central, qui avait d'autres chats à fouetter, comme de coordonner les albedos de chaque vaisseau de la Flotte en fonction des forces de Coriolis appliquées au système, corrigées par les variables relativistes, ce qui, excusez-moi, a quand même une autre gueule. Demander un renseignement sur un simple lieu du vaisseau amiral à l'ordinateur central, c'était être assuré de se faire rire au nez avec la plus grande condescendance - l'ordinateur central était très conscient de sa valeur et de son importance dans le dispositif de la Flotte, bref, il se la pétait.

C'est pour cela que, quelqu'un, un jour, avait eu l'idée de créer un département spécifique attaché à étudier les plans du vaisseau, afin d'aiguiller quiconque en aurait besoin - en effet, même pour le moindre travail de plomberie, il était courant que, par exemple, en fermant l'arrivée d'eau chaude, c'était en fait l'eau froide du niveau en-dessous qui devenait inaccessible(1).

Le DTNA, Département de Topographie du Navire Amiral fut donc constitué, puis vite oublié ; mais il subsistait malgré tout, dignement représenté par son Chef, un vieux bonhomme qui passait son temps tranquillement en fumant sa pipe et en se coupant du saucisson accompagné d'un coup de rouge, et par son Assistant, un jeunot boutonneux pas très fûté mais de bonne volonté, qui avait trouvé que "Département de Topographie" ça faisait classe.

Dans l'ensemble, ils étaient peu dérangés.

Ils le perpétuaient assez facilement, d'ailleurs, sans même vraiment le vouloir, car, vu la complication de la chose, chaque demande de repérage voyait en général sa réponse reportée à la quinzaine d'après. Et pour trouver des toilettes, ça ne collait pas vraiment avec l'empressement généralement associé à ce genre de requête.


C'est ainsi que vous pouviez facilement vous retrouver dans des coins paumés de cette immensité labyrinthique, loin de toute l'agitation de fourmilière dévolue aux endroits importants du vaisseau, ce qui rendait donc imaginable le sauvetage de Princesse en détresse, clef de voûte primordiale de toute histoire qui se respecte.


Et c'est donc parqués dans un hangar anonyme que nos héros se tenaient prêts, tendus tels des prédateurs à l'affût (enfin, certains, pas tous - je laisse le lecteur se faire son idée).

Une sorte de mélodie crispante, genre un truc à l'harmonica sur trois notes, planait subliminalement dans l'atmosphère, comme un parfum diffus au confins de la sensation concrète.

Les contrôleurs de l'Empire, venus vérifier l'identité des occupants, et qui n'avaient donc pu le faire par radio à cause d'une apparente panne d'émetteur, entrèrent tranquillement dans le Sigma Fox Shippyards Coco Alpha-Class Shuttle Millenium Air Wing Falcon Omega III, croyant à une opération de routine.

Ils étaient trois.

Ils pénétrèrent dans la navette.

Et là, Martine plonge dans l'eau. Patapouf éclabousse tout le monde. L'eau est bonne ! Patpatouf fait le fou, il fait rire tout le monde. Martine s'amuse dans les vagues. Nicolas nage très bien la brasse, il est sportif ! Il est temps de revenir sur le sable. Martine et Nicolas se sèchent vigoureusement, et Patapouf s'ébroue en envoyant des gouttes partout ! Tout le monde s'amuse.


Quelques instants plus tard, nos héros descendirent la rampe d'accès, circonspects, arme au poing : Klinty en tête, Stravisky et Hutch le suivant immédiatement, puis Hildegonde, Djoni (enfin, ce qu'il en restait) et le chaudron clignotant sur roulettes (qui était en réalité HT2P le droïde), et enfin, Sam et Cheequetabah fermant la marche.

Il s'agissait maintenant de trouver où la Princesse Lycra était gardée captive. Ça s'annonçait palpitant. Vous palpitez, non ?


Zorg, penché sur les documents qu'il étudiait, leva d'abord un sourcil ; puis les yeux ; puis, très lentement, le visage entier. Quelque chose... Une vibration de l'air... Comme quand il se passait un truc qu'il ne fallait pas qu'il se passe...

Mmmh...

Zorg fit la moue. Peut-être était-il trop... Comment disait-on, déjà ? Dé... Ha oui, "débordé". C'était un truc d'être inférieur, ça, d'habitude, mais bon, nul n'est parfait. Il faudrait qu'il songe à prendre des... comment déjà... ha oui, "vacances".

Un petit quart d'heure à rien faire sur un canapé, à l'occasion.

Non pas que cela le réjouissait de s'abaisser à des pratiques de faibles, mais enfin si ça pouvait l'aider à ne pas se déconcentrer de son travail inutilement....


Il y avait des gardes qui barraient la sortie du hangar.

Klinty, Stravisky et Hutch mirent en joue, et Martine coupe le beau gâteau. Qu'il a l'air bon ! Tout le monde veut la plus grosse part. Mais il faut être raisonnable, chacun en aura. Le gâteau est plein de crème. C'est Augustine qui l'a fait, elle y a passé l'après-midi. Patapouf jappe, il voudrait une part lui aussi ! Tout le monde rit, et Martine lui explique que ce n'est pas pour les petits chiens. Tout le monde est maintenant servi, quel régal ! C'est vraiment un anniversaire réussi !

Nos héros débouchèrent sur une coursive qui semblait déserte. À part Cheequetabah, et la bassine en ferraille, tous avaient revêtu les uniformes des gardes. Ils étaient maintenant véritablement dans la place, au cœur du monstre.

«Eeeeeeet comment on fait, maintenant ? fit un filet de voix tremblotant, à peine audible, dont le chevrotement caractéristique identifia immédiatement son auteur comme étant Djoni.

- Étape numéro 1 : on fonce vers le Département de Topographie, répondit Klinty, yeux plissés vers le fond tu couloir, les muscles de la mâchoire saillants sous la peau.

- Eeeeeeet c'est où ça le département de topotruc ?

- C'est HT2P qui va nous le dire.

- Haaaaaaaa, hé bé, fit Djoni dans une sorte de trémolo étranglé. Ça c'est du plan, hein. Balèze. Mais, j'ai remarqué un truc, c'est qu'il y a personne qui garde le vaisseau, je trouve ça dommage, moi je préconiserais que...

- Le vaisseau se gardera bien tout seul, allez on y va !»


Le Général en chef en charge du Palais Impérial se pencha à l'oreille de l'Empereur, pendant que le Consul du système de Gradubydh débitait son discours. Tout le monde dans la salle du conseil roupillait ferme, de toute façon ; les séances de doléances étaient toujours le lieu où de vraies décisions se prenaient, de manière informelle et orale, pour occuper le temps.

«Votre Grâce, j'aurais besoin de votre aval pour de menus travaux...

- Des travaux ? Quels genres de travaux ?

- Des travaux de rénovation, Votre Grandeur.

- Mais de rénovation de quoi ?

- De rénovation de locaux du Palais, Votre Seigneurerie.

- Mais les locaux de quoi, à la fin ? Vous allez la cracher votre pastille, ou bien ?

- La prison, Votre Magnificience.

- Hé ? Mais pourquoi vous voulez rénover la prison ? Depuis quand ça a besoin d'être rénové, une prison, maintenant ?

- Depuis qu'on voudrait y aménager de nouvelles installations, Votre Immensité.

- Haaa, ben voilà, c'est ça qu'il faut me dire ! De nouvelles salles de torture ?

- Heuu, non, Votre Amplitude.

- Bon mais quoi alors ? Qu'est-ce qui vous arrive ?»

Le Général ferma les yeux, soupira, sachant que c'était maintenant que la catastrophe allait arriver. Il rouvrit les yeux, et articula, mobilisant tous ses réflexes professionnels :

- Ce serait pour installer une table de massage et un bain à bulles, Votre Sublimité. Et une cabine d'UV, aussi. Peut-être un home-training, si on a la place.

- ...»


Le Consul du système de Gradubydh ne sut jamais pourquoi, en plein milieu de son discours, l'Empereur se leva soudain pour crier :

«NON MAIS QU'EST-CE QUE C'EST QUE CE BORDEL ! C'EST PAS FINI DE SE FOUTRE DE MA GUEULE ? LÀ ÇA VA CHIER JE VOUS PRÉVIENS TOUT DE SUITE !».

Du coup, le système de Gradubydh entra en sécession, suite à cet affront impardonnable fait à son représentant.

Bien entendu, la semaine d'après le système était rasé par les Forces Impériales.




(1)
Et la chose amusante était que quand on rétablissait l'eau chaude, non seulement l'eau froide restait inaccessible au niveau d'en-dessous, mais l'eau chaude ne revenait pas non plus au niveau initial. La plupart des plombiers de l'Empire étaient sous anti-dépresseurs.

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commentaires

marionette 07/11/2007 10:20

Ouais c'est vrai en même temps que y'en a plusieurs. Je parlais de Cheequetabah. et je ne suis pas chiante? Enfin peut-être, mais faut pas le dire. voilà. (non mais)

Djac Baweur 07/11/2007 09:48

>Lazuli : si ! ;o)
(en relisant tous les épisodes bout à bout un jour, je pense que la lumière se fera. Surtout une fois qu'on a pigé qu'il y a DEUX prisons distinctes, l'une avec la Princesse Lycra, l'autre avec Zorguinette dedans.)

>Posuto : c'est la raison du personnage de Patapouf : apporter un peu d'air frais pour éviter que le scénario s'alourdisse de trop de tension nerveuse. :o)

>marionette : tu es chiante, s'il te plait.
:op
(qui c'est le gros lourdaud ?)

marionette 07/11/2007 00:00

(s'il te plait)

marionette 07/11/2007 00:00

et dis pas que chui chiante!

marionette 06/11/2007 23:59

Bon à minuit ça le fait pas trop. En même temps à force de vouloir nous tenir en haleine, hein, ben on s'paume.Et puis moi je voulais entendre le son mélodieux de la voix du gros lourdaud...pfffffffffffffffffff...

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