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16 août 2007 4 16 /08 /août /2007 23:46
    L'été, il n'y a pas que les jeux.
    Non, il y a aussi les magazines qu'on lit à la plage, vous savez, ceux avec des tests et des rubriques psycho bidon.
    Ce blog se voulant totalement en phase avec les tendances les plus top hyper too much hype furieusement in ultra fashion, il n'y a pas de raison, voici donc dans ce blog la rubrique bidon psy-love -séduction-je-me-regarde-mon-nombril-que-c'est-le-mien-à-moi, tout à fait de saison, n'est-ce pas ?

    Non ?

    Bon, tant pis, je me lance à l'eau quand même. Car d'une part se lancer à l'eau, c'est parfaitement de saison, ça aussi, et d'autre part c'était aujourd'hui mon anniversaire, qui plus est en réussissant l'exploit, après Noël et le jour de l'an, de le passer tout seul, donc, hein, j'ai bien le droit de parler de moi, un peu, et de lancer (à l'eau, donc) ma plainte solitaire et meurtrie au travers du vide glacé de l'indifférence polie des froids débits numériques, et de faire ainsi comme l'immense majorité des blogs, au point même, finalement, d'en revenir à la fonction d'origine du blog.
    Donc, plouf, si je veux d'abord.

    Voilà, j'ai un problème. Oui enfin, d'accord, plusieurs, en fait, mais là on va parler que d'un, c'est juste une formule d'introduction*, pour la forme, quoi, ouaiiiis, la forme, à fond, la pataaate, ouaiiiis ! OUAAAIIIiiiii...iii...s...

    (*silence poli de l'assistance*)

    Bon. Hahem.

    Donc, j'ai un problème.
    Ceux qui surfent sur les blogs amis se souviendront peut-être du billet d'Anna sur les "cases". Anna dissertait à propos du fait, en résumé, qu'on met souvent trop facilement les gens que l'on rencontre dans des cases toutes faites, positives ou négatives, sans les connaître véritablement, par simples préjugés, ou grille de jugement personnelle.
    Hé bien ce que je voudrais aborder à mon tour, c'est justement une case spécifique, dans laquelle j'ai bien l'impression d'être facilement (trop facilement, à mon sens, d'où le drame) rangé.

    La case du type qui recherche un couple ou un amour fusionnel, voyez, le type collant.
    Car c'est une case très vicieuse, très gluante, qui vous colle immanquablement comme un chewing-gum à la chaussure ou comme ces mouches chiantes qui reviennent inlassablement se poser cinquante fois au même endroit sur votre coude, une case qui vous rattrape au moindre geste, ou au moindre mot de travers. Le cauchemar de case, quoi. Une des pires.

    Le couple fusionnel, ou le gars fusionnel, à mon sens - et arrêtez-moi si je me trompe - bon, évidemment, dans les faits, vous ne pouvez pas m'arrêter, c'est encore une formule, une façon de parler - d'ailleurs, quand je dis façon de parler, en fait, c'est d'écrire, bien entendu, mais c'est façon de parler... enfin je veux dire, heuu - rhaa et puis mais quoi vous avez fini d'ergoter constamment, c'est pénible à la fin - oui, et là, évidemment, vous n'ergotez pas pour de vrai, cette fois c'est une manifestation de mon humour irrésistible - j'en étais où, moi - mais non je cherche pas à détourner la conversation parce que ça me gêne de parler de moi - oui, bon, conversation, c'est une façon de... - okay, ha oui, donc, le gars fusionnel, à mon sens, c'est celui qui cherche à combler un manque affectif, qui cherche à construire un couple qui sera en fait une béquille à sa vie intérieure, qui voudra que ce couple soit une fin en soi, un modèle à son service pour le materner, qui demandera à l'autre de s'investir dans ce modèle, d'où culpabilisation pour l'autre quand cela ne semble pas accompli de manière satisfaisante, un modèle où l'idée du couple domine toute la vie personnelle des deux protagonistes, et où rien n'est possible en dehors de la problématique du couple, etc...
    Bref, pas un truc super sympathique, a priori, genre carcan lourdingue, telle la bernique accrochée à son rocher.
    Okay.

    Mais l'ennui, le truc chiant, c'est qu'à partir du moment où la suspicion du fusionnel est sur vous, alors tout bascule : le moindre haussement de sourcil, le plus petit "bonjour comment ça va", même proféré d'une voix la plus neutre, vous apparaît devenir susceptible de devenir preuve à charge supplémentaire. L'enfer.
    Car, c'est quoi, la limite entre fusionnel et non-fusionnel, au bout d'un moment ?

    Mon grave handicap, qui me porte donc préjudice, c'est d'être affublé d'une sorte de générosité du sentiment ; dès qu'il y a une complicité particulière avec une personne, ma porte est grande ouverte. C'est ballot, hein ? Je suis porté alors à donner toute ma tendresse, sans compter, le genre "entier", voyez, le cœur d'artichaut qui déborde. Mélangé à de la timidité, ça donne évidemment une grande maladresse et pas mal de n'importe quoi, et beaucoup de doutes, et donc aussi pas mal de susceptibilité, avouons-le.
    Surtout que, pas très en confiance (euphémisme) dans ma capacité (nulle) à séduire le sexe opposé (impensable), j'ai la naïve (ô combien naïve) impression chevillée au corps que c'est cette gentillesse qui me vaudra d'être aimé (erreur), du coup, je laisse les vannes grandes ouvertes (autre erreur). Et pire encore, je ne sais pas faire semblant, ni jouer un rôle, je suis directement ce que je ressens.
    Et donc, patatras, vous voyez d'ici le truc débarquer en force : un rictus mauvais déformant son visage chafouin, l'hideux spectre du fusionnel rôde, prêt à bondir !

    Car la confusion est vite possible entre gentillesse ou tendresse, et désir de fusion :
    - Êtes-vous triste de ne pas pouvoir voir la personne, à cause d'empêchement ou parce qu'elle ne veut pas ? Paf, voyez, ha haaa, vous êtes fusionnel, vous êtes perdu sans l'autre, CQFD !
    - Avez-vous envie de voir la personne parce qu'elle vous manque ? Malheureuuuuux, espèce de fusionnel, va !!
    - Posez-vous des questions sur son quotidien, sur ce qu'elle a fait, ce qu'elle a à faire ? Non, mais vraiment, alors, quel fusionnel celui-là, indécrottable, tu veux fliquer l'autre, l'étouffer et l'empêcher de vivre, hein, c'est ça ?
    - Avez-vous une appréhension d'ennuyer la personne en question, êtes-vous inquiet de savoir si elle veut bien vous voir ? Haaa, mais ça suffit, hein, bougre de mauvaise graine de fusionnel!

    Bien entendu, dès que le sceau infâmant du fusionnel est gravé en relief sur votre front (alors qu'il était bien, votre front, buriné et tout, avant), il n'est plus envisageable sereinement que, désirer voir la personne, se préoccuper de son quotidien, être déçu de ne pas se voir, être inquiet de séduire l'autre ou non, soient simplement des manifestations de la complicité qui était née, et d'une sensibilité qui s'exprime. Et c'est à ce moment où, confronté à et paumé par cette suspicion généralisée, on en vient à se demander si n'importe quel amour, quel qui soit, n'est susceptible d'être dans ces conditions fatalement jugé fusionnel...
    Faudrait-il ne pas aimer pour être aimé ? Faut-il jouer l'indifférence pour provoquer l'attirance ?
    Est-ce une moderne attitude, sommés que nous sommes d'être des working-winners, des self-made-(wo)men indépendants à l'esprit de compétition émancipé ?

    En plus, franchement, je vois vraiment l'amour plus comme un espace à découvrir et à construire au jour le jour, une façon de s'enrichir mutuellement, et de se soutenir en traversant la vie, qu'autre chose ; c'est simplement que je ne le conçois pas sans tendresse ni partage. Mais partage n'est pas fusion, ou alors je deviens dingue...

    Alors, oui évidemment, à ce point de l'exposé, je vois venir l'Objection, celle avec une majuscule, celle qui tue, zi objèkchieune: c'est bien joli, les vœux pieux, mais entre ce qu'on voudrait de manière consciente et rationnelle, et ce qu'on est réellement, il peut y avoir une sacrée distance, mon cher, tu peux souhaiter "chat" et en réalité être "chien", qu'est-ce que tu en sais, de tes vides affectifs, mon petit bonhomme, mmmh ?

    Certes.
    Cépafo.

    Cépafo, mais, tout de même, au moment où je vous parle, ça reste de la théorie, or, la théorie sans la pratique, ça reste toujours un tantinet vide de sens st uniquement spéculatif. Par conséquent, avant de faire des présupposés sur les tares béantes de mon inconscient en détresse, j'aimerais quand même mettre un tant soit peu en pratique, histoire de voir. Et puis, être plutôt présumé innocent, que présupposé coupable.
    Et qui sait, d'être capable d'évoluer, au cas où, sait-on jamais.

    Faut-il vraiment que je sois forcément le jouet de ma propension à vouloir être gentil et attentionné, et à être inquiet parce que pas sûr de moi? Faut-il vraiment que je me force à ne pas être moi-même, à me forger la carapace du type qui s'en fout, voyez, le genre mec distancié-indépendant-les-yeux-vers-l'horizon -lointain-tu-pourras-jamais-me-comprendre-petite-j'ai-besoin-de-grands-espaces, et qui, royal, paie la note du resto sans mot dire ?
Faut-il que je me mette à avoir peur de téléphoner, de mailer, de dire le moindre mot doux, d'avoir la moindre préoccupation, de crainte de cautionner la thèse d'une fusionnalité latente, produit d'une immaturité larvée ? Un homme, pour séduire une femme, se doit-il forcément de posséder cette solidité morale inaltérable en marbre massif et cette épaule secourable et invincible, fière protectrice du foyer, qu'on nous a racontée soi-disant issue des chasseurs du néolithique ? Faut-il serrer les dents, refouler tout ça, et faire semblant ?

    J'aimerais savoir me sortir de ma case, et simplement montrer que j'ai peut-être des belles choses à apporter, un peu. Et que quelqu'une s'en aperçoive, un jour. Et en veuille bien.
    La vie n'est pas si longue.
    Les belle rencontres et les véritables complicités pas si nombreuses.

    Pfff, et dire qu'en plus, j'ai une voix de canard. C'est pas gagné.



*Mais enfin, s'il vous plait, je vous en prie, vous devenez graveleux, là !

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commentaires

Djac Baweur 18/08/2007 20:59

>rififi : essaie encore... Mouaiff...
C'est juste que c'est toujours un peu plus usant, et un peu plus dévalorisant à chaque fois...
Enfin, heureusement que vous êtes là pour me réconforter !! ;o)

Bon, allez, y'a Rugby maintenant...

rififi 18/08/2007 20:46

on dirait que j'ai raté des trucs...bon alors d'abord : Bon Anniversaire :-)  en retard d'accord, mais c'est l'intention qui compte.ensuite, ben... Lazuli a raison, d'abord rester soi-même, après... essaie encore ? il parait que ça fini par marcher un jour

Djac Baweur 18/08/2007 19:14

>Umanimo : haaa, mais moi le problème c'est pas que la relation finit par tomber à l'eau, c'est qu'elle ne commence même pas, c'est plus grave...

Umanimo 18/08/2007 19:07

C'est peut-être là le "problème": ne pas être (ou ne plus être) en phase avec l'autre personne.Au début d'une relation tout semble rose. On ne voit que les points communs, ce qui va bien.Puis apparait peu à peu tout le reste: ce qui nous divise.Dans une relation où les deux personnes sont dans la même histoire, ce qui divise est surmonté. Mais dans le cas contraire, la fissure s'aggrandit. Ce n'est la "faute" de personne. Seulement, il faut bien trouver une raison au fait que ça ne marche pas. D'où le "tu es trop fusionnel".Perso, j'ai l'impression d'avoir vécu un amour fusionnel avec mon hom. On avait tout le temps envie d'être ensemble et de faire des trucs ensemble. Seulement c'était vécu des deux côtés, si bien que ça a marché. Nous étions dans la même histoire.D'autres commentateurs l'ont dit avant moi, mais je le répète: ça ne marchera que quand tu tomberas sur la bonne personne. Et ça peut prendre du temps (36 ans pour moi). Alors ne te décourage pas.UMA

Djac Baweur 17/08/2007 22:55

Bon alors, qu'est-ce que je fais, je vire mon article et je met le comm de Lazuli à la place ?
:o)

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