(je rappelle que l'écoute au casque est hautement recommandée)
Il est des compositeurs qui font trembler la musique sur ses bases, qui bouleversent tout. Ceux après qui on peut plus faire comme avant, sous peine d'avoir
l'air d'un couillon rétrograde doublé d'un péquenaud passéiste. Ceux qui bousculent les habitudes, les Monteverdi, Beethoven, Wagner, Debussy(1), Schoenberg.
Ceux pour qui on peut dire qu'il y a un avant et un après.
Et puis il y a ceux qui ne révolutionnent pas, mais tendent plutôt à agréger, à synthétiser toutes les tendances, à fabriquer leur univers, et à en sortir des chefs-d'œuvres,
tant qu'à faire.
Bélà Bartok, compositeur hongrois, est justement un des plus géniaux synthétiseurs qui soit.
Si Debussy est présent un nombre incalculable de fois dans mes pages consacrées à la musique,
sur ce blog, c'est parce que, tout mien chouchou qu'il soit, il est par ailleurs incontournable pour comprendre l'évolution de la musique "savante" du siècle dernier.
Mais, je vous avais pour l'instant caché et gardé dans ma manche mon deuxième grrrand chouchou, ayant effectué une part de mon initiation musicale avec ses merveilleux duos pour
violon : Bartok, donc.
Du reste, je ne m'égare pas beaucoup dans mes chouettes choix chouchouesques(2), puisque Bartok gardera une admiration sans borne pour Debussy, le qualifiant «de plus
grand musicien du XXème siècle» (voyez, c'est pas moi qui le dit, hein, c'est Bartok, donc, bon, faites un peu confiance, quoi).
Ce type parvient à une sacré gageure du genre que quand on vous la dit à l'avance, vous faites «ouaiiiis, c'est çaaa, bien sûûûûr, et la marmotte elle met le papier alu autour du
chocolat», gageure à laquelle aucun autre musicien à ma connaissance n'est parvenu avec une telle réussite : en effet, il combine à la fois une rigueur d'écriture et de forme issue de Brahms et Beethoven, des éléments de
Strauss et de Liszt, une tournure résolument moderne à rapprocher de l'esthétique de l'école sérielle (Shoenberg,
Berg et Webern), les apports déterminants et essentiels de la musique populaire hongroise (et d'ailleurs), en gardant en tête certaines manières debussystes, certaines manières stravinskiennes, et tout cela englobé par-dessus le marché par un idéal philosophique et politique.
Je sais pas si vous voyez le truc. Patchwork, bouillabaisse, pot-pourri ou salade niçoise, dites-vous, pas encore convaincus ?
Hé bé non. Ça sonne uni et solide comme du Bartok, et quand on connaît, on reconnaît du premier coup d'oreille.
Ça vous la coupe, hein ?
Non ?
Maiis si, bien sûûûr, enfin quoiii : vous êtes forcément les yeux écarquillés, béats, pantelants de surprise et d'admiration, en vous demandant, exaltés et enthousiastes, tout en
applaudissant d'excitation, «mais comment une chose pareille est-elle seulement Dieu possiiiiiiible ? Je palpite, je palpite, je palpite, la suiiiite !».
Si.
Si, j'ai dit.
Non, soyez sympas, quoi, laissez-moi mes utopies.
De Beethoven et de Brahms, Bartok apprend le goût et l'exigence de la musique pure ; toutes ses autres influences seront de toute façon guidées par cette démarche essentielle que
de construire la musique dans un moule réfléchi, étudié, d'une forme rigoureuse et mûrie, démarche issue de ces deux maîtres.
Comme eux, Bartok va donc utiliser quelques motifs qui détermineront toute une œuvre ; il sera attaché au développement, c'est-à-dire à fabriquer de la musique par la
transformation de ces motifs en variant les paramètres, en créant du nouveau matériau à partir des mêmes éléments de base ; il aura une grande prédilection pour le contrepoint serré, le plus souvent dans des canons ou des imitations (i.e. réponses d'un même motif entre deux voix différentes ; en
canon, le motif est repris à l'identique, en imitations, il est à une hauteur différente, ou légèrement déformé) ; il sera également très attentif à la forme, c'est-à-dire à l'architecture d'une
pièce, les rapports entre chaque partie, la cohérence du tout.
C'est ce qui donne à la musique de Bartok une profondeur et une densité pratiquement constante dans toute son œuvre, à la manière de Brahms.
De Strauss et Liszt, il retient la musique à programme, c'est-à-dire l'idée de morceaux de musique assujettis à une trame littéraire, à une histoire, d'où sont issues certaines
de ses grandes œuvres orchestrales (un opéra étrange restreint à deux personnages - Barbe-Bleue, un ballet - Le Prince de Bois, une pantomime - Le Mandarin Merveilleux,
et une cantate étrange - Cantata Profana). Également dû à l'esthétique lyrique de ces deux compositeurs, Bartok se répand de manière très expressive et extériorisée, de la violence extrême
au nocturne le plus doux.
De Debussy, il apprécie et se souvient de l'utilisation de modes différents que les deux modes
classiques (majeurs et mineurs), ce qui lui paraît une bon angle pour s'éloigner de la tonalité classique. Il
assimile également certaines des techniques d'orchestration du français, ainsi qu'un souci du timbre et de la sonorité. Avec Stravinsky, il entretient une affinité avec le rythme, et il croisera
ses méthodes avec les siennes par le biais des rythmes populaires.
En effet, la grande spécificité de Bartok, c'est sa découverte et son utilisation de la musique populaire hongroise d'abord, puis de tous les pays et régions alentour (Bulgarie,
Roumanie, Transylvanie, Croatie, Slovaquie, Ukraine, Syldavie, enfin là-bas, quoi), et allant même jusqu'à la Turquie ou l'Egypte.
Bartok enregistrant une paysanne dans un bled
paumé.
Bartok fera même carrément une carrière d'ethnographe musical influent(3) en parallèle avec la composition et son activité de pianiste, sans se satisfaire de ne
recueillir que quelques mélodies typiques et pittoresques : les trucs pour touristes, c'est par pour lui. Il passera des journées entières de voyage dans les bleds les plus paumés des campagnes de
l'est pour aller enregistrer et transcrire les chants des paysans, en parlementant des heures pour les convaincre qu'il ne s'agit pas de se moquer d'eux, et pour obtenir les chants les plus anciens
et les plus intéressants.
Duos pour violon : 32 - chanson de danse, 5 - chanson slovaque, 35 - Kolojmeka ruthénienne, 36 - la cornemuse, 28 - tristesse, 42 - chanson arabe, 44 - danse
transylvanienne
Sonatine sur des thèmes de paysans transylvaniens / 3 Scènes de village - Noces / Divertimento pour cordes - 3ème Mvt )
Danses populaires roumaines : 3 - Trépigneuse, 4 - Danse de ceux de Bucium, 6 - Danse précipitée / Rhapsodie n°1 : Lassù
De cette manière, Bartok se démarque de nombre d'autres compositeurs de la fin XIXème ou début XXème, dits "nationaux", comme Dvorak (tchèque), Grieg
(norvégien), De Falla (espagnol), Vaugan Williams (anglais), Smetana (tchèque), d'Indy (français), etc..., qui s'attachent seulement à leur folklore national propre ; et plus encore, il s'agit pour
ces compositeurs d'utiliser de simples thèmes folklorisants et piquants pour leur côté exotique, mais sans trop s'éloigner du cadre rassurant habituel (une démarche un peu club med', quoi), procédé
de renouvellement stylistique devant un langage tonal qui s'essouffle, alors que Bartok, partant certes des mêmes raisons, va bien plus loin, tant dans son appropriation intime de la musique
populaire que dans sa volonté d'échapper au folklore facile auquel ont accès les bourgeois urbains de l'époque, pour au contraire, quant à lui, en privilégier les racines profondes.
De ces chants, il en retire des tournures mélodiques spécifiques ; par son travail strict et exigeant issu des manière de Beethoven, il va en déduire une harmonie toute
personnelle, toute en quartes et quartes augmentées qui râpent comme du gros rouge, harmonie âpre, rugueuse, énergique, comme l'odeur de campagne, qui sent bon l'herbe coupée, l'humus et la bouse
de vache.
(Oui, d'une certaine manière, si on veut, la musique de Bartok est une musique de bouse. Mais soyez sympas, n'allez pas le répéter tel quel, hein, hors contexte, où alors ne
dites surtout pas que c'est moi qui vous l'ai dit, je n'aurais plus qu'à m'exiler le plus loin possible pour échapper au tueurs engagés par le CNSM et l'IRCAM pour m'éliminer, merci d'avance.)
Ces tournures mélodiques aux arêtes vives et ces harmonies rugueuses sont assimilées et intimement incorporées à des recherches modernes (au sens du début du XXème
siècle) de musicien "savant", afin d'échapper au langage tonal, ce qui l'invite à manier la dissonance, et c'est ce qui, à l'oreille (voir même sur la partition), rend proche certaines œuvres de
Bartok de celles de l'école sérielle.
Cependant, en réalité, Bartok n'utilise jamais les méthodes sérielles, ni même seulement atonales, et affirme rester tonal malgré tout : bien sûr, il est question plus de
"polarité" que de "tonalité classique", au sens où Bartok garde l'idée de notes polarisants le discours musical, comme des bornes ou des repères, mais abandonne complètement le langage classique
qui était jusqu'à présent vendu avec (le kit complet des gammes et harmonies qu'on trouve dans les manuels). Il garde le principe intrinsèque de la tonalité, mais abandonne les méthodes anciennes.
Et cette attitude lui vient, justement, de la musique populaire : «une musique populaire atonale est inconcevable», dit-il, mais dans le même temps elle invite à s'émanciper du moule classique.
Toutefois, cela reste en matière de rythme que l'apport de la musique populaire est le plus frappant chez Bartok.
La rythmique à laquelle on est le plus habitué, c'est évidemment celle qui nous entoure quotidiennement, utilisée par la variété. Elle fonctionne sur une base, issue de la
période classique, de mesures de quatre temps, ce à quoi les esclaves noirs américains, inventant le gospel et le blues, ajouteront un principe simple et systématique, mais efficace, consistant à
accentuer les temps a priori faibles, c'est-à-dire le deuxième et le quatrième. En effet, si, logiquement, vous scandez quatre temps, il est instinctif et mathématique de découper ainsi, en
appuyant le premier temps, juste parce qu'il est, justement, le premier :
Par conséquent, aller contre cette envie atavique, c'est apporter du mouvement, du rebond, du déséquilibre entretenu, comme de privilégier, dans la marche, le pied en l'air
plutôt que le pied au sol (essayez, vous aller voir, c'est la base de la danse) :
Ce procédé de base, utilisé scolairement et de manière appliquée, est tout à fait irritant (qui a dit «Obispo» ?), mais s'il se double de plusieurs couches de rythme superposées
(et un peu fouillées) venant prendre appui sur cette base (héritage probable des polyrythmies africaines, adaptées à la mesure occidentale), le résultat est parfaitement efficace : il suffit de
penser au jazz (en grande partie), à la musique brésilienne, ou au funk, par exemple.
Cependant on oublie vite, à être environné exclusivement de cette facture, que les aspects rythmiques peuvent être plus variés, nuancés, et multiformes que cela.
Olivier Messiaen, compositeur français (1908 - 1992) et grand professeur d'analyse, a beaucoup réfléchi sur le rythme et son fonctionnement. Il disait notamment : «un musicien
est forcément rythmicien, sinon il ne mérite pas d'être appelé musicien». Et toc, prends ça dans ta face.
Il donne cette étymologie de mot rythme : "Sreu" en serait la racine indo-européenne, signifiant "couler", et commune au sanskrit (sravati, il
coule), au grec (rhéô, couler ; rheuma, écoulement ; rhutmos, mouvement des flots), à l'allemand (strom, cours d'eau ; stromen, couler à flots), à l'anglais
(stream, cours d'eau). En considérant également que la durée est une notion concrète, qualitative, subjective, alors que le temps est abstrait, quantitatif et objectif(5),
il offre cette vaste définition du rythme, en le comparant aux vagues sur la plage : le rythme est une alternance vivante, c'est-à-dire jamais identique mais toujours semblable, périodique mais pas
régulière, comme font les vagues de l'océan. Et pour Messiaen, tout ce qui est musical est rythme, puisque fatalement soumis au déroulement du temps.
Pierre Boulez, autre compositeur français mais je fais pas exprès, distingue quant à lui le "temps strié" du "temps lisse" : «dans le temps lisse on occupe le temps sans le
compter ; dans le temps strié, on compte le temps pour l’occuper». Le temps strié est celui qui fait entendre une division, régulière ou non (Bach, Mozart, le jazz, bref l'immense majorité de la
musique occidentale) ; le temps lisse se déroule sans fractionnement entendu en tant que tel (certains morceaux électroacoustiques, le chant des bardes nomades, celui des moines tibétains, la
première partie d'un raga indien, etc...).
Bartok me semble être assez proche, dans l'esprit, de cette conception vivante du rythme, alternant entre du temps lisse (en gros) et du temps strié. En effet, les rythmes
populaires hongrois relevés par Bartok (et bulgares, et roumains, et transylvaniens, tout ça tout ça) offrent deux aspects : l'un, commandé par l'inflexion parlée, ornementé et improvisé, est dans
un flux libre, pendant que l'autre, fondé sur la danse, à notes égales, est canalisé dans une mesure régulière.
Exemples de "temps lisse" : 3 scènes de village - Berceuse / extrait du Mandarin Merveilleux - premier jeu de séduction / Quatuor n°4 : 3ème Mvt. Dans le premier cas,
c'est très directement un chant populaire orchestré ; dans les deux autres, c'est une construction savante de Bartok, mais on devine l'inspiration issue des chants populaires.
Ainsi, la musique de Bartok se fait tour à tour lyrique et libre, puis énergique et pulsée.
Cependant, même cet aspect pulsé du rythme chez Bartok n'est jamais vraiment répétitif, mais plutôt sans périodicité trop contraignante, toujours vivant, toujours en devenir et
en courbes discursives, en particulier par un aspect propre aux musique hongroises (et bulgares, et roumaines, et transylvaniennes, tout ça tout ça)(4) : construire des temps inégaux sur
une pulsation régulière.
Si je reprends ma mesure à quatre temps classique, comme je l'ai indiquée plus haut, il faut en fait signaler qu'il existe une sous-pulsation sous-jacente aux temps principaux,
qui influe totalement sur la sensation rythmée perçue. Soit on se trouve dans une mesure binaire, la sous-pulsation est un multiple de 2 (ici j'ai pris 4 comme multiple de 2, j'espère que personne
n'est perdu ?) :
Hé bien, les mesures irrégulières issues des musique populaires hongroises (et bulgares, et roumaines, et transylvaniennes, tout ça tout ça) ne sont ni binaires, ni ternaires,
mais une sorte de mix' des deux, et ça donne, par exemple (beaucoup de combinaisons sont possibles) :
Bartok va énormément s'en inspirer et jouer avec des successions de mesures de ce type, s'offrant ainsi un cadre propice à des mélodies libres et structurées à la fois, ce qui en
grande part insuffle cette énergie vitale à l'ensemble de sa musique.
Microcosmos, cahier VI, dernier numéro - dans cette première pièce, il s'agit d'un rythme en 3 + 3 + 2 très rapide / Allegro barbaro / Suite opus 14 (début) / En plein air
(début)
Quatuor n°2, 2ème Mvt, extrait / Quatuor n°4, 4ème Mvt / Quatuor n°4, 5ème Mvt, extrait - peut-être la pièce la plus brutale jamais confiée à
quatre archets, le hard-rock ça fait franchement un peu mollasson, sage et rangé, à côté / Concerto pour orchestre - 5ème Mvt, début.
Au contact des paysans des campagnes hongroises (et bulgares, et roumaines, et transylvaniennes, tout ça tout ça), Bartok finit par développer une conception très Rousseauienne
(Rousseauiste ? Rousseauesque ? pas pratique comme nom) de l'Homme : il considère le paysan hongrois vivant en harmonie avec la nature comme un idéal de vie. Il ne se contente pas de recueillir
leurs chants, mais cherche aussi à partager leur milieu pour s'imprégner du caractère véritable de la musique: «les jours les plus heureux de ma vie sont ceux que j'ai passés dans les villages,
parmi les paysans».
Pour exprimer son amour de la nature, Bartok évoque très souvent des atmosphères de conte. Mais pas des contes guimauves à la Walt Disney, plutôt des contes avec du mystère
inquiétant, des sorcières vraiment méchantes, des fées pas forcément dégoulinantes de bons sentiments, et des forêts mi-figue mi-raisin (au figuré, hein, pas des forêts de figuiers et de vignes). 4
pièces pour orchestre : Prélude - Intermezzo / Le Prince de Bois : Introduction (attention, ça commence très piano) - Danse des arbres, extrait - une fée a jeté un sort sur la forêt qui s'anime
pour empêcher le Prince de passer.
Bartok affectionne également beaucoup les atmosphères nocturnes de la nature emplie de tous les petits bruits de la nuit. Concerto pour orchestre - 3ème Mvt, début /
Quatuor n°5, 2ème Mvt, extrait.
Il en retire une vision humaniste et universelle du monde : «mon idée maîtresse véritable, celle qui me possède entièrement depuis que je suis compositeur, c'est celle de la
fraternité entre les peuples, de leur fraternité envers et contre toute guerre, tout conflit (...). C'est pourquoi je ne me refuse à aucune influence, qu'elle soit de source slovaque, roumaine,
arabe ou autre, pourvu que cette source soit pure, fraîche et saine !».
Écolo avant l'heure, il a en horreur l'urbanisme, les mécaniques industrielles, la technologie, les voitures, l'univers moderne ; du genre, il préfère utiliser des lampes à huile
que l'électricité. Il est profondément attaché aux grandes plaines de Hongrie, aux forêts. Pour autant, Bartok n'est pas un homme enfermé dans un petit cocon réactionnaire : au contraire, il ne
cesse de s'ouvrir aux diverses cultures, voyage, et s'ouvre pour englober tout ce qu'il peut rencontrer.
Deux extraits du Mandarin Merveilleux : attention, c'est comme la tequila frappé, ça arrache. Grand cri de colère de Bartok décrivant la ville, l'industrie, et la guerre
(Prélude), ainsi que l'angoisse d'être assujetti à une condition d'humain (Fugue - j'ai pas fait exprès de faire Prélude et fugue, dans le Mandarin en fait les deux extraits sont très
éloignés...)
L'histoire de la Hongrie, de 1881 (naissance de Bartok) à 1940 (exil de Bartok aux États-Unis devant le nazisme) est un bon condensé des difficultés et horreurs du
XXème siècle (après aussi, d'ailleurs, mais ça ne concerne plus directement Bartok) : depuis la domination bourgeoise autrichienne et allemande, puis la guerre 14-18, jusqu'à la montée
du nazisme, en passant par des despotes divers et variés, c'est rien de dire que ça pas été de la tarte.
Bartok, au cœur de cette histoire, a passé sa vie dans la menace, vivant souvent dans la pauvreté, fragile de santé, pas très heureux en amour, alors il se sert de la
musique pour exprimer directement le monde qui l'entoure et tel qu'il le voit, et aussi tel qu'il le voudrait, avec une intransigeance et une incorruptibilité toute Elliotnessienne. Il cherche
autant à exprimer un idéal pur venu des grandes plaines de Hongrie, qu'à extérioriser l'angoisse commune qui caractérise le XXème siècle.
Divertimento pour cordes - 2ème Mvt, extrait / 6ème quatuor - 4ème Mvt : à mon sens, une des plus tragiques, mais aussi une des plus magnifiques pages de
l'histoire de la Musique.
En tout point, tant dans son exigence musicale et dans son refus de toute compromission, que dans son humble ouverture au monde, que dans ses idéaux peut-être naïfs mais qui ont
au moins le mérite d'être beaux, que dans cet équilibre assumé entre recherche musicale intransigeante et volonté de ne pas se couper du peuple, pour tout cela réuni, Bélà Bartok me semble le plus
bel exemple de ce que se devrait d'être un compositeur de musique.
«Il réalise ainsi l'étroite alliance, si rare, d'un grand musicien, d'un grand homme et d'un grand destin.»(6)
5ème quatuor - début du 1er Mvt
(1) Z'avez vu ? 4 lignes et hop, j'ai déjà réussi à caser Debussy. Encore trois lignes de gagnées et je deviens pro. (2) À dire à haute voix rapidement. (3) On peut même dire qu'il a donné la véritable impulsion à cette branche des sciences musicales ; ses travaux vont renouveler pour une part les idées sur l'origine de la musique (une
origine commune venant d'Inde est soupçonnée, je crois bien). (4) Aspect que l'on retrouve, de manière plus complexe, dans la musique classique indienne. (5) Est-ce un hasard si notre société, dans ses musiques préférées et ressassées, privilégie l'aspect "temps" plutôt que l'aspect "durée" ? (6) Pierre Citron, Bartok, Seuil
Références des extraits musicaux : Intégrale des quatuors à cordes - Quatuor Végh, Auvidis The Wooden Prince (le Prince de Bois), Cantata Profana - Chicago Symphony Orchestra & Chorus, Pierre Boulez, Deutshe Grammophon The Miraculous Mandarin, four Orchestral Pieces, Three villages Scenes - New York Philarmonic, Pierre Boulez, Sony Classical Sonate pour violon et piano n°2, Rhapsodies, Danses populaires roumaines - Florent Boffard (piano), Isabelle Faust (violon), harmonia mundi Œuvres pour piano - Andor Foldes (probablement épuisé - pas Andor Foldes, hein, le disque) 44 duos pour violons - Ithzak Perlman, Pinchas Zukerman (probablement épuisé) Concerto for Orchestra, Divertimento for String Orchestra - Saarbrücken Radio Symphony Orchestra, Stanislaw Skrowaczewski, Oehms Classics
En bonus-track :
Deux exemples simples de mesures composées, hors classique.
Le premier, c'est le célèbrissime Blue Rondo à la Turk du Dave Brubeck Quartet, qui joue sur plusieurs configurations possibles de 9 sous-pulsations rapide : 2+2+2+3 /
2+2+2+3 / 2+2+2+3 / 3+3+3 / etc..., qui enchaîne ensuite à la fin de l'extrait sur une mesure à 4 temps 3+3+3+3.
Le deuxième, c'est un bout (le centre) de Belfast Child des Simples Mind, sur une mesure plus lente sans doute inspirée de la musique traditionnelle irlandaise en 3+3+2,
bien que je me demande si ils ne le pensent pas en 2+2+2+2 (ça fait 8 dans les deux cas), mais je préfère le coup de la mesure irrégulière, c'est quand même plus rigolo !
Je vais lire tout ça à tête reposée, et je vais peut-être élucider Bartok?? J'arrive déjà à l'écouter attentivement, voilà un premier pas franchi; le deuxième c'estr que je te mets dans mes blogs de prédilection, allez hop, soyons fous!
chapeau bas, djac; encore une fois ce post m'a passionnée (bien que je sois une adepte de Bartok depuis longtemps, j'ai appris des choses supplémentaire). j'ai écouté récemment "le mandarin merveilleux" justement. super toutes ces petits lecteurs alignés. sa musique a quelque chose de sauvage (pas dans le sens péjoratif, bien sûr, plutôt dans le sens de naturlyrik). j'aime bien Ligeti aussi. reviendrai relire. bises.
J´ai lu moi aussi ton article avec beaucoup de plaisir, qui était en quelque sorte décuplé par cette longue attente. -tidoigts : musique de sauvage avec tout le confort moderne, comme aurait dit Debussy.
eh bé... je ne connais Bartok que par les cours de piano, alors forcément (enfin pour moi), ça aide pas... pourtant j'aime assez Microcosmos, mais beaucoup moins ce que tu donnes en exemple de "temps lisse", le Mandarin Merveilleux par ex. d'ailleurs j'ai pas tout compris ton histoire de mesures irrégulières... il faudra relire ça plusieurs fois 8-l (de toute façon, c'est à relire, tu as encore fait riche et dense ;-) )
bon j'ai pas fini d'écouter, j'y retourne, mais pour l'instant... bof quoi ;o)
Tout comme Rififi, j'ai découvert Bartok par l'intermédiaire d'un morceau imposé pour un examen de piano... et j'ai détesté. Trop dissonant, ça me donnait l'impression de jouer des fausses notes alors que ce n'était pas le cas du tout (bon, OK, je ne jouais pas comme une déesse, mais quand même). Donc j'ai écouté les extraits avec un peu d'appréhension, limite à me demander si je ne devais pas me mettre du coton dans les oreilles. Mais finalement, il y a des trucs sympas. C'est moins terrible que le souvenir que j'en ai gardé. Faudra que je réécoute ça à tête reposée...
Bravo, bravo pour cet article et ce site, enfin un blog avec du fond. vite vite dans les favoris pour pouvoir y venir souvent et lire avec plaisir ces articles si bien écrits et plein d'humour !!!
>Catgeisha : ben oui, le temps que j'ai passé à préparer les extraits m'effraie...
Si seulement ça pouvait faire aimer Bartok, j'ai malheureusement peu d'illusions...
Appelez-moi Don Quichotte.
>Pascale : élucider Bartok ? Mais il n'y a aucune énigme !!! ;o)
>Anna : bah oui, je persiste et je signe, préviens-moi quand tu as fini de bouder... ;o)
>Brendufat : je confirme, Bartok est bon. Très bon.
>tidoigts : sauvage, oui, voilà, le mot est bien choisi ; sauvage non pas dans le sens "vacarme" ou "saccage", mais dans le sens contraire de "domestiquée". C'est une musique qui n'est pas domestiquée, astiquée, propre, rangée, mais à l'inverse vivante, libre, et donc, profondément humaine (pas la même humanité que celle des sociétés occidentales urbaines, ça c'est sûr).
>Bébert : "musique de sauvage avec tout le confort moderne"
Debussy disait ça à propos de Stravinsky, en fait ; en effet, chez Stravinsky la musique est beaucoup plus hiératique, contrôlée, distanciée et dominée. Bartok est plus personnel, chaleureux, plus lyrique, plus impliquée dans sa musique.
>rififi : "j'ai pas tout compris ton histoire de mesures irrégulières"
Qu'est-ce qui n'est pas clair ? (Dans le bonus du Blue Rondo à la Turk, c'est quand même hyper clair !!)
Pour le temps lisse, faut lâcher prise, se laisser permettre d'être présent à la durée, et sortir du découpage temporel auquel on est soumis constamment.
>majorette : la dissonance, ça fait pas mal, hein, et ça n'a jamais tué personne... (les paysans hongrois font moins les difficiles). Les dissonances, c'est aussi de l'énergie.
Oui, il faut ré-écouter, pour s'apercevoir que :
1/tout n'est pas dissonant, il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain ;
2/avec l'habitude d'écoute, on s'aperçoit que les dissonances, qui accaparent l'écoute la première fois, sont finalement bien secondaires, et qu'il y a un discours derrière, et que c'est la musique en devenir qui est importante. Les dissonances, c'est un peu comme des épices d'un plat un peu relevé, mais ce n'est pas le morceau de viande (ou de poisson) lui-même...
Je réagis quand même à ces commentaires qui disent "j'ai été obligé de jouer Bartok, et j'ai trouvé ça horrible et dissonant".
Ça dit bien ce qu'est l'enseignement conservateur de la musique (avec toutes les représentations de la musique qui s'ensuivent) : on vous apprend à jouer gamin(e) des morceaux bien proprets, sans rien qui dépasse, jolis et gentillets, ça fait plaisir à papa-maman ("hooo c'est de la musique classique !"), on vous dit donc "c'est ça la musique", et puis un jour une musique puissante, rythmée, aux racines populaires profondes, débarque, et (c'est bien naturel), c'est le rejet.
Ça m'attriste, vous pouvez pas savoir.
Microcosmos a été écrit par Bartok justement pour l'apprentissage du piano : ce sont des pièces courtes de difficulté (en gros) croissante ; je crois bien qu'en Hongrie, beaucoup d'enfants apprennent le piano via ce recueil, et je suis bien persuadé que les "dissonances" de Bartok leur semblent bien légères et parfaitement anodines.
Et puis, je signale que j'ai fait écouter un jour dans une classe de CE1 (7 ans) le début du premier mouvement du 5ème quatuor (écoutable ici), et bien à part celui qui m'avait que de toute façon il n'aimait pas la musique, ça leur a posé AUCUN problème, ils étaient bien contents...
bon, je précise : d'abord contrairement à majorette ce n'est pas Bartok lui-même qui m'a posé problème au piano, mais plutôt les cours, puisque c'était à un moment où justement je jouais plutôt bien et qu'on commencait à me presser le citron pour que j'en fasse davantage, ce qui a fini par m'oter le plaisir de jouer. Et donc, microcosmos reste lié à une période rasoire et conflictuelle. merci la prof ! :-(
pour les mesures : le rondo à la Turk, ok. Instinctivement je vois ce que tu veux dire, mais tes explications 1247, 3214 etc... il faudra que j'y revienne quand je serai mieux réveillée. Si à ce moment je comprends toujours pas, t'inquiètes, tu seras au courant... ;o)
Tu peux attendre longtemps. Dvorak est mon chouchou, à part certaines pièces de Mozart ou de Bach je ne connais rien d'aussi puisant que la symphonie du nouveau monde. C'est sans doute très affectif de ma part, je ne sais pas du tout comment c'est fait, et je m'en fiche. C'est de la musique qui me parle tout au fond, là où on ne contrôle plus rien.
commentaire n° : 13 posté par : Anna (site web) le: 06/07/2007 21:48:46
>Anna : Anna, Annaaa...
Où ai-je dis que Dvorak est nul, chiant, sans intérêt, et qu'il faut pas l'écouter... ???
Et puis, le but du jeu, c'est que le plus de compositeurs puissent te faire cet effet, dont Bartok, non ?
Enfin, bon, hein, boude, kesstuveux.
>rififi : ha oui, quand on associe une musique avec un moment négatif, c'est dur de dissocier, après.
Pour mes explications 1234, a priori, à part de savoir compter jusqu'à quatre, ça me paraît pas trop compliqué... ;op
Peut-être en comptant à haut voix avec l'organisation proposée, ça peut aider à faire sentir le truc.
Ben, club med, ça ressemble à une insulte, quand même. Mais bon, je ne boude pas pour de vrai. Je ne suis pas bonne au jeu de la bouderie. :-)
commentaire n° : 15 posté par : Anna (site web) le: 07/07/2007 11:10:40
>Anna : "club med, ça ressemble à une insulte, quand même"
Ha, là, c'est toi qui insultes les gens qui vont au club med' (les cases, Anna, les cases) ! ;op
Dvorak fait partie de ces compositeurs qui font de la chouette musique (moi aussi j'aime bien la 9ème, à jouer c'est l'éclate), mais qui restent installés dans la tradition. Je trouve dommage que ceux qui cherchent à parler d'une autre voix, qui inventent une démarche originale et forte, qui puisent à des sources neuves et qui ce faisant, expriment au plus près l'Humain, je trouve dommage qu'ils soient ignorés et délaissé du grand public, à cause de quelques dissonances qui effraient, en préférant des musiques plus rangées.
Comme Ardono le dit, on peut s'interroger sur le fait que les dissonances soient effrayantes en elle-mêmes, ou si c'est plutôt parce qu'elles mettent devant des choses de soi qu'on ne veut pas voir et qui dérangent (à condition qu'elles soient organisées par un bon compositeur, évidemment).
Et c'est d'autant plus dommage que la musique de Bartok a tout pour plaire au grand public : les passages rythmiques déménagent à fond, les passages rêveurs sont merveilleusement contes-de-fée-esques, et les passages poignants sont déchirants (enfin quoi, Anna, ne me dit pas que tu es insensible à Tristesse, dans les duos, ou à la Danse de ceux de Bucium, ou au début du 2ème Mvt du divertimento ?)
Voilà, c'est ce signifie mon "club med'..." ;o)
Il y a les destinations auxquelles rêvent tout le monde, la plage, les Maldives, la Réunion, et puis des destinations peut-être moins touristes mais tout aussi fortes, voire plus enrichissantes au bout du compte...
Mais je répète : Dvorak, c'est très bien, hein ! ;o)
commentaire n° : 22 posté par : Anna (site web) le: 08/07/2007 22:15:13
... Encore que si on veut être plus précis c'est plutôt toi que je mettais dans une case, celle des gens pour qui club med c'est plutôt une insulte. ;-)
commentaire n° : 23 posté par : Anna (site web) le: 08/07/2007 22:16:25
>Anna : ouais, bon, soyons honnête, c'est pas vraiment vraiment un compliment non plus, hein ! ;o)
Ah ah ! Je le savais ! Sale intello à lunettes ! ;-) ;-) ;-)
commentaire n° : 25 posté par : Anna (site web) le: 09/07/2007 19:16:03
Une note entière sur Bartok sans citer ses deux plus grandes oeuvres! Quand même, la musique pour cordes, percussionset celesta et la sonate pour deux pianos et percussions... Sans oublier les concertos pour piano ou la sonate pour violon seul... Je suppose que tu as préféré passer les oeuvres les plus accessibles...
Alors voilà, je me fais engueuler, alors que je dis que j'ai découvert des morceaux qui me plaisent pas mal. Pas de ma faute si le morceau que j'ai dû jouer pour passer un exam de fin d'année ne m'avait pas plu! Et mon prof n'y était pour rien, au contraire, il me faisait jouer ce que j'aime... sauf pour ces maudits exams, où les morceaux étaient imposés. La prochaine fois, je ne laisse pas de commentaire, pour la peine; Na!
commentaire n° : 27 posté par : majorette, vexée comme un pou le: 09/07/2007 21:41:36
>Anna : damned ! Démasqué ! :o)
>Mr Bloom : en fait, je ne sais pas ce que veut vraiment dire "plus grandes œuvres". L'œuvre chouchou de Bartok, par exemple, c'était le Mandarin Merveilleux ; les quatuors à cordes sont des chefs-d'œuvres immenses.
d'autre part, je ne chercher pas ici à faire un travail de type musicologique, avec plein de dates et la citation du catalogue complet (on pourrait parler aussi des sonates violon/piano, du concerto pour violon, de celui pour alto, des contrastes, de la sonate pour piano, etc...), mais plutôt de faire une présentation de la musique elle-même : libre à chacun de chercher par la suite des renseignements plus "quantitatifs", qu'on trouve facilement partout.
Et enfin, je ne crois pas vraiment aux œuvres "accessibles" et à celles "moins accessibles" : la musique est là, pour tous, à disposition, sans restriction. À chacun de voir si cela lui ouvre des portes, ou non.
>majorette : meuuuuuh non tu te fais pas engueuler, tout de suiiiiite, rhalala ! Et puis tiens, si il y a des morceaux qui te plaisent pas mal, je te fais un gros bécot, voilà ! :o)
Ho et puis j'ai quand même le droit de défendre un peu mes chouchous ! Surtout quand ils sont effectivement des types géniaux ! Zut quoi ! ;o)
Bon, allez, dis, tu me laisseras quand même un commentaire la prochaine fois, hein, dis ?
Bon, d'accord.... De toute façon, je ne suis pas capable de faire la tête plus de 10 min "en vrai", alors en virtuel, c'est encore pire! En tout cas, bravo pour les extraits musicaux, car il y en a de plus en plus, mais à chaque fois ils sont pile poil dans ce que tu dis. Et puis ils sont super différents, donc il y en a pour tous les goûts.
J'ai eu le droit à un bécot! J'ai eu le droit à un bécot! J'ai eu le droit à un bécot!
je vais me faire taper sur les doigts, mais ton histoire de 3234 et de 22... c'est pas très clair pour moi 8-( enfin, en théorie je vois à peu près les mesures binaires ou ternaires, mouaif. A l'écoute, le blue rondo à la Turk, ça va aussi. Mais alors pour relier les 2... y'a plus personne, en tout cas pas moi, je suis restée loin derrière peut-être en voyant les partitions ? yapuka...
sinon, le joli carabin j'aime pas trop (ceci dit j'aime pas trop la tequila non plus ;-p), microcosmos davantage :-)
Bon, je ne saisis point véritablement et concrètement ton problème, vu que le blue rondo me semble clair comme de l'eau de roche. Sisisi, no panic. Le thème est fabriqué sur une pulsation rapide régulière, non ?
du genre : ni-na ni-na ni-na ni-na-na ni-na ni-na ni-na ni-na-na...
Ou alors si t'entend pas ça, c'est qu'on est pas branché sur le même internet... ;op
Bon, hé ben si tu comptes cette pulsation rapide du thème en faisant : 1-2 1-2 1-2 1-2-3 (ce que j'exprime par 2+2+2+3), ça devrait faire fiater la lux !
Et tu verras qu'à la quatrième fois, ça marche plus, et qu'il faut faire : 1-2-3 1-2-3 1-2-3 (ce que j'appelle 3+3+3) pour que ça marche, et puis ça reprend comme au début...
"le joli carabin j'aime pas trop, microcosmos davantage :-)"
Bon, ben on avance, quand même ! ;o)
Mais, et les quatuors ? et les duos ? Et les passages de conte ? et les atmosphères nocturnes (c'est pas d'une poésie merveilleuse le 2ème mvt du quatuor 5 ??????) ? et les autres morceaux de piano ? Et l'envoûtante berceuse ? Et...
Cet automne (le vrai pas cleui d'en ce moment) j'ai eu la chance d'aller écouter Guidon Kremer qui jouait un morceau de Bartok (honte sur moi mon inculture ne m'a pas permis de retenir lequel). Une merveille, c'était diabolique, pas au sens technique (enfin si, aussi, mais pas que) mais surtout de puissance, d'expressivité, de profondeur, de violence, de tumulte, de beauté. Extraordinaire. Ce post ajouté à cela me donne vraiment envie d'aller plus loin dans la découverte de ce compositeur. Merci Djac.
ps : j'aurais bien laissé aussi un comment sur le post le plus récent, mais sans adsl, avec un modem 44 k (ça exsite encore si si), pas possible.
commentaire n° : 33 posté par : pas avant 7 heures et choupinette-écureuil le: 10/07/2007 22:12:25
>pas avant 7 heures : tiens, tu décris drôlement bien Bartok ! ;o) C'est en effet de la musique très ense, qui peut passer rapidement d'un état à un autre.
Il jouait avec orchestre, seul, ou avec piano ?
(désolé pour les photos et les temps de chargement, je vois ce que c'est... Mais tenter d'atteindre les 512k, ça doit pas être difficile (et pas beaucoup plus cher) ;o) )
C'était un concert avec Martha Argerich, d'abord violon+piano (2ème sonate de Schumann), puis piano (les scènes d'enfant), puis violon (j'ai retrouvé : 1ere sonate de Bartok). C'est de cette dernière pièce dont je parle. Une de mes émotions de concert les plus fortes. Incandescente.
ps : habituellement j'ai l'adsl, et peux donc lire plus vite le blog que tu ne dégaine tes posts ;-) mais en vacances dans un trou perdu de campagne (que j'adore), et avec l'accent du Berry, c'est une autre paire de manche.
commentaire n° : 35 posté par : pas avant 7 heures et choupinette-écureuil le: 16/07/2007 22:52:33
>pas avant 7 heures : ha ben oui, vous m'étonnez, Gidon+Martha, dans le genre, y'a pire... (pour faire dans la litote). Incandescent, voilà encore un bon adjectif pour qualifier Bartok... :o)
Bon, et pis vous pourrez regarder mes photos de retour chez vous, alors ! ;o)
Je viens de découvrir votre blog, via le forum d'Over-Blog. Je le remonte donc bien sagement, sourit au pseudo, rigole aux blagues nulles, et tombe en arrêt devant cet article dense, plein, documenté, et extrêmement bien "illustré" ! J'aime bien Bartòk (ah zut l'accent est dans l'autre sens, sur les claviers français, pas moyen...), ne le connait pas très bien, et prends donc bien plaisir à écouter les extraits que vous proposez. En lisant le texte. Si si.
En fait j'ai été happée par le tout premier morceau : la chanson de danse des duos pour violon. Et pour cause : je l'ai joué il y a deux ans ^^ alors ça me rappelle de bons souvenirs (souvenirs de 30s, vu la longueur et la vitesse du morceau, certes, mais bons souvenirs).
(et moi j'ai bien compris le coup du 1-2 1-2 1-2-3, mais c'est de la triche, je connaissais déjà ^^ ; je repère un 9/8 à la deuxième mesure)
Soyez certain que je poursuivrai ma descente dans ce blog, tout en lorgnant les nouveautés. Bien à vous.
" Ça dit bien ce qu'est l'enseignement conservateur de la musique (avec
toutes les représentations de la musique qui s'ensuivent) : on vous
apprend à jouer gamin(e) des morceaux bien proprets, sans rien qui
dépasse, jolis et gentillets, ça fait plaisir à papa-maman ("hooo c'est
de la musique classique !"), on vous dit donc "c'est ça la musique", et
puis un jour une musique puissante, rythmée, aux racines populaires
profondes, débarque, et (c'est bien naturel), c'est le rejet. "
Parfaitement dit. Ceci dit j'ai remarqué cela plutôt dans les écoles de Musique, au Conservatoire ( bon je n'ai que Montpellier pour exemple cependant...) ce n'est aps du tout le cas, et les jeunes enfants commencent tôt à jouer du Bartok, Martinu ( ° <-- pour placer sur le u!), ou Dutilleux ( ce ne sont peut-être pas des compositeurs qui s'éloignent le plus du système tonal pouêt pouêt gentillet comme tu le décris si bien, mais c'est assez caractéristique quand même).
Sinon, bravi bravo pour cet article sur Jolie Bartok ( :o] ), ça m'a foutu la pêche avant d'aller à mon cours d'alto (ouiiii Mr. D. me donne 2 cours d'alto par semaine au Conservatoire et alors?!!), et donné encore plus envie de progresser pour jouer de la musique d'influence populaire ( "mais on peut jouer de la musique "populaire" au piano, par exemple...Bartok!" pourrait-on me rétorquer, mais à vrai dire j'entends par là: JE VEUX JOUER DE LA MUSIQUE KLEZMER...et là le piano fait un peu tâche-grosse tâche-pistache.)
Tout cela me donne envie de me faire une cure de Bartok. Je suis tombée amoureuse de Bartok en concert avec son Concerto pour orchestre. Par contre je ne connaissais vraiment pas les duos pour violon, merci de cette découverte, je les trouve géniaux!
Sinon, ce ne sont que des vilainspabo ceux qui disent que l'explication sur les mesures irrégulières n'est pas facilement compréhensible, moi, je trouve ça très clair. Bon peut-être parce que Luc Marty y est passé avant en FM, certes....MAIS C'EST TRES CLAIR QUAND MÊME. (Hu hu je me souviens qu'il mimait quelqu'un qui marchait en boitant de la jambe droite pour nous faire sentir presque physiquement les mesures irrégulières... UN-deux UN-deux-trois UN-deux UN-deux-trois).
Allez youhou chaussons les sabots et allons danser dans la campagne roumaine profonde! mi fa# sol fa#solfa#mi mi fa#sol laaaa mi fa# sol fa#solfa#mi rémirédo doooo( hm c'est d'ailleurs un jolie mode de ..euh, fa?)
Haaaaaa, ben quand même...
Cela dit, il est clair qu'après avoir eu Marty en solfège, en gros le meilleur prof de solfège du monde, à peu près, tout ne peut être que clair.
Tiens, si tu veux de l'alto populaire qui swingue à donf, écoute les titres qui sont sur cet article : http://djac.baweur.over-blog.com/article-15152636.html
Et je signale que les duos pour violon de Bartok sont transcrits pour l'alto ! youpi !
:o)
Ah oui effectivement, je comprends mieux pourquoi ça tardait...
8-|
Bon, ben, j'ai de la lecture...
;-)