Vous avez toujours rêvé de tout savoir sur la musique sans avoir jamais osé le demander ? Vous avez toujours été frustré de ne pas savoir ce que voulait dire un "affretando", un "tempo
frettoloso", un "ausdruckvoll" ou une "crotchet" ?
Vous vous êtes souvent demandé ce qu'était la notation franconienne, vous espériez trouver un tableau des gruppeto et mordants baroques, ou d'enfin éclaircir ces histoires de diapente et
de diatessaron ?
Si, si, ne niez pas, ne faites pas votre timidou, là, dites-le : vous en rêviez.
Hé bien, sachez qu'il existe un bouquin, du genre épais, qui contient tout cela, et plus encore : La Théorie de la Musique, de Claude Abromont et Eugène de
Montalembert, (Fayard, Henry Lemoine(1)).
Outre la théorie musicale telle qu'on peut l'apprendre aujourd'hui au conservatoire, on y apprend l'origine du mot "gamme", la signification des notations grégoriennes, l'évolution de la notation
rythmique au cours des âges, le chiffrage des accords, ou l'histoire des tempéraments ; on a même droit à un aperçu du fonctionnement du jazz, du système indien, arabe, et même mésopotamien (ben
quoi, les mésopotamiens ont peut-être un nom ridicule, ils avaient bien le droit de faire de la musique).
Il faut toutefois avouer que ce livre a les défauts de ses qualités : il est forcément très synthétique, chacun de ses chapitres pourraient être l'occasion d'un volume à part entière. De plus,
certaines notions, étudiées au pas de charge, restent ardues à décrypter pour le débutant (je pense aux chiffrages d'accord, ça fait un peu bouquin de mathématiques ; sans préparation, et sans
être guidé pas à pas, on a l'impression de lire un dialecte de basse-sibérie orientale du XVème siècle).
Il convient donc d'avoir quelques notions musicales de base pour se plonger utilement dans certains chapitres ; pour le musicien pratiquant, il est par contre idéal de bout en bout.
Mais voilà : l'auteur a bien fait les choses, et a ajouté à sa Théorie de la Musique pour les grands, un Abrégé de la théorie de la musique, fournie avec un cédérom, qui permet, apparemment,
d'apprendre pas à pas les bases de la musique, avec cet avantage certain par rapport au livre : celui de pouvoir entendre de quoi on parle !
De cette manière, tout béotien curieux qui, au lieu d'avoir envie d'apprendre l'italien ou le russe avec la méthode Assimil, voudrait apprendre la langue musicale, aurait certainement bénéfice à
se procurer cet ouvrage. Je dis certainement, car si j'ai effectivement parcouru la Théorie, je ne connais pas l'Abrégé, mais puisque c'est du même auteur, j'ose extrapoler sur
la qualité de ce deuxième ouvrage (qui n'en est encore qu'au volume 1, apparemment).
Franchement, moi je vous dis ça vaut le coup, rien que pour vous la péter en diner mondain, en sortant, l'air blasé, mine de rien : «l'accord de Tristan, une enharmonie d'un sept-cinq barré ? Ha
ha, mais laissez-moi rire, c'est bien plutôt une sixte augmentée en la mineur, voyons, mon ami, soyons sérieux...».
Si après ça, c'est pas le méga respect, je veux bien manger du fenouil cru pendant un an à chaque repas.
(1)Édition excellente en général pour ce qui est des ouvrages sur la musique.
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