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Mardi 3 octobre 2006
    J'ai été visité par ma muse.
    Si.
    Elle m'a dit : «bon, Djac, écoute, t'as des lecteurs potentiellement brillants. En plus, t'as besoin de textes à publier. Bon, ben alors fait-les participer, tes lecteurs, c'est tout con, banane.»

    En effet. Pas con, la muse.
    (C'est une super muse, elle a fait marketing en option à son exam de muse. Elle est vraiment balèze, c'est juste que j'aimerais qu'elle me visite un peu plus souvent qu'une fois tous les trois mois.)

    Alors, voilà ce que je vous propose, et je pense qu'il y a moyen de s'amuser comme des petits fous :
    Amis lecteurs, rédigez-vous même le cinquième épisode des aventures de Djoni !
Toutes vos contributions seront publiées sur le blog, puis feront l'objet d'un vote. Le texte choisi sera alors désigné comme épisode officiel des aventures de Djoni, la suite devant se baser sur les développements apportés.



Règlement du concours :

    1/D'abord, pas de chichis, hein, je vous vois venir, du genre «mais attend t'es trop GÉNIAL Djac je serais jamais à la hauteur, gnagnagna...», ou alors «oui, mais qu'est-ce que les autre vont penser de moi, tout ça, gnagnagna». Il s'agit avant tout de s'amuser à inventer des histoires, des les partager, et bien entendu le coup du concours c'est totalement bidon, c'est juste un prétexte facile. Alors, quoi, zut, lancez-vous, pas d'atermoiements chichiteux.

    2/Veuillez m'envoyer vos contributions par mail, et non dans les commentaires (pour le mail, le lien est en haut à gauche, «écrire à Djac himself»).

    3/Veuillez bien noter que cela ne s'adresse pas seulement aux commentateurs habitués de ce blog, mais bien à l'ensemble des lecteurs ! (ne soyez pas timides).

    4/Ne vous sentez pas emprisonné par le style et les références que j'ai employés jusqu'ici. Bien sûr, il faut respecter un minimum les situations et les personnages mis en place, mais pour les éléments nouveaux, vous avez toute liberté, à ceci près que je demande : d'une part qu'il y ait un fil conducteur quand même à peu près cohérent, d'autre part que la fin de l'épisode appelle évidemment une suite (faut que je puisse continuer, moi, après, en utilisant vos propres éléments !). Mais, par exemple, si vous avez une idée parfaitement émouvante et sensible, et pas forcément drôle du tout, c'est possible (j'y crois pas trop, mais bon).

    5/Ne vous sentez pas non plus bloqué par la longueur : je sais que j'ai tendance à me répandre, c'est pas une raison pour faire forcément pareil !

    6/On va dire pour l'instant que le délai est d'au moins une semaine. À partir de là, je commencerai à publier les textes reçus, mais évidemment vous aurez encore possibilité de m'envoyer vos idées. J'aviserai pour la date de clôture, en fonction de l'afflux (ou non...) de contributions.

    7/Je sais que ça semble évident, mais ça va mieux en le disant : ne seront pas pris en compte les propos ouvertement pornographiques, diffamatoires, racistes, etc...

    8/Pas plus de deux participations par personne (au cas où une idée parfaitement géniale vous tombait dessus après avoir envoyé un premier texte).

    9/Une fois toutes les contributions publiées, j'organiserai un petit vote dans les commentaires, avec interdiction bien entendu de voter pour soi-même. Moi je ne voterai pas, sauf en cas d'égalité, auquel cas je trancherai en dernier recours. Le texte choisi sera le cinquième épisode officiel, à partir duquel les aventures de Djoni continueront.

    Bon, voilà, tout ça c'est terriblement lourdingue, assez indigeste, plutôt étouffant, alors :
    À vos claviers !
    Wéééééé !
    Merci qui ?
par Djac Baweur publié dans : Personnal Blog Admnistration Department
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Lundi 2 octobre 2006
(Note aux éventuels nouveaux lecteurs : pour comprendre quelque chose à ce qui suit, il est recommandé de commencer par le premier épisode).


Il faut (pour 4)
côtelettes, 8.
Beurre, 50g.
Oignon, 1 petit.
Carotte, 1 petite.
Ail, 1 gousse.
Baies de genièvre, 10.
Concentré de tomates, 1 cuillerée à café.
Farine, 1 cuillerée à soupe rase.
Vinaigre, 6 cuillerées à soupe.
Vin rouge, 2 verres.
Bouquet garni (persil, thym, laurier), poivre, sel.


épisode faure


    Il fallait bien reconnaître qu'il y avait un problème.
    Même l'optimisme inaltérable de Djoni sentait confusément que là, c'était pas le moment.
    C'était une sensation peu habituelle pour Djoni, mais une once d'inquiétude vint à traverser, circonspecte et timide, son esprit qui d'habitude, prenait les rats et les serpents pour de braves bestioles, les escrocs et meurtriers pour des pauvres types à l'enfance maltraitée, et Pluton pour un possible havre de paix si on voulait bien lui laisser une chance.
    Mais, non, décidément, des gardes impériaux qui entourent votre propre vaisseau, ça a toujours un je-ne-sais-quoi de préoccupant, que même un positiviste tel que Djoni était à même de ressentir.
    Surtout quand l'un deux s'écriait :
    «Hep ! Vous, là-bas !»

    Au même moment, à des milliards de kilomètre de là, dans son bureau privé, lové au fin-fond des plus reculées des profondeurs du palais impérial, l'infâme Zorg réfléchissait.
    Enfin, quand je dis : «au même moment», bon, heu, évidemment, je ne sais pas si en terme scientifique ça a vraiment un sens, vous savez ce que c'est, l'espace-temps, la relativité et tout le bazar, on ne sait plus ce que «quand» et «où» veulent dire. Bon, on va dire que ça revient, concrètement parlant, à être au même moment. De toute façon, je vais pas vous expliquer les complexités structurelles de la trame temporelle de l'Univers, et d'une parce que j'en suis incapable, et de deux parce que je fais ce que je veux, et de trois parce que sinon ça n'a pas d'intérêt d'écrire de la science-fiction si c'est que pour tout soit conforme à la réalité, autant faire du Julie Lescaut.

    Quoique.
    Ouais bon bref.

    Zorg, car enfin, c'était bien lui, réfléchissait.
    C'était son activité favorite, à Zorg.
    C'était sans doute la raison pour laquelle il était totalement chauve : l'activité cérébrale à haute dose a un effet désherbant chez certaines personnes. Nul n'était capable (et nul n'aurait osé, de toute façon) d'imaginer Zorg autrement que chauve ; c'était tout bonnement inconcevable, comme d'essayer d'imaginer Pluton verdoyante et chaleureuse, voyez.
    Mais, il semblait que sur Zorg, l'activité capillaire se soit étrangement concentrée sur ses sourcils : en effet, Zorg avait des sourcils impressionnants, et ne vous moquez pas je vous prie, car quand je dis impressionnant, c'est impressionnant.
    Zorg était du genre impassible : un sourire, chez lui, c'était un frémissement infime de la commissure plus ou moins vers le haut et toujours d'un seul côté (le gauche) ; une colère, c'était un déplacement lent, très lent, trop lent, de la tête, qui déplaçait ainsi le faisceau du phare de haine pure émanant de son regard, droit vers le fautif, qui sentait alors darder sur lui deux lasers directement rivé sur ses yeux, ce qui était assez stressant ; et une satisfaction, c'était... Non en fait, Zorg n'avait pas de mimique pour exprimer la satisfaction.
    Et le coup du phare haineux, c'était justement en grande partie grâce aux sourcils ; des fois les gros sourcils, c'est rigolo, mais là vraiment ça foutaient les chocottes.
    Cela dit, en y réfléchissant, je me demande si les cernes monstrueuses, de couleur indéterminée, entre un lie-de-vin glauque et un verdâtre du meilleur effet, ne jouaient pas un peu. C'est possible. Mais enfin, quand même, hein, les sourcils, brrr.
    En plus, il était grand, mais alors là, grand.
    Grand, vous voyez ? Hé bien, plus.
    Et il avait le chic pour toiser. Haaa, c'était un toiseur de premier ordre. Ça, pour toiser, il toisait. Même un extra-terrestre plus grand que lui, il arrivait à le toiser. C'était très désagréable. Surtout que c'est très mystérieux, le toisage, quand on y pense à deux fois. Il ne suffit pas de regarder de haut en bas, comme ça. Il y a un truc, pour le toisage, il faut arriver à dégager l'impression de toiser, avec juste ce qu'il faut de mépris calculateur, et alors là, Zorg était imbattable. En plus, le costume sobre et noir dont il était éternellement vécu était parfait pour la technique du toisage.

    Mais, là, cette fois Zorg ne toisait personne, sinon la situation.
    Pour tout dire, l'Empereur commençait à les lui briser menu menu.
    L'Empereur ne jurait que par la communication, les sourires éclatants et les brushings ondulés. C'était d'abord un showman de premier ordre. Avec une énergie sexuelle envahissante.
    L'ennui, c'est que pendant ce temps-là, vous comprenez, il y avait les affaires courantes à régler, l'espionnage à gérer, les meurtres à commanditer, les tortures à superviser, l'asservissement à réglementer, l'exploitation des peuples à planifier, bref, le quotidien routinier d'un Empire.
    Or, par les temps qui couraient, la situation se corsait, en grande partie à cause de ces satanés rebelles qui faisaient rien qu'à embêter Zorg.
    Car, il faut savoir que Zorg n'aurait, au fond, rien souhaité de mieux que de passer ses journées à peindre des aquarelles et à aller à la pêche : malheureusement, les hasards de l'administration et ses qualités inégalables de terrifiant gestionnaire l'avait propulsé éminence grise (d'un gris très foncé) de l'Empereur. Donc, il fallait bien qu'il s'occupe de tous ces zozos qui ne semblaient avoir d'autres buts dans la vie que de lui causer des soucis et de charger ces cernes de coloris toujours plus exotiques. Décourageant.
    Et là, en ce moment, la princesse Lycra commençait à lui taper sérieusement sur le système. Et puis, l'autre, là, ce Stewd, dont on savait rien sinon que ça papotait dans les milieux rebelles. C'était agaçant, ça, de pas savoir, Zorg en était fatigué à l'avance : il allait encore falloir en engueuler, des incapables, pour faire avancer l'affaire et dégotter des informations. Décourageant.
    Et en premier lieu, convaincre cet imbécile d'Empereur qu'il y avait plus important que son harem et ces débauches orgiaques continuelles qui faisait ressembler le palais impérial à un lupanar géant. Zorg se dit qu'il faudrait bien se résoudre à les lui couper un jour, à l'Empereur. C'était devenu effrayant. Depuis qu'on avait retrouvé le chien de l'Empereur (un dogue allemand, tout de même) geignant misérablement, terré dans un recoin reculé des caves du palais, les pires rumeurs couraient sur son énergie sexuelle insatiable.
    Et lui, Zorg, il fallait qu'il s'occupe de la marche de l'Empire muni d'un zouave priapique pareil. Dé-cou-ra-geant.
    Zorg pris soudainement un cachou.
    Car il adorait les cachous, il pouvait en avoir un besoin irrépressible dans les moments les plus saugrenus : ça lui prenait comme une envie de toiser.


    Hildegonde apparut soudain sur le seuil du vaisseau, en haut de la rampe d'accès, munie d'un blaster pratiquement plus grand qu'elle : et sans sommation, elle tira dans le tas des gardes impériaux, en criant :
    «Bougez-vous les miches !!!»
    Une demi-seconde plus tard, un bras poilu se détendit comme un ressort, zboïng, et le malheureux garde posté sur sa trajectoire effectua un vol plané fort réussi, un bon 8,5/10 au moins.
    Alors que sa sœur canardait comme une démente les pauvres gardes qui ne comprenaient pas bien ce qui leur arrivait, Djoni essaya vainement au milieu du raffut quelque chose comme :
    «Non, voyons, je vous en prie, ne le prenez pas mal, restons courtois, je suis sûr que c'est pour plaisant...»
    Mais Klinty le pris par le peau du cou, et le traîna de force dans le vaisseau d'une poigne de fer au travers des tirs de blaster. Djoni eut vaguement l'impression, dans le tumulte, de voir l'arme d'un des gardes voler toute seule dans les airs, juste après que la main libre de Klinty eût effectué une sorte de signe, mais il se dit qu'il avait été le jouet de son imagination.
    Hildegonde hurla derechef :
    «Sam, ramène-toi !! Met en route les rétro-réacteurs, active la propulsion photonique, lance les déflecteurs à double-rayon, déclenche les volets de régulation de poussée, découple les inverseurs à triple activation bosonique, DÉPÊCHE-TOI !!!»
    Du fond de son hamac, dans la salle des machines, Sam ouvrit un œil, se mit debout, dit : «voilà, voilà, j'arrive», se gratta le testicule droit tout en se dirigeant nonchalamment vers un bout de l'amas de ferraille que constituait les machines, donna un grand coup de pied dans ledit amas, puis retourna tranquillement à son hamac, en criant :
    «C'est fait !!!»
    Djoni se retrouva installé à son poste de pilotage sans bien s'en être rendu compte, et se sentit plaqué sur son siège quand Hildegonde lança la propulsion du vaisseau, celui-ci se soulevant alors dans des hurlements délirants de réacteurs (le Sigma Fox Shippyards Alpha-Class Shuttle Millenium Air Wing Falcon Omega III était comme l'antique deux-chevaux, il faisait beaucoup de bruit pour faire croire qu'il allait très vite), haut dans le ciel gris et plombé de Kachtajoy, en route vers le grand infini de l'espace.
par Djac Baweur publié dans : Les aventures de Djoni, baroudeur de l'espace
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Dimanche 1 octobre 2006
    Je ne résiste pas à vous livrer cette rigolote petite démonstration, simple mais pénétrante, qui prouve, si besoin était, combien on peut monter en neige n'importe quoi, comment on peut faire valoir du génie à partir du moindre bout de phrase (ça pourrait être une image, un son, un film...), et inventer du sens là où il n'y en a pas.
(dossier réalisé grâce à l'aimable participation de la timide et néanmoins charmante graindesel, je tiens à le dire).


1 - Le zouli pouème :


                                       Scarabée, bébête sacrée -
                                       Sa carapace, sans crier
                                       Gare, crisse sous le cruel pied.



2 - L'analyse stylistique :

    Reconnaissons tout de suite l'allitération consonante en [s] qui sonne immédiatement à l'oreille et donne son identité au poème, comme un cadre externe.
    Remarquons également les débuts de vers en [a]  (scArAbée, cArApAce, gAre), répondant aux «é» rimé. Nous avons là l'expression d'une dualité, soulignant l'élément au premier abord humoristique de l'animal sacré d'une part, pourtant si facilement écrasé d'autre part. D'une part le [a] noble et aristocratique, de l'autre le [é] familier et railleur.

    Vers 1 : allitération en [b] qui donne du scarabée une image enfantine (genre babillage enfantin, le «ba-be-bi-bo-bu»), et lui confère une fragilité qui contraste avec le qualificatif placé à la rime, le substitut « bébête » n’étant pas par ailleurs très valorisant. Nous retrouvons ainsi cette dualité, qui met bien évidemment en exergue la dualité humaine, prise entre le désir de grandeur et d'universalité, et sa petitesse dans l'Univers ainsi que l'absurdité de sa condition, le scarabée prenant ainsi une forte valeur allégorique.

    Vers 2 : allitérations en [s] / [k] qui rappelle le premier vers à ses extrémité (scarabée/ sacrée » et qui annonce le « crissement » de la pointe finale. Effet de rythme : rejet au vers suivant de « Gare ». On notera également la personnification de la « carapace », seul élément  protecteur du scarabée, et le glissement d’attributs : c’est le pied qui ne crie pas « gare », et non la carapace, qui crée un effet étonnant de renforcement de l’impuissance de l’insecte face à l’humain indifférent, par là même symbolique de l'impuissance de l'Homme face aux forces immuables du destin.

    Vers 3 : Coupe épique après le rejet de « Gare », ce qui renforce l’impression de brutalité. Chute : harmonie imitative en [cr] qui fait entendre l’écrasement impitoyable. Hypallage sur l’adjectif « cruel » (ce n’est pas le pied qui est cruel, mais celui qui marche avec). Mais cela donne à voir la scène à l’échelle du terre-à-terre. On notera l'effet possible de diérèse sur «pi-ed», accentuant la force extérieure de l'élément du destin.

    Observons maintenant le rythme de la métrique :
    3 - 5
    5 - 3
    1 - 7

    Nous observons donc d'abord une symétrie chiasmatique, qui appelle donc l'image de la croix, qui bien évidemment renvoie au sacré du scarabée, et fait explicitement référence au monothéisme chrétien et à sa théorie du péché (sacrifice du scarabée pour sauver des péchés du monde).
    Sacré foulé au pied (c'est le cas de le dire) dans le dernier vers, effet accentué par la rupture de rythme et la solitude du mot gare en début de vers déjà explicitée. Nous voyons sans doute là une tentative de l'auteur de montrer une voie de sortie, un affranchissement de la condition d'Homme par le rejet de la croix, et donc du sacré qui emprisonne l'Homme dans une dialectique péché/destin et l'empêche de s'émanciper.
    Noter également que nous n'avons là que des nombres premiers : il y a donc sûrement une symbolique cachée supplémentaire (nombre d'or ?), qui accentue encore l'idée de se sortir du religieux par la pureté du nombre, idée renforcée par la présence du sept, à la fois référence aux sept péchés capitaux (asservissement), et aux sept nains innocents et purs (libération).

3 - Conclusion :

    Sous des dehors apparemment anodins, ce poème porte pourtant en lui une puissance politique et philosophique révolutionnaire, héritière de la pensée de Spinoza et de l'œuvre des romantiques, et nous parle directement en tant qu'êtres fragiles et impuissants, dans une touchante évocation de notre propre condition, spirale fantasmatique et mise en abîme d'un éternel recommencement totémique et sociétal au sein d'une communion intime des sentiments inconscients et/ou germinatifs d'un idéal non finalisé et corrélé aux archétypes les plus enracinés des groupes ethniques endogènes dont la teneur quasi-synecdotique provoque en nous cette émotion si simple et spontanée.
par Djac Baweur publié dans : Anecdotes, enfantillages et billevesées
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