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Djac Baweur participe au projet d'Elise Velle !


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Samedi 14 octobre 2006
Aimable participation de jaune ouaine. (voir le premier épisode)



    Donc après le yaourt à la fraise, à la framboise, aux myrtilles, aux griottes, au citron (tiens pas à l'orange) à la vanille, j'en passe et des pas forcément meilleures, il fallait encore du nouveau.

    Ah ! ces ménagères de moins de cinquante ans !
    Jamais contentes.
    Insatisfaites pour tout dire.

    Nous nous retrouvons donc au début de cette histoire, Jean-Pierre (vous vous rappelez ce charmant garçon...) débarasse les tasses de café et va faire sa petite vaisselle pendant que Mamie maugrée dans son grand bureau (oui, j'aurais pu écrire bougonne ou ronchonne, mais maugrée ça relève un peu le niveau littéraire de ce texte qui en a bien besoin !).
    Depuis que l'entreprise de Mamie a pris un tant soit peu d'importance, elle a pris l'habitude de maugréer. Faut dire qu'après l'expérience de ce gars là, qui était en fait le fils de Piuba (une italienne pas très recommendable qu'on appelait aussi la berlue conne), elle avait été contrainte d'embaucher toute une armada de mecs qui savent tout sur tout (des mecs sûrs d'eux, à l'aise partout... - voir avec Djac qui en a très bien parlé ici), mais qui n'avaient jamais mis les mains dans le camboui, enfin dans le yaourt pour être plus exact.
    Et ça l'énervait la Mamie, ces discours sur ce qui fallait ou ce qui fallait pas, alors que ces couillons n'étaient pas foutus de faire la différence entre une clé à molette et un tuyau d'arrosage ! (en fait il n'y a pas de différence : ils sont tous les deux en caoutchouc... euh... ouais, bon, sauf la clé à molette).

    Alors après chaque réunion, qu'y zappelaient «brainestorminnngue» (?), Mamie maugréait.
    Les cerveaux qui entouraient Mamie se retrouvaient ensuite à la photocopieuse pour buller un peu, se raconter des histoires cochonnes, faire leur grille de loto, avant de retourner dans leur bureau passer quelques coup de fil urgents. Le chef du marketinge devait savoir si sa nouvelle chaine hifi pouvait se monter dans sa Béaime. Le directeur des ventes avait des soucis avec sa tondeuse ; elle tondait pas dans le bon sens. Le directeur du labo «recherche et développement» se demandait quel prétexte il pourrait trouver pour rentrer une fois de plus en retard à la maison.
    Bref que des choses primordiales.

    Après le déjeuner pris dans un restaurant d'un arrondissement voisin (ben oui faut justifier de revenir à 15 h !) nos trois tronches ayant digéré leur langouste grillée arrosée d'un petit bordeaux blanc 1er cru classé, se réunirent de nouveau pour évoquer les mérites respectif de Nicolas et Dominique par rapport à leurs stock-options.
    Vers 17 h ils conclurent que Nicolas était le mieux placé. C'est alors que Mamie, en maugréant, entra brusquement, pour ne pas dire brutalement, dans la salle de réunion pour leur rappeler qu'elle attendait des propositions dans les plus brefs délais, et ça voulait dire en général pour demain. Le yaourt ça n'attend pas.
    C'est donc à 17 h 30 que nos trois zigottos se mirent à réfléchir à ce qu'ils pourraient bien inventer pour demain matin.
    Avant d'évoquer cette séance mémorable d'agitation de neurones il faut quand même que je vous croque le portrait de ces trois personnages. Ce portrait, aussi bref que précis, doit vous permettre de saisir toute la puissance intellectuelle mise au service du bonheur alimentaire qui doit rendre nos jours plus heureux, notre vie plus belle, l'avenir de nos enfants assuré, et surtout, surtout apporter des dividendes aux actionnaires...

    Par ordre alphabétique nous commencerons la galerie de portraits par le directeur du marketinge.
    Né en Mayenne on ne sait plus trop quand, Hubert-Marie-Clément Ducatel, fit des études laborieuses longuement payées par son père, roi de l'andouille et de la rillette au Mans.
    Son premier poste, chez But, lui permit de se familiariser à la vente, en particulier au rayon «étagères à monter en kit tout en pin naturel». Son papa, toujours en quète d'avenir pour son petit qu'il trouvait génial, mais bon, pas dégourdi, lors de l'inauguration de la salle polyvalente du patelin dont il était maire, toucha deux mots au sous-préfet pour qu'il dégotte un poste à son fiston.
    Le sous-préfet, qui devait bien un service au roi de l'andouille et de la rillette (nous passerons sous silence les «bonnes» raisons du sous-préfet... Ça ne nous regarde pas), connaissait très bien la Mamie Nova puisqu'il avait été en poste à Poitiers du vivant du Papy (suivez un peu quoi !).
    Il envoya une jolie lettre avec entête de la sous-préfecture, à la Mamie, pour lui recommander le rejeton Ducatel. La Mamie quand elle reçu la lettre maugréa ; elle n'aimait pas les pistonnés, mais bon, le sous-préfet l'avait aidé à obtenir un emprunt pour sa nouvelle machine à yaourt, alors...
    Hubert-Marie-Clément entra donc chez Mamie. Celle-ci se demanda longtemps ce qu'elle pouvait bien lui faire faire, car il faut bien le dire, c'était un bon à rien. Alors sur les conseils de «ce gars là» elle créa un nouveau poste : chef du marché. Un truc qui voulait rien dire et qui servait à rien mais qui permettait de mettre H-M-C dans un bureau.
    La maison Mamie prenant de l'ampleur elle se dit que plutôt qu'à le payer à se curer les ongles le rejeton de l'andouille, elle pourrait peut-être lui proposer d'agiter un peu l'intérieur de sa boite cranienne qui, pleine d'espace libre, commençait à s'enkiloser. Et c'est ainsi que H-M-C fut chargé de réfléchir à de nouveaux yaourts.
    Il avait du mal parce que n'aimant pas le lait il exécrait aussi les produits dérivés dont les yaourts. Il n'en dit mot à Mamie bien sûr, il était peinard et voulait le rester... Il proposa donc à Mamie d'étoffer son service pour une réflexion plus pointue. Il se retrouva avec des subordonnés : alors là il crânait le H-M-C, il pouvait la ramener, enfin il était chef pour de bon, parce que jusque là il était le chef de lui-même et il avait du mal à se donner des ordres. Il était bien incapable de discerner le bien-fondé des propositions que ses subordonnés lui faisaient, alors une fois il était d'accord, une fois non, ou des fois, deux fois de suite il disait non ; comme ça, pour bien montrer qui c'était le chef. Ah, mais ! Il était très craint car on ne savait jamais à l'avance ce qu'il allait dire, lui non plus d'ailleurs, mais il ne se craignait pas.
    Très vite il devint dans son service Hubert Monumental Couillon.

    Le deuxième portrait est celui de Robert Poitreneau.
    Alors lui c'est un cas.
    Directeur des ventes il avait été recruté par «ce gars là» pour faire les enquêtes auprès des ménagères de moins de 24 ans. En fait au lieu d'enquêter il passait son temps à lutiner les enquêtées et revenait avec des tas d'informations inexploitables : des mensurations, des pourcentages sur les dessous en coton ou en nylon, des chiffres sur les positions préférées, le type et le nombre d'orgasmes etc... Rien qui puisse indiquer les penchants de ces demoiselles en matière de yaourt.
    Mais sa force, si l'on peut dire, c'est que durant ses aventures il avait toujours des échantillons avec lui et après ses ébats il proposait toujours une p'tite pose yaourt. Ce qui fait que mine de rien il engendrait une vague de vente supplémentaire. Il savait si bien y faire que, marquées à jamais par le savoir faire de Robert, les enquêtées, en souvenir, développaient une passion irrépréssible pour le yaourt. Il ne pouvait finir qu'au poste qu'il occupait désormais.
    Entre temps, lors d'une enquête en Alsace, il avait rencontré Bernadette, alsacienne de souche mais néanmoins pourvue d'un fort tempérament, et d'une grosse poitrine (ses collègues en parlant de lui l'appelait «les Roberts»), qui avait définitivement calmé les ardeurs lubriques de notre Robert. Et depuis lors il filait doux et se consacrait à peu près sérieusement à son travail, sauf qu'il était sans arrêt sollicité par Bernadette pour un oui ou pour un non.
    Aujourd'hui c'était la tondeuse.
    Demain il se demandait bien ce qu'elle trouverait...

    Le troisième larron de l'équipe était pas triste non plus.
    Jean-Jacques M...
(oui on gardera son anonymat par décence et pour éviter la diffamation) avait été, dès l'âge de 7 ans, certain qu'il serait scientifique.
    Il adorait faire des expériences.
    Avec les asticots d'abord, puis avec les hannetons, les mouches. A 8 ans, sa grand-mère, impressionnée par sa curiosité des êtres et des choses, lui offrit à Noël une boite du petit chimiste, avec un microscope en plastique pour voir de près l'ntérieur d'un asticot.
    A partir de là son destin était scellé. Il se mit à tenter des trucs aussi farfelus qu'incongrus, comme par exemple tremper une mouche dans une solution de sulfate de cuivre augmentée de permanganate de potassium, de chauffer le tout dans un tube à essai pour voir ce que ça donnait : évidemment rien. Ou plutôt si, un dépôt brun noirâtre au fond du tube (foutu) et puant un max. Mais bon il avait essayé. Il était persuadé que d'essai en essai il finirait bien par trouver un truc génial.
    À 10 ans il fit sauter les plombs de tout l'immeuble et foutu le feu aux doubles rideaux du salon en voulant tester la résistivité de je ne sais plus quoi. A 12 ans il se fit péter la gueule en essayant un mélange explosif dont il ne maîtrisait pas trop le dosage. A 14 ans il avait tenté la mise au point  d'une méthode de cuisson rapide des pâtes dans une bassine en plastique. Sa mère s'est demandé ce qui était arrivé à sa cuisinière dont les plaques de cuisson étaient recouvertes d'une pâte toute bleue impossible à décoller. A 16 ans, les hormones faisant leur travail, (oui il n'était pas précoce, enfin... hum...), il s'orienta vers des recherches plus anatomiques, que nous passerons sous silence, (essentiellement basées sur un chronométrage précis en essayant de faire plus rapide à chaque fois) qui déterminèrent chez Jean-Jacques une passion frénétique pour le complément d'objet direct afin de battre quelques autres records...
    Vers 18 ans il fit la connaissance d'un aventurier qui rêvait d'espace et de fusées et qui recherchait un pote qui puisse le faire entrer en faculté d'astronautes.
    Ce Djoni, c'était son nom, avait une sœur, Hildegonde, aux charmes indéniables même si son caractère rebutant ne rebuta pas Jean-Jacques.
    Et c'est ainsi qu'un soir d'automne (oui ça fait plus romantique), Jean-Jacques et Hildegonde passèrent un moment sur lequel nous jetterons un voile pudique. Tout ce que l'on sait, c'est qu'après cet épisode piquant, Hildegonde refusa toute relation avec un individu de sexe masculin. Le mystère demeure... Mais cette relation, pour brève qu'elle fut (et pour cause vu les tentatives de records de Jean-Jacques!), renforça les relations entre lui et Djoni. Ils devinrent inséparables, à tel point que lorsqu'à l'aube de ses vingt ans Djoni fit part à Jean-jacques de son intention de postuler au CNES, ils se concertèrent pour trouver la combine pour arriver à ce but.
    Après avoir pondu un C.V. digne d'un candidat UMP à la députation, Djoni rédigea une lettre de motivation (que Hildegonde corrigea, car Djoni était infoutu d'écrire trois lignes sans faire au moins vingt cinq fautes) qui ne pouvait qu'emporter la décision de n'importe quel DRH. Manque de bol lorsqu'il fut convoqué pour un entretien Djoni fut incapable de faire démarrer sa mobylette. C'est encore Hildegonde qui s'y colla pour lui prêter son scooter. Djoni accompagné de Jean-Jacques arriva bien sûr en retard, ce qui ne plut pas du tout au recruteur qui avait des courses à faire pour l'anniversaire de sa belle-mère. Mais enfin il accepta de recevoir Djoni en coup de vent tout en réfléchissant à ce qu'il allait bien pouvoir faire bouffer à sa belle doche, ce qui fait qu'il ne se rendit pas compte que Djoni, non seulement était un gros nul, mais de surcroit et néanmoins ne savait absolument pas, mais alors pas du tout piloter, qu'il avait même jamais foutu les pieds dans un avion, alors à plus forte raison dans un engin spatial !
    Le recruteur, après avoir résolu de sauter le hors d'œuvre et de faire le minimum pour le dessert, signa la feuille d'engagement de Djoni.
    Ça y était il était astronaute.
    En rentrant à la maison il en fit tout de suite part à Hildegonde qui lui déclara qu'il n'était pas question qu'il parte sans elle. Il était impossible pour elle de rester seule aux prises avec ce Jean-Jacques pour qui elle avait développer une haine aussi farouche que tenace (nous ne saurons jamais pourquoi puisque nous avions jeté un voile pudique etc.). Bref Djoni n'était pas dans la merde.
    Lorsqu'on l'appela pour un vol en direction de la Lune ou pas loin, il fit monter en douce Hildegonde la nuit précedent le décollage. Le chef des opérations ne se rendit compte de rien, sauf qu'au décollage de la fusée il constata que quand même la fusée avait du gîte et que c'était pas normal. Effectivement y'avait du gîte, Hildegonde était en surpoids (les formes généreuses sans doute...) et la fusée décolla mais en partant légèrement de travers ce qui eu pour conséquence qu'au lieu de se diriger vers la Lune, ou pas très loin, elle partit complètement à l'opposé, et là le chef des opérations était bien emmerdé car il ne savait pas du tout comment corriger la trajectoire.
    Et plus la fusée décollait plus elle se barrait du mauvais côté.
    Alors le chef des opérations prit une décision que seul un homme courageux et responsable était capable de prendre (ce qui lui valait une admiration sans limites de ses collaborateurs), il dit : «Bah, tant pis, on verra bien jusqu'où ils vont...».
    L'ennui, ou la chance, fit que la fusée se pauma complètement dans l'espace et que Jean-Jacques, et le chef des opérations, n'entendirent plus jamais parler de Djoni et de sa sœur Hildegonde (pour laquelle il gardait quand même un souvenir ému).
    Jean-Jacques se retrouva donc seul, sans ami, mais avec une rage intacte dans sa quète vers la connaissance. De plus, en souvenir de son pote Djoni et en forme d'hommage, il eut à cœur de réussir.
    C'est alors qu'il rencontra Robert à l'occasion d'une enquête que ce dernier avait mené auprès d'une des nombreuses conquêtes de Jean-Jacques. Celui-ci, perdu dans le souvenir d'Hildegonde et de ses formes généreuses, tentait désespérément de se rapprocher du record qu'il avait battu durant cette brève rencontre. Mais rien à faire, il était toujours plus long. Robert qui était rentré chez Mamie et qui s'emmerdait un peu, proposa à Jean-Jacques de le rejoindre, se faisant fort de convaincre la Mamie qu'il leur fallait un service recherche et développement afin de trouver des nouveaux yaourts.
    Ce qui fut fait. Ainsi jean-Jacques devint chef du département recherche chez Mamie Nova.


à suivre...
par Djac Baweur publié dans : La saga Mamie Nova, par jaune ouaine
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Samedi 14 octobre 2006
Aimable participation de jaune ouaine. (voir le premier épisode)



    À partir de ce moment la Mamie exploita ses expériences secrètes, du temps où le Papy tentait désespérément de faire des yaourts à peu près mangeables.

    Elle les fit plus oncteux, moins acides, mais refusa les conseils d’une Bulgare, Olga Chamaborskov, (qui plus tard adopta la méthode de Mamie en françisant son nom en Chambourcy), une émigrée de rien du tout qui voulait lui en remontrer en matière de yaourts. Non mais ! Pourquoi pas des yaourts au goût Corse pendant qu’elle y est ! N’importe quoi...
    Puis un jour en passant dans une impasse elle pensa que pour éviter une mauvaise passe il faudrait passer à un autre type de production. En marchant vers le marché elle se dit qu’il faudrait un bon marchand, et démarcher un démarcheur pour élargir son marché.
    Elle trouva un gars pas trop con et tout bronzé (rien à voir, mais bon...) qui devrait faire l’affaire. Elle se dit que ce gars là (mais avec son accent polonais dont elle n’arrivait pas à se débarrasser, elle prononçait sé gué là) allait faire sa fortune. Lui ça le faisait marrer et très vite ses copains le baptisèrent «séguéla». Une star était née ! Mamie eu vent de ce surnom et ça la fit marrer aussi, d’autant que ce gars là lui faisait vendre des tonnes de yaourts. Car, trève de billevesées, le but pour Mamie c’était de devenir la reine du yaourt, la prima dona, la seule, l’unique, la Ségolène du lair fermenté.
    Ce gars là eu l’idée de demander aux acheteurs leur avis pour affiner la production. Il questionna : la ménagère de 24 à 32 ans, celle de 34 ans et demi, celle de 27 enceinte mais c’est pas sûr, la stagiaire chez Delarue, les chômeurs longue durée, les hôtesses d’accueil du salon de l’habitat (qui c’est qu’a dit l’habitat qui ?), l’apprentie coiffeuse chez Mireille coiffure à Brive, les gardiens de nuit de la zone industrielle de Coulommier (c’est comme Poitier, c’est très joli, si si), les musiciennes d’un orchestre parisien (mais bon, elles ne voulaient que des bifidus de Danone parce que ça leur faisait du bien, là, en se caressant le ventre : c’étaient des violonnistes !), les éboueurs de la benne 47 (ceux de la 48 ne mangent pas de yaourts ; allez comprendre...), bref un pannel représentatif.
    Ce gars là, d’un geste auguste mais néanmoins simple, balança son rapport à la Mamie. Le constat était terrible, implacable, consternant, affligeant : raz le bol des yaourts nature !!!

    La Mamie en fut toute contrite, mais pas désespérée, il lui en faut plus ! Quand on s’est tapé le Papy pendant des années on est blindé.
    Elle questionna ce gars là :
    «Mais qu’est-ce qu’ils veulent ?
    - Y veulent des trucs dedans...
    - Mais quels trucs ?
    - Chai pas moi des trucs ! Des parfums, des goûts différents !
    - J’te leur en fouterais moi des goûts différents ! Y z’ont pas de goût p’têt mes yaourts ?»

    Et voilà comment la Mamie s’est mise à rajouter des petits (oh tout petits hein) morceaux de fraises.
    Elle allait dans l’atelier pour contrôler que les ouvrières coupaient bien les fraises en trente deux morceaux. Ah mais ! Avec ces bonnes à rien faut avoir l’œil : elles étaient foutues de ne les couper qu’en seize ! Et au prix du kilo de fraises...
    Les yaourts aux fraises partaient bien. Mais la Mamie s’aperçut très vite qu’elle venait de mettre le doigt (mais non, pas là... imbécile ! là!) dans un engrenage infernal.
    En effet au bout de quelques temps et de quelques parfums bien connus désormais, les ménagères (voir plus haut) se lassèrent. Elles voulaient encore du nouveau.

    Mèèèèèèè ! Elle s’appelle pas Mamie Nova pour rien la Mamie !
    Elles voulaient du nouveau ? Eh ben elles allaient en avoir.


À suivre...
par Djac Baweur publié dans : La saga Mamie Nova, par jaune ouaine
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Samedi 14 octobre 2006
Aimable participation de jaune ouaine. (voir le premier épisode)



    Les choses ne s’arrangeaient pas avec les yaourts du Papy.
    Plus ça allait, moins ça allait.
    Il s’était mis dans la tête de voir grand, le Papy.
    Il se disait que plus y’en aurait dans la boutique (des yaourts) plus les gens croieraient qu’il en vendait beaucoup et que donc y’avait de la demande et que pour faire comme tout le monde, les gens en achèteraient plus.

    Erreur fatale autant que funeste.
    En effet pour fabriquer en grand il s’acheta une grande cuve à yaourt. Sa boutique, alors, débordait de yaourts, qui ne se vendaient pas plus. Ils tournaient et devenaient immangeables (vous savez avec un petit duvet vert dessus...).
    La Mamie enrageait en silence et ruminait une issue à cette débacle.

    Toujours est-il qu’un matin on retrouva le Papy noyé dans sa cuve à yaourts.
    Accident ? Suicide ?
    L’enquète conclut à l’accident. Il «aurait glissé» sur l’échelle montant à la cuve, les marches étant enduites de gras du lait...
    Mouais, bon, enfin la police connait son boulot hein.

    C’est ainsi, qu’après une période de deuil raisonnable (3 jours pas plus), Mamie se retrouva à la tête de la crèmerie et d’une grande cuve à yaourts dont elle se demandait bien ce qu’elle allait en foutre. Elle eu bien l’idée de faire appel à son fils, Marc Antoine, resté en Pologne et qui était plombier, mais connaissant ses capacités intellectuelles limitées (il était pas foutu de raccorder le tuyau d’eau chaude au robinet y afférant ! bref il avait pas inventé l’eau tiède) elle se dit que, bon, quand faut y aller, faut y aller, et elle y alla.
    Pour commencer elle changea l’enseigne et tant qu’à changer elle appela la boutique : «Chez Mamie». Et ça changeait tout !
    Et puis avant de vendre ses propres yaourts dont elle peaufinait la recette (fallait bien amortir la cuve), elle vendit ceux de moines d’un monastère local, vendus dans des pots en carton. Ils étaient un peu acidulés, mais bon c’était mieux qu’avec le Papy.

    C’est alors qu’elle eu l’idée de génie qui allait faire sa fortune et le bonheur des publicitaires.
    Mais là j’anticipe.
    Puisque le changement était là, que tout était nouveau, et que son nom était imprononçable pour un Français moyen (rappel : Noblikszkryszlokwa), elle contracta ce nom en Nowa. Mais elle se rendit compte que Nowa ça faisait encore un petit peu étranger et comme les indigènes disait le «w» comme un «v», alors va pour Nova.

    Et voilà, la boutique s’appelait désormais «Chez Mamie Nova».
    Ça c’était nouveau !!! Sacrebleau !


 A suivre...
par Djac Baweur publié dans : La saga Mamie Nova, par jaune ouaine
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