Carnet


Visiteurs
Dont 6 en ce moment

La chroniquette du dernier concert Colonne !


Chouettes lectures :



Ley Fasbuleuses Lesgendes d'Ameerone :
Introduction, règles,
Liste des joueurs
et Cartes



Lundi 3 mars 2008

Bon, voilà, les votes au Festival de Romans dont à propos duquel je me suis inscrit sont ouverts. Donc si vous avez ne serait-ce qu'une vague sympathie pour les bafouilles entrevues sur ce blog, vous êtes cordialement invités et chaleureusement remerciés d'avance d'aller cliquer ici, et d'y faire ce qu'il se doit.


Ceci dit, hein, je ne me fais aucune illusion sur le résultat de ce concours, soyons franc. Ce blog est lu, certes, et pas par n'importe qui, certes encore, mais d'autres blogs font dans les milliers de visites par jour, alors que moi ça se chiffre dans les 200-300, ce qui est fort honorable et dont je suis très fier, mais qui me parait ne pas suffire à drainer suffisamment de votes.


Et peu importe d'ailleurs... Le but est plutôt de faire connaître ce blog, de faire découvrir au monde entier médusé les instruments transpositeurs, les modes, ou les rhodhodendrons (ne serait-ce que pour les gens sachent enfin orthographier ce mot sans hésitation), et aussi de créer enfin le Debussy's fan-club qui manque encore cruellement (pourquoi n'y a-t-il même pas de pom-pom-girls aux concerts de Debussy ? Des debussettes ? C'est quand même malheureux).

Le but est également de faire découvrir les blogs qui sont en lien ici, ou ceux des commentateurs, parce qu'ils en valent le coup (d'ailleurs, vous pouvez aussi voter en particulier pour le Jus de Méninge de Brendufat et le Klariscope, au passage). Et aussi, en réponse, de peut-être découvrir d'autres blogs qui viendront élargir le cercle !

 

par Djac Baweur publié dans : Personnal Blog Admnistration Department
ajouter un commentaire commentaires (66)   

Samedi 1 mars 2008
(munissez-vous d'un casque !)

À l'instar de la mafia, les instruments ont le sens de la famille. 


Depuis que les voix, au fur et à mesure de la Renaissance, ont pris les dénomination de : soprano, alto, ténor, basse (de l'aigu au grave), les instruments se sont conformés par analogie à cette présentation, et puis comme ça on se sent moins seul autour du feu lors des longues soirées d'hiver - encore que ça dépend des familles et des ses membres, certains sont vraiment pénibles.
 

Ténor, ça vient de la teneur grégorienne, la voix qui tient le cantus firmus dans une polyphonie du moyen-âge ou de la Renaissance ; cantus firmus, c'est-à-dire la mélodie grégorienne autour de laquelle est ancré tout le reste de la composition polyphonique à ces époques-ci.

Le contratenor bassus et contratenor altus sont les voix qui étaient écrites avant l'apparition du superius ; ce sont des voix qui, comme leur nom l'indique, viennent contre la teneur, en bas et en haut, c'est-à-dire que l'effet de la polyphonie fait que ces voix chantées en même temps que la teneur semblent s'y confronter. N'oubliez pas qu'à l'époque, on était habitué depuis des siècles à écouter un gars chanter tout seul, tranquillou, ou alors tout le monde en même temps la même mélodie, sans types agaçants à côté qui viennent vous déranger avec une autre partie qui fait autre chose, je vous demande un peu. D'où, fatalement, cette idée de confrontation (toute relative) entre les voix.

Et on va donc obtenir, à terme, la bassus, ou basse, et le contralto (qui passera aux voix de femme graves), puis alto par contraction.

Par la suite, on ajoutera à la polyphonie une voix supérieure, le supérius, qui va donner sans surprise le soprano, l'italien passant par là.


Comme l'essence même de la polyphonie a résidé dans cette organisation des voix en quatuor, bon ben du coup, on change pas une équipe qui gagne, on a calqué les instruments sur cette disposition.

- Les violes et violon

Dans la famille de viole, c'est le bordel, avec des tas de petits cousins, d'arrière-grand tante, et même des voisins qui s'incrustent. Mais en gros, en pratique, on avait bien des violes soprano, alto, ténor, basse, et des contrebasses de viole (ou violone). 

Même si on trouve des genres aussi variés que des viola da spalla, des viola pomposa, des viola da braccia, viola da gamba, viola bastrada, viole d'amour, des haute-contre de viole, du quinton, des tailles de viole...

Par contre, la viole du Bourdon, la viole et le Duc, la viole Ètnozière, la viole Teface ou la viole Ume du Cube ne sont que pures affabulations, qu'on se le dise.


Un exemple d'ensemble de violes :




Quand la famille du violon a commencé à s'imposer, la terminologie s'est bordelisé quelque chose de bien, et apparemment la confusion a régné pendant un certain temps.

cordes.jpg


En effet, le violoncelle possède en fait une très grande étendue qui lui procure un registre à la fois de basse et de ténor ; le violon peut aller bien plus aigu qu'une viole, du coup ça remonte la possibilité du soprano. Ainsi, bon an mal an, ça a finit par aboutir au quatuor qu'on connait : violon 1, violon 2, alto (le mal nommé...), violoncelle, et contrebasse (qui descend en fait plus directement des violes). Notez qu'en orchestre, on parle du quatuor alors qu'il y a cinq parties avec la contrebasse, cela vient du fait, je pense, que très souvent dans le musique du XVIIIème siècle la contrebasse joue simplement la même partie que le violoncelle à l'octave en-dessous, le terme étant resté depuis lors.


Le 4ème mouvement du 4ème quatuor de Bartok par l'Amadeus Quartet, avec rien que des pizzicati :




Le 3ème mouvement de la sonate de Kodaly (prononcer "kodaille") pour violoncelle seul par l'immense maître Janos Starker :




Et vive la contrebasse (finale du quatuor n°5 pour quatuor de contrebasses de Boguslaw Furtok) :




Évoquons l'octobasse, contrebasse géante :
220px-Octobasse.jpg














et la pochette, violon minuscule tout meugnon qui pourrait tenir dans la main (et qui servait à jouer des airs de danses au XVII et XVIIIème) : 

pochette.jpg 

- Flûtes


La flûte est le soprano de la famille ; en dessous, il existe la flûte alto ou flûte en sol, un peu plus grande et aux sons graves délicieusement veloutés, la flûte ténor, la flûte basse, la flûte contrebasse, la flûte octobasse (écouter ici) et même la flûte double octobasse, sorte de tuyauterie improbable qu'on pourrait s'attendre à voir dans un film genre Brazil.

1181388478.jpg

 

La flûte basse, ça move, ça groove, c'est du fun :




La flûte octobasse aussi, du reste :




Quant aux flûtes à bec, la famille est foisonnante, bigarrée, voire gigantesque, mot qui prend tout son sensKYNSEKER-4607.JPG quand on voit en vrai de ses yeux une flûte à bec contrebasse.

Si.

Une flûte à bec.

Contrebasse.

Un immense tuyau en bois - magnifique au demeurant. On pourrait croire à un deedgeridoo géant, mais non, c'est une flûte à bec contrebasse, quelque chose comme plus de 2m de haut.

Je donnerais de nombreux pots de Nutella pour avoir le privilège de souffler dedans.

 





Un petit mot sur la dénomination flûte en sol.

Je sens que ça va vous plaire.

Vous avez aimé les modes ? Vous adorerez les instruments transpositeurs (non, pas d'article à suivre sur le mimosa ou les géraniums cette fois, tant pis pour vous).


Cette particule de en sol signifie que c'est un instrument transpositeur.

Ce mot de transpositeur signifie que c'est un sacré bordel.

Le but du jeu est qu'un même instrumentiste puisse passer le plus facilement possible d'un instrument à l'autre (de la même famille, s'entend), en particulier sans se poser de questions de doigté. En effet, pour effectuer telle ou telle note, il faut boucher tels ou tels trous(1). Par conséquent, il est pratique de pouvoir passer d'une flûte normale à une flûte en sol en faisant les mêmes doigtés, c'est-à-dire que quand l'instrumentiste lit un do sur la partition, il se pose pas de question et fait le doigté de do, quel que soit l'instrument ; de cette manière, il n'a pas à apprendre deux doigtés différents pour une même note écrite, il garde ses réflexes.

Ha oui mais vous me direz, puisque c'est pas le même instrument, que la flûte en sol, par exemple, est plus grave, si le gars il fait le même doigté, ben ça va pas être la même note qui sort , puisque le tuyau est plus long ?

Hé ben voilà, c'est ça un instrument transpositeur : sur la flûte normale, pour continuer sur cet exemple, vous voyez écrit do sur la partition, vous faites le doigté de do, et on entend un do, tout est normal, pas de problème. Puis vous choppez votre flûte en sol, vous voyez écrit do sur la partition, vous faites le doigté du do comme vous avez appris sur la flûte normale, mais cette fois, tadaaaam, on entend un sol.

D'où le nom de flûte en sol. CQFD.


C'est un sacré casse-tête pour les compositeurs, car du coup il faut écrire la partition de la flûte en sol de manière à ce que l'instrumentiste joue les doigtés dont il a l'habitude, mais qu'on entende les bonnes notes qu'il faut. Et aussi un sacré casse-tête pour les chef d'orchestre, qui doivent tenir compte que ce qui est écrit sur la partition n'est pas forcément ce qui sonne réellement, il faut jongler pour bien avoir en tête qu'un do écrit pour une flûte en sol, ça donne sol en vrai (et par conséquent, et c'est là que ça devient follement amusant, un si écrit ça donne un fa#, etc...)

Par exemple, petit jeu : sachant que quand on joue un do sur une flûte en sol, on entend un sol, quelle note faut-il demander de jouer au flûtiste pour qu'on entende un do sur la flûte en sol ? Ha haaa, je vous sens fascinés !! (réponse : dans ce cas, il faut demander un fa, bien sûr - il y a une quarte descendante de distance).

Promis, on se fera des transpositeurs-party, on va s'amuser comme des petits fous.

 

N'oublions pas le piccolo, flûte minuscule à l'octave de la flûte normale, et qui rendrait fou furieux, bave aux lèvres, yeux injectés de sang et mains tremblantes, le plus impénétrable des moines boudhistes.

180px-Piccolo_flute2.jpg

 



(1) le premier qui fait la moindre allusion à propos de doigtés et de trous a perdu.
OK, j'ai perdu.

par Djac Baweur publié dans : De l'Art musical et autres balivernes symphoniques communauté : Musique Classique
ajouter un commentaire commentaires (43)   

Mardi 26 février 2008

Il était temps de me rappeler que la désormais mythique phrase d'accroche de ce blog, en regard du titre, est en fait une figure rhétorique typique que les érudits se feront un plaisir de nous rappeler, qui consiste à suggérer subliminalement que «ce blog est génial et absolument fascinant, et son auteur est un gars absolument fantastique», mais dissimulé sous un intitulé qui invite à penser que «ce gars sait toutefois ne pas se mettre en avant et pratique assez couramment ce que certains que je ne citerai pas nommeraient auto-flagellation, car non seulement ce gars est génial mais en plus il est modeste», accroche pseudo-négative et tellement subtile qui tient donc en ces mots : «le blog qui sert à que dalle».

 

En effet, il était temps de me le rappeler.

Il vous est certainement déjà apparu qu'internet regorge dans tous les coins de blogs sur les mangas, le point de croix, et les recettes de cuisine, qu'on ne sait plus quoi en faire, et que du coup le trop-plein d'infos rend toute velléité d'innovation dans ces domaines à peu près vaine.

Par conséquent, pour servir à que dalle dans toute la plenitude du plus pur quedallisme possible, l'idée m'est donc venu en toute logique de vous proposer une recette de cuisine. Ça tombait pourtant sous le sens, et je ne comprends même pas comment un gars aussi génial que moi n'avait pas eu l'idée avant.

 

Qui plus est, cette recette n'a rien, mais alors rien d'original, les plus fins cuisiniers d'entre vous la considéreront même certainement avec une moue de dédain, voire auront peut-être même du mal à considérer qu'on puisse décemment appeler ça une recette - tout juste un vulgaire et vague mode d'emploi pour débutant, à la rigueur.

C'est-à-dire que le quedallisme, en tant que discipline spirituelle exigeante, a ses impératifs.

Allons-y.

 
Pollachius-virens-00004.JPG

 

1. Le lieu

 

Ceux qui me répondent «la cuisine» sont d'emblée exclus et vont au piquet.

 

Car ici le lieu c'est un poisson, et non un endroit, et là je parle du lieu noir(1) (non ce n'est pas la cave, n'insistez pas). Il y a aussi du jaune, mais je n'ai pas pu vérifier si le lieu jaune était asiatique quand le noir était africain.

Dans cette recette, il s'agit précisément d'un filet de lieu noir(2). Ou de deux filets si vous avez la chance d'être deux. Ou si vous avez faim.

 

Après avoir acheté le mien, quelle ne fut pas mon amère déception, ayant gougueulé pour me faire une idée, de lire qu'il fallait prendre garde à ce que la chair du filet soit bien blanche, alors que le mien était visiblement noirâtre, ce qui m'avait pourtant paru logique vu la dénomination de lieu noir, car enfin quoi, le monde a tout de même une certaine cohérence, me disais-je en moi-même, car enfin, si c'était blanc, cela devrait s'appeler lieu blanc, sinon il n'y a pas de logique possible, et lors, pas d'Univers qui tienne, si le lieu noir est blanc, plus rien ne tourne rond, tout est vain et inutile, la vie est absurde, et pourquoi pas du lieu bleu-lavande, ou du lieu kaki, tant qu'on y est ?

Je commençais déjà à me lamenter sur mon incompétence, ma naïveté coupable et mon inaptitude à la vie en société, jusqu'à ce que je mange le résultat de ma préparation et que je m'aperçoive que mon lieu était parfaitement succulent, sans contestation possible. Il semblerait donc qu'il vaille mieux faire confiance au poissonnier du marché qu'à internet, la modernité a ses limites.

 

Par contre, si vous trouvez du lieu marron à pois jaunes, laissez tomber et prenez un poulet.

 

2. Les zaricots verts

 

Les zaricots verts, ça s'équeute.

Alors, il y a principalement deux grands types d'attitudes face à l'équeutage : la moderne, et la métaphysique.

La moderne, quand on est habitué au micro-onde et aux sachets tout préparés, c'est d'être profondément rebuté à l'idée de passer un quart d'heure à une activité manuelle abêtissante et aliénante alors que franchement, il y a des conserves toute prêtes, merde quoi. Ne vous gaussez pas bêtement, nous avons tous en nous quelque chose de moderne.

La métaphysique, c'est de considérer en fait ce geste comme une conduite multi-millénaire, comme le pratiquait la grand'mère de votre grand'mère, et que, tout compte fait, refaire ce geste c'est comme être en contact direct avec les ancêtres, ce sont comme des générations entières qui s'expriment à travers vous, une sorte de communion avec les esprits et un recentrage au sein de l'Univers et du Grand Tout, une union profonde du zaricot-Yin et du zaricot-Yang, bref, un geste d'une spiritualité intense. L'équeutage des zaricots comme méditation transcendantale.

 

3 - Les zaricots, suite

 

Faites bouillir de l'eau. Si cette opération vous paraît complexe, laissez tout tomber et commandez une pizza. Sinon, quand ça bout, vous mettez les zaricots dedans, avec une ou deux gousses d'ail.

Conseil : il vaut mieux ôter l'enveloppe de l'ail avant. C'est vous qui voyez.

 

Évidemment, si vous êtes munis d'une cocotte minute, c'est préférable, la cuisson à la vapeur exalte les saveurs comme dans un jardin des délices aux mille senteurs enivrantes. Mais moi, comme j'ai perdu le petit bitonniau qui fait pchit-pchit, tant pis pour le jardin des délices aux milles senteurs enivrantes.

      

4 - Dans la poêle - premier épisode

 

Dans une poêle, faire revenir doucement des échalotes et des champignons dans un peu de beurre.

Faire revenir, ça ne sous-entend pas que les échalotes et les champignons étaient partis. En fait, ça veut juste dire cuire, mais vous savez ce que c'est, c'est toujours mieux d'avoir des mots et formules qui font classe pour ne pas avoir l'air d'un glandu lors des diners mondains.

Ne dites pas : «je fais cuire des échalotes» mais : «je fais revenir des échalotes».

De même, ne dites pas : «j'aimerais mieux te connaître», mais «je voudrais découvrir ton être ontologique au sein d'une intersubjectivité partagée».

C'est pour vous que je dis ça, hein, après vous faites comme vous voulez, mais si vous avez envie que tout le monde vous pointe du doigt en rigolant et en en s'exclamant «il/elle a dit qu'elle cuisait les échalotes, le/la ringaaaaard/e», c'est vous que ça regarde.

 

Bon, attention avec le beurre, faut pas chauffer trop fort, sinon le beurre roussit, et c'est très pas bon caca pouah. Et pourtant j'ai vraiment rien contre les roux.

Je me permet d'ajouter à tout hasard qu'il vaut mieux enlever l'espèce de pellicule en papier kraft qui recouvre les échalotes et les couper en petits morceaux (pardon, les émincer en petits morceaux) avant de les mettre dans la poêle. Mais là c'est pareil, hein, moi je dis ça, c'est pour vous, vous faites comme vous voulez.

 

5 - La farine c'est rigolo

 

Pendant que les zaricots bouillent (et ça prend pas mal de temps), profitez-en pour fariner sur les deux faces vos filets de lieu noir, afin d'éviter qu'à la cuisson, ceux-ci ne s'attachent. En effet, le lieu est très affectueux.

 

6 - Dans la poêle - épisode 2

 

Quand les échalotes et les champipis sont à point, verser un peu de vin blanc et de jus de citron dans la poêle. Il n'est pas vraiment utile de laisser les pépins de citron dans la sauce.

Ne restez pas au-dessus de la poêle, sinon vous vous prendrez toutes les vapeurs d'alcool (qui s'évapore plus vite que l'eau) dans le nez. Rigolez pas, j'ai déjà été beurré en faisant la cuisine.

Si en plus les champignons viennent du Mexique, vous n'arriverez pas à la fin de la recette, ce serait ballot. Cela dit, artistiquement parlant, sur le moment, cela peut avoir des résultats intéressants, mais par la suite décoller des bouts de champignons séchés du mur n'a jamais rien d'agréable.

 

Salez, poivrez, bien sûr. Ça devrait faire partie des automatismes. Sauf, à la rigueur, pour le yahourt et les céréales.

 

7 - Le moment clef

 

Vos zaricots sont presque fondants, la sauce a bien réduit (ça veut dire évaporé), dans le timing c'est le bon moment où mettre un filet d'huile d'olive dans une autre poêle. Relevons là une particularité culinaro-linguistique : un filet d'huile d'olive, un filet de poisson.

Et alors ?

Et alors rien, comme ça.

Bon, hahem, donc, une fois que l'huile est chaude (feu pas trop fort, il faudrait jamais chauffer fort, de toute façon, pour des raisons chimiques : plus on chauffe fort, plus chimiquement les aliments se transforment en des trucs bizarroïdes que le système digestif ne sait pas gérer), hop, on met les filets de lieu à cuire (là on dit pas revenir, chaipas pourquoi), genre dans les cinq minutes par face en gros. Quand on est sur la seconde face, salez-poivrez (le réflexe) et saupoudrez de coriandre en poudre. Comme ça, vous pourrez crâner en disant : «moi j'ai fait du lieu noir au coriandre, et toi ?» et l'autre il vous répondra qu'il a fait un saucisse-purée et il aura trop l'air bête, bien fait pour lui.

 

Quand le poisson est cuit, servez-le en mille morceaux dans l'assiette, car pour arriver à conserver sa forme originale au filet au cours du service, il faut se lever de bonne heure, ou alors être Harry Potter.

Un peu d'eau ou de vin blanc dans la poêle du poisson pour recueillir le fumet, et zou dans la sauce, en y rajoutant du beurre pour la route. On laisse un peu bouillir doucement pendant qu'on sert les haricots et qu'on coupe du persil sur le poisson.

Alors là, attention, je suis un intégriste du persil. Le persil, c'est bien, c'est nécessaire, c'est indispensable. Persil power. I love persil. Si vous n'aimez pas le persil, c'est même pas la peine d'envisager de me serrer la main. Le persil est au sommet de l'Évolution. C'est un des plus grands bienfaits de Dame Nature. Seuls les êtres grossiers, chafouins et sous-évolués négligent le persil. Inutile d'insister, je ne reviendrai pas là-dessus.

 

8 - Dégustation

 

Voilà c'est prêt. Vous nappez les zaricots et le lieu avec la sauce - moment de bonheur intense.

Et c'est bon.

Enfin, moi, c'était bon.

 

Après, évidemment, le talent, ça...

 

 


(1)
Notez le "ici" et le "là" dans une phrase sur le lieu et l'endroit. Voilà voilà. Non mais c'est des petits détails comme ça, des fois, l'air de rien.
(2) En vrai, vous pouvez mettre du merlan si ça vous chante. Le merlan est délicieusement fondant, mais avec pas trop de goût - le lieu a plus de saveur, est c'est pas cher du tout. Quant à un filet de rascasse, ça me plait moins, c'est un peu plus élastoque. À part ça, je connais pas assez, vous aurez peut-être d'autres idées, moi je débute en poisson, en fait.

 

par Djac Baweur publié dans : Anecdotes, enfantillages et billevesées
ajouter un commentaire commentaires (32)   

Commentaires

RSS et Co

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus