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Vendredi 25 janvier 2008

Parisiens ou provinciaux de passage , oyez oyez ho yeah :



Salle Gaveau
mardi 29 janvier, 20h00
(concert éveil dimanche 27 à 10h45)

Tanguy - Incanto
Chostakovitch - concerto n°1 pour violoncelle
Beethoven - 5ème symphonie

Direction, Antony Walker
Violoncelle , Emmanuelle Bertrand



Râpeux, énergique, tragique : ce sont les mots qui me viennent à l'esprit pour qualifier le concerto pour violoncelle, œuvre typiquement en mesure de plaire à tout le monde.


Et la 5ème de Beethoven, elle ne se présente plus... Vous savez, les pom pom pom pom ? Qui avaient servi d'indicatif pendant la guerre parce que ça signifie "V" en morse, "V" de la victoire ? Ben c'est ça.

Et ce motif rythmique fameux est quasiment l'unique matériau du premier mouvement, le constituant de bout en bout, et revient même dans les autres mouvements (de manière plus planquée) - ce qui est une performance intellectuelle, surtout quand on écoute le résultat, du même niveau que la découverte de la Gravitation Universelle, de l'écriture de la Légende des Siècles et de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert réunies.

Ouais bon, j'exagère un peu, mais quand même (faut bien que je vende le truc).


Ne ratez pas non plus Emmanuelle Bertrand, une des toutes grandes violoncelliste française (d'une gentillesse tout en sourire, ça existe, et ça fait du bien !)

par Djac Baweur publié dans : De l'Art musical et autres balivernes symphoniques
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Mercredi 16 janvier 2008

 

Enfin !

Après tant de théorie ardue, de termes techniques secs et sans vie, d'éléments épistémologiques abscons et sans substance, voici enfin du concret.


Depuis le temps que je vous rebats les oreilles avec ces satanés modes (et dont je donne aussi une définition ici) ,d'harmonies issues de ces modes, de tonalité, et vas-y que je t'en tartine des longueurs, et des analyses de la Mer, et des «mais siii, là, vous entendez pas, mais vous êtes bouchés ou quoi ?», et bien STOP !

Lecteurs adorés, lectrices chéries, voici la fin de vos souffrances. Grâce à la magie de la technologie, vous allez enfin comprendre, d'un simple coup d'oreille, hop, en quelques secondes, comme une lettre à la poste, ce que ce sont ces put* de bor* de tête de salop* de fils d'encu* de modes.


De quoi s'agit-il ?

Il s'agit d'exemples musicaux ammûûûreusement concocté rien que pour toi public, et ce dévouement devrait légitimement me valoir des envois massifs de saucissons et de bouteilles de Bourgogne en guise de remerciements émus et admiratifs (voir le lien "me contacter" dans le menu là-haut pour régler les détails techniques, merci).


Exemple 1

Voici le premier exemple(1).



Il s'agit, très basiquement, d'une présentation du mode de do, la mode que tout le monde connait, la gamme de do majeur, quoi, le truc bête comme chou, les touches blanches du piano : do-ré-mi-fa-sol-la-si-do.


Cet exemple est constitué des éléments suivants :

- le mode présenté en gamme, tout simplement, qui moooonte, puis qui desceeeeend ;

- les accords issus de ce mode, c'est-à-dire fabriqué avec les notes du mode, présentés en gamme montante, une première montée avec des accords de trois sons (en commençant donc par do-mi-sol), puis une seconde montée enchaînée avec des accords de quatre sons (en commençant par do-mi-sol-si).

- un mouvement cadentiel tonal bien classique ; c'est en fait une hiérarchisation et une mise en ordre d'accords pris dans les précédents, qui met en valeur le dernier mouvement constitué des deux derniers accords, formant ce qu'on appelle la fameuse cadence parfaite.

- une cadence parfaite en question, isolée, formée d'un accord dit de "dominante" qui se résout sur l'accord de tonique - ici, la tonique, la note principale, c'est donc do, hein, depuis le début (et du coup, la dominante c'est sol).

- et enfin, une zouli musique que tout le monde devrait reconnaître, assortie d'un arrangement concocté par mes soins, afin de bien se rendre compte de ce que donne du mode de do dans toute sa splendeur.


Tout ce que je viens d'écrire, à lire, c'est incompréhensible, et à l'écoute, ça semble évident. Vous comprenez sans doute mieux mon dilemme torturant depuis le début de ce blog...

N'hésitez pas à ré-écouter ce premier exemple plusieurs fois, histoire de bien s'en imprégner. Parce que c'est la suite qui est intéressante.

Car voici venir exactement le même exemple, mais alors exactement, sauf que l'habit a changé : c'est dans le mode de ré !



Exemple 2

Le mode de , ça s'obtient avec les touches blanches du piano, mais en commençant par au lieu de do (d'où le nom - là, venez pas me dire que c'est compliqué, hein...), ça donne :

ré-mi-fa-sol-la-si-do-ré, un enfant aurait trouvé. Si je veux que ça commence quand même par do, il me faut donc transposer, c'est-à-dire reporter les mêmes intervalles, les mêmes successions de notes mais à partir de do au lieu de ré, pour obtenir ce qu'on nommera le mode desur do :

do-ré-mib-fa-sol-la-sib-do.


On constate donc deux notes de changées, mib et sib (bémols c'est-à-dire abaissées d'un demi-ton) par rapport au mode de do.

Et voici donc ce que ça donne sur les mêmes éléments que ci-dessus :



Exemple 3

Autre exemple, avec le mode dit "acoustique" ou "de Bartok" (utilisé par Debussy dans un des thèmes principaux de La Mer). Celui-là est un peu particulier, il ne se trouve pas sur les touches blanches du piano comme beaucoup d'autres (tous ceux qui se déduisent en ajustant, en quelque sorte, un curseur sur ces touches blanches). La structure est différente, les demi-tons ne sont pas foutus aux même endroits, ce n'est pas la même échelle de base. En commençant toujours par do, ça donne :

do-ré-mi-fa#-sol-la-sib-do.


Ici encore, deux notes de changées par rapport au mode de do. Et ça donne ça :



Exemple 4

Enfin, pour l'exotisme, un exemple de mode qui n'a pas 7 notes différentes comme les trois précédents... En effet, il existe des modes avec 8 notes (les fameux mode de Messiaen, fabriqué avec une succession régulière d'un demi-ton et d'un ton, do-réb-mib-mi-fa#-sol-la-sib-do par exemple), d'autre avec 5 (comme les modes pentatoniques, du type do-ré-mi-sol-la-do, les touches noires du piano, genre gammes "chinoises").

Et il y en a un avec 6 notes, la fameuse gamme par tons... Ainsi nommée parce que constituée exclusivement de tons entre les notes, ce qui donne :

do-ré-mi-fa#-sol#-la#-do.


Ce mode est très particulier, car :

- il ne comporte donc aucun demi-ton, donc aucune "aspérité" ou disymétrie qui attirera l'oreille, toutes les notes tendent à avoir le même poids de manière uniforme ;

- il est impossible de fabriquer des quintes justes avec ce mode, or cet intervalle est la base de la tonalité, puisque c'est celui qui sépare la dominante de la tonique !

Ce mode est donc particulièrement destructeur de la tonalité, avec le défaut d'être très uniforme donc assez lassant. Cela n'empêche pas Debussy de beaucoup apprécier ce mode en particulier, justement pour cette couleur très étrange, comme venue de la cinquième dimension.



Si après ces travaux pratiques, vous ne saisissez pas encore tout à fait ce que c'est que les modes, je me reconvertis dans un blog consacré uniquement aux rhododendrons !

(PS : je ferai sans doute un ajout si d'autres idées me viennent).


(1) Petit truc utile trouvé par rififi : si besoin est, en cliquant une deuxième fois sur le bouton "play", ça augmente significativement le volume sonore de sortie !

par Djac Baweur publié dans : De l'Art musical et autres balivernes symphoniques
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Dimanche 6 janvier 2008

Les belle découvertes sur le web ne sont pas si fréquentes que cela, faut avouer.

Jusqu'ici, le site de l'orchestre de Paris était comme tous les sites d'orchestre, c'est-à-dire essentiellement un service de consultation du calendrier des concerts et de réservation des billets. Mais depuis un moment, il se développe et s'étoffe, en particulier en proposant en ligne de chouettes vidéos.


J'ai une affection particulière pour cet orchestre, car j'ai la chance énorme d'y avoir fait un stage (accepté sur concours, ouais ouais, je me la pète, parce que là quand même je suis sincèrement fier de moi sur ce coup-là), et donc de jouer avec eux pour quelques concerts (dont certains dirigés par Christoph Eschenbach lui-même). Et je me souviens d'un accueil chaleureux et amical, ainsi qu'un souvenir musical inoubliable.


C'est donc tout joyeux que je trouve, et que je vous incite très (très) fortement à découvrir, les vidéos et musiques mises en ligne sur leur site.

Tout d'abord le film des 40 quarante ans de l'orchestre, au moins pour apercevoir un medley des plus grandes figures de la direction d'orchestre de la seconde moitié du 20ème siècle (Karajan, Böhm, Giulini, Solti, Munch...).


Des concerts sont également disponibles à l'écoute.


Et enfin, il faut piocher dans les archives INA  ; en particulier, je vous somme, j'exige, je réclame, je vous implore, je vous supplie, je vous oblige à visionner Pierre Boulez en répétition avec l'orchestre (et en interview en parrallèle) sur le Prince de Bois de Bartok (diffusé pendant la pause du concert dont il est question, concert retransmis à l'époque par... TF1... Si, si... Hahem... O tempora O mores). Non seulement vous verrez comment se déroule une répétition mieux que je ne saurais le décrire malgré mon talent internationalement reconnu, mais en plus Boulez dit des choses très jolies (et fort justes, évidemment) sur Bartok.


Comment ? Comment ? Vous n'avez pas déjà cliqué ?
par Djac Baweur publié dans : De l'Art musical et autres balivernes symphoniques
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